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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Zone

Il y a soixante ans naissaient Tarzan, Ciboulette, Moineau et leurs acolytes, avec leur idéalisme, leur esprit de révolte, leur jeunesse émouvante. Issu du Québec des années 1950, ce groupe d’adolescents rebelles vivant de contrebande a su capter l’état d’esprit d’une époque en crise où fermentaient les éléments d’un vaste renouveau politique et culturel. Directe, simple et en quelque sorte éternelle, Zone est devenue un phare. L’argument? Passe-Partout veut remplacer Tarzan à la tête de leur bande. Sa trahison alerte les autorités et entraîne la condamnation de Tarzan pour meurtre, transformant Ciboulette, qui est amoureuse de lui, en héroïne tragique. Une réédition de cette histoire d’amour et de subversion est proposée ici, avec une préface de l’auteur qui retrace son voyage dans l’écriture. Voyage fondateur de notre dramaturgie…

(Tiré du site de l’éditeur.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Cinq personnages principaux, Ciboulette, Passe-Partout, Tit-Noir, Tarzan et Moineau, cinq adolescents impliqués dans un réseau de contrebande de cigarettes américaines.

« CIBOULETTE […] – […] Je m’appelle Ciboulette et je suis une petite fille des rues, pas plus. Mes parents sont pauvres et m’aiment pas beaucoup mais ça m’est égal, j’attends plus qu’ils me fassent vivre. J’ai seize ans, je travaille à la manufacture et je m’en fiche parce qu’en même temps je suis contrebandière, je fais partie d’une bande et j’ai un chef, un chef qui est plus fort que tout, un chef qui a peur de rien et qui rendra tout le monde de la bande heureux. » (p. 29)

« PASSE-PARTOUT – Y aurait dû me laisser essayer mon système ce coup-ci. C’est bien moins compliqué : tu passes avec le camion et tu dis que c’est des patates, il regardent et ils voient que t’as des poches de la bonne couleur, ils te croient et tu continues. Y aurait dû me laisser essayer. J’y ai offert hier. » (p. 30)

« TIT-NOIR – Tu savais qu’il dirait pas oui. Il nous l’a expliqué au commencement : l’Américain veut pas en voir d’autres que lui. » (p. 31)

MOINEAU – Je dirai à la police qu’y a personne et que le hangar est vide. » (p. 38)

TARZAN, entre ses dents – Ils m’ont pas eu… J’ai tout passé… Ils m’auront jamais. » (p. 40)

  •  Personnages secondaires appartenant surtout au monde policier, dont le chef Ledoux et Roger,  voulant démanteler ce réseau.

« LE CHEF – […] Ce Tarzan dont ils parlent à tour de rôle semble leur inspirer beaucoup de respect.
LEDOUX – C’est le plus vieux des cinq. Je le conservais pour en dernier. Je pense qu’il sera très dur à manœuvrer.
LE CHEF – Quel genre?
LEDOUX – Genre fier et orgueilleux, la tête droite, le corps élancé. L’arrogance dans les yeux. C’est leur chef, apparemment. C’est lui qui devait leur donner les ordres. » (p. 82-83)

« LE CHEF – Tu as l’air bien disposé, toi. Dis-nous ton nom.
PASSE-PARTOUT – Passe-Partout.
ROGER – Les serrures, maintenant! Vous êtes pas capables de vous appeler comme du monde?
[…]
LE CHEF – Tu travailles?
PASSE-PARTOUT- Non. Je vendais des cigarettes pour gagner ma vie et apporter un peu d’argent à la maison.
LE CHEF – Et ton père?
PASSE-PARTOUT – Il boit sa paye. C’est moi qui nourris la mère. » (p. 93)

« LE CHEF – Il nous reste encore une ou deux questions à te poser.
LEDOUX – Le nom de l’Américain qui vous vendait les cigarettes?
TARZAN – Stone. Monsieur Stone.
ROGER – Son adresse?
TARZAN – Je la connais pas. Il me l’a jamais donnée. On prenait des rendez-vous et il me vendait des cigarettes. J’ai même jamais su son premier nom. » (p. 105)

  • Pièce de théâtre tragique, mettant en scène un groupe d’adolescents qui, à travers des activités illégales menées dans un lieu clandestin qu’ils appellent leur « zone », tentent de s’émanciper d’une société qu’ils jugent injuste et oppressante, tout en y affirmant leur identité, leurs rêves et leur soif de liberté; intrigue structurée de façon chronologique, ponctuée de quelques retours en arrière qui enrichissent la compréhension des personnages et de leurs motivations; thèmes (p. ex., révolte, quête identitaire, idéalisme, marginalisation, violence familiale) permettant au lectorat de réfléchir sur les enjeux universels d’identité et de liberté.
  • Mise en page aérée; œuvre divisée en trois actes (Le jeu, Le procès et La mort); éléments graphiques (italiques, points de suspension, parenthèses, guillemets) facilitant l’interprétation du texte; liste des œuvres de l’auteur, mot de l’auteur, renseignements relatifs à la création de la pièce de théâtre et liste des personnages au début; table des matières à la fin; commentaire critique à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue familier dans l’ensemble de l’œuvre, qui traduit bien la réalité des personnages et le contexte social de l’œuvre.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases interrogatives reflétant le style d’une enquête policière.

« TARZAN – Vous remplirez les commandes les plus pressées demain; pour le reste ils attendront. Vous leur direz qu’un nouveau ²stock² doit rentrer bientôt et que vous savez pas quand. Faut pas courir des risques, les gars. S’y a vraiment du danger, si l’homme d’aujourd’hui est de la police, il reviendra sûrement faire un tour, alors je m’arrangerai moi-même pour le déjouer. Compris? » (p. 48)

« LE CHEF – Il vous les livrait lui-même? […]
LE CHEF – C’est bon. Dis-nous quand il l’a fait pour la dernière fois? […]
ROGER – Cet après-midi? […]
LEDOUX – Minute! Quand il sautait les lignes comme ça, y était armé? » (p. 96-97)

  • Figures de style simples (p. ex., métaphore, comparaison, répétition) qui enrichissent le texte.

« CIBOULETTE – Vas-y, vas-y, Passe-Partout, tu me fais de plus en plus penser à une araignée, à une araignée qui profite de tout pour se faire une toile. » (p. 35)

« TARZAN – […] Personne pourra nous obliger à travailler et à nous salir comme des esclaves dans des usines ou des manufactures. On gaspillera pas notre vie comme les autres gars de la rue qui se laissent exploiter par n’importe qui. » (p. 43)

« PASSE-PARTOUT – Non!… Non!… Frappe-moi pas Tarzan… frappe-moi pas, je le ferai plus. » (p. 51)

  • Didascalies et indications scéniques qui précisent les décors, les émotions et les liens entre les personnages.

« Au poste de police. La salle est sombre et ne présente aucun signe extérieur d’accueil et de bienveillance. Le chef : petit homme au front chauve est assis derrière son bureau. En face de lui, il y a un tabouret où viendront s’asseoir tour à tour les jeunes contrebandiers pour subir leur interrogatoire, tout à l’heure. Au fond, une patère et une chaise. » (p. 57)

« CIBOULETTE, qui se lève le regard perdu et crie – Non… je parlerai pas… je parlerai pas… (Elle se sent défaillir.) Tarzan! Tarzan! Viens me sauver. (Elle s’affaisse. Roger se penche et la ramasse. Sa tête est inerte et tombe en arrière.) » (p. 82)

« Ils échangent une poignée de main et Roger se retire. Le chef montre des signes évidents de fatigue. Il va s’asseoir à son bureau et médite durant quelques secondes la tête dans ses mains. » (p. 117)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreux référents à la société canadienne-française des années 50, l’intrigue se situant dans un quartier populaire de Montréal et mettant en scène des adolescents de ce quartier.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves de faire une mise en scène adaptée et actualisée de cette pièce de théâtre, en tenant compte du choix des costumes, des décors, de la lumière et des accessoires, pour ensuite la présenter devant un public.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de brosser le portrait psychologique d’un des personnages principaux de l’œuvre en tenant compte de critères précis (p. ex., qualités, défauts, passé, comportement, choix de vie) et en les appuyant d’exemples tirés de la pièce. Regrouper les équipes selon le personnage choisi, puis les inviter à faire part de leurs trouvailles aux membres de leur groupe.
  • Avant la lecture, suggérer aux élèves, réunis en équipes, d’effectuer une recherche sur les caractéristiques de la tragédie moderne (p. ex., thèmes actuels et universels, personnages complexes, conflit intérieur et social, remise en question du destin, mise en scène contemporaine, ambiguïté morale, finale ouverte). Les inviter à faire part de leurs trouvailles au groupe-classe, puis en dresser une liste au tableau. À la suite de la lecture de l’œuvre, animer une discussion en se référant à ces caractéristiques afin de déterminer si Zone est une tragédie moderne.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche afin de comparer le phénomène des bandes de rues, tel que présenté dans l’œuvre, à celui observé dans la société d’aujourd’hui. Leur demander de tenir compte des causes sociales, économiques et psychologiques qui poussent les jeunes à se regrouper en marge de la société. Les inviter à présenter leurs conclusions au groupe-classe sous forme d’exposé ou de reportage.

Conseils d'utilisation

  • Présenter l’auteur et le contexte historique de l’œuvre avant d’en faire la lecture.
  • Porter une attention particulière aux thèmes délicats abordés dans l’œuvre (p. ex., violence familiale, pauvreté, contrebande).
  • Inciter les élèves à lire une autre œuvre abordant la dérive d’un adolescent confronté à la marginalité et à la transgression des lois, soit Un vilain guêpier, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Zone.