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Mon père, je m’accuse

1940. Maria Comtois vit sur les bords de la rivière des Outaouais, à une époque où l’Église dicte une morale à laquelle il n’est pas facile d’échapper. Mère célibataire, elle est tiraillée par le terrible secret qui l’habite. Maria donne son enfant en adoption, et puis se marie. Pourtant, elle n’est pas libérée du passé. Le drame refait surface lorsque, neuf ans plus tard, Maria devient par hasard la voisine de la mère adoptive.

Mon père, je m’accuse est plus qu’un documentaire sur la vie des années quarante. À travers une histoire qui tient deux familles sur le qui-vive, nous assistons au cheminement de toute une communauté soucieuse de ne pas rater le virage moderne des années 1940-1950.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Maria Comtois, une jeune Franco-Ontarienne de Wendover, entourée de nombreux personnages secondaires dont les liens avec le personnage principal sont assez simples à découvrir.

    « Un sentiment de rage envahit alors Maria. Du peu de forces qui lui restait, elle frappa le lit de ses pieds et de ses bras en hurlant. » (p.34)

    « Le père ne pouvait donner qu’une de ses filles en mariage à la fois. Aurèle choisit Florence puisqu’elle était l’aînée et il fut décidé que Maria serait conduite à l’autel par son grand-père maternel. » (p.138)
     

  • Narrateur omniscient qui entre autres dévoile les pensées des personnages et fait découvrir les lieux et l’époque de l’intrigue; présence de quelques lettres, adressées à Maria et écrites à la première personne du singulier.

    « Le vent soufflait sur le petit village de Wendover et Maria frissonnait encore à la pensée du secret qu’elle cachait. » (p.11)

    « Chacune de vous a été bercée par ce châle lorsque je vous portais dans mon ventre. » (p.31)

Langue

  • Registre courant pour les séquences descriptives et narratives et registre familier, voire populaire, pour les séquences dialoguées, ce qui caractérise la classe sociale des locuteurs.

    « Le père de Maria, Aurèle Comtois, était un homme bon mais réservé, généreux mais guère enclin à l’expression des sentiments. » (p. 11)

    « Ben, ça doit être moé. J’me mets toujours un peu de « sent bon » quand j’vais au magasin. » (p. 114)

    « J’m’en fiche, popa! C’est ma fille que j’veux! » (p. 194)
     

  • Champs lexicaux évocateurs des thèmes traités dans le roman (par ex., adoption, religion, maladie); dialogues parsemés de mots anglais (en italique) et utilisation judicieuse d’un vocabulaire représentatif des mœurs et de la langue parlée de l’époque.

    « Les religieuses organisaient une kermesse annuelle et profitaient de cette tombola pour faire l’exposition des bébés. On étalait alors les nouveaux-nés [sic] dans de petits paniers sur de longs comptoirs…comme les chemises au magasin Assaly. » (p.39)

    « Ça donne rien d’aller vite, d’user les tires pis de casser l’char pour arriver une couple de minutes d’avance, disait-il en fumant son cigare White Owl. » (p.71-72)
     

  • Phrases simples de longueurs variées; emploi du passé simple; niveau de difficulté approprié au lectorat visé.

    « La gorge serrée, Amélie lui signala de cesser de lui raconter ce terrible événement.» (p. 122)

Référent(s) culturel(s)

  • Intrigue fictive ayant pour toile de fond non seulement les mœurs et les coutumes des Franco-Ontariens, mais aussi des événements réels arrivés dans l’est de l’Ontario aux alentours de la Seconde Guerre mondiale.

    « En 1939, les temps étaient durs à Hawkesbury, comme partout ailleurs. Une crise économique s’annonçait. Plusieurs familles vivaient aux dépens de la municipalité; pour recevoir de quoi vivre, elles devaient travailler à nettoyer les chemins et les égouts de la ville, tâche humiliante mais qui leur permettait de continuer à vivre. » (p.43)

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves d’imaginer ce qui arrivera aux personnages importants, puis les inviter à lire le deuxième tome, intitulé Délivrances.
  • Avec le groupe-classe, comparer la vie de la jeunesse telle qu’elle est décrite dans le roman à celle de la jeunesse d’aujourd’hui.
  • Demander aux élèves d'analyser la participation du Canada à l’effort de guerre, à la sécurité et au maintien de la paix ainsi que la contribution de divers mouvements sociaux à partir des indices présentés dans le roman.
  • Former des petites équipes et les inviter à établir une comparaison entre les conséquences d'une grossesse non planifiée à l'époque du roman et à l'époque contemporaine.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, présenter brièvement le contexte historique du roman afin de sensibiliser les élèves à la position de l’Église vis-à-vis des femmes et de leur expliquer que c’était une époque où le clergé et les hommes représentaient l’autorité.
  • Faire preuve de doigté lors des discussions sur certains thèmes (par ex., adoption, maladie, grossesse) abordés dans le roman et accompagner les élèves qui pourraient se débattre dans des situations semblables.