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Quelques saisons avec elles

Rodrigue, un traducteur, reçoit la visite de sa jeune voisine Audrey, à la recherche d’histoires à lire à la petite Nini dont elle est la baby-sitter. Audrey découvre chez Rodrigue les contes de Grimm et de Perrault qui les enchantent tous les trois.

Mais une autre femme frappe aussi chez Rodrigue, une femme désemparée, blessée, qui cherche refuge chez lui.

Entre les visites d’Audrey et celles de Stéphanie dont Rodrigue espère et appréhende à la fois le retour, la neige cède la place au printemps…

Quelques saisons avec elles invite à une redécouverte des contes de fées classiques dont le merveilleux, comme le drame, ne sont pas si éloignés de la réalité vécue par les personnages.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Rodrigue, un trentenaire de petite taille, entouré de quelques personnages secondaires parmi lesquels Audrey, une voisine en pleine crise d’adolescence, et Stéphanie, une jeune femme à un tournant de sa vie.

    « Rodrigue eut le sentiment d’émerger d’une sorte de torpeur d’où, absorbé par ses traductions, il sortait peu, sinon pour aller à l’épicerie, chausser ses skis ou patrouiller le quartier le soir avec Mione. Il n’était pas retourné à la piscine depuis deux ou trois semaines. » (p. 31)

    « Audrey se leva aussi pour partir, avec une nonchalance affectée. Elle prit tout son temps pour enfiler bottes et manteau, manifestant ainsi sa mauvaise humeur. Quand elle fut prête, Merlin sous le bras, elle s’arrêta sur le seuil. Elle demanda à Rodrigue si elle le tannait quand elle posait des questions, et aussi quand elle venait le visiter. Elle avait l’air triste, tout à coup. » (p. 68)

    « Stéphanie savait gré à Rodrigue de sa discrétion. Elle n’aimait pas en parler avec lui. Auprès de Rodrigue, elle préférait oublier les souffrances de sa vie conjugale. » (p. 81)
     

  • Intrigue romanesque dont les thèmes (p. ex., lecture, adolescence, violence conjugale) sont traités avec justesse et adaptés au lectorat visé.

    « – Pour voir comment tu te sens avec ce livre, s’il y a une chimie qui opère entre la magie des mots, le papier et toi. C’est important pour que tu fasses partager ton amour de la lecture à Nini. » (p. 20)

    « Rodrigue était sensible au désarroi d’Audrey et aurait voulu lui remonter le moral, mais il se sentait gauche devant les problèmes de l’adolescente. Il essaya de trouver des paroles réconfortantes puis lui demanda si elle n’avait pas un boyfriend, elle aussi. » (p. 63)

    « – Je sais pas quoi c’que je vais faire. Présentement, j’ai un congé de maladie… Ça fait six ans qu’on est ensemble. Je croyais qu’Alain finirait par changer. Mais là, je peux plus me faire des accroires. Il a failli me tuer! Même si qu’y ferait une thérapie, je suis pas certaine qu’y pourrait changer. Si je retournais avec lui, j’aurais peur, Rodrigue. » (p. 116)
     

  • Narrateur omniscient décrivant une période riche en émotion de la vie du personnage principal et de deux de ses relations féminines; nombreuses séquences dialoguées illustrant leurs rencontres.

    « Rodrigue se sentit contrarié d’être dérangé dans son travail. Il la reconnut seulement quand elle fut à quelques mètres de la maison, les cheveux au vent et son manteau grand ouvert sur un foulard vert pomme négligemment enroulé autour de son cou. » (p. 17)

    « Stéphanie descendit un peu plus tard et loua les talents culinaires de Rodrigue. Elle avait l’air fatiguée et ses yeux restaient sérieux et tristes quand elle souriait. » (p. 114)

    « Audrey se confia à Mélanie qui l’écouta exprimer la turbulence de ses sentiments. Elle essaya de la réconforter; pourquoi ne pas avoir une bonne explication avec Rodrigue? Cela lui permettrait peut-être de voir plus clair en elle. » (p. 179)

    « – Pis, interrogea-t-elle, l’aimes-tu?
    – Oui.
    – Pis elle?
    – Elle aussi.
    – J’regrette, dit Audrey. » (p. 189)
     

  • Récit se déroulant au Nouveau-Brunswick, suivant l’ordre chronologique, mais entrecoupé de retours en arrière éclairant les traits de caractère des personnages.

    « La journée passa comme par enchantement. Stéphanie se reposa, Rodrigue dépouilla les journaux. Ils parlèrent du temps, de la fin de l’hiver. Stéphanie apprit à Rodrigue qu’elle habitait à Shédiac et travaillait à Moncton dans une boutique de sport, Le lièvre olympique. » (p. 41)

    « La lueur du feu dans l’obscurité projeta ensuite Rodrigue quinze ans en arrière. Il était avec son père, à Banff. » (p. 98)
     

  • Discours variés (p. ex., conte, poème, lettre) et mise en abyme enrichissant le contenu et la structure de l’œuvre.

    « Il était une fois, en plein hiver, quand les flocons descendaient du ciel… » (p. 21)

    « le gazon à peine tondu
    se rallument
    les clins d’œil des pissenlits » (p. 123)

    « "Est-ce que je n’ai pas réussi à te tenter? Un petit voyage te ferait du bien, tu vis trop encabané! Vois ce que tu manques!" » (p. 126)

    « Quelques jours plus tard, assis devant son ordinateur, Rodrigue commença à écrire l’histoire de Jacques et Justine. » (p. 148)

Langue

  • Niveau de langue courant dans les séquences narratives; langage plus recherché notamment dans les extraits de contes; registre populaire (chiac) dans plusieurs séquences dialoguées reflétant l’origine des personnages.

    « Le cri lent et doux des tourterelles éveilla à demi Rodrigue, à l’aube. » (p. 11)

    « La reine sursauta et devint jaune puis verte de jalousie; à partir de cette heure-là, elle ne pouvait plus voir Blanche-Neige sans que le cœur lui chavirât dans la poitrine tant elle la haïssait. » (p. 27)

    « – Chus vraiment sorry. Je sais pas quoi c’qui m’a pris de nouveau. Ça arrivera plus, I promise. But t’aurais pu appeler, I was really worried! T’es encore enragée après moi? » (p. 47)
     

  • Vocabulaire précis, champs lexicaux et sémantiques liés notamment au thème très présent de la nature.

    « Il s’assit sur l’écorce humide du tronc et observa la mare. C’était un trou d’eau saisonnier; en ce temps de l’année, un vrai bouillon de vie. Il imagina tout ce qui grouillait sous les végétaux qui la tapissaient : larves, branchipes semblables à de minuscules crustacés, œufs d’amphibiens, têtards, grenouilles et salamandres qui y retournaient chaque printemps pour se reproduire. » (p. 96)

    « Le nid tardif hébergeait quatre gros oisillons. Les parents menaient un train du diable, apportant de la nourriture toutes les deux ou trois minutes aux quatre becs affamés et grands (sic) ouverts qui piaillaient d’impatience. Ils restaient au nid moins de dix secondes, à peine le temps de se poser : les becs happaient, ils repartaient aussi vite. Rodrigue n’avait jamais vu une activité aussi fébrile autour d’un nid. Il s’agissait d’une course contre la montre : il fallait que les oisillons soient prêts pour la migration, qui était imminente. On s’affairait à les gaver, sans répit. L’énergie et le dévouement des parents étaient admirables. En fait c’était leur dernier jour de servage parental. Rodrigue allait assister à l’envol des oisillons hors du nid. » (p. 146)
     

  • Nombreux procédés d’écriture (p. ex., définition, explication, figure de style) enrichissant le style de l’auteure tout en facilitant la lecture d’une œuvre aux descriptions souvent poétiques.

    « La tourterelle triste est une cousine de la tourte, oiseau aujourd’hui disparu. Celui-ci ressemblait à la tourterelle en plus gros et sa chair devait être appréciée puisqu’il a été chassé jusqu’au dernier. » (p. 11)

    « Rodrigue les trouvait très émouvantes, les pivoines épanouies, elles étaient opulentes comme un Botero, généreuses comme un gros cœur. » (p. 127)

    « Petits crabes, étoiles de mer s’agrippaient à la structure rouillée qui disparaissait sous les moules, le varech, les bigorneaux, les balanes, le caoutchouc luisant des laminaires et quelques éponges. » (p. 148)
     

  • Caractère italique utilisé pour désigner les mots en langue étrangère, les haïkus, les titres et les extraits de contes.

    « – Des love stories… pis des vraies histoires. » (p. 19)

    « traces de pas sur la neige fraiche
    seuls les nuages savent
    où elles vont » (p. 45)

    « – …J’ai trouvé une version russe de Blanche-Neige, écrite par Alexandre Pouchkine : elle s’intitule La princesse morte et les sept chevaliers. […]
    La tzarine se prépare à la veillée des noces. Devant son miroir, elle lui parle :
    – Suis-je, dis- moi, la plus charmante, la plus blanche et la plus rose de toutes? » (p. 165)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreux référents culturels de la francophonie parmi lesquels, des noms de lieux (p. ex., l’Acadie, la France), d’écrivains (p. ex., Jacques Poulin, Louise Labé), de personnalités (p. ex., François Truffaut, Charles de Gaulle) et des contes passés dans la mémoire collective francophone (p. ex., Blanche-Neige, Cendrillon).

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à rédiger un conte mettant en scène le personnage de Ti-Jean ou à composer un haïku en s’inspirant de ceux proposés par l’auteure.
  • Demander aux élèves de discuter en groupe de l’importance des nombres dans les contes et dans leur vie quotidienne.
  • Inviter les élèves à donner leur opinion sur les relations entre Rodrigue et son père et à proposer des pistes de résolution de conflits.

Conseils d'utilisation

  • Faire découvrir ou redécouvrir aux élèves le monde des contes de Grimm et de Perrault.
  • Expliquer aux élèves, à l’aide d’exemples, que beaucoup d’histoires produites par Disney ont des origines très anciennes.
  • Pendant la lecture, aborder avec les élèves certains sujets délicats dont il est question dans l’œuvre (p. ex., violence conjugale, relation familiale, avortement).