Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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Platebandes

La vie de Myriam Sarfati bascule lorsqu’une lettre en provenance d’Italie lui apprend qu’elle a été adoptée à sa naissance, que sa mère biologique vient de mourir en lui léguant une importante somme d’argent et qu’elle ne doit pas chercher à découvrir l’identité de son père. Une recommandation qu’elle s’empresse d’ignorer en chargeant Alain Cavoure de l’enquête.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, soit Myriam, une jeune femme qui découvre soudainement qu’elle est adoptée, et Alain Cavoure, le détective qu’elle embauche pour retrouver son père biologique.

« Elle venait d’apprendre […] qu’elle était en vérité la fille d’une Italienne, qu’après sa naissance, sa mère avait refait sa vie en Italie avec un homme d’affaires et qu’elle avait désigné sa fille naturelle comme bénéficiaire d’une police d’assurance-vie… » (p. 56-57)

« Alain aimait les défis, qu’ils soient intellectuels, moraux ou physiques. Tel il avait été dans ses recherches à l’Institut, tel il était dans son métier d’enquêteur et tel il était aussi dans sa vie. » (p. 282)

  • Nombreux personnages secondaires qui soutiennent Myriam dans sa quête, dont Félix, son conjoint, la famille Carboni, notamment Donato, qui informe Cavoure de la localisation d’Adelina, Graziella, qui révèle l’histoire tragique d’Isabella, rejetée par sa famille pour être tombée enceinte du fils d’un patron du crime, Adelina, sa grand-mère, qui découvre avec émotion l’existence de sa petite-fille en apprenant le décès de sa propre fille Isabella, ainsi que Gianni Sandrelli, un chef d’entreprise à la moralité douteuse, soupçonné d’être le père biologique.

« Félix se rassit et défit les lacets. Le vendeur disparut dans la réserve.
Félix renoua vite la boucle qu’il venait de défaire, jeta dans son sac à dos ses propres Nike ainsi que les semelles amovibles de la boîte Méphisto et déguerpit. Dès qu’il tira la porte, la sonnette tinta. Détale, bonhomme! » (p. 20-21)

« Cavoure avait composé le numéro de Donato Carboni. Le beau-frère d’Adelina!
– Je voudrais lui parler. Vous savez où je pourrais la joindre?
– Qu’est-ce que vous voulez? Qui vous êtes?
– Je m’appelle Alain Cavoure. Je suis enquêteur privé (ne jamais dire ²détective² à des personnes âgées) et j’aimerais parler à votre belle-sœur Adelina Carboni.
[…]
– Où est-elle ?
– Dans un hôpital. No, not hospital… Una residence. » (p. 67)

« – Dites-moi ce que vous savez au sujet d’Isabella.
Graziella Carboni releva ses lunettes sur ses cheveux.
Une histoire triste, qui ne pouvait pas ne pas mal finir. Isabella était l’aînée des filles, la première à se marier. Quand on avait appris qu’elle était enceinte, elle avait été cruellement jugée par la famille. Si encore il avait été question de mariage avec un homme honnête, la situation aurait pu s’arranger. Non, elle avait refusé de divulguer l’identité du père et pas un homme ne s’était présenté pour reconnaître sa paternité. Après quelques recherches, on avait appris qu’Isabella avait fréquenté le fils d’un patron du crime. […] Isabella fut envoyée dans un foyer, elle mit au monde une fille et l’abandonna aux services d’adoption. » (p. 81)

« – Madame Carboni, je vous apporte de mauvaises nouvelles. Votre fille Isabella ne se porte pas bien. Non sta bene. Elle vivait en Italie, vous le savez. Il lui est arrivé un malheur en Italie.
– Un malheur! Che vuol’ dire?
[…]
– Isabella a eu un accident grave, dit-il enfin, un accident de la route. Un accident très grave. Elle a perdu la vie, elle est morte.
[…]
– Signora Carboni, per favore, signora Carboni, calmez-vous. Je ne vous ai pas tout dit au sujet d’Isabella. J’ai aussi une bonne nouvelle.
[…]
– La fille d’Isabella est vivante, madame Carboni. Elle est ici à Montréal, elle voudrait vous revoir, elle voudrait connaître sa grand-mère. Elle s’appelle Myriam, elle a vingt-huit ans et elle voudrait vous rendre visite. » (p. 105-108)

« Si Gianni Sandrelli était le père de Myriam Sarfati, elle pourrait choisir de s’en tenir loin ou de retarder une première rencontre. Heureusement, les dilemmes de sa cliente n’étaient pas les siens, il se contenterait de faire son travail de son mieux, jusqu’au bout.
Aucun Gianni Sandrelli dans l’annuaire téléphonique. C’était prévisible : un chef mafieux n’annonce pas le lieu de sa résidence. » (p. 119-120)

  • Roman d’aventure truffé de multiples péripéties et rebondissements; trame narrative s’organisant autour de la quête de Myriam pour découvrir l’identité de son père biologique, intégrée à des événements, à des personnages et à des lieux réels reliés au crime organisé; nombreux retours en arrière sous forme de souvenirs qui éclairent les événements marquants du passé des personnages; thèmes (p. ex., adoption, quête d’identité, famille, suspense, crime organisé) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en quarante-trois chapitres numérotés et un épilogue; éléments graphiques (p. ex., guillemets, acronymes, italiques, points de suspension, parenthèses, majuscules, notes de bas de page) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur, remerciements et dédicace au début; liste d’œuvres chez le même éditeur à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., abruti, convoitise, varloper, cadastre, spinoziste) et mots italiens (p. ex., vostra nipotina, solo due volte, va bene cosi) dont le contexte permet de déduire le sens; mots et expressions du registre familier (p. ex., oupalaïe, pissous, boîtes de bines, coudon, de la chnoute) qui ajoutent à la vraisemblance des personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; emploi d’une variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative, impérative, négative); abondance de phrases courtes, parfois lourdement ponctuées, dans les dialogues, contribuant à la vraisemblance des personnages; emploi du passé simple et de l’imparfait de l’indicatif dans la narration.

« À quatre heures moins deux, Alain Cavoure se présenta à la Fornarina. Le restaurant était fermé. Il remua la porte, vit quelqu’un à l’intérieur. Un homme vint lui faire signe de revenir dans une heure. Où était Graziella Carboni?
Il se tourna, inquiet. Une femme traversa la rue. Elle portait un chapeau blanc, son visage lui était connu.
– Graziella Carboni? lui demanda-t-il.
– C’est moi, dit-elle avec le sourire en tendant la main.
– Alain Cavoure, dit-il. Enchanté. Malheureusement, le restaurant est fermé.
– Je sais.
Graziella Carboni frappa vivement sur la porte et agita la main. Le serveur revint vite et lui ouvrit.
Graziella! Che sorpresa! Do you have a reservation, ma’am?
– Sempre il buffo! Luca, je te présente Alain Cavoure. Il n’est pas Italien. M. Cavoure, Luca Casale.
Luca tendit la main et dit : ²Enchanté, entrez.² » (p. 77-78)

  • Procédés linguistiques (p. ex., pléonasme, métaphore, personnification, énumération, antithèse, homonyme, comparaison) qui caractérisent les propos parfois ironiques de l’auteur.

« Au concours Miss USA, Miss Alabama aurait répondu, quand on lui a demandé si elle voudrait vivre éternellement, écoute bien, c’est subtil : ²Je ne voudrais pas vivre pour toujours parce que nous ne devrions pas vivre pour toujours, parce que si nous étions supposés vivre pour toujours alors nous vivrions pour toujours, mais nous ne pouvons pas vivre pour toujours, c’est pourquoi je ne voudrais pas vivre pour toujours.² » (p. 30)

« Il se fit copieusement bombarder de photons et l’attaque fut aussi instructive qu’indolore, ainsi qu’il l’avait promis à Marianne. » (p. 94)

« Il arrivait à l’heure du souper, les ascenseurs avaient chaud. » (p. 101)

« Les Sandrelli étaient […] dans la restauration, l’alimentation, l’immobilier, la construction, la buanderie, secteurs qui se prêtaient bien aux magouilles. » (p. 121-122)

« Dans la vie, il y a les dominants et les dominos, les puissants et les pissous. » (p. 149)

« Curieux comme, dans les familles où la loi est un obstacle à la prospérité, les pères veulent immanquablement des fils membres du barreau – pour éviter à leurs hommes des barreaux moins prestigieux. » (p. 151)

« Je suis sec comme un gendarme! » (p. 215)

  • Nombreuses séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui révèlent les indices que repère le détective, permettent de suivre le fil des événements et aident à comprendre les relations qui existent entre les personnages; emploi de procédés littéraires (p. ex., notice nécrologique, liste, transcription d’un procès, télécopie) contribuant à la crédibilité de l’histoire.

« Adelina Carboni avait momentanément oublié son francese, mais ses invectives se comprenaient sans mal. Il n’y avait plus de tristesse dans ses yeux, seulement du mépris, une ²sainte colère². Et Cavoure venait d’obtenir la confirmation qu’il attendait : Sandrelli était le père de Myriam. Il contint avec peine sa satisfaction.
– Pourquoi dites-vous cela? Parlez en français, je vous en prie.
– Parce qué il a fait un enfant à ma Isabella et il n’a jamais voulu le… riconoscerlo. Isabella était folle d’amour pour Gianni et il a pas voulu la marier.
D’après Graziella, se rappela Cavoure, le père d’Isabella s’était objecté au mariage. Qui disait la vérité? Il aurait dû mettre un grain de sel dans son vin à la Fornarina…
– Elle vous l’a dit? lsabella vous a dit que le père de son enfant était Gianni Sandrelli?
– Oui, elle l’a dit. Dopo il parto.
– Après son départ?
No, il parto. Dopo la nascita, après…
– Après la naissance, après l’accouchement?
– Après l’accouchement, confirma Adelina. Quand elle est revenue, elle l’a dit. Le père était Gianni Sandrelli. » (p. 109-110)

« I morti non sono degli assenti, son degli invisibili che tengono i loro occhi pieni di luce nei nostri pieni di lacrime.
[…]
Cavoure fit une traduction approximative de la notice de la famille.
« Les morts ne sont pas absents, ils sont des êtres invisibles qui tiennent (tournent?) leurs yeux pleins de lumière dans (vers?) les nôtres pleins de larmes. » » (p. 61-62)

« Il établit et imprima une liste ordonnée des établissements commerciaux et entreprises qui y figuraient.
*    Sandrelli Construction Ltd. : 3 mentions (1971, 1975, 1984), propriété de Gabriele Sandrelli » (p. 120)

« Il fit défiler la transcription du procès, trouva la déposition de Sandrelli.
(Procureur) Votre nom?
(Témoin) Gianni Sandrelli.
(Procureur) Votre adresse?
(Témoin) 4, place Harlow, Beaconsfield. » (p. 158)

« Dix minutes plus tard, le télécopieur sonnait.
Alain,
Voici les coordonnées de Gianni Sandrelli et
autres renseignements.
62 minutes (disons 60). À samedi.
Michel B. » (p. 211)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des lieux, des institutions et des personnalités de la francophonie canadienne (p. ex., Montréal, chaîne de télévision RDI, société Bombardier, artistes tels Pellan et Riopelle, politicienne Pauline Marois, journal à sensation Allô Police).

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à imaginer qu’à l’instar de Myriam Sarfati, ils héritent d’une importante somme d’argent à la suite du décès d’une personne qui leur est inconnue. Leur demander de réfléchir à leur réaction, aux démarches qu’ils entreprendraient et aux questions qu’un tel événement soulèverait. Former des équipes, puis leur demander de partager leurs réflexions avec les membres de leur groupe.
  • Une des particularités de ce roman réside dans le fait que l’enquêteur, Alain Cavoure, meurt prématurément, immédiatement après avoir résolu une partie du mystère des origines de Myriam Safarti. Cet événement constitue d’ailleurs le point culminant de roman. Suggérer aux élèves, réunis en dyades, d’imaginer une version alternative où Cavoure survit, et de concevoir un nouveau point culminant, un autre dénouement et une situation finale différente pour le roman. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Alain Cavenne utilise parfois un humour subtil dans le roman. Invitez les élèves, regroupés en dyades, à repérer quelques exemples de cet humour (p. ex., jeux de mots, situations cocasses, propos ironiques), puis à les expliquer au groupe-classe en leurs propres mots.

Conseils d'utilisation

  • Expliquer aux élèves que certains des faits entourant les personnalités, les crimes et les procès auxquels on réfère dans le roman sont réels. Encadrer la lecture pour qu’ils distinguent les faits romancés des faits véridiques (p. ex., allusions aux mafias italienne et russe).
  • Accorder une attention particulière aux descriptions de scènes de crime qui s’apparentent au roman policier (p. ex., des passages violents, dont la torture et la façon de camoufler un meurtre).
  • Porter une attention particulière au thème de l’adoption, en tenant compte de sa sensibilité et de ses répercussions émotionnelles possibles.
  • Encourager les élèves à lire une autre œuvre dans laquelle se retrouvent le détective Cavoure et son épouse Marianne, soit Cavoure tapi, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.