Anatomie de la fiche
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Quand la mer…

Quelque part sur Terre, un petit village de pêcheurs vit depuis toujours selon d'immuables traditions.

Alors que tous accueillent la nouvelle année avec l'espoir de voir enfin arriver le « progrès », une lente transformation s'opère, inexorablement : un fils cadet s'oppose à son père, une épouse refuse de se couper les cheveux comme le veut la coutume…

Même la mer ne tient plus ses promesses.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Pièce de théâtre, en deux parties dont l'intrigue se situe dans un temps et dans un lieu indéfinis; huit personnages aux réactions très humaines, parmi lesquels Yoram (le patriarche de la famille Kurma), Goury (son fils cadet), Salkar (le capitaine d'un caboteur) et Ousmia (la femme de Goury), entourés d'un chœur de commères commentant la vie du village.

    « COMMÈRE OPTIMISTE
    Oh! Regardez là-bas… Dans le chenal.
    COMMÈRE VAILLANTE
    C'est Goury! Mais qu'est-ce qu'il fait…?
    COMMÈRE BÈGUE
    Il fonce droit sur le bateau de Salkar.
    COMMÈRE PET-SEC
    C'est son père qui est aux commandes.
    COMMÈRES OPTIMISTE, VAILLANTE ET BÈGUE
    Yoram? » (p. 11)

    « OUSMIA
    Goury! Te voilà enfin. Je commençais à m'inquiéter. » (p. 16)
     

  • Représentation d'une culture aux traditions inventées ou transposées, mais vraisemblables; fresque se déroulant sur quatre générations, suivant l'ordre chronologique, mais comptant des ellipses, des retours en arrière, des anticipations et un prologue dont l'action est postérieure à celle de l'épilogue.

    « PROLOGUE
    Norouz tient un bébé dans ses bras.
    NOROUZ
    Un jour, nous irons dans un pays couvert d'herbe grasse, un pays où les arbres se couvrent de fleurs roses en plein hiver. » (p. 9) 

    « IRINA
    Attendez!
    Irina prend le petit Menkho et le pose sur différentes parties du poisson.
    IRINA
    La tête pour les rêves… Le dos pour la force… L'aileron pour l'adresse…
    COMMÈRE JOUISSEUSE
    Le souhait est puissant. L'enfant sera tenace. » (p. 24-25)

    « 17 ANS PLUS TARD » (p. 65)

    « MENKHO
    Une ancienne remise à glace. Ma grand-tante Irina y habitait autrefois.
    NOROUZ
    Elle est partie, elle aussi?
    MENKHO
    Non, elle est morte dans l'incendie. Une nuit d'hiver, des oiseaux se sont coincés dans la cheminée. Ma grand-tante est morte étouffée par la fumée et un villageois est mort en essayant de la sortir de là.
    NOROUZ
    C'est terrible…
    MENKHO
    Ça fait longtemps. J'étais tout petit. » (p. 85)

    « ÉPILOGUE
    Face à la mer disparue, Norouz parle à l'enfant qu'elle porte.
    NOROUZ
    Tu verras, ma fille. Un jour, nous trouverons des sources pures et glacées pour étancher la soif de tout ce qui vit. Tu verras, tu verras… » (p. 120)
     

  • Thèmes pouvant intéresser aussi bien les filles que les garçons (p. ex., révolte, transformation sociale, identité et résilience). 

    « COMMÈRE PET-SEC
    Tu as fini par te soumettre, comme tout le monde…
    COMMÈRE JOUISSEUSE
    Pourquoi tu ne nous as pas dit que c'était fait?
    COMMÈRE MÉCHANTE
    Qui t'a domptée : ton époux ou ton beau-père?
    OUSMIA
    Personne ne m'a domptée, je les ai coupés moi-même!
    Elle s'éloigne à grands pas.
    Je l'ai fait pour Goury. Pas pour vous, bande de corneilles miteuses. » (p. 48)

    « MENKHO
    Je veux partir, Norouz! Il n'y a plus rien, ici. Plus de vie, plus d'espoir. Je devrais être fier, je devrais sauter de joie, mais… Je vais devenir fou, comme mon père. Aujourd'hui, il m'a légué le bateau. Je n'en veux pas. Je ne veux plus pêcher, Norouz. Il n'y a plus de batsadas, plus de poissons, plus d'œufs, plus rien. Plus rien… Rien!…Rien… 
    Norouz réconforte Menkho.
    NOROUZ 
    Personne ne peut t'obliger à choisir un destin dont tu ne veux pas. Personne… 
    MENKHO 
    Je vais briser la lignée des Kurma. Je vais briser tous les rêves et les espoirs de mon père…
    NOROUZ 
    Ce sont ses rêves, ses espoirs, pas les tiens. » (p. 101) 

    « NOROUZ
    Tu ne sais rien des moutons.
    MENKHO
    J'apprendrai. » (p. 102)
     

  • Didascalies précisant le temps, le lieu et les actions des personnages; chansons parsemées dans le récit et marquant notamment la transition entre les deux parties de la pièce.

    « C'est le Nouvel An. Sur la place du village, on allume un feu, on installe des plats et des victuailles tandis que commère méchante et commère jouisseuse complotent. » (p. 57)

    « Transition
    Chanson du temps qui passe…
    Quand tu étais jeunesse, le temps semblait si long
    Tu apprenais le monde et toutes ses ivresses,
    Rêveries et chimères cachées au creux des mains
    Tu chantais dans le vent en courant vers demain (bis) » (p. 64)

Langue

  • Langage courant à la portée du lectorat visé; quelques répliques en langue familière ajoutant parfois un brin d'humour dans les échanges musclés entre certains personnages.

    « COMMÈRE JOUISSEUSE
    La saison de la pêche tire à sa fin, on aura bientôt des hommes à la maison. » (p. 10)

    « SALKAR
    Jette ces œufs, tête de mule!
    YORAM
    Ces œufs sont parfaits. Elle n'y connaît rien et toi non plus, caboteur de mes fesses. » (p. 22)
     

  • Vocabulaire simple, piqué de mots inventés; champs lexicaux et sémantiques liés, entre autres, à la pêche et à la famille.

    « COMMÈRE PET-SEC
    Moi, je vous prédis que c'est encore lui qui portera le Tchordba cette année. » (p. 12)

    « GOURY
    Je veux la tête de ce poisson.  
    YORAM  
    Arrête de crier.
    GOURY
    C'est moi qui l'ai pêché, sa tête est à moi.
    YORAM
    Ce poisson a été pris avec mon bateau.
    GOURY
    C'est moi qui ai vu les eaux blanches! Moi qui ai lancé et ramené la ligne pendant des heures. Moi qui l'ai coincé dans le filet et qui l'ai attrapé. Toi, tu n'as fait que hurler des ordres stupides, t'empêtrer dans les cordages et… / » (p. 28-29)

    « DARIAN
    Les enfants restent avec leur mère.
    Norouz prend la main de Darian et la pose sur son ventre.
    NOROUZ
    Je ne suis plus une enfant, maman. J'ai le bébé de Menkho dans mon ventre. » (p. 117)
     

  • Style empreint de poésie; ton tantôt tragique, tantôt humoristique; nombreuses figures de style (p. ex., personnification, métaphore, périphrase et comparaison) traduisant le rapport des personnages à leur environnement et à la vie.

    « OUSMIA
    Menkho… Menkho… Regarde, regarde la mer comme elle est contente, regarde comme elle rit avec ses petites dents blanches. » (p. 16)

    « COMMÈRE BÈGUE
    Il paraît qu'elle fait du pain quand elle est dans ses fleurs! » (p. 46)

    « IRINA
    Maintenant je suivrai mon propre chemin, sans laisser personne me dicter mon destin. Quand sonnera mon heure et la fin de ma vie, je partirai tranquille au pays de l'oubli. ̎ » (p. 50)

    « YORAM
    Mon bras, je ne peux plus le bouger.
    […]
    YORAM
    Je n'ai plus de force, il pend comme une branche morte. Ça recommence, Irina. Je ne veux pas rester cloué au lit pendant des mois, je ne pourrai pas. Aide-moi. » (p. 50-51)

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves de faire une recherche sur l'assèchement de la mer Aral, source d'inspiration de l‘œuvre.
  • Demander aux élèves de préparer une affiche, un dépliant informatif ou une présentation visuelle sur l'assèchement des mers dans certains endroits du monde.
  • Inviter les élèves à rédiger une lettre dénonçant une catastrophe environnementale causée par l'homme.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, présenter le profil d'Esther Beauchemin et le Théâtre de la Vieille 17.
  • Avant lecture, parler aux élèves de la place du chœur dans la littérature de la Grèce antique et dans la littérature contemporaine.
  • En se référant aux interventions d'Irina, animer une discussion sur le poids des traditions dans la vie actuelle.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : Citoyens du monde, À la recherche d'eau.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Artisans du changement, L'eau une ressource, un défi.