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Pour se raconter I – Souvenirs d’enfance

Parties de hockey mémorables, premiers Noëls, déménagements vers de nouveaux territoires, anecdotes croustillantes sur les bancs d'école, bêtises enfantines… autant d'histoires qui évoquent l'importance de certains moments, petits ou grands, qui peuvent parfois marquer notre enfance.

Quarante-trois écrivains amateurs, dont les souvenirs prennent place dans différents coins de l'Ontario, mais aussi du Québec, d'Haïti, de France et d'autres pays du monde, composent ce recueil de textes aussi tendres qu'amusants, dramatiques parfois, et souvent nostalgiques du temps passé.

Grâce à eux et à elles, nous voilà plongés à notre tour dans notre propre enfance et invités peut-être à prendre aussi la plume pour en raconter des souvenirs ou des exploits.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Recueil de 43 courts récits de vie regroupés en sept parties distinctes : Le bon vieux temps, L’école, Premières expériences, Vie communautaire, La famille, Les grands-parents et Drames et déracinements.  
  • Un personnage principal par récit, à savoir des enfants ainsi que des adolescents, entourés de personnages secondaires, jeunes et adultes, parfois sympathiques, parfois redoutables.

    « Dès l’aube, par ce beau matin ensoleillé de printemps, John arrive chez nous pour me chercher, moi la petite fille de dix ans, maigrichonne, timide et haute comme trois pommes. » (p. 11)

    « C’était la seule bourse que l’établissement offrait pour l’anglais, l’autre étant pour l’allemand. En apprenant ce résultat, quelle ne fut pas la joie, la fierté même de l’élève de 16 ans que j’étais alors! » (p. 54)

    « Avec l’arrivée du Parc, les bénévoles ont monté des panneaux, fait la glace, déneigé, préparé le chocolat chaud, organisé la cantine, le transport des joueurs, attaché des patins, traité des bobos, dégelé des orteils. » (p. 100)

    « J’ai un peu peur aussi parce que je sais que si je dérange Grand-Papa en train de travailler, je vais peut-être me faire chicaner. » (p. 173)
     

  • Souvenirs d'enfance rappelant des passions quelquefois surprenantes (p. ex., trappe, pêche, désir de faire bouger ses oreilles), des moments difficiles ou emballants (p. ex., rentrée scolaire, mort d’un parent ou d’un compagnon, premier bal), des mauvais coups (p. ex., écart de langage, vol d’auto, visite nocturne au cimetière), la réalisation de projets d’envergure (p. ex., mise sur pied d’une bibliothèque, installation d’une patinoire, création d’une équipe de hockey) et des activités de la vie quotidienne de gens ordinaires pendant les années d’après-guerre (p. ex., musique sur la galerie après le souper, veillée au corps, visite inattendue de la parenté).
  • Sujets tantôt légers, tantôt sombres, donnant lieu à des accès de nostalgie, de douleur, voire de remords susceptibles de marquer des vies.
  • Intrigue commençant parfois dans le feu de l’action, parfois après un préambule situant l’auteure ou l’auteur dans le présent.
  • Nombreux éléments graphiques (p. ex., caractères italiques, notes de bas de page, guillemets, points de suspension, majuscules, astérisques, parenthèses, tirets) contribuant à la compréhension de l’œuvre.

     

Langue

  • Registre de langue courant, piqué de quelques brins de poésie, dans la narration; registre familier truffé de mots déformés, d’expressions populaires, de mots d’enfants et d’anglicismes, contribuant à la vraisemblance des dialogues.

    « Le vieux chasseur demeure au village dans une petite maison de planches de bois grisâtre, tout à fait mignonne. » (p. 11)

    « Mais tout à coup, l’eau se brouille et Johnny me dit en riant :
    – Quessé ça? Le rat a peur de toi et il se sauve. » (p. 12)

    « Eh! Ce sont des pépiques*! » (p. 19)

    « …je cogne les côtés intérieurs de mes deux souliers comme pour secouer la boue, je frappe trois fois le marbre avec le bout de mon bâton et je le swing plusieurs fois en guise de réchauffement. » (p. 109)

    « Et puis, un jour, celui qui m’avait tant aimée, comme seul un grand-père peut aimer sa petite-fille, a pris le chemin des ancêtres, a rejoint la mère de Petit-Faon. Mais comme les ossements, j’avais déterré ses histoires, les emportant pour toujours avec moi. » (p. 169-170)
     

  • Phrases de types et de formes variés (p. ex., déclarative, exclamative, interrogative, impérative, passive, impersonnelle, négative) favorisant une lecture dynamique; certaines phrases très courtes, voire elliptiques, évoquant l’autorité ou la finalité.

    « C’est pourquoi la musique a joué un rôle tellement important dans ma vie. Suis-je musicienne? Absolument pas! Ce don fut passé à mes deux frères et j’aime beaucoup les entendre jouer, l’un de la guitare et l’autre, du violon ou de l’harmonica. » (p. 33)

    « Je suis déterminé. Plus prêt que ça, tu meurs.
    – Vas-y, t’es capable, s’écrie mon frère.
    Ça y est, la balle est lancée en ma direction. » (p. 109)

    « Après un coup de fil et un échange de codes secrets avec l’interlocuteur, nous avons patienté, en silence, jusqu’à ce que le verdict nous soit rendu. Approuvé. » (p. 145)

    « Je me colle sur elle. Je lui donne un coup de coude pour qu’elle me regarde. Je me fais plaisir. Je fais bouger mes deux oreilles, en avant et en arrière. C’est évident, elle n’en revient pas. Pas pantoute. Je sais que, maintenant, elle me trouve bonne. Mais elle ne le dira pas. » (p. 175-176)

    « Maintenant, il faisait noir. Noir comme "chu’-loup"… » (p. 199)

    « L’impact est violent, sans merci. Tout est terminé.
    Il ne reste qu’un petit cercueil, doublé de satin blanc. » (p. 205)
     

  • Très nombreuses figures de style (p. ex., apposition, antithèse, périphrase, personnification, onomatopée, comparaison, répétition) et expressions idiomatiques ajoutant des explications, de la couleur locale et concrétisant des sensations et des émotions.

    « C’est M. Houle qui […] demande un gallon de "coalaye", de l’anglais, coal oil, c’est-à-dire de l’huile à lampe. » (p. 24)

    « Le superviseur, quant à lui, trouvant le spectacle moins drôle, nous sommait parfois de cesser ces douces hostilités … » (p. 55)

    « C’est là que j’ai commencé à me sentir à l’aise dans la langue des Beatles. » (p. 57)

    « C’était comme si toute la montagne se réveillait après un long sommeil. » (p. 77)

    « J’entends : RRR-RRR-RRR. Le moteur repart. » (p. 81)

    « La rondelle a sonné sur la barre de métal dans le fond du filet comme un coup de la cloche de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf par un matin sec et froid. » (p. 102)

    « De l’eau, de l’eau et de l’eau : partout, partout, partout! » (p. 154)

    « J’en ai pris mes jambes à mon cou. » (p. 205)
     

  • Séquences dialoguées, narratives, descriptives et explicatives qui insufflent de la vie au texte, ajoutent du rythme au déroulement des événements, permettent au lectorat de se représenter le temps, les lieux et les personnages, définissent des termes ou font connaître des situations, des habitudes et des traditions.

    « – First we have to open the safe. Puis on va cacher les choses de valeur, loin des mains baladeuses.
    – OK. J’ai terminé avec le système d’alarme et j’ai le cash. On est prêt. » (p. 28)

    « Je courbe l’échine, je lui fais croire que je me soumets. C’est une ruse. Je regarde devant moi, je baisse les yeux et les fixe devant mon pneu avant, je pédale lentement, laborieusement, avec force, détermination, je sais que je vais y arriver, j’y suis déjà arrivée! » (p. 69)

    « Une certaine fraîcheur bienfaisante émanait du cours d’eau en ce bel après-midi d’été. Tout là-haut, la dentelle du feuillage des arbres se dessinait sur le ciel ensoleillé, et ne laissait pénétrer qu’une douce lumière tamisée. » (p. 134)

    « Nous prenions le chemin du retour vers deux heures afin de pouvoir nous rafraîchir et assister à la séance du "Mât de cocagne" sur la place Dumas. Cette activité, offerte par la mairie, consistait à accrocher un cadeau au sommet d’un poteau enduit de suie, de savon, et de tout ce qui pouvait le rendre glissant. Les badauds tentaient leur chance et celui qui arrivait à décrocher le cadeau était applaudi chaudement avec les hourras de l’assistance. » (p. 151)

Référent(s) culturel(s)

  • Très nombreux référents culturels de la francophonie ontarienne, canadienne et internationale, permettant au lectorat d'acquérir des connaissances, de se reconnaître dans l'œuvre et d'établir des liens entre sa culture et celle des francophones venus d'ailleurs (p. ex., vieilles chansons françaises, châteaux forts francophones en Ontario, hockey, héros nationaux).
  • Nombreux référents de la religion catholique que pratiquaient la plupart des Canadiens français et de nombreux francophones du monde à l'époque (p. ex., chapelet en famille, fêtes religieuses, institutions et clubs sociaux sous l'égide de l'église), s'imbriquant dans les référents culturels.
  • Notes biographiques des auteurs présentant de nombreux référents culturels de la francophonie ontarienne, canadienne et internationale.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger un commentaire critique d'un des récits de l'œuvre. Les inviter à présenter leur commentaire critique au groupe-classe. Encourager les auditeurs à poser des questions à la suite de chaque présentation.
  • Inviter les élèves à rédiger un court récit relatant un souvenir d'enfance qui a marqué leur vie. Rassembler les textes dans un cahier intitulé Souvenirs d'enfance et l'exposer à la bibliothèque de l'école.
  • Inviter les élèves, réunis en équipes, à préparer un tableau comparatif de la vie des années 1950 à 1960 et de la vie actuelle. Leur proposer d'ajouter des photos et des illustrations pour agrémenter leur présentation. Les inviter à présenter leur tableau comparatif à un autre groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Présenter les caractéristiques du récit autobiographique et du commentaire critique afin d'en faciliter la rédaction.
  • Lire la préface en groupe-classe afin que les élèves prennent connaissance du contexte dans lequel les auteurs ont écrit les récits.
  • Avant la lecture, présenter le contexte social des années 1950 à 1960 durant lesquelles se déroulent la plupart des événements racontés (p. ex., familles nombreuses, vie urbaine et rurale, divertissements).
  • En cours de lecture, faire remarquer aux élèves la fin heureuse ou malheureuse de quelques récits; certains événements ont laissé de beaux sentiments (p. ex., Le présentoir à biscuits), tandis que d'autres ont changé des comportements (p. ex., La jolie brebis) ou ont laissé des traces douloureuses (p. ex., Le coup d'état).

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 5e à 12année, Série : Raphaël, citoyen du monde, Souvenirs marquants.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12année, Série : La portée des mots, Alexandre Désilet; Le repère.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12année, Série : Villages et visages,  divers épisodes.