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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Oscar et la dame rose

Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans.
Elles ont été retrouvées par Mamie-Rose, la « dame rose » qui vient lui rendre visite à l’hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d’Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants.
Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d’amour, ces douze jours deviendront légende.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux liés par une amitié et un amour irrévocables : Oscar, un enfant de dix ans atteint du cancer, qui écrit à Dieu quotidiennement, et Mamie-Rose, une vieille dame, bénévole à l’hôpital, qui devient sa grande confidente.

« Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison […] ″On m’appelle Crâne d’Œuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes.″ » (p. 9-10)

« Il n’y a que Mamie-Rose qui n’a pas changé. À mon avis, elle est de toute façon trop vieille pour changer. Et puis elle est trop Mamie-Rose, aussi. Mamie-Rose, je te la présente pas, Dieu, c’est une bonne copine à toi, vu que c’est elle qui m’a dit de t’écrire. […] parmi les dames en blouse rose qui viennent de l’extérieur passer du temps avec les enfants malades, c’est la plus vieille de toutes. » (p. 12)

  • Nombreux personnages secondaires, parmi lesquels Bacon, Einstein et Pop Corn, patients à l’hôpital et amis d’Oscar, le docteur Düsseldorf, le médecin qui le soigne, ses parents, qui lui rendent visite tous les dimanches, Peggy Blue, son amie de cœur, hospitalisée à cause d’une maladie qui fait bleuir sa peau, ainsi que Sandrine, une patiente qui, comme Oscar, est atteinte de la leucémie.

« L’hôpital, c’est un endroit super-sympa, avec plein d’adultes de bonne humeur qui parlent fort, avec plein de jouets et de dames roses qui veulent s’amuser avec les enfants, avec des copains toujours disponibles comme Bacon, Einstein ou Pop Corn, bref, l’hôpital c’est le pied si tu es un malade qui fait plaisir. » (p. 10-11)

« Quand le docteur Düsseldorf m’examine, le matin, le cœur n’y est plus, je le déçois. Il me regarde sans rien dire comme si j’avais fait une erreur. […] Certains jours, j’ai envie de lui gueuler dessus, de lui dire que c’est peut-être lui, le docteur Düsseldorf, avec ses sourcils noirs, qui l’a ratée l’opération. Mais il a l’air tellement malheureux que les insultes me restent dans la gorge. » (p. 11)

« Il faut te dire, Dieu, qu’on habite loin, mes parents et moi. […] Du coup, mes parents ne peuvent venir me voir qu’une fois par semaine, le dimanche, parce que le dimanche ils ne travaillent pas, ni moi non plus. » (p. 24)

« Peggy Blue, c’est l’enfant bleue. Elle habite l’avant-dernière chambre au fond du couloir. Elle sourit gentiment mais elle ne parle presque pas. On dirait une fée qui se repose un moment à l’hôpital. Elle a une maladie compliquée, la maladie bleue, un problème de sang qui devrait aller aux poumons et qui n’y va pas et qui, du coup, rend toute la peau bleutée. » (p. 41-42)

« Sandrine, elle est leucémique, comme moi, mais elle, son traitement a l’air de réussir. On l’appelle la Chinoise parce qu’elle a une perruque noire, brillante, aux cheveux raides, avec une frange, et que ça la fait ressembler à une Chinoise. » (p. 46-47)

  • Roman épistolaire dans lequel Oscar, un jeune garçon atteint de cancer, décrit les derniers jours de sa vie par l’entremise de lettres écrites à Dieu, laissant croire que chaque jour compte pour dix ans; intrigue captivante, empreinte d’humour, qui répond de manière simple aux questions sur la vie et la mort; quelques retours en arrière sous forme de souvenirs de la part de Mamie-Rose, relatant ses exploits de catcheuse; thèmes (p. ex., maladie, amitié, mort, amour) aptes à inciter à la réflexion et à susciter la discussion.
  • Mise en page simple et aérée; œuvre présentée sous forme de douze lettres écrites par Oscar, en plus d’une dernière rédigée par Mamie-Rose; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques, points de suspension, post-scriptum, espaces indiquant un laps de temps) qui facilitent la compréhension de l’œuvre; dédicace au début du roman; liste des œuvres de l’auteur à la fin du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., toubibs, bâche, serpillières, furax, grabataire, roupillons) et expressions familières utilisées en France (p. ex., ça me fout le cafard, faire le guignol, j’en ai rien à cirer) compréhensibles grâce au contexte; utilisation de quelques mots anglais (p. ex., ring, sweat-shirt, chewing-gum, parking, bluff) contribuant à la vraisemblance des personnages et ajoutant un brin d’humour dans le texte.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives, dans les dialogues, illustrant la vivacité d’esprit et la curiosité du personnage principal.

« À partir d’aujourd’hui, tu observeras chaque jour en te disant que ce jour compte pour dix ans.
– Dix ans?
– Oui. Un jour : dix ans.
– Alors dans douze jours, j’aurai cent trente ans!
– Oui. Tu te rends compte?
Mamie-Rose m’a embrassé – elle y prend goût, je sens – puis elle est partie.
Alors voilà, Dieu : ce matin, je suis né, et je ne m’en suis pas bien rendu compte; c’est devenu plus clair vers les midi, quand j’avais cinq ans, j’ai gagné en conscience mais ça n’a pas été pour apprendre de bonnes nouvelles […] » (p. 38)

« Ça, j’ai bien vu que ça lui faisait plaisir. Je l’avais pas dit pour, mais c’était clair que ça lui faisait plaisir.
– Je veux que ce soit toi, Oscar, qui me protèges des fantômes.
– Compte sur moi, Peggy.
J’étais vachement fier. Finalement, c’est moi qui avais gagné!
– Embrasse-moi.
Ça, c’est vraiment un truc de filles, le baiser, comme un besoin chez elles. » (p. 54)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., comparaison, interjection, oxymore, hyperbole, énumération, métaphore) qui enrichissent le texte.

« Je serai muet même si je trouve étonnant, vu toutes les rides qu’elle a, comme des rayons de soleil autour des yeux, que personne ne s’en soit douté. » (p. 13)

« – Pourquoi veux-tu qu’on te le dise si tu le sais, Oscar!
Ouf, elle a entendu. » (p. 18)

« Alors, c’est curieux, on s’est retrouvés tous les deux à sangloter mais c’était très agréable. » (p. 77)

« Qu’est-ce qu’ils allaient m’offrir encore? Un puzzle de dix-huit mille pièces? » (p. 78)

« Tout le monde est malade ici, même le docteur Düsseldorf, à cause des chocolats, des foies gras, des marrons glacés et du champagne que les parents ont offerts en masse au personnel soignant. » (p. 88)

« Il traînait son air de chien battu, ce qui le rend encore plus expressif, avec ses grands sourcils noirs. » (p. 91-92)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit du narrateur et aident à comprendre ses états d’âme ainsi que ses relations avec les autres personnages.

« Heureusement, j’ai eu un peu le temps de me remettre avant qu’elle rentre.
– C’est arrangé : j’ai la permission. Pendant douze jours, je peux venir te voir tous les jours.
– Moi et rien que moi?
– Toi et rien que toi, Oscar. Douze jours.
Là, je ne sais pas ce qui m’a pris, les larmes sont revenues et m’ont secoué. » (p. 36)

« La civière l’a emmenée vers huit heures. Ça m’a serré le cœur quand j’ai vu passer Peggy sur le chariot, on la voyait à peine sous les draps émeraude tant elle est petite et mince.
Mamie-Rose m’a tenu la main pour m’empêcher de m’énerver.
– Pourquoi ton Dieu, Mamie-Rose, il permet que ça soit possible, des gens comme Peggy et moi?
– Heureusement qu’il vous fait, mon petit Oscar, parce que la vie serait moins belle sans vous.
– Non. Vous ne comprenez pas. Pourquoi Dieu il permet qu’on soit malades? Ou bien il est méchant. Ou bien il n’est pas bien fortiche.
– Oscar, la maladie, c’est comme la mort. C’est un fait. Ce n’est pas une punition.
– On voit que vous n’êtes pas malade!
– Qu’est-ce que tu en sais, Oscar?
Ça, ça m’a coupé. J’avais jamais songé que Mamie-Rose, qui est toujours si disponible, si attentive, elle puisse avoir ses propres problèmes. » (p. 69-70)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de certaines régions et villes de France (p. ex., le Languedoc, le Limousin, Béthune).
  • Référence au conte Blanche-Neige, des frères Grimm.

Pistes d'exploitation

  • À la suite de la lecture du roman, visionner le film éponyme avec les élèves. Leur demander, réunis en équipes, de comparer le film et le livre, puis de noter les ressemblances et les différences à l’aide d’un diagramme de Venn. Jumeler les équipes, puis leur demander de présenter leurs diagrammes aux membres du groupe.
  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, de résumer en quelques phrases chacune des lettres rédigées par Oscar, puis de trouver sur internet des photos qui correspondent à certains éléments de la lettre. Leur demander de coller, pour chaque lettre, les photos comme arrière-plan, de transcrire leur résumé, puis de le superposer au milieu de l’ensemble de photos. Les inviter à présenter leur travail au groupe-classe en précisant, au besoin, le lien entre les photos et les lettres. À la suite de l’activité, animer une discussion sur la question suivante : Que ferais-tu si tu devais vivre dix ans de ta vie en une seule journée?
  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de relever quelques séquences dialoguées humoristiques (p. ex., Mamie-Rose qui raconte son tournoi à Béthune (p. 30-31); Oscar qui embrasse Sandrine (p. 47-48)), puis d’en faire une lecture expressive devant le groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre (p. ex., la maladie, le cancer, la mort).
  • Présenter ou revoir les caractéristiques de la lettre.
  • Noter que l’auteur fait souvent référence à Dieu dans son œuvre et que les sujets abordés ont une portée philosophique.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Raphaël, citoyen du monde, Main dans la main – Gatineau.
  • Oscar et la Dame rose, film franco-belge, réalisé par Éric-Emmanuel Schmitt, sorti en 2002.