Contenu
- Recueil de poésie rédigé à la première personne du singulier, traduisant les expériences et les émotions de l’auteur.
« Je m’arrête au Tim Horton’s à Sturgeon Falls
je commande un café, comme on commande le présent :
pour apporter
parce que je ne veux pas attendre
je veux dérouler le rebord
je veux rouler la mort
je ne veux pas que Rémi me reconnaisse
je ne veux pas qu’il pleure
le désespoir de savoir que le parcours quotidien
se fait à présent oppressant en fauteur roulant
et que, bientôt, l’on regagnera la voiture noire. » (p. 16-17)
- Recueil de poèmes en vers libres à fortes connotations canadiennes et franco-ontariennes, s’organisant autour du passé et du présent de l’auteur; thèmes (p. ex., Ontario français, fierté, minorité, valeurs) permettant au lectorat de faire des liens avec son vécu.
- Mise en page aérée; neuf poèmes aux titres accrocheurs contenant parfois une dédicace; éléments graphiques (p. ex., parenthèses, italiques, guillemets, points de suspension, acronymes) facilitant l’interprétation des poèmes; dédicace et citations au début de l’œuvre; courte biographie de l’auteur à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., opalescence, crépitement, désarçonner, cambium, matutinale) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; mots anglais (p. ex., fight, Grasshopper, tag, chips stands) et mots du registre familier (p. ex., foutaise, cennes, lampée) reflétant le milieu linguistique de l’auteur.
- Utilisation du « je », qui amplifie l’effet personnel de l’expérience vécue, du « tu », qui questionne le lectorat, et du « nous », qui renvoie à une vision collective, plutôt qu’à une vision individualiste du monde.
« Je m’arrête au Tim Horton’s à Deep River
Je suis noyé dans un néant pélagique
Je suis en route pour Sudbury
et j’ai besoin d’un café et de répit
comme ma Royale Brougham Eighty-eight » (p. 15)
« Tu oublies que le mot est de la cire
qui gravite autour du soleil blanc de la réalité
Tu crois que seuls la réalité franco-ontarienne
et le cancer sont indicibles.
Tu périclites autour du foyer de l’extase » (p. 31)
« Nous avons roulé sur les bosses de la 40 pendant une heure
Nous avons payé pour un stationnement d’urgence
comme si une femme allait accoucher,
mais ma mère est demeurée à la maison » (p. 42)
- Procédés poétiques (p. ex., rime, répétition, vers libre) et plusieurs figures de style (p. ex., comparaison, métaphore, allusion, symbolisme) permettant d’apprécier le style de l’auteur.
« […]
Seulement, ta feuille d’érable n’est pas rouge
rouge, c’est vif
rouge, c’est vivant
rouge, c’est un symbole » (p. 12)
« Je remonte l’oubli comme on remonte une montre » (p. 25)
« Je suis un ver blanc
qui infeste le péritoine, le patrimoine canadien » (p. 38)
« Ma tête heurte le hublot
comme un oiseau déjà mort
comme une pendule qui a découvert l’absurdité de sa fonction
à quatre heures du matin » (p. 49)
- Variété de structures syntaxiques et nombreux jeux de mots ajoutant à la complexité du texte.
« Je reprends la route Transcanadienne,
la rance déroute canadienne
Je n’écris pas ce poème
je le vis
autant
au temps
que je le meure
Hawkesbury et Sudbury jouissent de la même terminaison
d’enterrement
Peine capitale » (p. 15)
Référent(s) culturel(s)
- Références à des artistes, des auteurs, des personnages historiques et des spectacles de la francophonie canadienne : André Gagnon, Maria Chapdelaine, Jean-Claude Corbeil, André Paiement, CANO, Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien, Patrice Desbiens, La Nuit sur l’étang.
- Mention de lieux du Québec et de l’Ontario (p. ex., Rigaud, Saint-Eugène, Sudbury, Hawkesbury, Sturgeon Falls, Timmins, Montréal, Ottawa, Kirkland Lake).
- Mention des Ojibwés.
Pistes d'exploitation
- Animer une discussion sur la vision pessimiste de certains poèmes du recueil face à la survie de la minorité franco-ontarienne. Proposer aux élèves, réunis en dyades, de réécrire un des poèmes du recueil en adoptant une vision positive, puis les inviter à lire leur texte devant le groupe-classe.
- Demander aux élèves, réunis en équipes, de préparer un collage ou de créer une vidéo pour représenter un poème de leur choix tout en faisant ressortir les référents culturels de ce dernier. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de composer un poème en vers libres sur leur communauté, en s’inspirant des nombreux clins d’œil faits à des sites de l’Ontario dans l’œuvre. Les inviter à publier leur poème sur le site web de l’école.
Conseils d'utilisation
- Porter une attention particulière à l’emploi de certaines images et d’un langage cru (p. ex., l’image de la prostituée dans Le hanneton).
- Revoir les caractéristiques du poème en vers libres.
- Inciter les élèves à lire un autre recueil de poésie du même auteur, soit Circatrices, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : On démystifie le français, On démystifie le français… d’une Franco-Ontarienne.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : ONFR+ – Nos histoires, notre histoire, divers épisodes.