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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Mon bruit

Troisième volet de la trilogie Chroniques de l’effroi, après Mon nom et Mon visage, Mon bruit poursuit, non sans ironie, une aventure toute personnelle, autobiographique, soit celle d’aller au « néant essentiel » puiser sa propre richesse insondable. Ainsi, dans ce triple effroi que constituent ces chroniques, après le « je » et sa « représentation », c’est au « discours » que Mon bruit se confronte ou s’attèle. Le bruit n’est pas moins déterminant pour la constitution et surtout la résistance de l’identité : le corps parle de multiples façons : paroles, pleurs, râles, bruits du corps comme tels… « Contre les bruits, mon bruit » (H. Michaux), lit-on en exergue. L’enjeu de ce troisième volet se joue de la narration des deux premiers livres. Ici, le poème est bref, à la manière d’un cri, parfois plus long, comme une litanie; parfois répétitif, à la manière du sanglot ou du rire – tout un travail du rythme et du vers qui s’offre en écho à l’ironie autobiographique. L’effet déstabilise, tant le poème scande une nouvelle fois des propos des deux premiers livres, mais dans une forme à la fois syncopée et percutante.

(Adapté du site de l’éditeur.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur qui oscille entre le lyrisme et la simplicité pour saisir les nuances de ses réflexions personnelles et universelles.

« je ne suis que rarement
le même que moi
sachez-le
dès maintenant » (p. 13)

« tu auras été le réel
et sa limite
le bruit et sa
limite
tu auras été
tous les futurs antérieurs
mal conjugués » (p. 24)

« tu fus
à ta façon unique
une brève épilepsie
tu fus
un accident spirituel
tout-puissant sur mon corps
tu fus
l’étrange postulat et
un appareil de désir » (p. 100)

  • Recueil de textes poétiques en vers libres; poésie introspective et existentialiste où la première personne domine et où le poète révèle ses états d’esprit en s’adressant souvent à l’être aimé; thèmes (p. ex., amour, mort, bruit, effroi) permettant au lectorat de faire des liens avec son vécu.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en deux sections numérotées (Mon bruit et Préparatifs à la pudeur); éléments graphiques (p. ex., guillemets, points de suspension, italiques, astérisques, parenthèses) facilitant l’interprétation des poèmes; dédicace et citations au début; citation, titre des œuvres de la trilogie, remerciements, table des matières et liste des œuvres de l’auteur à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant et soutenu s’entremêlant dans les poèmes; emploi d’un vocabulaire poétique riche (p. ex., muezzin, saccages, apanage, vénielle, araméens) généralement compréhensible à l’aide du contexte.
  • Vers et strophes sans rimes, de longueurs inégales dans la plupart des poèmes; textes généralement dénués de ponctuation et de majuscules.

« t’aimer suffisait à occuper les heures
de ma mise à mort
t’aimer m’aura appris ceci :
plus de visage dans la mort
plus de nom
que l’insupportable bruit
d’une bouche
inutilement ouverte » (p. 23)

« c’est troublant
comme il y a peu de bruit
autour des lits de mort
ceux du corps seulement
lents et gras
mais sans colère
je prends note
car j’ai encore beaucoup
à apprendre
sur mon bruit
final » (p. 42)

  • Quelques figures de style (p. ex., répétition, allégorie) ajoutant fluidité, insistance, mise en relief ou rythme selon les poèmes.

« mais le cortège de saccages
n’en finit plus
et la nuit tombe
et le jour se lève
et la nuit retombe
et le jour se relève
et les hurlements n’en finissent plus
jamais plus… » (p. 29)

« j’habite une montagne en mon secret
qui tantôt gronde, crache
et se fait volcan
tantôt s’apaise en chant de jeune fille
une montagne du bout du monde
en mon secret… » (p. 66)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des poètes français (p. ex., Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Paul Valéry) et à l’écrivain français Anatole France.
  • Mention de la ville de Paris.
  • Mention de Charleville, une ancienne commune française.

Pistes d'exploitation

  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, d’explorer le sens du mot « bruit » et de son contraire, le « silence », en en dressant les champs lexicaux et sémantiques. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Inviter les élèves, réunis en dyades, à ajouter la ponctuation à certains poèmes afin d’en découvrir plus facilement le sens, puis discuter de la pertinence et de la nécessité de la ponctuation dans ces textes.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de lire les deux premiers livres de la trilogie Chroniques de l’effroi, puis de noter les ressemblances et les différences, afin d’établir des liens entre ces trois œuvres tant sur le plan du fond que de la forme. Jumeler les équipes, puis leur demander de comparer leur travail.

Conseils d'utilisation

  • Lire certains poèmes à haute voix afin d’aider les élèves à en apprécier le rythme et le style.
  • Attirer l’attention des élèves sur les textes placés en exergue et sur les références aux auteurs dont les noms sont placés en bas de page (p. ex., Arthur Rimbaud, Paul Valéry).
  • Inciter les élèves à lire d’autres recueils de poésie, tels que Cœurs nomades, Humains paysages en temps de paix relative et La mesure du ciel sur la terre, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.