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Les danseurs de Kamilari

Gabriel, un jeune étudiant, voit sa vie bouleversée lorsqu’au cours d’un voyage en Grèce, il se trouve bien malgré lui mêlé à un complot politique dont il devra démêler l’écheveau. Pour comprendre la menace qui pèse sur celle qui l’a attiré en Grèce et dont il a perdu la trace, il ne dispose que des indices qui s’accumulent sur sa route et d’une mystérieuse lettre écrite par Xénophon d’Athènes il y a plus de deux mille ans.

Son enquête à travers les mers et les montagnes de l’Hellade le mènera dans des contrées où le passé affleure et ressurgit au moindre souffle du vent; confronté à des énigmes dont il ne trouve pas la clé, Gabriel tirera sa force de l’amour qu’il éprouve pour la Grèce et pour Valia, jeune Grecque au passé trouble.

Sous le couvert d’une enquête archéologique et étymologique, Les danseurs de Kamilari est une réflexion sur l’identité territoriale, l’autochtonie et la solidarité humaine où on découvre que ceux qui sont dispersés par le temps sont réunis par l’Histoire.

(Tiré de la quatrième couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, Gabriel, diplômé d’une maîtrise en langue et littérature grecques anciennes, qui entreprend une quête en Grèce afin d’élucider une énigme issue de la civilisation antique, dont la résolution pourrait avoir des retombées politiques.

« Tout a commencé le treize mars 1968. Je venais de terminer un mémoire en maîtrise en langue et littérature grecques anciennes sur un sujet aussi pointu qu’ennuyant. […] Après deux ans à travailler […]  j’aurais dû prendre des vacances et m’adonner à des activités un peu plus terre-à-terre, mais je brûlais de continuer mes études et surtout de trouver un thème plus inspirant. » (p. 15)

« Malgré ces bonnes dispositions naturelles, je devais me résoudre à regarder les faits en face; un constat s’imposait : j’étais venu ici pour avoir la rencontre de ma vie et je me retrouvais fin seul.
Dans ce cas précis, il fallait avouer que mon but était mal défini. J’avais la conviction qu’Irène ne m’avait pas demandé de traverser l’Atlantique pour rien, mais je n’arrivais pas à comprendre ce qu’elle attendait de moi. Pareil aux héros des romans de l’Antiquité, je devais me fier à la déesse Tychê, la Fortune qui, comme la lune, est tantôt croissante, tantôt décroissante. » (p. 40)

« Je lui expliquai que mes études livresques s’orientaient de plus en plus vers le terrain et, depuis que j’avais reçu la missive d’Irène, je savais que je devais rechercher quelque chose, mais quoi ? Je lui fis lire la lettre de la professeure, avec une certaine fierté, car du statut de simple vacancier, je passais maintenant à celui de chargé de mission. Un chargé de mission qui n’avait pas la moindre idée de ce qu’était sa mission, soit, mais enfin c’était mieux que rien. Puisque la professeure Theotokopoulos m’avait fait confiance, Valia me devait la pareille. » (p. 86)

  • Personnages secondaires, dont Irène Theotokopoulos, professeure qui sollicite l’aide de Gabriel dans ses recherches, Valia, une jeune géologue grecque dont il est amoureux et qui l’accompagne dans sa quête d’informations, ainsi que Kosta, un vieil homme qui l’accueille et lui confie des secrets orientant ses périples.

« Je fus surpris de constater qu’elle renfermait une autre enveloppe accompagnée d’une longue lettre, écrite par la professeure Irène Theotokopoulos dont j’avais tout de suite reconnu l’écriture. La lettre commençait par une expression familière, ″Cher Gabriel″ et elle me tutoyait, ce qui ne laissa pas de me surprendre car elle ne l’avait jamais fait auparavant…
[…]
L’enveloppe te permettra de résoudre un problème archéologique important pour les spécialistes, mais tu dois t’assurer de faire toi-même une recherche sérieuse sur le site que tu seras parvenu à identifier.
[…]
Gabriel, je t’en conjure, trouve et détruis. Je n’ai pas osé oblitérer la source d’un secret de famille, mais tu n’es pas tenu, comme moi, par les liens du sang.
J’avais vingt-quatre ans et je ne retenais de cette lettre que le fait qu’une femme implorait mon aide. » (p. 33-34)

« Valia m’appela d’un cri :
– Hé! où vas-tu? On ne va pas zigzaguer comme ça toute la journée quand même!
En bonne scientifique, elle aimait les choses claires et préférait établir d’avance la marche à suivre; moi, je préférais m’égarer en route et être surpris. » (p. 66)

« En entendant le mot « sanctuaire », mes muscles se crispèrent, mais je parvins à conserver ma contenance et les traits de mon visage demeurèrent parfaitement calmes; il n’était pas encore temps de réagir, je devais laisser Kosta continuer.
– Puis il y a eu soixante-sept et elle a eu des problèmes avec les autorités, elle m’a fait promettre de ne pas parler de tout cela à qui que ce soit. Elle venait moins souvent, j’avais cessé de creuser et j’attendais qu’elle soit là pour continuer. Puisqu’elle ne venait presque plus, à la fin ça n’avançait pas. Maintenant, elle ne vient plus, alors j’ai creusé plus profond et j’ai nettoyé tout autour.
Il fit une pause, puis ajouta :
– Aujourd’hui, cela n’a plus d’importance. Viens, je vais te montrer.
On peut imaginer ma surprise : si je comprenais bien la situation, j’allais me faire servir sur un plateau d’argent ce pour quoi je travaillais depuis des mois. » (p. 170)

  • Roman captivant à saveur historique, dont l’intrigue, nouée autour d’un secret susceptible de provoquer un incident politique, entraîne le lectorat aux côtés de Gabriel dans ses explorations de la Grèce, ses recherches sur Xénophon et la civilisation antique, tout en suivant l’évolution de sa relation amoureuse avec Valia; retours en arrière sous forme de souvenirs, où Gabriel évoque ses exploits; thèmes (p. ex., identité, histoire, enquête archéologique, amour, énigme) aptes à capter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en 30 chapitres titrés et un épilogue; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, points de suspension, italiques, graphie grecque, citations, acronymes, notes de bas de page) facilitant l’interprétation du texte; dédicace et remarque sur la translittération des mots grecs au début du livre; carte des sites mentionnés en Grèce, table des matières, mention de deux œuvres de l’auteur et liste des autres publications de la collection Romans à la fin; renseignements sur l’auteur en quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., ringard, palimpseste, cuistre) et expressions plus recherchées (p. ex., jeté une chape de plomb, ne pas être en reste, servirait de fil d’Ariane) compréhensibles grâce au contexte; mots familiers (p. ex., la bougeotte, bière d’épinette, la queue leu leu), vocabulaire explorant la mythologie grecque (p. ex., clepsydre, hermaphrodites, péripatéticien) et mots grecs (p. ex., galaktoboureko, tholos, paradeisos) contribuant à la vraisemblance de l’intrigue et des personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases interrogatives et exclamatives dans les dialogues; emploi de l’imparfait et du passé simple dans la narration et dans les séquences descriptives, enrichissant le texte.

« Valia s’avança légèrement et se mit à parler en direction de la clôture. Je crus d’abord qu’elle délirait, mais en plissant les yeux, je vis, surgissant des hautes herbes, un grand berger aux yeux noirs et perçants qui s’avançait vers nous. Il se tenait droit, avec cette attitude des gens qui réclament le privilège de prononcer la première et la dernière parole d’une conversation. Comme beaucoup d’hommes de la région, il portait une moustache longue et fine qui, avec des sourcils épais, encadraient son visage d’une paire de lunettes sombres. » (p. 68-69)

« – C’est ça, vas-y, bonne idée, comme si les choses n’allaient pas déjà assez mal! Mais d’où viens-tu pour avoir des idées pareilles?
Je sentais que ce n’était pas le moment de donner le nom du village où j’étais né. Elle n’avait définitivement pas le cœur à rire et enchaîna immédiatement :
– N’as-tu pas remarqué que les gens avaient l’air inquiets et découragés à Athènes? Tu ne t’es pas demandé ce qui se passait? Décidément, vous les hommes, vous êtes soit beaux, soit intelligents, mais c’est trop vous demander d’avoir plus d’une qualité à la fois. Dire que je pensais que tu étais différent! » (p. 81)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., personnification, hyperbole, onomatopée, périphrase, comparaison, répétition, énumération) qui enrichissent le texte.

« Il me vint à l’esprit que l’Histoire est une grande dame et, à ce titre elle aime à se montrer secrète. » (p. 47)

« Il doit s’agir d’un code, mais comment le déchiffrer? El Greco était un érudit, il a pu faire allusion à mille choses. » (p. 174-175)

« Je regardais d’un air attendri ces petites bêtes défiler devant moi, et je me préparais mentalement à voyager au son des ″bèèè″ et des ″bààà″. (p. 192)

« Nous voguions vers l’est, moi et mes compagnons à quatre pattes, depuis un moment. » (p. 193)

« Tout était majestueux chez lui : haut de stature, il possédait un crâne dégarni qui reposait sur une immense barbe jaune, comme un œuf au milieu d’un nid d’aigle. » (p. 196-197)

« Le nom de cette philosophe éveilla en moi quelques souvenirs qui firent germer une idée :
– Hypatia, Hypatia, tiens, tiens, répétais-je entre les dents. » (p. 206)

« Je fis les yeux doux, je pris un air tour à tour sûr de moi, triste, câlin, farceur, inquiet, suppliant, confiant, boudeur. » (p. 209)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages et aident à comprendre les relations entre eux; ajout de procédés littéraires (p. ex., lettres, notes et extraits de manuscrits) qui enrichissent le récit.

« Ce calepin costaud restera mon plus fidèle compagnon de voyage. D’une écriture nerveuse, je transcrivis les lettres suivantes :

ЕΡΟΣ Ο
КАΡЛΟУМЕ
ТΟУУЕТΟУΣ
ЕУАΖЕΙΝ

Soit, dans l’alphabet latin : EROS – O – KARPOUME – TOU – ETOUS – EUAZEIN. » (p. 104)

« La nuit survint rapidement, c’est du moins l’impression que j’eus. Tard dans la soirée, nous sommes montés sur une butte, juste derrière l’ancien musée d’Olympie, aujourd’hui abandonné aux oiseaux qui font leur nid sous les tuiles du larmier. Le temps s’était dégagé et la lune écornée, qui apparaissait à l’horizon en se glissant hors d’un gros nuage, ressemblait à un taureau qui avançait vers nous, à mesure qu’elle montait au-dessus du sanctuaire. » (p. 165-166)

« Je me sentais fébrile et j’avais encore une fois l’impression de toucher au but. Valia me regardait faire mes préparatifs d’un air amusé. Je répétais constamment :
– Il n’y a pas de temps à perdre.
Ce à quoi elle répondait :
– Ah oui! Et pourquoi? As-tu peur que quelqu’un arrive avant toi? Est-ce un rallye?
Elle avait évidemment raison, mais la patience est une denrée volatile qui s’évapore lorsque l’esprit s’échauffe. Valia, toujours rationnelle, m’aidait malgré tout. » (p. 187)

« Je me jetai sur la seconde enveloppe et je la décachetai avec désinvolture, détruisant presque son précieux contenu du même coup.
[…]
Cette lettre a été retrouvée à Éphèse vers 1576, mais elle a été écrite bien avant. Elle te mènera où tu dois aller. Sois prudent, si les choses devaient se gâter, quitte tout et retourne chez toi… » (p. 35)

« Pour ne pas accabler le lecteur, je lui livre le contenu de ce texte tel que je le découvrais alors moi-même, les mains moites et le cœur battant, mais sans interruptions, le texte étant malheureusement troué de lacunes.
Voici l’histoire que Xénophon d’Athènes, fils de Gryllos, a apprise à Éphèse lorsqu’il se rendit déposer la dîme destinée à la déesse. »  (p. 221)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de divers lieux au Québec (p. ex., Montréal, la rue Saint-Denis, les Laurentides, l’aéroport Dorval).

Pistes d'exploitation

  • Au cours de la lecture, demander aux élèves de noter les personnages de l’Antiquité et de l’histoire grecque mentionnés dans le roman (p. ex., Socrate, Homère, Aspasie). Après la lecture, les réunir en équipes pour effectuer une recherche, puis situer sur une frise historique l’époque à laquelle ces personnages ont vécu. Afficher les productions des élèves afin de mieux les comparer et d’en discuter avec l’ensemble de la classe.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur une divinité de la mythologie grecque (p. ex., Zeus, Athéna, Apollon, Aphrodite, Héra) en tenant compte de critères particuliers (p. ex., son rôle, ses attributs, ses mythes célèbres, son influence dans la littérature ou l’art). Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leurs trouvailles au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de planifier un voyage fictif en Grèce en précisant les villes et les sites historiques à visiter, les modes de déplacement et les coûts estimatifs. Les inviter à présenter leur itinéraire au groupe-classe sous la forme de leur choix (p. ex., dépliant, diaporama, collage) en justifiant leurs choix de visites et d’itinéraires.
  • Inviter les élèves à choisir une œuvre d’El Greco (autre que le Laocoon, dont il est mention dans le roman). Leur demander de mener une recherche sur le tableau choisi et d’en rédiger une analyse critique portant sur le style, les techniques, le contexte historique et les émotions véhiculées. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Initier les élèves à l’alphabet grec, en expliquant ses lettres et son fonctionnement.
  • À noter que les mots « là dedans » devraient s’écrire « là-dedans » (p. 76) et que « n é » devrait être « né » (p. 225).
  • Inciter les élèves à découvrir des pièces de théâtre qui abordent le thème de la mythologie grecque, telles que La colère d’Achille et Iphigénie en trichromie, de Michel Ouellette, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 4e à 12e année, Série : Vraiment Top!, Top 5 des choses que l’on doit à la Grèce antique.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : Chacun son île, Crète.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 8e à 12e année, Série : Vraiment Top!, Top sur la tragédie grecque.