Contenu
- Personnage principal et narrateur, Christian Callibaud, contraint de reprendre les rênes de la maison d’édition familiale à la suite de l’assassinat de son frère et de sa belle-sœur, qui devient à son tour la cible d’une série d’attentats.
« Puis, jeune homme, je suis devenu directeur des collections jeunesse et mon frère Gérard fut nommé directeur littéraire, ce qu’il méritait de plein droit. Nous avions à peine terminé nos études en littérature que nous nous retrouvions déjà à la table du conseil de cette entreprise devenue considérable. Nicolas, notre père, se réjouissait de voir ses deux fils s’associer à lui dans le monde du livre et, par mesure de précaution, il ne nous avait pas donné le droit de vote, préférant attendre que nous atteignions la sagesse conférée par les années. » (p. 13)
« Quelqu’un essaie d’anéantir la famille Callibaud depuis vendredi et je ne suis pas du tout inquiet. On pose des explosifs dans mon bureau! On réduit ma secrétaire en bouillie! Le jour des funérailles de mon frère, on s’amuse à me tirer dessus! Le même jour, on fait sauter ma voiture et, ce faisant, on tue M. Régis! » (p. 149)
- Nombreux personnages secondaires entourant Christian, parmi lesquels Rima, sa compagne, Gérard Callibaud, son frère, et son épouse Isabelle, victimes d’une tuerie, Fernand Tremblay, l’avocat de la famille Callibaud, Raphaël, son neveu, placé sous sa tutelle, ainsi que les inspecteurs Breault et Boudreault, qui tentent d’élucider les attentats.
« – Réponds, Christian.
La voix ensommeillée de Rima. Le bruit est plus net dans la pièce. Je me retourne, léthargique, un bras sous l’oreiller. J’ouvre l’œil, la tignasse défaite, ayant passé la nuit sur la route pour revenir à la maison, épuisé, et me serrer contre le corps chaud de Rima. » (p. 24)
« Recouvrant le visage de Gérard du drap mortuaire, je me retourne vers l’autre caisson, sans pouvoir me contenir une minute de plus et je me catapulte sur le linceul qui recouvre Isabelle. […] Sans même y réfléchir, j’étreins de tout mon corps celui d’Isabelle, sans pouvoir hurler ma colère. Je reste muet. » (p. 38-39)
« Je me demande dans quoi je m’embarque, finalement. Parce que, côté comptabilité, Tremblay, Richard et Mathieu, S.E.N.C. doit sûrement te facturer ses services à la minute près et pas à l’année. […] Fernand connaît bien les rouages des affaires et il sait comment s’y prendre pour fidéliser un client! […] C’est vrai qu’il est avant tout un avocat, un businessman. Cela devrait, au fond, m’interpeller sur ses véritables intentions, mais un avocat mandaté par Gérard, en soi c’est déjà une très bonne référence. » (p. 75-76)
« – Vous allez pouvoir faire connaissance après, mais ce que je voulais vous demander Christian, c’est…
– Quoi?
– Que Gérard tenait beaucoup à ce que, en cas de décès, ce soit vous qui preniez sa relève. Autrement dit, que vous vous en occupiez. […]
Il va de soi que je m’occuperai de Raphaël, même si je ne le connais pas. Je suis quand même sous le choc : me convertir en paternel subitement, comme ça, sans m’y attendre, dans le bureau de cet avocat […] » (p. 78)
« Comble de mon étonnement parfaitement légitime, les inspecteurs Denis Breault et Roméo Boudreault me demandent candidement si, par hasard, j’ai vu quelque chose de suspect.
– Vous exagérez, Christian!
– Moi, j’exagère! J’ai un assassin aux trousses! Vous ne faites rien pour l’arrêter et vous trouvez que j’exagère!
– Nous faisons de notre mieux pour élucider cette affaire, Christian. » (p. 149-150)
- Parodie d’un roman policier; intrigue qui suit Christian Callibaud à travers son parcours dans le domaine de l’édition, tout en dévoilant ses conflits familiaux et les nombreuses péripéties qui s’ensuivent après le meurtre de son frère et de sa belle-sœur; nombreux retours en arrière illustrant les pensées et l’état psychologique du personnage principal; thèmes (p. ex., famille, conflit, crime, mort, monde de l’édition ) aptes à intéresser le lectorat visé.
- Mise en page simple; œuvre présentée sous forme de 52 chapitres numérotés, mais non titrés; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques, majuscules, points de suspension) qui facilitent la compréhension de l’œuvre et permettent au lectorat de ressentir les émotions vécues par les personnages; mention d’une autre œuvre de l’auteur et dédicace en début de livre; épilogue et table des matières à la fin du roman; description de l’auteur et de ses accomplissements en quatrième de couverture.
Langue
- Registres de langue généralement familier et populaire, propres au milieu où se déroule l’action; mots moins connus (p. ex., méphistophéliques, salpêtre, turgescente) compréhensibles grâce au contexte; mots inventés (p. ex., mougalou, déverticalisé, onclitude) et quelques mots anglais (p. ex., happening , look, STOP) contribuant à la vraisemblance des personnages.
- Prédominance de phrases transformées et de phrases à construction particulière; abondance de phrases interrogatives et exclamatives, souvent courtes, contribuant à la progression rapide de l’intrigue; phrases longues et détaillées dans les séquences descriptives.
« Quand je sors de l’immeuble, le ciel est bleu, comme après la tempête. Soudain, la tuerie me revient, cela m’agite un peu, me fait un terrible frisson. Arrivé à la voiture, je sors mon trousseau de clefs et enfonce la clef dans le contact. J’imagine Gérard à la morgue, là, mort sur ce caisson. » (p. 27)
« – Mais, pourquoi tu veux quitter les Éditions, ça n’a pas de bon sens! m’avait-il crié sous la photographie du paternel encadrée dans son bureau. Tu n’es pas heureux ici, avec moi, m’avait-il demandé, les yeux rougis. Tu n’as pas honte, nom de Dieu? Tu veux une augmentation? C’est de l’argent que tu veux? » (p. 36)
« À cette époque, j’étais si absorbé par l’idée de choisir moi-même les livres que je voulais éditer que je ne comprenais rien, mais aujourd’hui, dans cette chambre qui me ramène à moi, les paroles de Nicolas prennent tout leur sens… La vie nous laisse parfois dans les mains un grain de sable qu’on aimerait conserver à tout jamais, mais il suffit d’être debout sur la plage pour le perdre, à nos pieds, quand un vent chaud décide de se lever et de le dérober sous nos yeux. Nous avons beau fouiller dans les meilleurs ouvrages et chercher ce que signifie l’essence même de notre existence, certaines choses demeurent introuvables. » (p. 232)
- Nombreux procédés stylistiques (p. ex., métaphore, hyperbole, anaphore, onomatopée, personnification, énumération, antithèse, comparaison) qui enrichissent le texte.
« Je suppose qu’il s’agit d’un résidu de musique un peu rappeuse qu’il fredonne tous les jours dans ce vivier de la mort pour passer le temps quand il est seul… » (p. 34)
« Ce fut l’erreur fatale qui brisa à tout jamais mes liens avec Gérard. » (p. 38)
« En fait, je sais très bien ce qu’ils me veulent. Bla-bla-bla votre frère. Bla-bla-bla la police enquête. Bla-bla-bla on aurait une flopée de questions à vous poser. Bla-bla-bla on tourne en rond au poste, comme toujours. » (p. 50)
« Le chocolat est savoureux et réjouit mes papilles gustatives. » (p. 57)
« Il n’y a que ce type de revue qui peut se retrouver dans une salle d’attente pareille. Je commence à feuilleter : cuisines, salles de bains, salles de séjour, douches, robinets inox garantis à vie, fenêtres, patios. » (p. 71)
« Entre deux injures, ils souhaitent une bonne journée aux infirmières. » (p. 180)
« Du coup, la capacité d’écoute du cagoulard s’améliore très nettement, il s’effondre comme un sac de farine. » (p. 222)
- Nombreuses séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit du narrateur et aident à comprendre ses sentiments ainsi que ses relations avec les autres personnages.
« Il fait le tour de son poste de travail, retire son veston et se laisse tomber lourdement dans son fauteuil. Même avec la climatisation, Fernand a chaud, lui aussi. Il défait ses boutons de manchette et me jette un regard inquisiteur. Moi, je suis debout, devant lui, à tripoter le dos de la chaise dans laquelle se fondent normalement les clients quand ils viennent le voir.
– Assoyez-vous, Christian, qu’il finit par me dire.
Il est sans cérémonie. Je m’assois, la chaise est moulante, confortable même, il passe en revue les dossiers qu’il doit traiter dans la journée, en retire un et sourit, les lunettes rabaissées sur son nez; « Voilà! » Il avance son fauteuil tout contre le bureau et ouvre le dossier, moi je n’y vois rien, mais je sens qu’il a hâte de me déballer son secret. » (p. 73)
« Elle regarde Raphaël. Il ratifie mes paroles, lui faisant signe de la tête. Elle remplit son formulaire NCR, transcrivant CALLIBAUD en caractères d’imprimerie.
– Et ses parents ont été assassinés vendredi à la BDNC par deux malfaiteurs cagoulés qui ont pris la fuite dans une voiture qui les attendait?
– Exact!
Hochement positif de Raphaël. Sceptique, elle introduit un thermomètre sous ma langue. » (p. 108)
Référent(s) culturel(s)
- Référence à de nombreux emplacements de la région d’Ottawa-Vanier (p. ex., Hôpital général d’Ottawa, boulevard Saint-Laurent, rue Elgin, cimetière Notre-Dame, rivière Rideau).
- Mention de la ville de Montréal.
- Référence au recueil d’essais Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry.
- Allusion à Daniel Pennac et à ses œuvres Comme un roman et Droits imprescriptibles du lecteur.
Pistes d'exploitation
- Avant la lecture, suggérer aux élèves, réunis en équipes, d’effectuer une recherche sur les caractéristiques de la parodie du polar (p. ex., exagération du sujet, personnages hauts en couleur, descriptions humoristiques, tics ou habitudes loufoques). Les inviter à faire part de leurs trouvailles au groupe-classe, puis à dresser une liste collective au tableau. Après la lecture du roman, animer une discussion en se référant aux caractéristiques afin de déterminer si L’homme qui mangeait des livres peut être considéré comme une parodie.
- Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger une nouvelle journalistique OU de réaliser un reportage en s’inspirant d’une des situations de l’intrigue (p. ex., l’attentat aux bureaux des Éditions Callibaud). Diviser le groupe-classe en deux équipes : élèves ayant réalisé une nouvelle journalistique et élèves ayant réalisé un reportage. Inviter les élèves à faire part de leur travail aux membres de leur équipe.
- Proposez aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur une maison d’édition située en Ontario, en se basant sur des critères précis (p. ex., son histoire, son rôle dans l’industrie du livre, les types de publications qu’elle édite, ainsi que les auteurs qu’elle soutient), puis à présenter leurs trouvailles au groupe-classe sous forme d’infographie. À la suite des présentations, animer une discussion à partir des questions suivantes : Quelle place occupent les maisons d’édition dans la littérature franco-ontarienne? Comment contribuent-elles à la diversité culturelle de la province?
- Au cours de la lecture, demander aux élèves de noter tous les personnages mentionnés dans le roman. Après la lecture, les inviter, réunis en dyades, à créer un organigramme illustrant les liens entre ces personnages. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre (p. ex., l’adoption, le trafic de drogues, la mort); prévoir un soutien si cela s’avère nécessaire.
- Revoir les caractéristiques de la nouvelle journalistique et du reportage.
- Noter que le mot « sympatique » (dernier mot, p. 188) s’écrit « sympathique ».
- Inciter les élèves à lire un autre roman du même auteur, soit Le cartel des volcans, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Parcours et détours, (Capsule) Rachelle Fillion – Détective de l’Unité d’identification judiciaire de la police d’Ottawa.