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Maïna, tome 1 : L’Appel des loups

Il y a 3 500 ans vivait Maïna…

Maïna, fille du chef de la tribu des Presque Loups, est promise à Saito, un homme cruel qu’elle déteste. Un jour, au retour d’une promenade en forêt, Maïna découvre des étrangers au campement. Ils sont cinq, mais elle n’en voit qu’un. Le plus grand, le plus jeune aussi. Sa veste de peau déchirée révèle un ventre dur. Il porte ses cheveux longs. Son visage est terriblement calme, presque froid. Il s’appelle Manutabi… Avec lui commence alors pour Maïna une suite d’aventures fabuleuses.

Une histoire d’amour puissante, un voyage exceptionnel dans le temps et dans l’espace. Un roman d’aventures qui s’adresse aux quinze ans et plus.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Maïna, jeune fille courageuse de la préhistoire amérindienne, qui entreprend un voyage initiatique jalonné d’aventures fabuleuses.

« Maïna l’avait suivi et elle en avait profité pour épier les hommes, retenant les attitudes, les gestes, attentive à tous les secrets de la forêt. Au fil des saisons, non seulement avait-elle acquis le savoir des chasseurs, mais elle était devenue rusée comme l’ours, leste et vive comme le lièvre, et surtout elle avait l’endurance des loups. Maïna pouvait marcher nuit après jour, sans broncher, sans faiblir, puisant tout au fond de son être du courage et des ressources que d’autres n’avaient jamais découverts. » (p. 52)

  • Plusieurs personnages secondaires ayant des liens étroits avec Maïna, dont Mishtenapeu, son père, le chef de la tribu, Tekahera, sa presque mère, une guérisseuse, Saito, le cruel jeune homme qui veut la posséder, Mastii, sa cousine, Manutabi, le jeune homme d’une autre tribu qui devient son amoureux, ainsi que Natak, jeune homme fort issu d’une tribu des glaces.

« Chef et chaman, Mishtenapeu connaissait mieux que quiconque les exigences du Manitou, le plus grand de tous les esprits, et comprenait la réprimande silencieuse des Presque Loups. » (p. 22)

« Tekahera valait toutes les forêts réunies. Bientôt, elle viendrait et caresserait doucement sa joue de ses longs doigts noueux. Ce serait doux et bon comme l’eau, la viande, le feu quand on a soif, faim et froid depuis longtemps. » (p. 26)

« Saito était né quelques hivers seulement avant elle, mais sa forte stature et l’absence de douceur dans son visage anguleux donnait l’impression d’un homme mûr, d’un homme dur surtout. » (p. 26)

« Mastii avait été fécondée très tôt par un homme qui ne l’avait pas réclamée à ses côtés. Sa cousine avait des yeux doux et un corps magnifique, mais elle n’était pas une épouse recherchée, car elle manquait souvent de force et de santé. » (p. 27)

« Manutabi se contentait d’éviter les coups. Il devinait la violence sournoise de son opposant et craignait que le jeu ne se transforme en sinistre combat. Les attaques redoublèrent et il fut plusieurs fois durement atteint. La foule criait sans prendre parti, excitée par les déplacements subtils de Manutabi qui transformaient l’épreuve de force en un étrange et élégant rituel. » (p. 104)

« Si Merqusak avait choisi la rivière aux feuilles, Natak retrouverait les disparus, qu’ils soient vivants ou à moitié rongés. Natak avait confiance en lui. Il avait déjà réussi tant d’exploits. Ses jambes étaient dures, ses bras pouvaient tirer les plus lourdes charges. Deux fois déjà, il avait tué l’ours blanc sans que son sommeil en soit perturbé. […] Natak ne se laissait pas facilement émouvoir. » (p. 199-200)

  • Roman captivant d’inspiration historique qui tiendra le lectorat en haleine du début à la fin; intrigue suivant l’ordre chronologique auquel se greffent quelques courts retours en arrière présentant la naissance de Maïna et certains événements et traditions des Presque Loups; thèmes variés (p. ex., amour, survie, violence, famille, souffrance, traîtrise, pouvoir) susceptibles de mener à des conversations intéressantes étant donné les mœurs présentées dans le roman.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en vingt-trois chapitres numérotés et un prologue non identifié; éléments graphiques (p. ex., quelques mots en italiques et de nombreux mots écrits en lettres majuscules pour mettre en évidence certains mots et en particulier des cris) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteure publiées chez le même éditeur, dédicace, biographie de l’artiste peintre signant l’illustration de la couverture, remerciements, avant-propos, citation de Keith Crowe et carte du trajet de Maïna au début; remerciements à la fin; biographie de l’auteure sur la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p.ex., lagopèdes, sanguinolente, andromède, sizerins, tutélaire, montaison, bequetaient, cataplasmes) et mots d’origine autochtone (p. ex., Windigo, Manitou, pemmican, chaman) compréhensibles à l’aide du contexte.
  • Nombreuses phrases de base, certaines phrases transformées et à construction particulière; types de phrases variées, dont des phrases exclamatives et interrogatives soulignant la réflexion que prête le narrateur aux événements qui chamboulent la vie de Maïna.

« Le soleil poursuivait son ascension dans un ciel d’un bleu extraordinaire. La grande eau scintillait comme si toutes les étoiles de la nuit y avaient sombré. Il était temps de rentrer au campement. » (p. 61)

« Puis vinrent les insectes et le froid. Maïna se répéta les paroles des aînés. Depuis toujours les Presque Loups subissent leur initiation afin de se découvrir un esprit tutélaire. Et c’est au fond d’une fosse, dans le silence et l’immobilité, que les initiés supplient, attendent et supplient encore, offrant leur peur, leur douleur, leur faim, leur soif au Manitou afin qu’il leur lègue en échange un esprit parrain, un allié pour la vie. Les moins courageux récoltaient des esprits peu puissants appartenant aux roches, aux insectes, aux petits fruits. » (p. 67)

« Maïna songea qu’elle aurait aimé abandonner son père à la forêt plutôt que dans cette vallée trop nue où elle avait entendu l’appel des loups. Les loups! À quoi servait cet esprit tutélaire qu’elle avait tant espéré? Et ce pouvoir des mots qu’elle avait cru si puissant? Jamais, de sa courte vie, Maïna ne s’était sentie si seule et démunie. » (p. 130)

  • Figures de style variées (p. ex., euphémisme, métaphore, gradation, comparaison, répétition, énumération) qui permettent de pénétrer dans l’univers de Maïna et d’apprécier le style de l’auteure.

« Plusieurs des leurs s’étaient éteints sans bruit, l’esprit chaviré à force de ne rien manger. » (p. 56)

« Le corps de Manutabi était différent. C’était un vaste territoire, magnifique et nouveau, à explorer, à parcourir, à apprivoiser. » (p. 70)

« La glace fendit, craqua et creva, libérant l’eau. » (p. 99)

« Les mots sortis de sa bouche s’insinuaient comme des couleuvres parmi les membres de la tribu. » (p. 105-106)

« Maïna admira le dos large de son père. Il avait porté tant de ballots de peaux, tant d’enfants, tant de vieillards, tant de canots. » (p. 119)

« Elle avait hâte de vivre là où les hommes n’ont jamais faim, ni soif, ni froid, quelle que soit la nature de cet extraordinaire territoire. » (p. 211)

  • Séquences narratives et descriptives qui créent un univers narratif de la préhistoire amérindienne et permettent de situer le lectorat dans le temps et les lieux; séquences dialoguées peu nombreuses qui servent à comprendre la relation entre les personnages et à témoigner des émotions qui les habitent.

« En apercevant sa presque fille, Tekahera avait deviné qu’elle était femme désormais. Sa petite grenouille s’était métamorphosée durant l’hiver. La vieille amie de Mishtenapeu plongea son regard dans celui de Maïna et les tempêtes qu’elle y découvrit la chavirèrent. Quel singulier destin réservait le Manitou à cette enfant à peine devenue femme et déjà assaillie par d’aussi violents orages? » (p. 38)

« Les danses reprirent, mais Mishtenapeu avait disparu. Maïna le découvrit sous la tente, plus blême que la lune en ce soir d’orage. Une sueur abondante perlait à son front et coulait sur ses tempes. Le sol était souillé de vomissures. » (p. 105)

« – Tu ne mourras pas de faim, promit-il.
Maïna éclata d’un grand rire.
– J’ai toujours capturé ma part de lièvres, de porcs-épics et de lagopèdes. Seule, j’ai tué un loup et un caribou. Je partirai avec toi mais à condition de chasser moi aussi, dit-elle d’une voix forte et ferme. » (p. 112)

«  Tu m’appartiens, Maïna. Mishtenapeu ne te protège plus. Tu m’obéiras comme les autres, lança-t-il finalement, excédé par son silence.
Maïna serra les poings, ses jointures blanchirent, ses ongles s’enfoncèrent dans ses paumes.
– Tu as raison, Saito. Mon père ne me protégera plus. Les corbeaux et les loups se disputent déjà son ventre, mais tu es la honte de mon père, Saito, et tu ne mériteras jamais de le remplacer. » (p. 131)

Référent(s) culturel(s)

  • Référents de la culture, des traditions et des valeurs autochtones (p. ex., initiation, bracelets de deuil, légende des Premiers Hommes, plantes médicinales, tente tremblante, tente aux esprits).
  • Référence aux lumières du nord (aurores boréales).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de rédiger une légende afin d’expliquer un phénomène, puis les inviter à la raconter au groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, d’analyser les éléments culturels exprimés par diverses formes d’art autochtone, puis de réaliser une œuvre représentant le peuple des Presque Loups. Les inviter à présenter leur œuvre à l’occasion d’un vernissage.
  • Animer une table ronde sur l’importance de la vie en société à partir de l’énoncé suivant : « Maïna découvrait combien la tribu lui était essentielle. Loin de la meute, les loups solitaires poursuivaient un impossible périple. De même, les Presque Loups avaient besoin des leurs pour partager les tâches, le savoir-faire, les outils. » (p. 178).
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, d’effectuer une recherche sur les stratégies efficaces à utiliser face à l’angoisse ou au désespoir, tout comme le ressent Maïna dans le passage ci-dessous :
    « Maïna apprit que l’immobilité, l’impuissance étaient plus redoutables que le combat. Seule dans son trou, incapable de lutter, d’avancer, elle se rendit compte que les pires tempêtes étaient celles qui grondaient en elle. Ces rafales d’angoisse et de désespoir qui lui rongeaient l’âme. Parfois, au plus fort de ces orages intérieurs, ses dernières certitudes basculaient. Elle ne croyait plus en rien. » (p. 188) Leur demander de créer un dépliant informatif, puis de le placer au centre de ressources de l’école.

Conseils d'utilisation

  • Encadrer la lecture de certaines scènes (p. ex., viol, violence, meurtre, chasse, torture) afin que les élèves comprennent bien leur signification à l’intérieur du contexte du roman.
  • Accorder une attention particulière aux sujets sensibles dont traite le roman, soit la chasse, le mariage arrangé, la menstruation, le viol, l’agression physique envers les femmes, le racisme, la cruauté animale, les mort-nés, l’abandon des nourrissons, l’agression sexuelle, l’euthanasie, le cannibalisme d’enfants, la torture.
  • Inviter les élèves à lire le second livre, Maïna, Tome 2 – Au pays de Natak, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Décoloniser l’histoireFemmes et luttes autochtones.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Vous l’savez astheureLes femmes autochtones, partie 1; Les femmes autochtones, partie 2.