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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2L’étonnant destin de René Plourde : Pionnier de la Nouvelle-France

Paysan taillé dans une étoffe peu commune, René Plourde décide à dix-huit ans de s’arracher à la pauvreté de son Poitou natal et de tenter sa chance en Nouvelle-France.

Après une traversée aussi éprouvante que catastrophique, il met pied à terre à la Rivière-Ouelle, où il se verra confier une mission inattendue. Amoureux de la terre, il parviendra à obtenir son propre lot, qu’il défrichera vaillamment, et y fondera famille.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, René Plourde, un jeune paysan audacieux et tenace qui, mû par le rêve d’un avenir meilleur, brave les épreuves de l’exil pour devenir un pionnier valeureux et enraciné sur les rives sauvages de la Nouvelle-France.

« RENÉ PLOURDE possédait l’étoffe des forts, des bâtisseurs. De ceux qui accomplissent toutes les tâches de la subsistance, qui ont peu, mais ne relâchent jamais. […] Des doigts, longs et mobiles, habitués à grappiller, à défricher, à arracher à la vie des fragments de liberté. […]
Cette assiduité inspirait. Ses pairs se référaient souvent à ce jeune Plourde. » (p. 13)

« Pour la première fois de sa vie, René ressentit de la colère. Une émotion trouble, une force menaçante dirigée contre tout ce qui se mettrait en travers de sa route. Le sieur lui-même, s’il le fallait. Du pied, il écrasa ce sentiment comme on écrase une limace. Sur le tableau de son rêve, il s’était vu non seulement fermier, mais laboureur, un vrai, un bon, un parfait. Un aristocrate de la terre. Avec des galons mérités par un travail sans relâche, comme Eusèbe. » (p. 134)

« Durant les deux dernières semaines, le sieur avait longuement réfléchi à la personne de René Plourde. Autre chose le motivait. Ce censitaire piquait sa curiosité. Indépendant, capable de se suffire à lui-même, et surtout, inlassable travailleur. » (p. 243)

  • Nombreux personnages secondaires soutenant le héros dans l’accomplissement de son destin, parmi lesquels Eusèbe, un laboureur qui l’accueille et l’initie aux rudiments du travail de la terre, Michaux-Michaux, son ami d’enfance au tempérament plus prudent et orgueilleux, Mère Langlois, une religieuse bienveillante qui lui permet de gagner la Nouvelle-France et qui l’initie à la lecture et à l’écriture, Charles-Aubert-de-la-Chenaye, un seigneur qui lui confie un rôle de prospecteur et d’intendant, Jeanne Soucy-Berrubey-Miville, sa belle-mère, qui veille attentivement au bien-être de sa fille, ainsi que Jeanne-Marguerite, une jeune fille à la santé fragile dont il tombe amoureux et qui devient sa femme.

« Dans son cœur, Eusèbe l’adopta comme un fils, son fils unique. […]
Avec l’humble Eusèbe, il se forma au quotidien de sa vie. Une existence aussi difficile que celle vécue avec ses parents.
Autrefois, ce père adoptif avait mérité un grade d’excellence dans le canton de La Plourderie. On attribuait à Eusèbe le titre de laboureur. À cette époque, ce rang conférait une certaine noblesse qu’on appelait l’aristocratie de la terre et faisait l’envie de tous les paysans. » (p. 50-51)

« Michaux-Michaux se cracha dans les mains, et annonça sa décision de partir pour la Nouvelle-France au printemps.
– Définitif?
Il venait, le premier, de lâcher le morceau.
C’était à prévoir, il lui fallait toujours le dernier mot.
– Donc, on va s’inscrire ensemble demain? le relança René avant de partir.
– Finalement, plus j’y pense, René, plus que je pense que ça se pourrait que j’attende que la pluie arrête avant de faire le pas. Après tout, c’est peut-être pas si rose que ça, là-bas.
– Le grand Michaux-Michaux qui se dégonfle encore!
[…]
Michaux-Michaux, toujours le premier à atteler, toujours le premier à dételer. » (p. 58)

« Le toujours devoir religieux mis en veilleuse, Marguerite entreprit de les entretenir sur la façon de prononcer certains mots. Même si l’écriture des lettres nécessaires demeurait inconnue, elle décida d’opter pour la façon suivante et d’y tenir.
Au fur et à mesure, l’enseignante gribouillait, au dire des manants, sur sa petite ardoise. Cet objet essentiel ne quittait jamais son coffre de voyage.
– Commençons par le commencement, dit-elle.
[…]
– Voici un mot.
Elle inscrivit moy, que les manants prononçaient encore moi, à l’exemple du petit peuple de Paris lui-même à ladite époque.
[…]
Ce mot se prononcera dorénavant moé, à la manière de notre bon maître, Louis XIV lui-même. » (p. 95-96)

« Une demi-heure plus tard, Charles-Aubert-de-la-Chenaye, dans ses atours de richissime seigneur, fit son apparition. Tant d’éclats contre les murs gris des bâtiments et la terre autour appelaient le silence. Le seigneur prit les devants et invita Plourde à se joindre à son pas. » (p. 224)

« Il ne serait pas dit que la fille unique de Jeanne Soucy-Berrubey-Miville, l’orgueil de sa vie, se marierait comme tout le monde. Et la dame, bien assise sur ses cinquante ans, avait du panache. […] La mère Jeanne voulut voir sa fille marcher à l’autel dans des couleurs hors norme. Elle porterait des couleurs fortes, des couleurs franches, franches comme elle-même. » (p. 261)

« Les futurs époux ne se quittèrent pas des yeux. Long fil diaphane, leurs regards s’étiraient de l’un à l’autre.
– C’est pas vrai! Pour moy, tout ça? considérait l’homme tant de fois dépossédé.
Au bras de son beau-père, la promise descendit la haie d’honneur jusqu’à la grève.
René l’accueillit tout au bout.
– Ma femme, murmura-t-il. » (p. 266)

  • Roman historique qui traite de la colonisation en Nouvelle-France, mettant en lumière la liberté qu’offrait ce Nouveau Monde aux colons français prêts à surmonter de nombreux obstacles; plusieurs époques entrecroisées, permettant de suivre les pas des ancêtres du personnage principal; certaines analepses et des passages oniriques jalonnant le récit, permettant au personnage principal de s’entretenir avec un ancêtre; thèmes (p. ex., famille, mort, amour, colonisation, espoir) aptes à susciter des réflexions et à nourrir les discussions chez les élèves.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en 21 chapitres numérotés et titrés, divisée en trois parties; éléments graphiques (p. ex., italiques, caractères gras, points de suspension, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps, majuscules) facilitant l’interprétation de l’œuvre; mention d’une autre œuvre de l’auteure, dédicace et remerciements au début; glossaire, liste de faits authentifiés, table des matières et liste d’œuvres de la collection Voix narratives et oniriques à la fin; notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., albâtre, gavroche, filouterie, potiches, défaveur, prélat, magnanimité) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; archaïsmes (p. ex. trouvères, bisaïeul, occire, pourfendre), mots et expressions évoquant le parler et l’orthographe d’une autre époque (p. ex., moy, toy, parsoune, charchez, crèyez-vous, Kébek) et termes ou expressions latines (p. ex., Dies ire, dies illa) utilisés pour recréer la langue et l’atmosphère d’un autre temps.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative, impersonnelle, négative); phrases courtes, parfois elliptiques, accentuant le rythme aussi bien dans le récit que dans la description.

« L’aube grisonnait. Un autre gémissement se fit entendre à travers les premiers bruits du matin. Anne se redressa, comme par un coup de grisou. À trois couches de son garçonnet, elle aperçut le petit Simon Desjardins qui battait de la tête contre son grabat. Sa mère, tout aussi secouée, s’activait autour de lui.
– Qu’est-ce qu’ils ont bien pu manger, ces petits-là? chuchota-t-elle à Suzanne.
– Me demande.
Peut-être qu’ils ont bu du cidre pourri que les marins laissent traîner partout.
– Possible! Tellement couraillé partout depuis quelque temps. (p. 105)

– Vous êtes?
– René Plourde.
– Bon! Vous cherchiez à me voir si j’ose croire?
– Oui, je suis un des naufragés.
– Ah! Il me semblait aussi n’avoir jamais vu un gabarit de votre espèce dans les environs. » (p. 149)

  • Nombreuses figures de style (p. ex., comparaison, ellipse, répétition, euphémisme, gradation, métaphore, personnification) servant à créer des sensations, à suggérer une atmosphère ou à dépeindre des personnages plus grands que nature.

« Le lendemain, les vaguelettes continuèrent de lécher avec grâce les flancs de la coque, comme une femelle, son nouveau-né. » (p. 101)

« Sous le menton, du feu. » (p. 103)

« Le visage de ses dix-sept ans illumina le paysage. Un beau visage tout neuf, neuf comme ce pays tout neuf. » (p. 277)

« Non, la vie battait trop fort en ce lieu pour parler de sommeil éternel. » (p. 284)

« Futée sa petite institutrice, sa femme, son épouse, son amour. » (p. 294)

« Des Himalaya de neige, charroyés comme des voiles, eut-on dit. » (p. 313)

« Elle regardait ces tiges menues sortir du sol, prendre de la hauteur, pousser en orgueil parfois, avant leur mise en terre. » (p. 334)

  • Séquences narratives et descriptives qui fournissent des détails sur une époque particulière et favorisent une meilleure compréhension des personnages; séquences dialoguées qui permettent de suivre les interactions entre les personnages et d’y déceler leurs inquiétudes, leurs passions et leur tempérament; ajout de procédés littéraires (p. ex., acte de mariage, lettres) pour renforcer la crédibilité de l’histoire.

« Un bond, un saut, un tourniquet et face à face. Pour la cent dixième fois, les comparses allaient se toiser en duel. Un jeu qui ouvrait chacune de leur rencontre. Arme imaginaire à la main, car un manant n’avait pas droit à l’épée. Un amusement capable, cependant, de faire oublier ses humbles origines, ou encore propice à se donner des droits. L’air convaincu, Michaux-Michaux provoqua. Une attaque en flèche! Plourde riposta aussitôt. Les sabres fantômes se choquèrent, se résistèrent, s’arrachèrent. Le métal tinta sourd dans l’abondante pluie. » (p. 56)

« La discussion s’arrêta net, et il entreprit de gravir la montagne. De là-haut, ces milles de boisés lui coupèrent le souffle, chaque fois comme la première fois. Des dizaines d’essences de bois frissonnant contre les Laurentides, d’un côté, et les Appalaches de l’autre, s’étalaient le long de cette grande vallée. Tout au fond s’écoulait le fleuve géant. Une sublime abondance dans toutes les nuances de vert festonnait le long des rivages. De part et d’autre, de sombres résineux dépassaient. Au-dessus de cette forêt boréale, le ciel ne se lassait pas d’être infini. » (p. 177-178)

« – Ça peut bien attendre encore un peu, non? Ça fait sept ans que j’attends, moy.
– Non, ce serait hier que ce ne serait pas trop tôt.
Vous seriez comme mon intendant, en plus.
Un autre qui se cherche un intendant.
– Les intendants, ça jamais été mon fort. Rien qu’à penser à celui du Poitou…
– Mais vous, René, vous n’auriez pas besoin de fouet, lui lança le sieur. Vous entraînez naturellement à votre suite. On n’a qu’à vous regarder travailler. Je vous connais depuis assez longtemps pour le savoir. » (p. 226-227)

« Les trois bans d’usage furent publiés. Aucun empêchement à ce mariage ne fut signalé, comme l’indique l’acte de mariage :
L’an mil seizecen nonentesept ce vingt sizième jour d’aoust après la publication de trois bans de mariage faite le dixhuitième le vingtquatrième & le vingtcinquième d’aoust dans l’église de cette paroisse de Notre dame de liesse, d’entre René Plourde aagé de 32 ans fils de defunct françois Plourde et de défunte Jeanne grémillion [] & Jeanne Marguerite Berrubey aagée de dix cept ans fille de defunct Damien Berrubey et de Jeanne Savonet… » (p. 260)

« Mon cher fils,
Je te salue. Comment vas-tu? Ta carrière est-elle à la hauteur de tes aspirations?
Pour ma part, les choses se corsent. Comme je prends de l’âge, ma santé n’est plus ce qu’elle était… » (p. 335)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreuses allusions à certaines régions de la France et du Canada français de l’époque (p. ex., le Poitou, la forêt d’Archigny, Rivière-Ouelle, Kamouraska, Madoueskak, Trois-Rivières, Québec).
  • Référence à la chanson folklorique Les rubans des rubans.
  • Référence au poète français Villon.
  • Référence à Louis XIV, roi de France de 1643 à 1715.
  • Référence aux filles du Roy, fondatrices de la nation canadienne-française.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à examiner l’œuvre qui figure sur la page couverture, intitulée Le Semeur (II), de Rodolphe Duguay, et à lire le texte d’interprétation sur le rabat de la quatrième de couverture. Leur demander de commenter le choix de cette œuvre pour représenter l’histoire du clan Plourde lors d’une discussion en groupe-classe.
  • Proposer aux élèves de dresser, dans un document collaboratif, un portrait du personnage principal (René), à partir de citations du texte et de l’analyse des procédés employés par l’auteure pour le faire découvrir.
  • Mener une discussion sur l’évolution de la langue française, en mettant l’accent sur les transformations de l’orthographe au fil du temps. Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de réécrire l’acte de mariage (p. 260) en français moderne, en soulignant les principaux changements observés. Organiser une mise en commun afin de permettre à chaque équipe de présenter son travail au groupe-classe.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, d’explorer le thème de la terre dans le roman, en analysant la portée symbolique de différents éléments tels que l’humus, le terroir, le terrain, la propriété, la culture, les produits de la terre, l’espoir et la vie. Les inviter à discuter de la perception positive qui se dégage de ce rapport à la terre.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de situer chronologiquement les événements historiques mentionnés dans le roman et d’en expliquer l’importance dans l’histoire du Canada. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats (p. ex., épidémie, mort, âgisme, violence, prostitution) dont on traite dans l’œuvre.
  • Accorder une attention particulière aux termes employés pour désigner les Autochtones (p. ex., sauvages, sauvagesse, squaw, Kamoura-squaw, Peaux-Rouges) et aux généralisations attribuées à certains peuples (p. ex., intérêt marqué pour les symboles, adulation des enfants, p. 176).
  • Inciter les élèves à lire le deuxième tome de la saga, soit Le clan Plourde : De Kamouraska à Madoueskak, de la même auteure, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Vraiment Top! — Top des explorateurs de la Nouvelle-France.