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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Quelques saisons avec elles

Rodrigue, un traducteur, reçoit la visite de sa jeune voisine Audrey, à la recherche d’histoires à lire à la petite Nini, dont elle est la baby-sitter. Audrey découvre chez Rodrigue les contes de Grimm et de Perrault qui les enchantent tous les trois.

Mais une autre femme frappe aussi chez Rodrigue, une femme désemparée, blessée, qui cherche refuge chez lui.

Entre les visites d’Audrey et celles de Stéphanie, dont Rodrigue espère et appréhende à la fois le retour, la neige cède la place au printemps…

Quelques saisons avec elles invite à une redécouverte des contes de fées classiques dont le merveilleux, comme le drame, ne sont pas si éloignés de la réalité vécue par les personnages.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Rodrigue, un homme solitaire et empathique, qui tisse des liens parallèles avec Audrey et Stéphanie et qui doit affronter ses propres épreuves pour trouver le chemin vers la guérison.

« … Rodrigue eut le sentiment d’émerger d’une sorte de torpeur d’où, absorbé par ses traductions, il sortait peu, sinon pour aller à l’épicerie, chausser ses skis ou patrouiller le quartier le soir avec Mione. Il n’était pas retourné à la piscine depuis deux ou trois semaines. » (p. 31)

« Audrey se leva aussi pour partir, avec une nonchalance affectée. Elle prit tout son temps pour enfiler bottes et manteau, manifestant ainsi sa mauvaise humeur. Quand elle fut prête, Merlin sous le bras, elle s’arrêta sur le seuil. Elle demanda à Rodrigue si elle le tannait quand elle posait des questions, et aussi quand elle venait le visiter. Elle avait l’air triste, tout à coup. » (p. 68)

« … Rodrigue passa son bras derrière les épaules de Stéphanie. Elle parut à peine s’en apercevoir mais son corps s’amollit un peu contre le sien. » (p. 129)

  • Quelques personnages secondaires, dont Audrey, une voisine de 15 ans, qui développe des sentiments amoureux pour Rodrigue, Stéphanie, une jeune femme victime de violences conjugales, qui trouve refuge auprès de lui, Monique, la sœur de Stéphanie, qui l’écoute sans jugement, Alain, l’époux jaloux et violent de Stéphanie, ainsi que Viviane, la mère de Rodrigue, qui quitte le Canada pour refaire sa vie en France.

« … Cette détente fit du bien à Rodrigue, qui en profita pour lire et fureter dans les librairies à la recherche de livres pour Audrey. Cela faisait plus d’un an que l’adolescente venait lui rendre visite et lui emprunter des livres. » (p. 31)

« Stéphanie avait peigné ses cheveux. Ses meurtrissures apparaissaient plus douloureusement dans son visage rafraichi. Elle demanda encore s’il avait de la glace; il remplit de glaçons un gant de toilette qu’elle appliqua sur son visage. Avait-elle d’autres blessures? s’enquit Rodrigue. Elle fit non de la tête. Il proposa de la conduire à l’hôpital ou à une pharmacie mais elle refusa. Enfin, quand il mentionna la police, il vit ses traits se crisper. » (p. 34)

« Monique ne savait que dire, ébranlée par les marques bleuies sur le visage de Stéphanie. Elle aurait voulu réconforter sa sœur, exprimer sa peine, son indignation. Mais elle ne trouvait pas les mots. Alors elle posa sa main sur la sienne. » (p. 50)

« Alain n’avait pas le profil d’un homme violent. Il se soûlait rarement; il était mince, blond et beau. Elle avait mis longtemps avant de se rendre compte qu’il était violent. Elle le voyait jaloux, il se mettait facilement en colère; c’était normal, il l’aimait. Puis les violences s’étaient multipliées, et un jour elle s’était révoltée. Elle était partie. Puis revenue. » (p. 118)

« … Il regrettait, parfois, de ne pas pouvoir correspondre avec Viviane par courrier électronique. Les Français ne semblaient pas très branchés. Mais il avait un tel plaisir à recevoir une lettre de Viviane! […]
Il ouvrit l’enveloppe en y glissant le doigt.
« … Puisque je n’arrive pas à t’attirer dans la Drôme en t’en faisant miroiter toutes les merveilles, disait Viviane, je me suis vue obligée de prendre des mesures exceptionnelles pour t’amener à Grignan! J’ai fixé la date de mon mariage avec Francis pour le début d’août. J’espère que pour l’occasion tu voudras bien traverser l’Atlantique! » (p. 191-192)

  • Roman riche en émotions qui plonge le lectorat dans la complexité des relations humaines, où l’amitié et l’amour s’entrelacent; intrigue émouvante, développée en alternance entre les deux trames narratives ancrées dans les personnages d’Audrey et de Stéphanie; récit suivant l’ordre chronologique, ponctué de nombreux retours en arrière éclairant les traits de caractère des personnages; thèmes (p. ex., violence conjugale, blessures émotionnelles, quête de soi) aptes à susciter des discussions avec les élèves.
  • Mise en page aérée; texte réparti en 19 chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps, points de suspension, parenthèses, italiques pour désigner les mots en langue étrangère, les haïkus, les titres et les extraits de contes) qui facilitent l’interprétation du roman; mention d’une autre œuvre de l’auteure, remerciements et dédicace au début; table des matières et source des citations à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex, doléances, sévissait, expurgées, tuméfié, treille) compréhensibles à l’aide du contexte; mots du registre populaire (p. ex., de d’là, icitte, pis, je m’en alle, chus) et mots anglais (p. ex., lovebird, break, fairy tales, love stories) reflétant l’origine des personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; abondance de phrases courtes dans les dialogues contribuant à la vraisemblance des personnages et la spontanéité de leurs répliques.

« Les scènes avec Alain étaient un sujet difficile à aborder. Humiliant et douloureux. Stéphanie savait gré à Rodrigue de sa discrétion. Elle n’aimait pas en parler avec lui. Auprès de Rodrigue, elle préférait oublier les souffrances de sa vie conjugale. » (p. 81)

« – Non, Audrey, pas ça!
Son élan brisé, le collier de ses bras nus se défit autour du cou de Rodrigue.
– Tu m’aimes pas? demanda-t-elle d’un ton douloureux et accusateur en même temps.
– Je t’aime beaucoup! Mais je te l’ai dit : t’es comme ma petite sœur.
– Chus pas assez vieille pour toi, c’est-tu ça?
– Non, c’est pas ça, Audrey! T’es une belle fille et je t’aime beaucoup. C’est moi qui suis trop vieux pour toi, j’ai presque quinze ans de plus que toi. » (p. 109)

  • Figures de style (p. ex., expression imagée, énumération, comparaison, personnification, métonymie) qui permettent d’apprécier le style imagé de l’auteure.

« N’était-elle pas venue se jeter dans la gueule du loup? » (p. 39)

« Les évocations de la marquise dans ses lettres adressées à son cousin le faisaient rêver : ²Cette maison est d’une grandeur, d’une beauté et d’une magnificence de meubles dont je vous entretiendrai quelque jour²; elle décrivait les plats qu’on y savourait : des perdreaux nourris de thym et de marjolaine, des cailles grasses, des tourterelles, des melons et des figues blanches et sucrées, des raisins muscats qu’elle comparait à des grains d’ambre. » (p. 56)

« Rodrigue aperçoit une longue stalactite pointue qui pend du toit comme une dague de glace. » (p. 77)

« Si le chant des tourterelles à la fin février signale que l’hiver est en train de tourner de l’œil, le retour des merles d’Amérique à la fin mars témoigne de l’arrivée du printemps, même si guette encore une tempête de neige, ultime soubresaut de l’hiver qui ne cède pas facilement la place. » (p. 78)

« – Le honeymoon a pas duré. La chicane a recommencé. » (p. 79)

  • Prédominance de séquences descriptives et narratives qui retracent une période émotionnellement intense de la vie de Rodrigue, marquée par ses relations avec Audrey et Stéphanie; séquences dialoguées révélant les traits de caractère des personnages et permettant de percevoir leurs sentiments.

« Audrey avait fini sa crème glacée et regardait Mione, profondément endormie dans son fauteuil. Elle déposa son assiette vide sur la table, par-dessus un journal, bâilla et leva la tête vers une grande reproduction encadrée qui lui faisait face au-dessus du divan. C’était une scène nautique peuplée de voiliers à l’arrière-plan et de petits personnages qui baignaient dans le bleu profond de la mer. Au premier plan se détachait le corps nu et épanoui d’une femme. Elle était assise nonchalamment sur un drap froissé et tenait dans sa main droite, à hauteur de l’épaule, une conque. » (p. 65)

« Rodrigue l’examinait, serrée dans son jean, son t-shirt blanc imprimé d’une minuscule abeille. Il la trouva belle mais pâle, les yeux cernés. Elle avait enroulé un joli foulard autour de son cou. Il cherchait sur sa peau nue les bleus, les meurtrissures. » (p. 114)

« – Alors, qu’est-ce que t’as fait de ton été? T’es encore toute dorée.
– J’ai travaillé. J’avais une job dans un café.
– Au Café du Sommet?
– Comment sais-tu ça?
– Mystère!
– Tu y es allé? Je me rappelle de ça : Mel m’a dit qu’elle t’avait servi à diner!
– Tout juste! Pis? On dirait que t’as aussi eu le temps de profiter de la plage?
– Les parents de mon chum avaient une roulotte à Sandy Beach.
– Qui c’est, ton chum?
– Martin. » (p. 162)

  • Présence de haïkus, de poèmes et d’un conte de fées qui révèlent la sensibilité intérieure des personnages.

« C’est là, au cours du dernier été qu’y passa Rodrigue, adolescent, qu’il composa son premier haïku :

Au-dessus des champs de maïs
la lance d’arrosage asperge
l’étoile de Vénus. » (p. 57)

« Poème d’Audrey

j’ai fait un rêve
j’avais une rose comme le Petit Prince
[…]
c’était ça le secret
le secret de la vie » (p. 92)

« Il était une fois une princesse très belle qui avait six tresses blondes, épaisses et très longues, qui descendaient jusqu’aux genoux. […]
Ti-Jean et la princesse vécurent longtemps heureux et eurent de beaux enfants. » (p. 170-173)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreux référents culturels de la francophonie, parmi lesquels des noms de lieux (p. ex., l’Acadie, la France, le Québec), des écrivains (p. ex., Jacques Poulin, Louise Labé), des personnalités (p. ex., François Truffaut, Charles de Gaulle) ainsi que de nombreux contes de Grimm et de Perreault (p. ex., Blanche-Neige, Cendrillon).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de choisir un conte des Frères Grimm ou de Perreault, puis de l’adapter pour le rendre plus accessible aux enfants, supprimant les éléments de violence et accentuant les aspects positifs et féeriques. Leur demander d’illustrer leur travail, puis de le placer au centre de ressources d’une école élémentaire.
  • Animer une discussion portant sur la question suivante : Comment l’auteure utilise-t-elle les saisons comme métaphore dans le roman, en explorant leur rôle symbolique et leur impact sur l’évolution des personnages et de l’intrigue?
  • Demander aux élèves, regroupés en équipes, de réaliser une recherche sur la violence conjugale en tenant compte de critères particuliers (p. ex., cycle de la violence, impacts, séparation) puis de rédiger un dépliant informatif. Leur suggérer d’inclure des ressources locales pour les victimes dans leur région, puis placer les travaux au centre de ressources de l’école.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre, notamment la violence conjugale, la mort et l’avortement.
  • Informer les élèves des dangers associés à des comportements à risque abordés dans l’œuvre, tels que demeurer chez une personne inconnue ou faire de l’autostop.
  • Inciter les élèves à lire d’autres œuvres mettant en scène un personnage en quête de libération face à un passé difficile ou traumatique, telle que L’enfant de tout à l’heure et Sans bon sang, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.