Anatomie de la fiche Anatomie interactive
Ajouter au bac de lecture

Un hiver de tourmente

Elle s’appelle Marie-Lune, mais on dirait plutôt une Marie-Tempête. Elle habite au bord d’un lac, en plein bois, presque le bout du monde. Heureusement, il y a Antoine. Il est grand et beau, et ses yeux verts brillent comme la forêt autour du lac, les matins d’été. Un grand coup de foudre, mais le ciel est lourd de tempêtes…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Marie-Lune, adolescente tantôt curieuse, tantôt rebelle, qui vit son premier amour ainsi qu’un deuil éprouvant après la perte de sa mère.

« Depuis l’an dernier, ma mère me trouve moins belle et brillante, et beaucoup trop adolescente.  Et depuis qu’Antoine est entré dans ma vie, je me suis métamorphosée en cauchemar ambulant.  Je fais peur à mes parents. » (p. 11)

« Léandre était maintenant près de moi. On est rentrés à la maison. J’étais épuisée. Mais je ne pleurais pas. Je n’avais pas versé une larme depuis que Fernande était morte. » (p. 83)

  • Personnages secondaires interagissant avec Marie-Lune, dont Flavi, sa grand-mère compatissante, Sylvie, son amie et confidente, Antoine, son premier amour, Fernande, sa mère, qui souffre d’un cancer et qui s’oppose à leur relation, ainsi que Léandre, son père, qui est dépassé par les événements.

« Flavi était étrange, dimanche. La semaine précédente, je lui avais parlé d’Antoine. Elle avait été chouette. Comme d’habitude. Pas de question, pas de sermon. […] Si seulement Flavi pouvait expliquer à sa fille et à son gendre que ce n’est pas bon pour une adolescente de passer ses soirées à compter les canards. » (p. 23)

« Heureusement, j’ai Sylvie.
– Tu veux voir Antoine? Pas de problème!
[…]
Demain soir, je garde deux petits monstres. […] Mais elles ne me verront même pas. Ce n’est qu’un alibi. Sylvie s’occupera des petites pestes pendant que je serai chez Antoine, à deux rues de là. » (p. 24)

« Antoine parle peu. Il écoute. Il rit. Il m’ébouriffe les cheveux. Il prend ma main. La caresse ou la presse. Parfois, il me serre très fort dans ses bras et il me soulève pour me faire danser dans les airs. Ça veut dire qu’il est heureux. Moi, je parle pour deux.
Alors sa lettre, quand on le connaît, c’est la débâcle, le déluge une véritable inondation de mots. Une grande déclaration d’amour. » (p. 31)

« Fernande n’était pas à la maison quand je suis rentrée. C’était pourtant son jour de congé. Flavi m’attendait dans la cuisine.
[…]
– Ta mère est à l’hôpital…
La voix de Flavi était bizarre. Mal ajustée.
– On lui fait un traitement…
Sa voix était meilleure. Elle a souri.
– Ne t’inquiète pas, Marie. Ta mère avait mal au ventre depuis un bout de temps… Ils vont essayer de régler ça. Avec un peu de chance, ça devrait bien aller.
– Un peu de chance? Ça veut dire quoi? Et s’ils ne réussissent pas? » (p. 71-72)

« Léandre ne répondait pas. Monique est venue me chercher. […] Léandre ronflait sur le sofa du salon.  Il n’avait pas enlevé son manteau, et la neige de ses bottes fondait sur l’imprimé fleuri.  Il avait bu, lui aussi. » (p. 90-91)

  • Roman émouvant relatant avec simplicité l’histoire du premier amour d’une adolescente dont les parents n’approuvent pas la relation et qui doit faire face à la douleur accompagnant la perte d’un être cher; retours en arrière sous forme de lettres écrites par la mère de Marie-Lune; thèmes (p. ex., premier amour, décès, relation parents-adolescents) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page simple et aérée; œuvre répartie en 15 chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques, points de suspension, majuscules) qui facilitent l’interprétation de l’œuvre; liste des autres œuvres de l’auteur et dédicace au début du livre; renseignements sur les prix remportés par l’auteure en quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., tilleul, renfrognée, envoûtant) compréhensibles grâce au contexte; mots du registre familier (p. ex., bécoter, une bonne débarque, baragouinant, à la sauvette) et mots anglais (p. ex., punk, Coke, slow, pop-corn, english) reflétant le langage quotidien des personnages; mots inventés (p. ex., croco, sprinter, similipoulet) injectant des brins d’humour dans le texte.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, impérative, interrogative, exclamative); nombreuses phrases courtes lourdement ponctuées, dans les dialogues, révélant les sentiments des personnages.

« J’étais furieuse, au téléphone.
– Calme-toi! Je devine ce qui t’énerve. Antoine n’a pas dansé non plus. Tu es contente? Il n’arrête pas de parler de toi. Même que, franchement, ça commence à me fatiguer. Je t’aime bien, mais comme sujet de conversation, je pourrais imaginer autre chose!
– Excuse-moi, Sylvie. C’est l’enfer ici! Viens-tu faire un tour?
– Je voudrais bien, mais on passe la journée chez mon parrain. C’est la fête d’Émilie, sa petite peste de deux ans. Ça promet…
J’ai enfilé mes bottes et mon manteau et je suis allée marcher. Je pensais faire le tour du lac à pied. Deux heures de randonnée, ça devrait me calmer. » (p. 68)

  • Plusieurs procédés stylistiques (p. ex., gradation, comparaison, répétition, métaphore, expression imagée, hyperbole, anaphore) qui enrichissent le texte et traduisent l’atmosphère de l’histoire.

« Ma gêne, ma rage, mon désespoir. » (p. 16)

« Fernande s’est mise à hurler comme un chien blessé en voyant le petit paquet de plumes inerte. » (p. 28)

« – Oui? Oui, oui… Bonne chance! » (p. 28)

« Fernande et Léandre pourraient s’imaginer que j’aime vivre dans notre jungle glacée au bout du monde. » (p. 29)

« J’avais le cœur en jello. » (p. 31)

« Je ne voulais plus bouger. Pendant au moins deux ou trois milliers d’années. » (p. 60)

« Ce n’est pas moi, le pélican. Je suis seulement son enfant. La fille d’un oiseau mort. D’une pauvre bête que je n’ai pas vu partir. D’un grand oiseau que je n’ai pas pu embrasser. D’un grand oiseau qui est mort fâché. » (p. 105)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui reflètent le caractère et les états d’âme du personnage principal, et qui permettent de mieux saisir ses relations avec les autres personnages; insertion de lettres rédigées par Fernande à sa fille, contribuant à la vraisemblance de l’histoire.

« Les cimetières n’ont rien à voir avec les torrents.  J’avais envie de hurler.
– NON! ARRÊTEZ! Vous vous êtes trompés.  Fernande ne veut pas ça.  Elle aime la vie. Le lac, la montagne, les sapins fouettés par le vent. Les chutes, les sources, les rivières, les torrents. Vous n’allez pas l’emprisonner ici!
Ils descendaient la grande boîte de bois au fond du trou. Je les trouvais tellement idiots. » (p. 82)

« Mon Dieu, que je suis bête! Sylvie ne m’avait pas donné de nouvelles d’Antoine. […]
C’est moi maintenant qui étais gênée.
– Je t’ai vu. Je marchais. Je pensais que tu venais me voir… Excuse-moi…
– Non. Attends! Ne te sauve pas. Mon père a eu une crise de foie. Je voulais te voir… Mais je ne savais pas si je devais. Je t’ai fait assez de mal comme ça…
– Quoi? Pourquoi? […]
J’ai fermé les yeux. Je voulais partir. Tout de suite. Pour passer la nuit avec ce doux souvenir.
Je craignais que l’ouragan ne s’éveille en moi. Qu’il gonfle et se déchaîne. J’avais peur d’éclater. » (p. 114-115)

« 28 octobre 1991
Marie-Lune,
Je pense qu’ils ont tous tort. Tu devrais le savoir. Mais je n’ose pas.
Si je me trompais… Si c’était pire de savoir…
Je vais mourir. C’est sûr, maintenant. L’an dernier, j’ai trouvé la petite bosse sur mon sein, trop tard. Depuis, le cancer s’est répandu. » (p. 127)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à la francophonie canadienne et internationale : mention de la région des Laurentides, de Montréal, de la rue Sainte-Catherine, d’Alfred de Musset et de son poème Le pélican.
  • Référence aux contes La Belle au bois dormant et Cendrillon, de Charles Perrault.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’étudier le poème d’Alfred Musset intitulé Le pélican, puis d’en dégager les thèmes et le message. Leur demander de créer un parallèle entre la thématique du poème et les situations vécues par Marie-Lune dans Un hiver de tourmente (p. ex., la mort, le sacrifice, l’expression de l’amour inconditionnel). Jumeler les équipes, puis leur demander de présenter leur travail à leur groupe.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de choisir des extraits du roman pour en faire des dramatisations avec narration, dialogues, décor, musique et bruitage (p. ex., Marie-Lune qui accueille Bruno, un jeune garçon atteint de cancer, près d’elle, avant d’entreprendre la lecture des lettres de Fernande (chapitre 14)). Permettre aux élèves de présenter leur dramatisation devant le groupe-classe.
  • Inviter les élèves à réfléchir sur certaines citations tirées du roman (p. ex., « Sa mère était à l’asile la moitié du temps. Et son père a toujours empesté le gros gin. Pour faire pousser des bons légumes, il faut du bon engrais. Antoine n’est pas un mauvais diable, il fait même pitié, mais ce n’est pas un gars pour toi. » (p. 67); « On n’essaie pas de consoler une bête prise au piège. On la libère. Ou on se tait. » (p. 83)), puis à consigner leurs réflexions dans un court texte.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman, soit la sexualité, l’alcoolisme, la maladie et le décès d’un être cher.
  • Inciter les élèves à lire les autres romans de la série, soit Les grands sapins ne meurent pas et Ils dansent dans la tempête, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
  • Présenter le téléfilm Un hiver de tourmente afin d’en faire une comparaison avec l’œuvre écrite.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Télé-litté, Un hiver de tourmente.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Dossiers, Santé mentale et bien-être.