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Un canard majuscule

Odilène, dix-sept ans, anorexique. Comment en est-elle venue à souffrir de cette maladie? C’est ce qu’elle tente de s’expliquer, de la chambre de l’hôpital où elle a été conduite d’urgence. Expliquer pour comprendre, comprendre pour trouver comment sortir de ce cycle infernal. Elle plonge dans ses pensées et revit le passé, elle lit des extraits de ses journaux personnels, dialogue avec ses parents, sa sœur et son copain Olivier.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narratrice, Odilène, adolescente de 17 ans, qui lutte pour surmonter son anorexie, une maladie qui prend racine dans une famille modèle et qui la plonge vers un idéal qu’elle ne semble jamais pouvoir atteindre.

« Je n’ai que dix-sept ans, et pourtant, je n’arrive plus, depuis quelques années déjà, à retrouver la joie… » (p. 9)

« J’implore ma mémoire et ma raison, de me dévoiler, en toute honnêteté et lucidité, comment j’en suis venue à souffrir de cette terrible maladie qui menace d’avaler ma vie. L’anorexie. » (p. 22)

  • Personnages secondaires faisant partie de l’entourage immédiat d’Odilène, parmi lesquels Marie, sa mère, d’une beauté évoquant une Barbie, Léon, son père, souvent absent en raison de ses voyages d’affaires, Reine-Claude, sa sœur, qui incarne la perfection, Madame Petrouchka, la bonne surnommée Mina, qui prend soin des deux jeunes filles en l’absence de leurs parents, Claire Lajoie, sa psychologue, Roxane, son amie décédée des suites de l’anorexie, ainsi que son ami Sébastien, qui souhaite la voir guérir.

« Ma mère s’appelle Marie. Tout simplement. Et après son prénom, un adjectif me vient à l’esprit. Jolie. Très très jolie. J’ai toujours pensé qu’après Barbie, ma mère est la plus splendide créature que Dieu ait conçue. » (p. 17)

« Papa est représentant pour une compagnie d’équipements électroniques. Il part, revient, repart. Parfois, il s’absente quelques jours ou plusieurs semaines. J’ai l’habitude de voir ses valises près de la porte, avec des étiquettes d’embarquement enroulées aux poignées. Il me fait penser à un oiseau migrateur indécis. » (p. 19)

« Reine-Claude ne connaît du mot échec que la définition du dictionnaire. Jamais elle n’a esquissé le moindre petit faux pas, joué la plus minuscule fausse note, raté sa cible : le succès. Première en tout et partout, très loin devant, ou tout là-haut, ma sœur aînée ne s’est jamais attardée à ceux qui traînaient derrière… » (p. 21)

 

« J’ai grandi avec Madame Petrouchka – nous l’appelons Mina – et je me suis beaucoup attachée à elle. Cette petite dame, douce et blanche comme le coton, était là au moment où je partais pour l’école, là quand j’en revenais, là quand personne d’autre ne s’y trouvait. » (p. 28-29)

« – Bonjour, Odilène! Comment vas-tu, ce matin?
J’ouvre les yeux sur Claire, un ange. Je suis si contente de la retrouver. Cette femme me rassure. » (p. 77)

« […] Elle était déjà si maigre… pauvre Roxane. Elle avait la peau grise, un duvet avait poussé sur son corps, sur son visage. Elle avait tellement changé! On ne voyait plus en elle la jolie fille enjouée et éclatante de santé qu’on avait connue quelques années plus tôt. Et dire que c’est moi qui l’avais encouragée à me suivre dans ma folie. Je l’avais contaminée. » (p. 96)

« La dernière fois que je t’ai vue, c’était chez Olivier. Quand tu es entrée dans la pièce, tous les regards se sont arrêtés sur toi. On est restés muets. Avec les cernes et les ecchymoses sous tes yeux, avec tes cheveux clairsemés, avec les os qui apparaissaient partout, tu avais l’air d’une fille maltraitée qui sortait d’un camp de concentration de la Deuxième Guerre mondiale. J’ai eu envie de te crier d’arrêter de te suicider. […] Au nom de notre amitié, prends tous les moyens pour guérir. Sébastien » (p. 99)

  • Roman captivant relatant l’histoire d’une adolescente aux prises avec la maladie de l’anorexie et le chemin difficile vers sa guérison; nombreux retours en arrière présentés par le truchement des extraits du journal personnel d’Odilène; thèmes (p. ex., perception corporelle, pression sociale, attentes utopiques, douleur, culpabilité) permettant au lectorat de découvrir la complexité de la maladie de l’anorexie.
  • Mise en page aérée et dynamique; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, guillemets, italiques marquant les extraits du journal intime d’Odilène, symboles marquant un laps de temps ou un changement de scène, majuscules) qui facilitent l’interprétation du texte; liste des œuvres de la même auteure et remerciements au début; liste d’œuvres de la même collection à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., idolâtrer, miteuse, égayer, filiforme, calvitie) et quelques mots anglais, en italique (p. ex., Teacup poodle, addiction) compréhensibles à l’aide du contexte.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; emploi de nombreuses phrases interrogatives et exclamatives reflétant les émotions d’Odilène; phrases généralement courtes dans les dialogues.

« Le jour de mon douzième anniversaire, elle m’invita chez elle. Ses parents avaient organisé une petite fête pour nous deux, car Roxane est née trois jours après moi. J’avais beaucoup maigri, j’en étais fière, et il n’était pas question que je prenne le moindre kilo. Ainsi, j’ai prétexté un léger malaise pour ne rien toucher du repas. Devant l’air déçu de la mère de Roxane, j’ai accepté de rapporter à la maison, une grosse portion de gâteau au chocolat cinq étages. ²Je le mangerai plus tard, ai-je menti². » (p. 36)

« – On continuera demain. J’ai consulté ton dossier, Odilène. Tu as déjà été hospitalisée pour la même raison que tu l’es aujourd’hui, vrai?
– Oui, pendant cinq jours. J’avais treize ans. J’étais terrifiée! J’aurais mangé tout le contenu d’un buffet chinois et quatre tartes à la crème pour qu’on ne me laisse partir!
– Vraiment? rit Claire. Et maintenant, tu n’as pas peur? » (p. 70)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., gradation, expression imagée, répétition, énumération, hyperbole, comparaison, personnification, métaphore) qui permettent d’apprécier le style de l’auteure.

« Je ne trouve que des défauts à la neige : elle est laide, nuisible, inutile, glaciale. » (p. 9)

« Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. » (p. 12)

« Il ne finissait plus de répéter « Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé. » » (p. 14)

« Féminine, athlétique, grande, mince, jolie, aimable, bardée de talents et de diplômes, entourée d’amis, ma sœur représente l’enfant idéal – je dirais même le fantasme – de tous les parents de la terre. » (p. 21)

« Ses dernières paroles sont suspendues au-dessus de mon lit, comme les figurines d’un mobile pour bébé. » (p. 32)

« Une famille de petits pois me fixent de leurs yeux verts et ronds. » (p. 58)

« J’étais aussi malheureuse qu’un caillou que personne ne ramasse sur le bord de la route, mais ma volonté de maigrir devenait de plus en plus imposante. » (p. 71-72)

  • Nombreuses séquences narratives et descriptives, entrecoupées de quelques séquences dialoguées, qui permettent au lectorat de suivre l’intrigue et de connaître davantage les personnages, leur évolution, leur passé et leurs vies respectives; insertion de nombreuses entrées de journal contribuant à la vraisemblance de l’histoire.

« Mon regard tombe sur mes mains. Elles ressemblent aux petits râteaux dont Mina se sert pour travailler la terre, au moment de la plantation des fleurs. Les phalanges sont très apparentes parce que seule une mince couche de peau les recouvre. Je ne peux plus porter mes bagues, elles sont toutes trop grandes. En faisant du jogging, j’ai perdu celle que papa m’avait rapportée de Paris. Elle était si belle, et coûtait très cher, j’en suis sûre. » (p. 74)

« Normalement, je devrais pleurer en terminant cette lettre. Si je ne le fais pas c’est qu’il y a une urgence. Voyons si je ne peux pas trouver une infirmière qui…
– Bonjour Odilène! Tu as fait ta toilette? claironne Garde Hélène en poussant la porte de ma chambre.
– Non, pas encore, mais avant j’aimerais que vous m’apportiez un miroir. Il n’y en a pas dans la salle de bains.
– Je sais, c’est voulu, répond Hélène en baissant les yeux.
– Vous ne voulez pas que je me voie, c’est ça?
– Il est encore trop pour…
– S’il vous plaît, laissez-moi me regarder. Juste une fois. » (p. 99-100)

« Samedi, 20 avril 2002
Roxane avait de graves dommages aux poumons et au foie. Sa masse musculaire était considérablement réduite, ses os étaient ceux d’une personne de quatre-vingts ans. Elle s’est effondrée dans sa chambre. Subit arrêt cardiaque.
Ses parents ont tout essayé pour aider leur fille. La colère, la douceur, la persuasion, le raisonnement, les séances de thérapie, rien n’a fonctionné dans son cas. La maladie a été plus forte, la mort plus rapide.
Je suis impardonnable. Et inconsolable. » (p. 139)

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur les ressources et organismes disponibles, dans leur région, pour venir en aide aux gens aux prises avec un trouble alimentaire, puis de préparer une bande-annonce afin d’en faire la promotion. Inviter les élèves à diffuser leur annonce publicitaire au centre de ressources, sur la chaîne YouTube de l’école ou aux annonces du matin, le cas échéant.
  • Suggérer aux élèves de rédiger une lettre à Odilène la félicitant de sa persévérance et de sa capacité de gérer son trouble alimentaire. Jumeler les élèves, puis les inviter à lire leur lettre à leur partenaire.
  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de mener une recherche sur les troubles alimentaires au cours des 50 dernières années, en tenant compte d’éléments précis (p. ex., types, signes, tendances, causes, effets, programmes disponibles). Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leurs trouvailles au groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en équipes, de trouver sur internet quelques vidéos traitant de personnes ayant surmonté un trouble alimentaire. Leur demander de les visionner, puis les inviter à les commenter.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre, notamment l’anorexie et la mort.
  • Inciter les élèves à lire d’autres œuvres qui traitent de l’anorexie, telles que Comme une peau de chagrin et 24, rue des Futailles, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Flip – Dans ma tête, Dans ma tête : quand je suis anorexique.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Handico, La Boulimie et l’anorexie.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : MON : 24, Sam et Makhala.