Contenu
- Personnages principaux : les cinq jumelles Dionne — Cécile, Annette, Marie, Émilie et Yvonne — qui grandissent sous le regard du monde entier, chacune incarnant une histoire à la fois personnelle et médiatisée.
« Cécile espère elle aussi partir au loin pour faire son secondaire, de préférence dans une école différente de celle de ses jumelles. Là, elle ne serait plus une des quintuplées, mais une fille comme les autres, un être unique. » (p. 81)
« Pourtant, Annette est celle des quintuplées qu’Elzire préfère. Non parce qu’elle a le sens de l’humour et rit volontiers, qualités que la mère n’est pas en mesure de goûter, mais simplement parce qu’elle travaille sans jamais se plaindre. » (p. 85)
« … Une fois qu’ils sont assis, Marie se plaint de la curiosité des gens au père Sauvé qui accompagne la famille Dionne. Il répond :
– Mais voyons, Marie, tu ne comprends pas que c’est parce que les gens vous aiment, toi et tes jumelles?
– Nous aimer, père Sauvé? Ils ne nous connaissent même pas! » (p. 111)
« Quant à Émilie, aucun de ses goûts ne lui paraît plus important que les autres; tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle aimerait aider les gens. » (p. 171)
« Yvonne se sent légère comme jamais, délestée d’une responsabilité qu’elle assume depuis toujours : protéger ses sœurs. » (p. 184)
- Nombreux personnages secondaires gravitant autour de la famille Dionne, dont Elzire, la marâtre, Oliva, le père profiteur, Simone, Lucie et Roger, les sœurs et le frère, témoins ou acteurs d’une dynamique familiale dysfonctionnelle marquée par la jalousie envers les jumelles et les abus commis par Roger, ainsi que des infirmières, des religieuses, des curés et des amies, tous jouant un rôle significatif dans l’entourage et le destin des fillettes.
« Rien n’ébranlera sa mère, elle le sait. Elle peut même s’estimer heureuse, sa démarche aurait pu avoir des conséquences fâcheuses pour elle. Elzire s’emporte facilement et elle a la main lourde… » (p. 53)
« Depuis la réunion des Dionne, il y a de cela six mois, Oliva se montre de plus en plus déçu. Morose et taciturne, il ne sourit qu’en présence des étrangers et devant les appareils photo et les caméras. » (p. 59)
« Envieuse et querelleuse, Simone ne manque pas une occasion de dénigrer les jumelles, de se moquer d’elles, de les accuser de fautes qu’elles n’ont pas commises. À tel point qu’Annette l’a surnommée “langue de vipère”. » (p. 70)
« Elle se contente d’approuver sa sœur d’un hochement de tête. C’est la meilleure politique avec Lucie : être du même avis quand ce qu’elle dit ne porte pas à conséquence, essayer de la raisonner lorsqu’elle charrie trop. » (p. 80)
« La nouvelle, qui enrage Cécile, ne l’étonne qu’à moitié. Roger est très précoce. ²Sensuel², disent entre elles les jumelles pour éviter le mot ²vicieux². Non seulement il essaie constamment, comme d’autres de ses frères, de les épier quand elles se déshabillent, mais en plus il ne manque pas une occasion de les palper à l’improviste. » (p. 83)
- Récit biographique retraçant les événements de la vie des quintuplées Dionne, qui, à l’instigation de leur père mais à leur grand désarroi, ont défrayé la chronique et fait l’objet d’un réel engouement de la part de la population; biographie respectant l’ordre chronologique, mais comptant des retours en arrière qui éclairent certains événements importants; thèmes variés (p. ex., solitude, emprisonnement, famille, liberté, mort, foi, jalousie, abus), susceptibles de piquer la curiosité et de mener à des conversations intéressantes.
- Mise en page simple; œuvre répartie en neuf chapitres numérotés; deux séries de huit pages de photos en noir et blanc, illustrant divers moments-clés de la vie des jumelles; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, guillemets, italiques pour accentuer des mots, des expressions ou des passages en anglais) facilitant l’interprétation de l’œuvre; chevrons fréquents pour accentuer certains termes; listes des œuvres de l’auteur, dédicace rédigée par Cécile Dionne, suivie de deux dédicaces poétiques signées par Annette et Yvonne Dionne, au début de l’œuvre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., strabisme, parias, arabesques, simulacres, impunité, oisives) et expressions en anglais (p. ex., Quints, mom, dad, No way!, make believe), compréhensibles à l’aide du contexte; expressions familières (p. ex., la grosse, si ça a de l’allure, à quatre pattes, torcher) dans les séquences dialoguées, reflétant le milieu linguistique propre à la région.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives qui s’entremêlent, dans les séquences dialoguées, contribuant à la vraisemblance des interactions entre les personnages.
« Il y aura dix élèves en plus des quintuplées. L’article cite abondamment Oliva Dionne qui dit, entre autres : « C’était impossible d’inscrire les quintuplées dans une école ordinaire. Comme ça, elles pourront poursuivre leurs études tant qu’elles le voudront. Elles auront la compagnie de filles de leur âge, ce qui est bien normal, sans être privées de l’atmosphère et de la protection familiales. »
[…]
On ne leur a jamais demandé leur avis sur rien. On décide, elles obéissent. Marie s’écrie :
– C’est pas juste! Lucie s’en va à l’extérieur en septembre, pourquoi pas nous? C’est pas juste.
– As-tu déjà vu de la justice dans cette maison? réplique Émilie dont la voix laisse percer une profonde amertume. Pas moi!
Annette essuie discrètement une larme : son rêve d’évasion qu’elle croyait enfin à portée de la main s’éloigne irrémédiablement. Elles seront condamnées à vivre le reste de leurs jours dans cette maison, servantes de leurs parents. » (p. 113)
- Figures de styles simples (p. ex., comparaison, litote, métaphore, hyperbole, énumération) qui enrichissent le texte.
« Franchir les grilles n’apporte aucun sentiment de liberté, comme si le monde entier était une vaste prison. » (p. 39)
« Yvonne regardait l’eau si profonde qu’elle en paraissait noire. N’eussent été ses jumelles dont elle se sentait responsable… N’eût été Dieu qui interdit ce geste… » (p. 146)
« Debout sur la banquette arrière d’une longue décapotable, les jumelles contemplaient sans s’émouvoir ces deux fleuves de visages tournés vers elles. » (p. 162)
« Lorsque leur mère leur a annoncé hier la mort d’Émilie, la terre s’est arrêtée de tourner. » (p. 234)
« Au milieu des corvées, des querelles et des brimades, il y a eu bien sûr des rires, des moments de joie et d’oubli […]. » (p. 286)
- Séquences descriptives et narratives dévoilant les événements marquants de la vie des jumelles Dionne à partir de l’âge de dix ans, mettant en lumière leur esprit d’entraide ainsi que leurs tentatives souvent avortées pour échapper au contrôle familial; nombreuses séquences dialoguées qui révèlent les traits de caractère des personnages et permettent de bien distinguer la personnalité propre à chacune des cinq jeunes filles.
« Le front appuyé sur la vitre, la fillette de neuf ans regarde le paysage morne dans la lumière terne de cette fin d’après-midi de novembre. Elle ne remarque pas les champs couleur de rouille ni les épinettes dont le vert semble virer gris. Ce qui retient son attention, c’est la grande maison de briques ocre un peu à l’écart de la route : la nouvelle demeure de ses parents, avec qui elle n’a jamais vécu. » (p. 13)
« Peut-être parce qu’elles constituaient un attrait touristique presque aussi grand que les cataractes du Niagara, le gouvernement de l’Ontario prolongea la tutelle des quintuplées jusqu’à leur dix-huitième anniversaire. La famille Dionne était divisée à jamais. D’un côté de la route, les cinq fillettes qui vivaient comme des princesses, élevées par des étrangères, comblées de cadeaux et riches. En face, le reste de la famille Dionne, à laquelle s’ajoutaient bientôt deux enfants, menait une existence recluse; tous avaient le sentiment qu’on les considérait comme des parias. » (p. 31)
« – J’aimerais ça qu’on soit heureuses. Tout le monde pourrait être heureux.
– Ça, ça dépend ni de toi ni de moi, décrète Yvonne d’un ton un peu aigre.
– On n’en demande pas tant que ça, me semble.
– Et à qui tu le demanderais, ma pauvre Cécile?
– Si on avait seulement la paix, ce serait déjà énorme. » (p. 66)
Référent(s) culturel(s)
- Référence au journal La Patrie, un quotidien québécois de l’époque.
- Références musicales (p. ex. Sonate à la lune, C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau).
- Références télévisuelles et cinématographiques (p. ex., Pathé, L’Héritière, Olivia De Havilland).
- Mention de Cendrillon, conte de Perrault.
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves de rédiger un court récit biographique d’une personne de leur choix à la manière de Jean-Yves Soucy, puis en petites équipes, de s’échanger les textes afin de les lire.
- Suggérer aux élèves de réfléchir à leur avenir, à l’instar des jumelles Dionne, puis de tracer leur itinéraire d’étude et de vie en identifiant leur première destination postsecondaire souhaitée. Les inviter à présenter le fruit de leur réflexion au groupe-classe par l’entremise d’une carte heuristique.
- Former des groupes de discussion afin de permettre aux élèves d’aborder la question suivante : Comment le phénomène des jumelles Dionne est-il un précurseur à la popularité actuelle des médias sociaux et de la téléréalité? En groupe-classe, engager une réflexion sur la fascination que l’on porte envers certaines personnalités.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, d’organiser une activité sur la littératie financière afin de les aider à se sentir mieux outillés que les jumelles Dionne (p. ex., création d’un jeu de vocabulaire, lecture d’un texte informatif sur le pouvoir d’achat, visionnement d’une vidéo expliquant les avantages et les risques des cartes de crédit). Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur activité au groupe-classe.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets sensibles dont on traite dans l’œuvre, soit la violence familiale, l’agression sexuelle, l’inceste, la misogynie, la perception des maladies et des handicaps (folie, épilepsie, strabisme) et le silence face à l’agression.
- Expliquer certaines caractéristiques de la société de l’époque (p. ex., âge de la majorité, familles nombreuses, droits des enfants, omniprésence du clergé dans l’éducation et la vie des citoyens).
- Inciter les élèves à lire l’essai Les jumelles Dionne et l’Ontario français (1934-1944), de Gaétan Gervais, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Le pigeon rassembleur – Les influenceurs – Le plus beau métier du monde?; Le pouvoir d’achat – Qu’est-ce que le pouvoir d’achat?