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Wilfrid… la quête de l’impossible

Wilfrid Marleau, personnage extrait d’un premier roman, Un soir la vieille maison a parlé, est amoureux d’une jeune fille de Hull. Il part au Manitoba afin de préparer un meilleur avenir pour lui et pour sa bien-aimée. Réussira-t-il? La vie sera-t-elle à la hauteur de ses attentes?

Wilfrid… la quête de l’impossible est une recherche incessante du bonheur, de plus en plus loin, sans repos. Cette poursuite mène Wilfrid chez les Indiens, l’entraîne dans des aventures dangereuses ou tragiques qui le conduisent jusqu’en Colombie-Britannique.

Ce roman rend compte de l’impuissance de l’homme à fuir son destin. Wilfrid s’apercevra un jour que la mémoire est plus forte que l’oubli et il reviendra vers ses origines, l’univers d’Un soir la vieille maison a parlé.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

 

À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Wilfrid, qui, suite à une peine d’amour, laisse de côté la ferme et la vie qu’il avait préparée au Manitoba pour continuer vers l’ouest du pays et vivre des événements surprenants en rencontrant plusieurs personnages secondaires au long du chemin, dont les Major, Fleur-de-Mai et les Skorbek.

    « Wilfrid se sentait trop indépendant pour mener cette vie étroite. Il rêvait d’ailleurs, d’espace, de liberté. Jusque-là, il s’était contenté de jobines d’un côté et de l’autre. Il était habile de ses mains et ne s’en tirait pas trop mal. » (p. 13)

    « – Moi je vais coucher chez deux vieillards charmants qui louent des chambres à des jeunes immigrants ou travailleurs, qui peuvent fournir des références. Car ils sont stricts sur la morale les Major. » (p. 25)

    « Fleur-de-Mai, tu es ma seule amie. Fleur-de-Mai, sanglota-t-elle, tu personnifies la beauté de l’Indienne. » (p. 170)

    « – Tout le côté gauche nous appartient. C’est une terre riche et généreuse. Mon père a trimé dur pour réussir. Nous sommes arrivés un peu avant le chemin de fer. » (p. 191)
     

  • Intrigue d’aventures où on suit Wilfrid à la recherche du bonheur dans des régions de l’Ouest canadien.

    « Le cœur de Wilfrid cognait dans sa poitrine; il serrait si fort le petit colis au fond de sa poche que ses jointures lui firent mal. » (p. 71)

    « – Je ne suis pas un clochard. Je suis descendu du train en provenance du Pas. Je suis venu chercher du travail par ici. » (p. 178)

    « Cette nuit-ci, il se vit tel qu’il était : un contrebandier perdu dans de mauvaises terres, seul, tellement seul que personne ne s’apercevrait de sa mort. Son cœur hurlait tel le loup solitaire près de sa cabane en bordure du lac Manitoba. » (p. 232)
     

  • Narratrice omnisciente qui sait tout de chacun des personnages et qui permet surtout de bien connaître les états d’âme du personnage principal.

    « Wilfrid se sentit inondé d’un bonheur plus grand que nature. Lui, d’assez petite taille, qu’on surnommait Shorty, se métamorphosait soudain en géant. » (p. 15)

    « Perdue dans le vide, elle regardait à l’intérieur d’elle-même, aveugle aux autres images. » (p. 21) 

Langue

  • Registre courant dans la narration et registres courant et familier dans les dialogues; langue stéréotypée des autochtones à l’occasion.

    « Puis les marteaux se mirent à résonner en cadence, réveillant d’un seul coup l’âme de la ferme endormie depuis des années. » (p. 59)

    « – Cré diable! si c’est pas Wilfrid. Pis avec le coco et le paletot à part ça! T’arrives d’où de même? Rentre, rentre. » (p. 69)

    « – Toi vas mieux. […] Moi et sorcier avoir soigné ton cheval. » (p. 115)
     

  • Structures syntaxiques et figures de styles variées (p. ex., comparaison, personnification, métaphore, énumération, ironie, hyperbole) qui permettent de mieux pénétrer dans l’univers et l’époque du roman.

    « À ce moment, une raseuse, tout de noir vêtue et sèche comme un tronc mort, susurra dans le dos de Catherine… » (p. 12)

    « Eh oui! les riches aussi étaient victimes de catastrophes, dont même leurs millions ne les protégeaient pas. » (p. 21)

    « Le soir du Jour de l’an, réunis autour de la table couverte de damas immaculé, devant les pâtés, les tartes et le gâteau aux fruits, Wilfrid et ses hôtes étaient trois naufragés partageant une île… » (p. 43)

    « La maison craqua, triste de tant de malheurs. La poudrerie enveloppa les bâtiments, souleva avec rage des nuées vertigineuses qui se mirent à courir dans la prairie. » (p. 81)

    « – Je suis fini ma femme. Je suis un arbre mort. » (p. 211)
     

  • Vocabulaire lié à la quête du bonheur et au malheur, et à divers sujets selon les aventures de Wilfrid (p. ex., le voyage, le travail, les autochtones).

    « Les premiers jours furent pénibles pour Shorty. Transporter des briques à longueur de jour lui brisait les reins. Il revenait fourbu, courbaturé, avec l’impression d’avoir été battu. Son pauvre corps endolori criait grâce; sa volonté, elle, ne fléchissait pas. » (p. 32)

    « Wilfrid contempla l’ensemble et fut content de lui. […] Il regarda le médaillon et il sentit un grand frisson dans son corps d’homme. Plus qu’une semaine et il la serrerait sur son cœur. » (p. 67)

    « Il prit place sur une grosse pierre qui émergeait et il se mit à pleurer; larmes amères de désespoir et de colère. » (p. 79)

    « Ployant sous son fardeau – Aigle-Noir était costaud – il sortit de l’établissement en injuriant le Manitou. » (p. 121)

    « Le lendemain, Wilfrid dit au revoir à Melville et à la gare rutilante qui réverbérait la lumière du soleil sur le quai. » (p. 190)

Référent(s) culturel(s)

  • Références à certains aspects de la francophonie de l’Ouest canadien (p. ex., Saint-Boniface, Louis Riel).

    « J’irais du côté de Saint-Boniface d’abord. Une importante colonie française y habite. » (p. 14)

    « Depuis que le Grand Métis a été pendu par les Habit [sic] rouges, à Batoche, l’Indien sait qu’il est vaincu! » (p. 149)

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de cartographier le parcours de Wilfrid lors de ses nombreuses aventures et de comparer le nom des villes et villages de l’époque avec ceux utilisés aujourd’hui. Se référer, entre autres, à la page 86.
  • Proposer aux élèves d’étudier les mœurs et coutumes des Cris telles que présentées dans le roman et de les comparer avec la vie actuelle des autochtones de l’ouest du pays.
  • Inviter les élèves à établir entre Catherine et Wilfrid une correspondance dans laquelle chacun décrirait à l’autre les événements qu’il ou elle vit et les émotions qu’il ou elle ressent au fil du roman.

Conseils d'utilisation

  • Discuter, avec les élèves, des sujets délicats contenus dans l’œuvre (p. ex., la mort, la prostitution, l’abus de l’alcool, les maladies) afin de les mettre dans le contexte socio-historique du roman.
  • Aborder les répercussions d’une peine d’amour sur un être humain en se servant de la réaction de Wilfrid comme modèle.
  • Avertir les élèves que le roman donne, des autochtones et de leurs relations avec les blancs, une vision stéréotypée plus ou moins fidèle à celle de l’époque du roman.
  • Lire le roman Un soir la vieille maison a parlé afin de mieux comprendre l’univers romanesque de l’auteure et d’établir certains parallèles entre les personnages des deux romans.