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L’harmonica

De chaque côté du mur, deux délires s'affrontent. Dans le dialogue entre l'innocence et la folie, l'harmonica intervient, témoin à la fois tendre et ironique, pour accompagner les destins jusqu'à leur vérité.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Trois personnages, Violette, l’adulte angoissée, Violaine, l’enfant séquestrée dans un placard, ainsi que l’harmonica de Violaine, qui commente l’action en entonnant des chansons de circonstance liées aux propos de Violaine et de Violette.

    « "Violette", ce n’est pas son vrai nom. Je ne le connais pas, son nom. Mais je trouve qu’il lui convient. Elle m’appelle bien "Violaine", même si ce n’est pas mon nom. Elle sera "Violette" pour moi. "Violette", pour "petite fleur fragile". "Violette", aussi, pour "violence". » (p. 14)

    « – Violaine, es-tu là? […] Je n’ai que toi, tu m'appartiens, tu es moi. » (p. 30-31)

    « – Ah, va donc jouer ta petite musique dans ton coin! […]
    L’HARMONICA
    Que serais-je sans toi… » (p. 34)
     

  • Intrigue axée sur les troubles psychologiques de l’adulte qui garde l’enfant prisonnière, cette enfant qui pourrait bien être elle-même.

    « Hier, elle n’avait pas verrouillé ma porte. Son délire l’a envahie immédiatement après le repas. Elle tenait encore mon assiette vide. J’ai entendu la vaisselle éclater sur le plancher. […] C’était le début d’un long délire. »  (p. 21-22)

    « Toi, tu vis dans un faux placard. Un placard qui a un œil-de-bœuf. Jamais le mien ne pourra laisser filtrer la lumière. » (p. 102)
     

  • Narratrice participante, Violaine, qui raconte son récit en tant qu’enfant enfermée dans le placard et qui rapporte les propos de l’adulte, Violette.

    « Qu’est-ce que j’ai à m’inquiéter? Le placard est bien assez grand pour moi. » (p. 7)

    « ELLE
    – Parfois, tu es difficile à suivre. J’en suis à me demander si c’est toi, ou si c’est moi qui existe à travers toi. J’ai peur de ne plus pouvoir faire la différence. » (p. 31-32)

Langue

  • Registre de langue courant tout au long du récit.

    « Je m’étonne que Violette ne se fatigue pas de m’entendre. Après tout, je ne suis pas Mozart, et je joue pendant des heures. Je crois que les sons exercent sur elle un pouvoir étrange. » (p. 10)
     

  • Quelques figures de style (p. ex., comparaison, métaphore, personnification, périphrase) qui traduisent les états d’esprit des personnages.

    « Oui, je peux imaginer que je chante. Comme un oiseau. » (p. 9)

    « J’aime les sons bas qui, de leur ton de velours, taquinent le silence. » (p. 10)

    « Violaine, ma petite contradiction.
    – …
    – Mon petit fantôme. » (p. 71)
     

  • Champs lexicaux liés à divers sujets et thèmes (p. ex., silence, séquestration, colère) qui sous-tendent l’œuvre.

    « – […] Nous nous blottirons près du rocher et nous l’écouterons sans faire de bruit.

    – …en silence…

    – Comment? Tu connais le silence? Le silence fait peur. Il entend tout, même nos pensées. » (p. 20)

    « – Il arrive que les prisonniers soient libérés un jour. Mes barreaux à moi sont imprimés dans ma peau. » (p. 75)

    « – Et en plus, cet harmonica de malheur me dérange. Il m’a jeté un mauvais sort. C’est de là que vient ma colère. Tu trouves toujours moyen de m’irriter et de m’exaspérer. » (p. 91)

Pistes d'exploitation

  • Amener les élèves à analyser l'oeuvre au plan du système complexe des personnages (p. ex., déterminer qui est l'adulte, qui est l'enfant; la personnification de l'harmonica).
  • Demander aux élèves de faire une recherche sur les chansons évoquées dans l’œuvre pour établir leur lien avec le thème.
  • Proposer aux élèves de transformer le récit en présentation théâtrale avec deux personnages et un musicien.

Conseils d'utilisation

  • Tenir compte des sujets délicats dont il est question dans l’œuvre (p. ex., séquestration, problèmes psychologiques, angoisse) avant d’en entamer l’étude.
  • Réserver l’étude de cette œuvre à un lectorat averti en raison de sa complexité et du degré d’abstraction des propos et des thèmes.