Contenu
- Trois personnages principaux, dont Patrice Léger, un adolescent accusé de meurtre et clamant son innocence, le caporal Victor Blanchard, chargé de mener l’enquête, et Véronique McLaughlin, la petite amie de Patrice, également accusée du meurtre.
« PATRICE
Mais je suis innocent, moi. Pourquoi je devrais être accusé? De quoi vous m’accusez?
VICTOR
Il n’y a pas d’accusation de portée. Du moins pas encore. C’est pour ça que ça m’aiderait si tu t’aidais un peu. As-tu un avocat?
PATRICE
Non. C’est déjà tout décidé dans votre tête. Vous m’avez déjà jugé. Hier, on était huit à Cap Enragé. Comment ça se fait qu’il y a juste moi ici aujourd’hui? Combien d’années que je vais prendre?
VICTOR
Ce n’est pas moi qui décide ça, OK? Arrête de t’énerver puis parle-moi. Assis-toi… J’ai dit assis-toi… » (p. 89)
« VÉRONIQUE
C’est une drôle d’affaire d’être accusée de quelque chose qu’on n’a pas fait.
PATRICE
Tu peux m’en parler!
VÉRONIQUE
Crois-tu que c’est moi? Que c’est moi qui l’ai fait, que c’est moi qui ai poussé Martin? » (p. 149)
- Quelques personnages secondaires mentionnés dans le texte, mais absents de la scène, parmi lesquels Daniel Léger, le père alcoolique de Patrice, Sophie et Martin, les amoureux éconduits, la mère de Martin, qui fournit la note de suicide, et Martin, le jeune homme retrouvé mort.
« PATRICE
Quand tu rentrais à la maison, là, c’était toi, le boss. Tu garrochais des affaires. Tu criais comme une bête blessée. Tu nous battais. » (p. 113)
« VICTOR
Il sort un livre d’une enveloppe.
Vous savez ce que c’est, ça? C’est le journal de Martin. Celui qu’il traînait tout le temps avec lui. Sophie l’a lu et elle a remarqué que Martin avait noté de drôles de pensées par rapport à vous. Vous voulez que je vous les lise? 15 janvier dernier.
Il lit.
« V. – V pour Véronique – ne m’aime pas. C’est clair, et moi, je n’aime pas S… » (p. 139)
« VICTOR
Sophie? De quoi tu parles?
À Véronique.
Tiens, la mère de Martin a apporté ça pour toi.
Il lui tend une lettre.
VÉRONIQUE
Elle lit.
[…]
Un jour on trouvera cette feuille de papier et tu comprendras tout l’amour que j’avais pour toi. » (p. 152)
« VÉRONIQUE
Faut que je vive avec ça. Faut que je vive avec sa mort sur le cœur. Avec la mort de quelqu’un sur le cœur. Tu te rends compte de ce que ça veut dire? La mort de quelqu’un…
PATRICE
Martin, il se serait tué pareil. Si ça n’avait pas été pour toi, ça aurait été pour quelqu’un d’autre. Il avait ça dans lui… » (p. 153)
- Pièce de théâtre palpitante, mêlant meurtre, fausses pistes, enquête sur de nouveaux suspects et rebondissement, aboutissant à un dénouement dramatique; thèmes (p. ex., relations familiales, amour, mort, blessures de l’enfance, rapport à l’autorité) aptes à intéresser le lectorat visé.
- Mise en page dégagée; texte présenté en un acte, divisé en 12 scènes numérotées et datées; éléments graphiques (p. ex., italiques, points de suspension, majuscules, guillemets) donnant du rythme à la lecture et facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur et renseignements généraux sur la pièce au début; table des matières à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans les didascalies; quelques mots moins connus (p. ex., gyrophare, onirique, se ravise) compréhensibles à l’aide du contexte; nombreux mots du registre familier, voire populaire, dans les séquences dialoguées (p. ex., téteux, ben, branleux, ferme ta gueule, tapoché) et mots anglais (p. ex., lift, gang, looser) contribuant à la vraisemblance du dialogue.
- Prédominance de phrases à construction particulière; nombreuses phrases interrogatives traduisant les préoccupations des personnages, qui tentent d’élucider le mystère; abondance de phrases courtes contribuant à la progression rapide de l’intrigue.
« PATRICE
C’est vrai. C’est Véronique elle-même qui me l’a dit. Il lui a donné un lift. Tout à coup, il a arrêté le char puis il a essayé de…
VICTOR
De?
PATRICE
De l’embrasser. Elle s’est débattue puis elle a fini par se sauver.
VICTOR
C’est elle… C’est Véronique qui t’a dit ça?
PATRICE
Je le sais ce que tu penses. Tu penses que c’est de sa faute. Qu’elle a couru après.
VICTOR
As-tu vu comment elle s’habille, ta petite amie?
PATRICE
Comme ça, Martin a bien fait de sauter dessus?
VICTOR
Bon, bon. Ensuite? » (p. 94)
- Figures de style simples (p. ex., gradation, personnification, anaphore, métaphore, hyperbole, répétition, antithèse, énumération) qui enrichissent le texte et agrémentent la lecture.
« PATRICE
J’ai peur, j’ai vraiment peur, je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. » (p. 100)
« VÉRONIQUE
… C’est la première fois dans ma vie que la mort passe aussi proche de moi. On dirait que j’ai senti sa main sur mon cou. » (p. 133)
« PATRICE
[…] Arrête de brailler. J’ai toutes les raisons au monde de brailler, moi, et pourtant je ne braille pas. Il arrivera ce qui doit arriver. Ce n’est pas de la faute à personne. C’est la vie qui est faite de même. Je n’ai pas voulu aller avec Martin et sa gang, je n’ai pas voulu avoir un père alcoolique, je n’ai pas voulu avoir la tête de cochon que j’ai là. Bien je l’ai eu pareil. Ça me donnerait quoi de me mettre à brailler comme un veau? Ça va-tu changer des affaires? Ça fait que je ne braillerai pas en plusse. » (p. 135)
« PATRICE
Moi, ce que je voudrais savoir, c’est comment tu fais pour t’en aller chez vous et manger, regarder la télévision, parler avec tes enfants, dormir avec ta femme sans penser à tout ça? » (p. 145)
- Nombreuses didascalies qui aident à suivre le fil des événements, précisent les gestes ainsi que les émotions des personnages et permettent de se situer dans le temps et le lieu de l’action.
« Patrice sort de l’éclairage onirique dans lequel il était. C’est comme s’il se réveillait pour revenir à la réalité. » (p. 114)
« Véronique entre, elle enlève son imperméable mouillé, qu’elle met sur le dos de la chaise. Elle enlève l’eau de son parapluie. Patrice est là. Mal à l’aise. Il dit n’importe quoi. » (p. 126)
Référent(s) culturel(s)
- Quelques références à la francophonie canadienne (p. ex., le Cap Enragé situé au sud du Nouveau-Brunswick et la guerre de Sept Ans, conflit à l’issue duquel le Canada passe aux mains de l’Angleterre).
Pistes d'exploitation
- Animer une discussion sur l’énoncé suivant : Tout ce qu’on fait dans la vie, on le fait plus ou moins par amour ou par manque d’amour.» (p. 108) Demander aux élèves de justifier leurs propos en s’appuyant sur des exemples précis tirés du texte.
- Demander aux élèves, regroupés en équipes, de préparer soit le procès de Patrice ou celui de Véronique en réinvestissant les connaissances acquises durant la lecture (p. ex., droits de l’accusé, déroulement d’un interrogatoire). Inviter les élèves à présenter leur simulation de procès devant le groupe-classe.
- Proposer aux élèves de composer une nouvelle littéraire qui raconte une journée dans la vie de Patrice un an après les événements relatés dans le texte. Former des équipes, puis leur demander de lire leur texte aux membres de leur groupe.
- Suggérer aux élèves, regroupés en triades, d’imaginer et de rédiger une scène supplémentaire qui se grefferait à la pièce, puis les inviter à la jouer devant le groupe-classe.
Conseils d'utilisation
- Vérifier les connaissances antérieures des élèves au sujet de l’Acadie (p. ex., situation géographique, histoire, langues parlées).
- Avant la lecture, avertir les élèves que les personnages utilisent des anglicismes, des québécismes et des expressions régionales; accompagner les nouveaux arrivants pendant la lecture.
- Prévoir une discussion sur le suicide; rappeler aux élèves que Martin aurait pu trouver de l’aide et mentionner le nom d’organismes voués à la prévention du suicide.
- Consulter la fiche pédagogique sur le site de l’éditeur.
- Encourager les élèves à lire d’autres pièces de théâtre du même auteur, telles que Pierre, Hélène & Michael, Le Christ est apparu au Gun Club et Aliénor, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.