Contenu
- Personnage principal et narratrice, Violaine, qui raconte son récit en tant qu’enfant enfermée dans le placard et qui rapporte les propos de l’adulte, Violette.
« « Violette », ce n’est pas son vrai nom. Je ne le connais pas, son nom. Mais je trouve qu’il lui convient. Elle m’appelle bien « Violaine », même si ce n’est pas mon nom. Elle sera « Violette » pour moi. « Violette », pour « petite fleur fragile ». « Violette », aussi, pour « violence ». » (p. 14)
« Hier, elle n’avait pas verrouillé ma porte. Son délire l’a envahie immédiatement après le repas. Elle tenait encore mon assiette vide. J’ai entendu la vaisselle éclater sur le plancher. […] C’était le début d’un long délire. » (p. 21-22)
- Deux personnages secondaires, dont Violette, l’adulte angoissée, souffrant de troubles psychologiques, et l’harmonica de Violaine, qui commente l’action en entonnant des chansons de circonstance liées aux propos de Violaine et de Violette.
« – Violaine, es-tu là? […] Je n’ai que toi, tu m’appartiens, tu es moi. » (p. 30-31)
« – Violaine ?
– …
– J’étouffe.
– … étouffe…
– Parle plus fort, je t’entends à peine.
– …
– Dors maintenant. Nous en reparlerons quand tu seras plus lucide.
– …
– En fait, tu as raison, Violaine. Il faut chuchoter. On ne sait jamais. On nous épie. On rôde autour de la maison. » (p. 39)
« L’HARMONICA
Ah, oui ! On en a des légumes… » (p. 39)
- Récit dramatique dans lequel l’auteure fait ressortir les troubles psychologiques de l’adulte qui garde une enfant prisonnière, une enfant qui pourrait bien être une version d’elle-même; retours en arrière sous forme de souvenirs, permettant de comprendre les défis du personnage principal; thèmes (p. ex., silence, séquestration, enfance, solitude, colère) aptes à susciter des discussions entre les élèves.
- Mise en page aérée et dynamique; éléments graphiques (p. ex., espaces indiquant un changement de scène ou un laps de temps, majuscules, italiques, points de suspension, notes de musique pour indiquer les commentaires de l’Harmonica) qui facilitent la compréhension du texte; liste des œuvres de la même auteure au début; courtes notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; prédominance de mots fréquents et familiers (p. ex., obscurité, excentrique, anormal, émerveiller) permettant au lectorat de se concentrer sur l’intrigue.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; divers types et formes de phrases (p. ex., déclarative, impérative, interrogative, exclamative, négative) favorisant une lecture expressive; phrases généralement courtes, dans les séquences dialoguées, reflétant les sentiments et le questionnement des personnages.
« – Les enfants ne comprennent rien. Ils sont comme des chats. Oui. De petites bêtes encombrantes qui ne pensent qu’à manger et à dormir. Et pour mon malheur, j’ai hérité d’une chatte aveugle. Que vais-je faire de toi? » (p. 13)
« – Va-t’en. Débarrasse. Je ne veux plus de toi. Déguerpis, ingrate. Et, surtout, ne reviens plus.
– …
– Quoi? Tu restes là?
– …
– Je le savais! Lâche. Peureuse. » (p. 69)
- Procédés stylistiques (p. ex., personnification, métaphore, expression imagée, répétition, comparaison, hyperbole) qui permettent d’apprécier le style imagé de l’auteure.
« Pourtant, la nuit, quand elle me sort de mon cagibi pour faire de longues promenades, je les vois, malgré la nuit, ces arbres qui se balancent aux caprices de la brise, la pelouse qui ondule sous les lampadaires, l’asphalte qui rampe devant les maisons. » (p. 8)
« J’aime les sons bas qui, de leur ton de velours, taquinent le silence. » (p. 10)
« Il faut être dure et invulnérable, sinon, on va t’avaler toute crue. » (p. 14)
« Cette nuit-là fut longue, longue, mais fascinante aussi. » (p. 44)
« Les maisons se brisaient comme des châteaux de cartes. » (p. 45)
« Cesse tout de suite ou je fais éclater ton harmonica en mille miettes. » (p. 94)
- Séquences narratives et descriptives qui entraînent le lectorat dans une expérience de dénuement intense, soit la violence inhérente à l’emprisonnement psychologique; nombreuses séquences dialoguées qui dévoilent le monde de désarroi, de détresse et de désespoir des personnages.
« Heureusement, j’ai mon harmonica pour me tenir compagnie. Il me rassure et m’émerveille tout ensemble. Parfois, c’est comme s’il se mettait à jouer tout seul. Sans même me demander ce que j’en pense. Mais c’est bien à travers moi qu’il s’exprime. Parfois, je connais les chansons. La plupart du temps, la mélodie et les paroles me sont étrangères. Elle se manifestent d’elles-mêmes, s’inventant à mesure. Je crois qu’il me sera impossible de les retenir. J’aimerais bien les incorporer à mon histoire. En faire ma famille. Pour une enfant de placard, il y a si peu de choses à raconter. Mais elles m’échappent avant même que je puisse les saisir. » (p. 8-9)
« – Violaine, elle est belle ta demeure.
– …belle…
Tu as de la chance.
– …si on veut…
Tais-toi, insolente. Tu me remercieras un jour.
– …
Ce jour-là, j’étais allée à la grange. Elle a disparu.
– …la grange?… » (p. 24)
Référent(s) culturel(s)
- Mention de paroles de chants français (p. ex., Les Mots, de Marie Laforêt, Le Sud, de Nino Ferrer, et Le Déserteur, de Boris Vian.
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur les chansons évoquées dans l’œuvre afin d’établir leur lien avec le thème de l’histoire. Animer une mise en commun afin de leur permettre de partager leur travail avec le groupe-classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur l’auteure en tenant compte de critères précis (p. ex., provenance, œuvres, prix littéraires), puis de créer une affiche afin de la présenter aux autres élèves de l’école.
- Animer une discussion sur le système complexe des personnages en posant les questions suivantes : Qui est l’adulte? Qui est l’enfant? Que signifie l’harmonica?
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre, notamment la séquestration, les problèmes psychologiques et l’angoisse.
- Inciter les élèves à lire d’autres œuvres de la même auteure, telles que Mademoiselle Cassie, Les soleils incendiés et Fantômier, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.