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Le cycle de l’Innommable, tome 2 – L’Invasion des Ténèbres

Une armée de lycanthropes et de stryges conduite par Ughazgoroth, le Dominateur de l’Ouest, s’est frayé un chemin des abysses vers la surface de la terre et a envahi la ville de Hull, causant hécatombe et désolation. Les forces des Ténèbres se sont abattues tel un fléau sur les humains, leur nourriture. Une fois la conquête terminée, les hordes infernales se lanceront à l’assaut du monde.

En face d’elles, une poignée de gens résistent, poussés par les mères de la nation algonquine de Maniwaki et un jeune homme, Carl Tremblay, qui rassemble autour de lui quelques adolescents qui ont échappé au massacre par miracle… ou parce qu’ils étaient spéciaux, doués de facultés insoupçonnées. Mais il faut faire vite, car les forces infernales sont assoiffées de sang et ivres de domination.

Clore définitivement le passage permettant aux forces des Ténèbres de déferler sur l’univers et sauver Malka, la fille du Gardien de la porte, lâchement assassiné, tel est le but de la petite troupe menée par Carl. Mais cette quête est semée d’embûches, car ce qui semble être une vérité s’avère souvent une fausseté macabre.

Une suite à La Porte des Ténèbres.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, dont Carl Tremblay, jeune Hullois qui poursuit son combat contre les forces des Ténèbres afin de refermer le passage de l’enfer et de mettre fin à la conquête menée par l’incarnation du Mal et Ughazgoroth, le Dominateur de l’Ouest, qui, accompagné de sa horde de lycanthropes et de stryges, lance une attaque contre les êtres humains dans le but ultime de les anéantir.

« Malgré son amour pour Malka et son désir de la protéger, Carl a dû quitter les soubassements. Il lui fallait avertir les gens de son monde du danger qui les menaçait. Il lui fallait organiser la lutte contre les forces du Mal. » (p. 18)

« Rassasiée, la meute s’est assoupie. Déjà, ses rangs ont grossi. Alors, un par un, les lycanthropes et les stryges s’ébrouent, pressés par le hurlement de leur chef, Ughazgoroth, le Dominateur de l’Ouest. Dans les profondeurs de la terre, d’innombrables bêtes se mettent à trépigner d’impatience, dans l’attente de la nuit à venir.
Ughazgoroth, de la caste maudite des gorhylapodes, se prépare à profaner l’antre du Gardien de la porte et de prendre possession de sa fille, Malka Malkovich.
Alors, la victoire sera totale.
Mais avant, afin de nourrir ses troupes, il faut détruire complètement la ville. » (p. 37)

  • Nombreux personnages secondaires parmi lesquels Lionel, l’ami de Carl, qui, rescapé des égouts de la ville de Hull, dirige un groupe d’adolescents dans la lutte contre les forces ténébreuses; la bande de jeunes guidés par Carl, tous dotés d’attributs originaux, appelés à combattre les forces du Mal; les membres de la communauté algonquine de Kitigan-Zibi-Anishnabeg, qui, désirant honorer les exploits passés de leurs ancêtres, s’engagent dans un combat héroïque contre les forces du Mal; ainsi que  Malka Malkowitch, amoureuse de Carl, la dernière survivante du Gardien de la porte des Ténèbres, qui implore l’aide du monde de la Lumière afin de survivre et de refermer le passage de l’enfer.

« Puis, certains monstres s’écroulent. Les autres donnent l’impression de se battre contre des ennemis invisibles. Leur chef, qui semblait invincible quelques secondes plus tôt, commence à fouetter l’air de ses bras avant de s’effondrer sur le sol.
Des pierres survolent la tête des policiers. Des pierres lancées par une vingtaine d’adolescents. Majoritairement des Noirs. Dès qu’elles atteignent le front des golems, ces derniers s’affaissent lamentablement.
Les adolescents sont menés par Lionel. » (p. 56)

« Carl se racle la gorge puis prend la parole.
Il fait état de ses mésaventures et de celles des autres membres du petit groupe. À la fin, il émet une hypothèse :
– Tout a commencé voici quatre semaines. Mes rêves, le somnambulisme de Marie, de Monique et de Claude, la peur du noir de Michel, la crainte de dormir la nuit de Colette et la perte de la foi de Patrick. Quatre semaines exactement, au moment où est décédé le fils du Gardien de la porte des Ténèbres. Par miracle, nos rêves ou nos phobies nous ont sauvé la vie la nuit même de l’invasion. Nous avons tous ressenti inconsciemment qu’il se préparait quelque chose de terrible. Sans comprendre pourquoi ni comment, nous nous sommes tous retrouvés ici. Je sens, non, je sais, que nous avons une mission particulière à remplir. » (p. 82)

« Les Algonquins de la réserve de Kitigan-Zibi-Anishnabeg ressentent au plus profond d’eux-mêmes cette mutation de l’atmosphère annonciatrice d’horreur.
Même l’immense bûcher qu’ils ont érigé paraît souffrir. Ses flammes rapetissent, sa lueur vacille…
[…]
Malgré l’effroi qui monte, la petite troupe reste sur ses positions. Elle est prête à tirer sur les monstruosités comme si elles n’étaient que de vulgaires lièvres. Leurs ancêtres n’avaient-ils pas affronté Windigo, l’ogre géant qui dévorait de l’intérieur les Anish-Nah-Bégs, les êtres humains? Leur droiture leur avait permis de vaincre le géant et de vivre en paix.
[…]
Toute la nuit, les lycanthropes tentent de sortir du passage et de débouler sur la ville. Toute la nuit, les Algonquins repoussent les vagues d’assaut des bêtes apocalyptiques. » (p. 98-99)

« Malka veut vivre. Oh oui! elle veut vivre! Mais sans l’aide du monde de la Lumière, sa vie est fichue. Il faut que Carl et ses camarades la rejoignent et verrouillent le passage d’un monde à l’autre.
Elle a besoin de la puissance du monde humain. Sans cela, le reste de sa vie sera un enfer. Elle sera au service du reflet maléfique du Gardien de la porte : le Dominateur de l’ouest, de la caste maudite des gorhylapodes, celle des serviteurs de l’Innommable. » (p. 102)

  • Roman fantastique empreint d’horreur et de violence racontant la suite des aventures innommables du jeune Carl Tremblay qui, avec les membres de la communauté algonquine et de simples citoyens doués de dons originaux, affronte les forces des Ténèbres qui déferlent sur sa ville en tentant de refermer la porte de l’enfer et de sauver Malka Malkowitch; long retour en arrière servant à récapituler le tome premier de la série; ellipses afin d’accélérer le rythme de l’histoire; thèmes (p. ex., combat entre le Bien et le Mal, horreur, racisme, religion, violence) permettant au lectorat de se plonger dans l’univers apocalyptique de la ville de Hull et de ses abysses ténébreux; fin ouverte laissant présager une suite aux aventures macabres.
  • Mise en page aérée, œuvre composée de huit chapitres titrés et numérotés dont chacun est précédé d’un prélude; éléments graphiques (p. ex., points de suspension marquant les hésitations, caractères spéciaux témoignant de la langue des monstres,  guillemets et tirets marquant les dialogues, police de caractères différente marquant l’article du Ottawa Citizen, italiques indiquant les discours internes des personnages, des actions et réactions du Dominateur, les mots sur lesquels l’auteur veut attirer l’attention et les mots étrangers); lettrines marquant le début de chaque chapitre; quelques intertitres; symboles typographiques entre certains paragraphes marquant l’écoulement du temps; biographie de l’auteur, dédicace et citation de Bernard Assiniwi au début du livre; table des matières à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant et parfois soutenu; mots moins connus (p. ex., cabalistiques, golems, tarasque, transsubstantiation) généralement compréhensibles grâce au contexte, mais dont certains nécessitent une explication; champs lexicaux évocateurs des thèmes de l’horreur, de la violence et des combats entre les forces du Bien et du Mal (p. ex., assaut, balafrée, fléau, morts-vivants, proie).
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de formes et de types de phrases (p. ex., impérative, exclamative, déclarative, elliptique, inversée, négative, impersonnelle,  interrogative) favorisant une lecture expressive; phrases de longueur et de complexité variées permettant au lectorat de comprendre les émotions et les questionnements des personnages et de plonger dans l’univers menaçant dans lequel ils évoluent.

« – Pars! quitte la ville, il est encore temps! s’écrie Richard Laframboise.
Ses yeux sont révulsés de frayeur. »
Alain Thériault tente de le calmer en lui parlant. Rien à faire. Son ami est décidé à le faire partir. Il commence à faire de dangereux moulinets avec son couteau.
Alain prend peur et recule. Son ami fonce alors vers lui en menaçant de le blesser. Finalement, Alain ne demande pas son reste et s’enfuit en courant.
[…]
Il y a une heure encore, les policiers voyaient à l’occasion le jeune homme jeter un œil par les fenêtres du rez-de-chaussée. » (p. 32)

« Il faut faire travailler nos méninges. Nous avons pris comme point de départ que les Gardiens de la porte constituent des forces bénéfiques. C’est comme cela que les deux Malkovitch, le père et la fille, se sont présentés à Carl. Et si ce n’est pas le cas? Et si ces Gardiens ont pour mission d’ouvrir la porte quand l’occasion se présente? » (p. 84)

« Sa caste a dû fuir la colonisation des Aryens venus d’Asie centrale au IIe millénaire. Elle s’est alors éparpillée à travers le monde. Elle a joué un rôle non négligeable dans les affaires humaines jusqu’au jour où les religions monothéistes se sont imposées et que les mages, les druides et les sorciers sont devenus la cible de la vindicte populaire. » (p. 101)

  • Procédés stylistiques variés (p. ex., antithèse, hyperbole, oxymore, comparaison, énumération, euphémisme, personnification, allégorie, présage, métaphore, expression idiomatique) permettant d’apprécier le style de l’auteur.

« Loin de la caresse du soleil, au fond du sombre abîme, il n’y a ni hiver ni été, ni jour ni nuit, mais des ténèbres tellement profondes qu’elles en sont insondables. L’appel de l’Innommable retentit jusque dans les abysses. » (p. 11)

« Carl est glacé d’effroi. » (p. 14)

« Épuisé par sa longue nuit blanche, découragé par le désastre qu’il vient de découvrir, le jeune homme arrive rue Eddy et s’effondre sur un banc. » (p. 16)

« Les traces de ses blessures sont désormais imperceptibles, comme si elles avaient cicatrisé dans un éclair. » (p. 28)

« Des traits délicats, une chevelure épaisse et soyeuse, des yeux marron, un cou gracile, de fines attaches et des longs doigts, tout contribue à donner une fausse impression de fragilité. » (p. 40)

« Elle est si fatiguée… elle sait qu’une nuit ou l’autre, elle finira par sombrer dans le sommeil… son dernier sommeil. » (p. 45)

« Sa voix enfle de plus en plus. Le sol en tremble. Sa fureur lui fait siffler les dernières strophes. Son cri démoniaque déchire l’air. » (p. 78)

« Ils font à peine plus de bruit que des souris trottinant devant un chat endormi, pourtant leurs pas résonnent sous la voûte de pierre. » (p. 96)

« Le crépuscule annonce une nuit lourde de menaces. De morbides nuages sombres obscurcissent le ciel. De la brume monte du sol. » (p. 97)

« – Même si nous ne sommes que des grains de sable soumis à la volonté de Dieu, même si nous ne sommes rien, il y a un sens à ce qui se produit ici. » (p. 110)

« Patrick brise finalement la glace :
– C’est un honneur pour moi de combattre les forces diaboliques. » (p. 115)

  • Séquences descriptives et narratives, entrecoupées de séquences dialoguées, précisant les lieux et les événements, peignant l’univers ténébreux dans lequel les personnages évoluent, traduisant leur réalité, permettant de s’immiscer dans leur esprit et de comprendre les relations qui existent entre eux.

« Il n’y a plus de lycanthropes ni de stryges. La nuit paraît être leur royaume. Elles ont laissé, par contre, des traces de leur passage. La ville est dévastée. Des voitures sont renversées, des portes sont hors de leurs gonds, des fenêtres sont brisées. Plusieurs maisons ont brûlé. Ça et là, des fumerolles s’élèvent de bâtiments rasés par les flammes.
Carl bute sur un cadavre affreusement mutilé. Il a un haut-le-cœur. Il le contourne d’un pas incertain. Des larmes inondent ses joues.
Épuisé par sa longue nuit blanche, découragé par le désastre qu’il vient de découvrir, le jeune homme arrive rue Eddy et s’effondre sur un banc.
Il songe à sa vie passée, à ses parents, à son quartier, à son école… » (p. 15-16)

« Il avait émergé des vapes de l’inconscience quelques heures plus tard. Bien qu’hébété et épuisé, il avait longuement cherché une issue. Il ne l’avait trouvée qu’à l’aube. Là, au sortir du collecteur principal, il avait vu avec révulsion le carnage et la désolation.
Il s’était précipité chez lui. Ses parents y étaient, bien vivants, cachés dans le sous-sol.
– Chanceux, lui murmure Carl qui pense à la disparition des siens.
Il réprime difficilement un sanglot.
– Je ne pense pas que ça soit de la chance, rétorque Lionel d’une voix douce.
Le jeune Blanc le regarde, un point d’interrogation dans les yeux.
– Regarde autour de toi. Plus de la moitié des gens devant la maison du Citoyen sont des Noirs. Pourtant, on ne représente pas deux pour cent de la population de la ville. » (p. 29)

« Dans un sifflement lugubre, Ughazgoroth lance un ricanement sardonique. Ces humains sont faibles. Ils tremblent de peur devant lui, mais osent quand même le provoquer. D’un simple petit crachat de venin, il les élimine comme des cafards. On ne défie pas impunément le Dominateur de l’Ouest! Il ouvre la bouche pour pointer en leur direction ses crochets mortels, mais d’un seul et même mouvement, les jeunes orientent le faisceau de leurs lampes vers les yeux du Dominateur. » (p. 105)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des villes québécoises (p. ex., Maniwaki, Old Chelsea), tout particulièrement à la ville de Hull et à ses rues inspirées de personnages historiques (p. ex., Eddy, Laurier, Montcalm, Vaudreuil).
  • Référence à des sites de la région de Hull et de l’Outaouais québécois (p. ex., collège de l’Outaouais, lac des Fées, Maison du citoyen, parc de la Gatineau, rivière des Outaouais).
  • Référence aux Franco-Ontariens et à des villes ontariennes où l’on parle français (p. ex., Hearst, Ottawa).
  • Référence au gouvernement du Québec et à la Sûreté du Québec.
  • Référence aux peuples et aux communautés des Premières Nations (p. ex., Algonquin, Kitigan-Zibi-Anishnabeg, Amik-Ininis, Kitché-Zibi-Ininis, Nipissi-Ininis).
  • Référence à Ikwé, jeune Algonquine, personnage central dans la légende du lac des Fées.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves, regroupés en équipes, à mener une recherche sur la civilisation algonquine et ses liens avec les Occidentaux, depuis le début de la Nouvelle-France jusqu’à aujourd’hui. Leur proposer de présenter le fruit de leur recherche sous forme de présentation orale en s’assurant d’inclure du visuel et de consulter des sources fiables.
  • Inviter les élèves à dessiner, à la main ou à l’aide de logiciels de dessins, les nombreux personnages horrifiques de l’œuvre en s’inspirant, entre autres, des descriptions détaillées dans l’œuvre. Afficher les illustrations sur les murs de la classe dédiés au roman.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de rédiger une lettre à l’auteur lui expliquant en quoi ils ont aimé l’œuvre et les raisons pour lesquelles ils et elles l’incitent à écrire la suite du roman. Jumeler les équipes, puis inviter les élèves à lire leur lettre aux membres du groupe.
  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger la suite du roman en racontant comment Carl et ses amis parviendront, ou non, à vaincre les forces des Ténèbres. Assigner un chapitre à chaque groupe, puis lui remettre un échéancier afin de lui permettre de prolonger l’intrigue en se basant sur l’histoire développée par l’équipe du chapitre précédent. Inviter les élèves à lire leurs chapitres, dans l’ordre chronologique, devant le groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Prévenir les élèves de l’emploi du mot débutant en N dans le texte. S’assurer de placer ce terme dans le contexte raciste de l’intrigue.
  • Discuter avec les élèves de l’emploi du mot indien.  Profiter de l’occasion pour passer en revue l’importance des mots en lien avec les peuples autochtones.
  • Présenter le vocabulaire des formes de monstres formant les forces des Ténèbres afin de créer une image visuelle des bêtes fantastiques qui sèment la terreur.
  • Avant la lecture du roman, animer une discussion sur la possible existence des esprits, des fantômes ou des ténèbres, sur les concepts du bien et du mal et de l’engagement social.
  • Encourager les élèves à lire le tome 1 de la série le cycle de l’Innommable, soit La Porte des Ténèbres, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Pagayons ensemble, Épisode 1.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Active-toi, Racisme.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Hors Québec, L’histoire des noirs au Canada.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Les Autochtones, tu connais?, La diversité autochtone: Les ressemblances et différences entre peuples.