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Reprises

« Aujourd’hui, quand je pense à Guy Lizotte, je pense à sa poésie, à sa façon de dire autrement les gestes et les émotions du quotidien. On peut lire ses poèmes comme une façon fraîche et spontanée, peut-être naïve, de voir et de sentir les choses. C’est une invitation à “lire la nature” autrement, à voir la beauté ou la gravité de ce qui nous entoure d’une façon originale, par la magie et la liberté des mots. La poésie de Guy Lizotte est aussi un gros bouquet d’émotions, souvent douloureuses. Plonger dans son univers, c’est côtoyer la solitude, la souffrance, mais aussi l’enfance, la beauté et le rêve. C’est toujours aller à la rencontre de soi. »

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur fait valoir la beauté dans les grands espaces de la nature tout en exprimant des sentiments profonds tels que la solitude, le désespoir et l’émerveillement.

« Je suis seul
et j’écoute
et j’entends ce qui se vit
ce qui se regarde
ce qui se touche » (p. 69)

« où es-tu donc la belle?
l’ivrogne s’est endormi
tout en silence son rêve tisse
une soie pour son corps…

quelques baisers amers lèchent une bière
par terre un corps est tombé…

les hommes en bleu sont venus
l’ont soulevé de sa mort

et la belle s’est dissoute
dans l’évier du barman… » (p. 128)

« L’eau. L’eau pure et vierge tapait du pied sur les rapides d’en haut. Sur les rapides d’en haut, l’eau ricanait du pied.

L’eau s’habillait de ciel, traînant sa robe bleue.

Derrière un nuage de mouches, une tête brodée d’âge fouillait la feuillée. Sous la feuillée, une tête brodée d’âge s’émerveillait devant les cris de la création qui la pénétraient comme l’aiguille pénètre le tissu…

Je le vois encore, mettre à l’eau son canot, y monter jusqu’aux premiers rires d’une source et s’y enivrer de poésies. » (p. 138)

  • Personnages secondaires, objets, personnes et animaux mentionnés dans les textes.

« Les sapins courent autour de la clairière,
les rayons du soleil tombent dedans…
une grange coiffée de tôle attend
que le vent de la nuit pénètre ses os
pour la faire chanter…

Les soldats se sont armés de clôtures

pour protéger cette beauté silencieuse
qui crie dans mon cœur » (p. 28)

« la grenouille crie entre les eaux
l’alouette murmure son passage
et la noirceur en courant sur l’eau
déshabille la lumière du rivage » (p. 33)

  • Œuvre poétique qui comprend une réédition de deux recueils poétiques en vers libres, soit Cicatrice et La Dame blanche; thèmes (p. ex., nature, rêve, tristesse) permettant au lectorat de faire des liens avec son vécu.
  • Mise en page aérée; poèmes de chaque recueil regroupés en deux sections titrées; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, guillemets, points d’exclamation, majuscules, parenthèses, tirets, dates de publication) facilitant l’interprétation des poèmes; note de l’éditeur, remerciements et préface au début du premier recueil; illustration de la page couverture de la première édition de La Dame blanche et dédicaces au début du deuxième recueil; postface, biographie de l’auteur, bibliographie et table des matières à la fin; témoignage de Johanne Melançon à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; quelques mots moins connus (p. ex., trientale, Rudbeckie, Ancolie, Épilobe, épitaphes), mots du registre familier (p. ex., y’é mort, pi, pogne, boucane) et mots anglais (p. ex., cheap, freak out, shack, toasts) compréhensibles grâce au contexte.
  • Poèmes écrits en vers libres, de longueurs et de formes variées, s’apparentant parfois à la prose; ponctuation le plus souvent absente.

« une épinette
séchée, couchée

dessous
quatre perdrix qui jasent
comme une flûte qui jazz
aux murmures des lèvres des feuilles

deux lièvres qui font l’amour
près d’une souche engourdie

trois renards dans un tas de plumes
jouent au festin » (p. 58)

« La vieille est seule dans sa cabane
ça fait longtemps que son vieux est parti
loin
loin au pays du silence
la vieille est seule dans sa cabane
ça fait longtemps – trop longtemps. » (p. 98)

« Dehors, quelques morceaux de matin commençaient à s’étirer. La nuit finit par s’endormir. Le coq se décida à ne pas chanter. Et le jour resta couché… » (p. 105)

  • Procédés stylistiques (p. ex., métaphore, répétition, antithèse, anaphore, personnification) donnant souvent vie aux éléments de la nature.

« qu’y a-t-il de plus beau
que la neige qui vient
hanter l’hiver
vêtu de blanc, le fantôme glacial
elle tempête, effraie les gens
bourrasque et bourrasse les choses
l’hiver » (p. 30)

« la noirceur t’écoute mon vieux,
elle te chante une chanson
la noirceur t’entend mon vieux
elle te chante une chanson
chanson chanson chanceux
d’entendre » (p. 33)

« elle regarde… et se bat
elle regarde… et se débat » (p. 38)

« donne-moi le vent
donne-moi le temps
donne-moi un enfant » (p. 52)

« Curieuse lune! Artiste lune! Viens peindre quelques ombres d’arbres sur le toit blanc d’une vieille cabane. » (p. 98)

  • Procédés poétiques (p. ex., assonance, rime) créant une musicalité et agrémentant la lecture.

« Sur sa tête une tempête de neige se berce sous les rayons de lune. » (p. 99)

« c’est un grand balai, blanc
qui nettoie les poussières du néant
c’est un grand balai, grand
qui nettoie les poussières du passé » (p. 122)

Référent(s) culturel(s)

  • Images de la grande nature du nord de l’Ontario, composante importante de l’identité de ses habitants.

    « un silence dort
    au lit épais du néant
    aux couvertures brodées d’étoile
    où en dentelles danse
    une aurore boréale » (p. 102)

  • Mention de nombreux artistes et penseurs de l’Ontario qui ont, de près ou de loin, participé à la parution de l’œuvre, par exemple Johanne Melançon, Laurent Vaillancourt, Louise Tanguay, Paul Tanguay, Robert Yergeau.

Pistes d'exploitation

  • Animer une discussion sur la définition de la poésie proposée par le poète : « La poésie… c’est l’image que tu ressens lorsque tu vois, par exemple, un arrache-clou abandonné sur une poutre de grange, au départ du cultivateur pour le Manoir…
    La poésie, c’est ce que ton âme écoute, lorsque le silence est en discours… » (p. 87)
    Demander aux élèves, regroupés en équipes, de relever dans l’œuvre des poèmes ou des extraits de poème qui illustrent cette définition. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leurs trouvailles au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, de créer un photo-roman poétique illustrant un des poèmes du récit en sélectionnant des photographies qui complètent le sens du texte. Les inviter à présenter leur travail au groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves de mener une recherche sur une des personnes ou un des événements rattachés plus ou moins directement à l’œuvre (p. ex., Gaston Tremblay, Patrice Desbiens, Prise de parole, la Nuit sur l’étang), puis de créer une affiche. Leur demander d’ajouter une ou des photos, puis à afficher les créations dans le corridor.

Conseils d'utilisation

  • Lire aux élèves la note de l’éditeur, la préface et la postface de Reprises, ainsi que la préface de Cicatriceet la biographie de Guy Lizotte, afin de leur permettre de mieux comprendre le parcours du poète et l’évolution de son œuvre.
  • Prévenir les élèves quant à la présence de certains jurons (p. ex., calvaire) et en expliquer l’utilité (p. ex., amplifier une émotion).
  • Porter une attention particulière à l’emploi d’un langage cru dans le poème La squaw (p. ex., Al’a d’l’air d’une guidoune, Al’a une belle poitrine, Y’en a qui disent qu’est malade mentale).
  • Inviter les élèves à lire d’autres recueils de poésie, tels que Racines de neige et Sur une même écorce, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.