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Par osmose

Par osmose, c’est avant tout une réflexion sur l’assimilation. La pièce – une création collective de la troupe de l’école secondaire Macdonald-Cartier de Sudbury – a ceci de singulier qu’elle examine la question du point de vue des adolescents qui y sont confrontés. Parce que chacun d’eux, invariablement, sera appelé à faire un choix.

En racontant avec doigté et un grand naturel l’histoire de Véronique, qui choisit de s’assimiler alors que son frère Jules rejette cette option, Par osmose fait voir les deux côtés de la médaille et explore les conséquences qui en découlent. Et ce, sans moraliser, sans prescrire.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, soit Véronique, qui choisit de s’intégrer au milieu anglophone en rejetant sa culture d’origine, et son frère Jules, qui, au contraire, revendique fièrement son identité francophone.

« I can’t believe she just did that! Devant Chuck! Je n’ai jamais eu si honte de ma vie! Plus j’y pense, plus que j’y haïs la face. La vache! C’est bien de sa faute itou si elle ne sait pas parler un maudit mot d’anglais.
[…]
Bien moi là, la soupe aux pois, les chemises carreautées, les gigues pis les chansons à répondre, c’est pas pour moi. Moi je veux vivre aujourd’hui, pis aujourd’hui c’est en anglais que ça se passe. J’ai fini de faire rire de moi à cause d’une langue que je n’ai pas choisie, qui m’a été imposée. Juste les loosers qui parlent français, parce que eux autres ils connaissent pas mieux pis ils ont toujours été habitués à rêver en petit. » (p. 50)

« JULES
Tu trouves ça drôle toi, qu’on rie d’elle… Tu trouves ça drôle qu’on rie d’elle parce qu’elle sait pas parler anglais? Bien, pas moi, parce que quand ils rient d’elle, ils rient de moi, ils rient de toutes nous autres. Moi là, j’ai fini d’avoir honte parce que je suis différent. J’ai fini de me cacher parce que j’écoute des maudites cassettes françaises, pis j’ai fini d’essayer d’être comme les autres, comme toi, moitié anglais, moitié français sans jamais être bien dans ma peau. » (p. 60-61)

  • Quelques personnages secondaires, dont Margot et Aurèle, les parents de Véronique et de Jules, arrivés du Québec en Ontario vingt ans plus tôt, Aurèle ayant appris l’anglais, tandis que Margot, incapable de s’adapter au milieu anglophone, vit un profond sentiment d’exclusion, Chuck, l’intérêt amoureux de Véronique, qui rejette le français malgré ses origines francophones, ainsi que Stacey, la fille de Véronique, qui s’interroge sur le choix de sa mère de ne pas lui avoir transmis la langue française.

« AURÈLE
C’est pourtant pas si compliqué de commander à souper; c’est pas comme si je t’avais demandé de le préparer toi-même.
[…]
MARGOT
Avec tout l’énervement, et pis toi qui m’appelles à la dernière minute pour me laisser savoir qu’on a de la visite pour souper, pis le saudit menu qui est tout en anglais, pis à part de ça, j’avais peur de ne pas me faire comprendre.
AURÈLE
Écoute, faut tout de même que tu acceptes le fait qu’on est en Ontario maintenant, qu’on n’est plus au Québec…
MARGOT
Tu n’comprendras don’ jamais! » (p. 28-30)

« CHUCK
Hey, what’s your name?
VÉRONIQUE
Véronique!
CHUCK
Véronique?
VÉRONIQUE
My friends call me Ronnie.
CHUCK
Tu sais, Ronnie, je t’avais vue dans les corridors. Je te trouvais pas mal cute but… a little too French for me.
VÉRONIQUE
You know how it is; je parle français juste pour les profs pis les folks.
CHUCK
Good, parce que moi j’aime pas les French snobs. » (p. 39)

« STACEY
You sound just like mémère.
JULES
C’est parce que je parle français comme elle. C’est elle qui m’a montré à le parler.
STACEY
Me too, just a bit though because my mom said I didn’t need to, but thanks to mémère I understand. She only talked French to me.
JULES
C’était important pour mémère, ça.
STACEY
Why didn’t she show my mommy?
JULES
Elle lui a montré à parler le français à ta mère.
STACEY
Then why doesn’t she speak it to me then?
JULES
Ça, ma fille, c’est un choix qu’elle a fait. Si tu veux savoir pourquoi, bien va falloir que tu lui demandes. » (p. 66-67)

  • Pièce de théâtre dramatique qui met en lumière les décisions que chacun doit prendre face à l’assimilation, ainsi que leurs conséquences à long terme; intrigue qui se déploie en trois temps, dont l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte de Véronique et de Jules, permettant d’explorer l’évolution de leurs choix et de leurs rapports à la langue et à la culture; thèmes (p. ex., fierté identitaire, assimilation, conflit générationnel, honte, pression sociale) permettant au lectorat de réfléchir aux enjeux personnels et sociaux liés à l’identité socioculturelle en Ontario français.
  • Mise en page simple; texte composé de dix-sept scènes numérotées; éléments graphiques (p. ex., italiques, points de suspension, notes de bas de page, crochets, acronymes, guillemets) facilitant l’interprétation du texte; page de création au début de l’œuvre.

Langue

  • Registre de langue courant dans les didascalies; registres familier et populaire (p. ex., coudon’, t’es pas mal bon, j’ai freaké, il est pas mal weird) et nombreuses répliques en anglais (p. ex., welcome to Sudbury, no, thank you very much, c’est correct) dans les dialogues, contribuant à l’authenticité de l’intrigue.
  • Phrases de base, phrases transformées et nombreuses phrases à construction particulière; abondance de phrases courtes exclamatives, interrogatives et impératives, traduisant l’intensité des émotions des personnages, favorisant une lecture expressive.

« MARGOT
Ton père veut que je commande des mets chinois.
VÉRONIQUE
Ah ben, ça c’est pas fair! Vous autres, vous avez du vrai chinois, pis nous autres on a du pâté chinois… réchauffé.
MARGOT
Véronique, commence pas à m’énerver. OK! J’ai déjà assez de misère à ²défricher² le saudit menu du restaurant… C’est tout en anglais cette affaire-là!
VÉRONIQUE
Ça devrait être en chinois, hein mom?
MARGOT
Pour moi, c’est toute la même chose!
VÉRONIQUE
Veux-tu que moi « j’ordre »?
MARGOT
Non, laisse faire, ton père va arriver là.
VÉRONIQUE
J’suis capable, tu sais. Écoute : Hi, my name is Ronnie. I’m seven years old. I live at ten sixty Notre-Dame. » (p. 17)

  • Procédés littéraires (p. ex., chanson, poème) qui renforcent les thèmes d’identité culturelle, de dualité linguistique et d’appartenance.

« STACEY
perdue sur une mer vaste et profonde
c’est pas qu’il manque de côtes pour atterrir
mais me voici encore entre deux mondes
je me demande comment… » (p. 7)

« JULES ET VÉRONIQUE
L’histoire, la nôtre
Au début du siècle, même un peu avant
Y débarquent du train parti de Trois-Rivières, de
Montréal,
du Lac St-Jean, de Québec ou de Gaspé
Y débarquent sans un sou
quelques mots d’anglais en poche
pis la mémoire des fêtes de famille
sur la terre paternelle en tête… » (p. 9)

  • Figures de style (p. ex., répétition, comparaison, antiphrase, énumération, quiproquo) qui soulignent les tensions entre les personnages et révèlent leurs émotions et leurs conflits intérieurs.

« JULES
Tu sais, Véronique… t’es bien meilleure que moi pour faire des choses comme ça. T’es bien, bien, bien, bien, bien, bien meilleure que moi pour faire des choses comme ça. » (p. 23)

« AURÈLE
[…] Ça se bat comme des chats pis des chiens. » (P. 26)

« MARGOT
Pousse, mais pousse égal! Tu sauras que je n’ai pas arrêté de la journée : le déjeuner, le dîner, le souper, les enfants qui se chamaillent, mon gâteau, Mon gâteau! » (p. 28)

« JACKIE
May I help you m’am?
MARGOT
Yes, I would want to have one dozen yellow pinks, please!
JACKIE
Excuse me?
MARGOT
One dozen yellow pinks.
JACKIE
Yellow pinks!!! Hey, she wants a dozen yellow pinks!
Tous éclatent de rire, sauf Véronique.
CHUCK
I think you better go help your mom.
VÉRONIQUE
Maman, que c’est que tu dis là?
MARGOT
C’est pourtant pas compliqué, j’veux une douzaine de roses jaunes. Que c’est qu’elle a à rire, elle? » (p. 46-47)

  • Monologues permettant de s’immiscer dans l’esprit des personnages et d’en apprendre davantage à leur sujet.

« Monologue de Véronique.

[…] Pourtant, c’est pas tellement compliqué. Tout le monde parle anglais. Ça s’apprend tout seul. Il faut même pas faire d’effort!
[…]
Moi, je rêve en grand, pis je rêve en couleur pis je rêve en anglais. En tout cas, quand j’aurai des enfants, je leur ferai jamais honte comme ça. Ils auront pas à passer par là… parce que le français, ils l’apprendront même pas. Je ne les obligerai jamais à l’apprendre. » (p. 50-51)

  • Nombreuses didascalies qui contribuent à la compréhension de l’œuvre ou qui peuvent guider d’éventuelles mises en scène.

« La noce : cette scène mime le mariage de Margot et Aurèle à la fin des années 1960, avant leur départ pour l’Ontario.  La scène est typique des mariages granola de ces années, clichés et photos traditionnels. » (p. 11)

« À partir du poème de Jean Marc Dalpé, « Trains modernes », il s’agit de créer une scène qui aide le spectateur à visualiser le trajet en train de Montréal à Sudbury. Il est important de faire ressortir les sentiments qui animent ces personnages et leur première impression de Sudbury. » (p. 12)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreux référents culturels illustrant la dualité linguistique entre le français et l’anglais, soulignant les tensions identitaires, les conflits de loyauté et les pressions d’assimilation vécues dans un contexte minoritaire.
  • Références géographiques liées à la francophonie (p. ex. Trois-Rivières, Lac Saint-Jean, Montréal, Québec, Gaspé, Sudbury, Ottawa, France).
  • Mention de berceuses et de chansons d’enfants (p. ex., Fais dodo Colas mon p’tit frère, Au clair de la lune).
  • Référence au poète Jean Marc Dalpé et à ses poèmes L’histoire, la nôtre et Trains modernes.
  • Mention de l’émission Passe-Partout, une émission jeunesse emblématique de la télévision québécoise, diffusée à partir des années 1970, qui a marqué plusieurs générations par ses chansons, ses personnages attachants et ses messages éducatifs.
  • Mention de l’émission Samedi de rire, une émission humoristique québécoise diffusée dans les années 1980, connue pour ses sketchs satiriques, ses parodies et ses commentaires sur l’actualité sociale et politique.
  • Mention de référents culturels typiquement franco-canadiens (p. ex., la soupe aux pois, les chemises à carreaux, les gigues, les chansons à répondre), qui évoquent les traditions populaires et l’identité francophone d’antan.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de discuter des raisons, des émotions et des conséquences des choix identitaires des parcours contrastés de Véronique et de Jules. Ensuite, leur demander d’écrire un journal intime fictif du point de vue de l’un ou l’autre personnage à différents âges (enfance, adolescence, adulte), puis de le présenter aux membres de leur groupe.
  • Dans Par Osmose, le personnage de Margot, arrivée du Québec vingt ans plus tôt, n’a jamais réussi à maîtriser l’anglais, ce qui l’isole et crée des tensions avec sa fille. Inviter les élèves, réunis en équipes, à discuter des enjeux liés à la langue en établissant un parallèle entre la situation de Margot et celle des nouveaux arrivants qui s’installent en Ontario sans nécessairement parler l’anglais. Suggérer des questions pour guider la discussion : Quelles sont les conséquences de ne pas parler la langue majoritaire dans un nouveau milieu? Quels obstacles ces personnes peuvent-elles rencontrer dans leur vie quotidienne (éducation, emploi, accès aux services, relations sociales)? Comment peut-on favoriser l’intégration linguistique tout en respectant et valorisant les identités culturelles?
  • Cette pièce de théâtre, initialement rédigée en 2008 et rééditée en 2025, soulève encore aujourd’hui des enjeux linguistiques et identitaires forts. Animer une discussion autour de la question suivante : En quoi cette œuvre demeure-t-elle pertinente dans le contexte actuel?
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de mener une recherche sur les critères d’admissibilité à l’éducation en langue française en Ontario (ou au Canada), puis de concevoir un dépliant informatif destiné à des parents ou à des élèves nouvellement arrivés. Exposer les dépliants au centre de ressources ou à l’entrée de l’école afin de valoriser leur travail et d’en faire profiter la communauté scolaire.
  • Dans l’œuvre, Jules affirme son attachement à la culture francophone, notamment à travers les émissions et la musique françaises. Proposer aux élèves, réunis en dyades, de choisir une chanson ou une émission francophone qui les interpelle, puis de la présenter au groupe-classe en la décrivant brièvement, en expliquant pourquoi elle est représentative de la culture francophone et en partageant ce qu’ils apprécient.
  • Proposer aux élèves de participer à un débat structuré sur les enjeux de l’assimilation et de l’identité linguistique à partir de la question : Devrait-on toujours conserver la langue et la culture de ses parents, même lorsqu’elles diffèrent de celles de la majorité environnante? Former deux équipes (affirmative et négative) et leur laisser un temps de préparation pour bâtir des arguments solides et nuancés. Animer ensuite un débat formel, suivi d’une mise en commun où l’ensemble du groupe pourra réagir, exprimer ses réflexions et faire des liens avec Par osmose et leurs propres expériences.
  • Inviter les élèves à concevoir une création artistique (p. ex., affiche, collage, œuvre visuelle, poème visuel) qui représente le vécu d’une personne prise entre deux langues ou deux cultures. Leur proposer de s’inspirer de situations réelles, d’expériences personnelles ou de personnages de l’œuvre, tout en réfléchissant aux sentiments liés à cette dualité (p. ex., fierté, confusion, honte, perte, enrichissement). Exposer les œuvres en salle de classe ou au centre de ressources, accompagnées d’une courte note explicative.

Conseils d'utilisation

  • Consulter le guide pédagogique sur le site de l’éditeur.
  • Inviter un immigrant francophone à venir témoigner de son expérience d’intégration linguistique et culturelle.
  • Rappeler aux élèves que l’œuvre est une création collective réalisée par des élèves de l’École secondaire Macdonald-Cartier de Sudbury, membres de la troupe étudiante Les Draveurs.
  • Présenter l’historique du Théâtre du Nouvel Ontario afin de situer l’œuvre dans son contexte culturel et artistique, en soulignant son rôle clé dans la promotion du théâtre francophone en Ontario et son engagement envers les réalités et les voix de la communauté francophone locale.
  • Inciter les élèves à découvrir une autre pièce de théâtre issue d’une création collective, soit Terre d’accueil, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : TFO 21.7 – Capsules humour avec Improtéine, Pour ou contre l’assimilation des francos?
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, DEUX. TROIS. nos identités franco-canadiennes.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : 180, Parler de son identité.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Hors Québec, Sport et identité.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 9e année, Série : Les Zultras, Fierté.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Droit comme un F, Nos droits, nos batailles.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Flip entrevues, Patrick Groulx.