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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Louisbourg

Louisbourg, […] un roman historique, rend un vibrant hommage à la plus grande cité fortifiée francophone du Canada, située au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

« Le 21 juillet, les Anglais bombardèrent allègrement Louisbourg toute la journée. En début d’après-midi, le Célèbre, l’Entreprenant et le Capricieux prirent feu et furent des pertes totales. Ces pertes sapaient le moral de la garnison qui les vit se brûler jusqu’au soir. Dans un silence de mort, la population de la forteresse, impuissante et indignée, assista à un affreux spectacle. »

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux, Jean-Louis Augustin de Boschenry, chevalier de Drucourt, dirigeant de Louisbourg, et son épouse Marie-Anne Aubert de Courserac, femme de caractère très fidèle qu’il aime beaucoup.

« Le gouverneur Jean-Louis Augustin de Boschenry, chevalier de Drucourt, finissait de souper avec son épouse, Marie-Anne Aubert de Courserac. C’était un homme carré, et sa perruque bleutée faisait ressortir ses yeux bleus et perçants. » (p. 25)

  • Nombreux personnages secondaires, certains étant directement liés aux personnages principaux tandis que d’autres sont des habitants de Louisbourg, mais dont les destins s’entrecroisent ; parmi eux, Gabriel Bizaillon, un orphelin de dix ans, curieux et drôle, accusé à tort et que Marie-Anne souhaite adopter, le marquis de Montcalm, célèbre militaire français, Pierre de Cavagnal, marquis de Vaudreuil, gouverneur du Canada, un homme déloyal et mytho, Charles Lawrence, gouverneur de la Nouvelle-Écosse, qui souhaite exterminer les Français, Robert Monckton, commandant sous les ordres du gouverneur Lawrence, Jean-Michel Houdin un prêtre qui renonce à ses vœux pour devenir un espion à la solde de Charles Lawrence, George Washington, un milicien qui a tendu une embuscade aux Français et qui deviendra le premier président américain, Jean Vauquelin, capitaine de l’Aréthuse, l’un des navires du roi de France, l’intendant Bigot, intendant de la ville de Québec qui mène une vie faste, Jeffrey Amherst, général britannique ayant attaqué Louisbourg, Edward Boscawen, respectivement général et amiral de la marine britannique qui a attaqué Louisbourg, ainsi que James Wolf, un éminent militaire anglais.

« – J’ai eu beaucoup de plaisir à employer le petit Gabriel Bizaillon, cet été. Il m’a été d’un grand secours dans le jardin, et les légumes et les fleurs ont poussé au son de nos rires. Cet enfant est plein d’esprit et sa joie de vivre est communicative. Il a une façon bien à lui de raconter tous les faits et gestes des habitants de Louisbourg. » (p. 25-26)

« Le marquis de Montcalm a fait diversion sans s’en douter en prenant le fort William Henry. » (p. 26)

« Le gouverneur du Canada, monsieur de Vaudreuil, fait ce qu’il peut, mais il a les mains liées, car l’aide monétaire provenant de France se fait rare. » (p. 31)

« Sur l’un des passages de ronde, Charles Lawrence, gouverneur de la Nouvelle-Écosse, observait à la longue-vue les travaux tout en s’entretenant avec le commandant Robert Monckton. Cet homme enrobé contrastait avec la maigreur de son interlocuteur.
– Commandant Monckton, ne trouvez-vous pas que l’air est plus sain et l’atmosphère plus sereine depuis que nous avons déporté ces pleutres d’Acadiens il y a deux ans?
Le commandant hésita, puis répondit :
– Les prises des forts Beauséjour, Gaspareau et Saint-Jean furent une réussite, gouverneur Lawrence. Toutefois, je préfère ne pas commenter le côté humain… » (p. 35)

« – Monsieur Jean-Michel Houdin est un espion à notre solde. C’est lui qui nous fournit des renseignements de la plus haute importance sur les villes de Québec et de Montréal et sur plusieurs forts français. C’est un ancien prêtre récollet de Trois-Rivières qui a renié sa religion. Naturellement, nous le payons grassement pour son empressement teinté d’enthousiasme à trahir les siens sans aucun scrupule. » (p. 39)

« Puis, il y a quatre ans, dans la vallée de l’Ohio, un jeune freluquet du nom de George Washington, major dans la milice de Virginie, a envenimé la situation. Lorsque notre armée, aidée par les sauvages, a chassé les colons britanniques, Washington a tenté de nous résister dans un fortin. » (p. 86-87)

« -J’en parlerai à Jean Vauquelin, capitaine de l’Aréthuse. Il n’a pas froid aux yeux. Je suis d’ailleurs surprise qu’il n’ait pas désobéi à ces ordres farfelus. » (p. 102)

« Comment se fait-il que vous organisiez impunément des réceptions, tout comme l’intendant Bigot à Québec, en spoliant le peuple avec vos malversations? » (p. 125)

« Les Britanniques se firent huer quand, ne respectant pas leur parole, ils pillèrent les maisons des habitants, visiblement satisfaits d’humilier les Français un peu plus. Ils n’accordèrent pas non plus les honneurs de la guerre à la garnison. Pourtant, en privé, le général Amherst confia à l’amiral Boscawen :
–  Je reconnais qu’il leur a fallu un certain courage pour résister si longtemps.
– Et moi, j’avoue qu’en tant que marin, j’ai admiré l’audace du capitaine de l’Aréthuse qui nous a confrontés seul avant de parvenir à s’enfuir. » (p. 131)

« James Wolf renchérit :
–  Et moi, je compte bien me venger de ces gredins en frappant fort à Québec, puis à Montréal prochainement. Mes problèmes de santé exacerbent mon désir de leur faire courber l’échine. » (p. 131)

  • Roman historique se déroulant à l’époque de la Nouvelle-France et mettant en scène les croyances et les coutumes de cette période tout en soulignant la rivalité entre la France et l’Angleterre; thèmes variés (p. ex., amour, pouvoir, guerre, colonisation, rivalité) susceptibles de piquer la curiosité des lecteurs et de susciter des discussions.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en quinze chapitres numérotés et un épilogue; éléments graphiques (p. ex., italiques pour indiquer le nom des navires ou pour accentuer des noms ou des correspondances, caractères gras pour accentuer certains mots ou des noms propres) facilitant l’interprétation de l’œuvre; dédicace, poème de Nérée Beauchemin et introduction au début; sources à la fin; biographie de l’auteure à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., mordorés, carcan, jouxtaient, ignominie, scélérats, outrecuidance) et mots vieillots (p.ex., sbires, margoulette, couardise, mangeaille, nenni, fichtre) compréhensibles à l’aide du contexte.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière, dont des phrases non verbales; nombreuses phrases exclamatives témoignant des réactions des personnages et phrases interrogatives reflétant les questions posées pendant leurs échanges.

« Comme les fortifications et les habitations de la citadelle n’étaient pas encore achevées, beaucoup de colons sans toit campaient sur la plage sous des tentes. Cet endroit avait séduit les Anglais, car le port qui regorgeait de poissons était entouré d’immenses forêts qui permettraient d’ériger des palissades en rondins reliant les cinq forts en bois et de construire une multitude de maisons sur les collines dans un avenir proche. » (p. 35)

« – Les Anglais ne m’intimident pas, Gabriel. Remontons la roue de temps et faisons comme il y a un an lorsque nous vivions heureux. Effaçons le temps. Simplifions-le. Si tu savais comme j’aimerais inventer une odeur de paix et de gentillesse avec le parfum de mes fleurs. » (p. 79)

« – Des assassins! Des amateurs! La milice! Des renégats, des mercenaires qui se font payer pour leurs services! Je suis scandalisée que nos colonies les recrutent. Continue. » (p. 81)

« – Parlons-en de votre virago, monsieur Prévost! Comment expliquez-vous ses robes neuves, ses affreuses perruques et ses bijoux coûteux dans une période de disette? Comment expliquez-vous le fait que vos enfants soient vêtus à la dernière mode? Tout ceci est-il tombé du ciel? » (p. 124-125)

  • Figures de style variées (p. ex., énumération, comparaison, euphémisme, hyperbole, personnification) permettant de mieux visualiser et d’apprécier le style de l’auteure.

« À longueur d’année, des marins, des marchands et des hommes d’affaires étrangers faisaient escale dans le port de Louisbourg. Les accents basque, allemand, hollandais, suisse, italien, espagnol et portugais s’entremêlaient au grand plaisir des habitants qui aimaient accueillir ces visiteurs venus d’un peu partout. » (p. 16)

« Ce n’est pas de sa faute si cette pauvre veuve trop fardée et édentée est laide comme une méduse. » (p. 32)

« Puis, il eut des convulsions, vomit des jets de sang et rendit l’âme. » (p. 48)

« Ils ne savent pas manger et leurs repas sont de véritables punitions pour les palais délicats. » (p. 70)

« D’ici peu, nous la démolirons pierre par pierre et elle ne sera plus que ruines battues par les flots et fouettées par le vent. » (p. 135)

  • Séquences descriptives et narratives qui permettent de connaître davantage les événements historiques et de visualiser la forteresse de Louisbourg et ses alentours; nombreuses séquences dialoguées révélant les traits de caractère des personnages, leurs ambitions, leurs préjugés et les rivalités de l’époque.

« La Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre étaient de nouveau en guerre après douze ans de paix. En ce matin de septembre 1757, le soleil émergeait lentement de la brume opaque en éclairant de ses faisceaux mordorés les remparts de l’imposante forteresse de Louisbourg. Les vagues grises et mousseuses de l’océan terminaient leur course effrénée en se fracassant contre l’enceinte. » (p. 15)

« En début d’après-midi, un soldat informa Augustin de Drucourt que le commissaire Prévost l’attendait au carcan. En arrivant sur le lieu public des punitions, le gouverneur eut un haut-le-cœur en voyant le coupable. Il était agenouillé et sa tête était bloquée dans une planche de bois. Les zébrures saignantes de son dos attestaient qu’il avait été durement fouetté, et ses gémissements étaient insoutenables. » (p. 48)

« – Mon père était artilleur, alors j’ai suivi son chemin. Il est mort ici pendant le siège de 1745. Les Anglais l’ont réduit en bouillie. En quelque sorte, j’ai décidé de le venger. C’est pour ça que je ne déserterai pas, Florent. Je sais pourquoi je veux me battre.
– Tu as un but… Je t’envie, Guillaume. J’aimerais pouvoir me battre pour une noble cause. Avoir une conviction, une illumination. Savoir au fond de moi-même pourquoi je me bats, mais je ne trouve rien. » (p. 57)

« – À la longévité de Louisbourg, à celle du royaume de France dans le Nouveau Monde et à notre union, dit Marie-Anne.
– À mon pays, à ma colonie que je chéris tant, à mon épouse, ma muse, qui me permet de me surpasser et qui m’insuffle tendrement une force herculéenne, et à nos bancs de morues. » (p. 86)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des personnages historiques (p. ex., John Cabot, Jacques Cartier, George Washington, James Wolfe, Louis XV).
  • Référence à des villes canadiennes (p. ex., Montréal, Québec, Halifax, Trois-Rivières).
  • Référence à des artistes français (Voltaire, François Couperin).
  • Référence aux événements historiques rattachés à la colonisation française au Canada (p. ex., la prise de Louisbourg, la déportation des Acadiens, la bataille des plaines d’Abraham).

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, regroupés en équipes, de créer une maquette (réelle ou virtuelle) de la forteresse de Louisbourg à partir d’une recherche et en s’inspirant des descriptions retrouvées dans l’œuvre. Exposer les maquettes dans un lieu central de l’école.
  • Inviter les élèves à rédiger une nouvelle journalistique à partir d’une des situations du roman (p. ex., le meurtre du commandant de la Chénière, la capitulation du gouverneur de Drucourt menant à ce que Louisbourg passe aux mains des Anglais), en se mettant dans la peau d’un ou d’une journaliste de l’époque. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe, puis regrouper les textes pour créer un journal de classe.
  • Inviter les élèves, regroupés en équipes, à participer à une table ronde en discutant des passages ci-dessous : « – Justement, Guillaume, pourquoi risquer nos vies pour une guerre dont nous ne sommes pas les instigateurs? Nous avons à peine vingt-ans et toute la vie devant nous. Nous nous battons pour des aristocrates qui nous considèrent comme des pions. Déserte avec moi… » (p. 56); « Quel serait donc le visage de l’Amérique du Nord si les Français avaient gagné cette guerre décisive dans le Nouveau Monde? » (p. 142); « Que serait devenue l’Amérique du Nord si les Français et les Anglais s’étaient unis pour former une grande nation au lieu de se combattre dans les colonies? » (p. 142)
  • Inviter les élèves à s’inspirer du poème La cloche de Louisbourg, de Nérée Beauchemin (p. 7-8), pour composer un poème mettant en vedette un objet ou un lieu ayant marqué l’histoire du Canada. Organiser une séance de poésie durant laquelle les élèves pourront lire leur œuvre à voix haute.
  • Inviter les élèves à lire le poème Évangéline, de Henry W. Longfellow, ainsi que la chanson du même nom de Michel Conte, puis discuter en groupe-classe des sentiments ressentis lors de la déportation des Acadiens.

Conseils d'utilisation

  • Donner des repères temporels et historiques aux élèves avant la lecture, dans le but de mieux les situer dans l’intrigue du roman.
  • Accorder une attention particulière aux sujets sensibles dont traite le roman, soit l’esclavage, le viol, la traite humaine, la prostitution, la déportation, les châtiments corporels, la violence, le meurtre, la mort et la guerre.
  • Conscientiser les élèves aux termes erronés et parfois blessants utilisés dans un contexte historique pour se référer aux Autochtones (p. ex., sauvagesse, Indiens, sauvages) et aux Noirs (p. ex., négresse, négriers, négrillons, nègres).
  • Accorder une attention particulière aux nombreux préjugés véhiculés par les personnages (p. ex., envers les Français, les Anglais, les Noirs et les femmes).
  • Encadrer la lecture du roman en mettant l’accent sur l’appréciation culturelle et en encourageant les élèves à consulter diverses sources d’informations afin de découvrir une variété de perspectives autochtones.
  • Effectuer une visite virtuelle de la forteresse de Louisbourg.
  • Inciter les élèves à lire le roman Le Sortilège de Louisbourg, de Daniel Marchildon, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Vraiment top! – Top des explorateurs de la Nouvelle-France.