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L’envers de la vie

Sonia s’aperçoit que son frère aîné est bouleversé et qu’il cache un terrible secret. Curieuse, elle l’espionne afin de savoir de quoi il retourne. Ce qu’elle découvrira la transformera à jamais. Car comme une médaille, l’existence a deux côtés. Face : la joie, l’insouciance, l’espoir, la vie. Pile : la dure réalité, le chagrin, les prises de conscience pénibles, la mort. Sonia, qui n’y avait encore jamais pensé, devra affronter ce sombre verso.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, dont Sonia, une adolescente, qui, à travers la maladie mortelle d’un ami, fait l’apprentissage de la douleur, et Antoine, un jeune sidéen.

« Plus rien ne l’intéresse, ni l’école, ni ses amis, ni même son cahier noir aux histoires incroyables. Elle a tout mis de côté. Elle est obsédée par la fin d’Antoine. Elle y rêve la nuit et le jour. Elle cherche à donner un sens à la vie. » (p. 143-144)

« Il lui a fallu trois mois pour accepter. Trois longs mois pendant lesquels elle s’est révoltée, elle a ruminé, jonglé, pleuré, ragé, avant de finalement réaliser qu’elle avait tort de chercher un coupable. […] ce n’est la faute de personne, pas plus celle d’Antoine que celle de ses parents. C’était un mauvais coup du destin, comme la foudre qui s’abat sur un arbre. » (p. 153-154)

  • Nombreux personnages secondaires, notamment les proches d’Antoine, tels que Marco Pelletier, son meilleur ami, Sylvie Pelletier, la mère de Marco, et son père, ainsi que ceux qui tentent de consoler Sonia, notamment sa mère, et Pierre-Luc et Benoît, deux collègues de classe.

« La plupart du temps, il s’efforce de ne pas y penser, mais c’est difficile. Au début, Marco avait commencé par nier l’évidence, cela lui semblait impossible. Il se disait que les médecins avaient dû faire une erreur de diagnostic, que les tests étaient mauvais. Il avait même incité son ami à changer de médecin. Antoine avait refusé parce qu’il l’avait déjà fait à deux reprises. » (p. 64-65)

« Pour Antoine, Sylvie Pelletier a autrefois été une mère suppléante. Une suppléante efficace et dévouée, même si elle était rémunérée par son père. […] Et aujourd’hui, elle est là, près de lui, à lui donner son temps, à lui proposer son aide et à lui faire cadeau de sa tendresse. » (p. 108)

« Parler de son fils, prononcer le nom de sa maladie (chose qu’il n’a encore jamais faite), expliquer son désespoir. […]
– Tu as raison, je n’ai jamais su dire à Antoine à quel point il est important pour moi… » (p. 114)

« – Oui, Sonia, je viens te parler de quelque chose que je ne connais que trop bien, le sida. […]
Sonia en veut à la directrice adjointe d’avoir trahi son secret. Elle n’avait pas le droit de le rapporter à qui que ce soit. D’un autre côté, elle ne doit pas avoir choisi Pierre-Luc pour rien. » (p. 124)

« – … Je n’aurais pas été capable de faire comme toi et oser parler d’un sujet aussi délicat. Il faut du cran, et ce n’est pas tout le monde qui en a. Je t’admire et je ne dois pas être le seul.
Elle se sent rassurée par ces paroles encourageantes. Elle regarde Ben d’un œil nouveau. » (p. 151)

  • Roman jeunesse abordant un problème social contemporain, le sida, et les réactions qu’il déclenche, tant chez les jeunes que chez les adultes, tant chez le patient que chez ses proches; thèmes (p. ex., amitié, famille, mort, amour) aptes à susciter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en quatorze chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., lettrines marquant le début des chapitres, points de suspension, guillemets, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps, parenthèses, italiques) facilitant l’interprétation du texte; liste des œuvres de l’auteure et dédicace au début; table des matières, renseignements sur le SIDA, questionnaire et plan du faubourg St-Rock à la fin.

Présentation

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., galamment, meurtrir, décontenancée, abasourdie, narquois) compréhensibles grâce au contexte; mots du registre familier (p. ex., gars, moche, si tu es si fine) dans le discours des jeunes et quelques traits de langue populaire (p. ex., m’a shippé, tes business, scramme) démontrant l’attitude à la fois cavalière et irascible d’Antoine face à sa maladie.
  • Phrases transformées, phrases à construction particulière et nombreuses phrases de base courtes, renforçant le rythme du texte et soulignant l’intensité des émotions vécues par les personnages; phrases interrogatives abondantes, traduisant la curiosité, voire la naïveté de Sonia, qui cherche à comprendre les enjeux de la vie.

« Marco est en colère, une colère noire. Il s’avance, l’œil méchant. En se poussant avec les talons, Sonia glisse sur ses fesses et recule ainsi jusqu’au mur où il la coince. D’un geste brusque, il se baisse, l’immobilisant ainsi entre ses genoux, puis il place ses mains sur les épaules de Sonia et approche son visage à quelques centimètres du sien. Il répète :
– Pourquoi?
Elle ne l’a jamais vu aussi fâché. La peur l’empêche de répondre. Les doigts de Marco lui entrent dans la peau et la blessent. Elle gémit un peu. Réalisant qu’il exerce trop de pression, il lui lâche les bras pour s’appuyer au mur. » (p. 28)

« Pourquoi lui? Pourquoi pas n’importe quel vieil imbécile qui encombre le monde et que personne ne regretterait? […]
Comprend-elle vraiment à quel point Antoine est atteint? » (p. 65)

« Où est passé monsieur Marcel? Est-il sorti de l’hôpital? Est-il guéri? » (p. 89)

  • Figures de style variées (p. ex., hyperbole, métaphore filée, comparaison, anaphore, répétition) qui enrichissent le texte.

« …Sonia a choisi de lui cacher la peine de son frère. C’est un sujet délicat. En effet, ce n’est pas son secret, mais celui de Marco. Si elle le dévoile à Caroline et qu’il s’en aperçoive, il lui dévissera la tête, c’est certain! » (p. 17)

« – …Le sida, c’est une maladie d’adultes et de gais. Ça n’a rien à voir avec Antoine.
Cette conclusion […] elle l’a classée dans un coin de son cerveau, dans un petit tiroir fermé à double tour. Et voilà que son amie, bien innocemment, en a forcé la serrure. Il est maintenant impossible à Sonia de le refermer. Cette réponse ressemble à un gros chandail de laine, noir, qui déborde de son tiroir et qui l’agace. Elle voudrait s’en débarrasser, le repousser dans sa cachette… » (p. 52)

« C’est pour tout cela que Marco a accepté l’idée folle de sa sœur, malgré la pluie, malgré le mensonge à sa mère, malgré son chagrin. » (p. 65)

« – Pas grave! Pas grave! ricane-t-il en répétant ces deux mots. Pas grave! Pas grave! Il n’y a jamais rien de grave avec toi! » (p. 100)

  • Séquences narratives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui précisent le temps et le lieu de l’action, permettent de suivre le fil des événements et aident à percevoir les émotions des personnages; insertion de lettres, ajoutant à la crédibilité de l’histoire.

« Sonia a un léger mouvement de recul. Non pas qu’elle craigne que la maladie lui saute dessus. C’est plutôt une réaction de surprise. Sans vouloir paraître impolie, elle ne peut s’empêcher de l’examiner de la tête aux pieds. Se moque-t-il d’elle ou est-il sérieux?
– Comment peux-tu… enfin, tu es vivant. Je veux dire que tu as l’air en santé.
– Si tu savais la quantité de médicaments que je dois avaler et le nombre de fois que je me suis retrouvé à l’hôpital, tu ne me trouverais pas en aussi bonne santé. Mais je n’ai pas le droit de me plaindre, il y a pire que moi. On a commencé à me soigner avant même ma naissance et j’ai une bonne équipe de médecins pour veiller sur moi.
Durant un long moment, ni l’un ni l’autre ne parle. Dans la tête de Sonia, mille questions apparaissent. » (p. 125)

« Pour l’aider à résoudre son épineux problème, il ouvre l’enveloppe et en lit le contenu :
Antoine,
Je sais bien que tu ne peux ni me voir ni m’entendre et surtout pas me lire, mais tu me connais… Il faut absolument que je t’écrive. C’est ma façon à moi de réfléchir, de ressentir et de communiquer.
[…]
Sonia
Qui n’a plus rien d’un p’tit singe. » (p. 157-158)

Langue

  • Registre de langue courant dans la narration, mais souvent familier dans le discours des jeunes; quelques traits de langue populaire démontrant l’attitude à la fois cavalière et irascible d’Antoine face à sa maladie.« Le vieil homme lui semble franchement sympathique. Il ne lui fait pas la morale comme la plupart des grandes personnes. Non, à la fois curieux et amusé, il s’informe galamment de ce qui est arrivé. Mise en confiance par son attitude, Sonia lui explique :
    – C’est mon frère, il a l’air tellement bizarre ces derniers temps, que j’ai voulu savoir pourquoi. Alors je l’ai suivi jusqu’ici.
    – Pourvu que votre frère n’ait pas plus de douze ans et qu’il ne soit pas plus haut que trois pommes, je crois être en mesure de vous défendre. » (p. 23)

    « – Qu’est-ce que tu fais ici? réussit-elle enfin à prononcer. Je te croyais avec ta mère!
    L’air peu engageant, Antoine réplique :
    – La vieille m’a shippé chez le paternel. Et puis, ce n’est pas de tes business. […]
    Antoine se glisse sur le bord de son lit et se penche vers elle pour lui dire :
    – Je ne t’ai pas demandé l’heure! Je ne t’ai pas appelée! Laisse-moi donc tranquille, sale ouistiti. Quand je voudrai des nouvelles sur le monde des guenons, j’irai te voir. Mais en attendant, scramme! Déménage! » (p. 25)

  • Descriptions éparses, courtes mais précises, convenant au lectorat visé.« Elle revient à sa place, dépose le cahier sur sa table de travail et le feuillette rapidement jusqu’à la première page blanche. Elle toussote un peu, s’étire les muscles des bras et du dos et fixe le mur quelques secondes avant qu’un sourire n’illumine son visage délicat. Deux fossettes bien visibles au centre de chacune de ses joues ajoutent de la malice à ses yeux coquins. Elle tient son idée, celle qui la fera rêver ce soir. » (p. 10)

    « Sa figure a une forme plus allongée que lorsqu’il est parti, il y a deux ans. Les cernes sous ses yeux bruns lui donnent une allure de chien battu. Il est pâle et frissonne un peu. Il a probablement de la fièvre, sa main était si chaude quand il lui a effleuré les doigts en prenant le verre d’eau. » (p. 40-41)

    « C’est déjà la mi-mai et le temps est superbe. Les doux arômes du printemps apaisent son âme. Elle s’assied sur un banc, les yeux fermés, le visage offert aux chauds rayons du soleil. Elle se sent revigorée. Pour un peu, elle dormirait là, sans s’inquiéter de l’avenir, sans s’inquiéter de la mort qui nous guette tous à un moment ou à un autre. » (p. 122)

  • Figures de style variées mais peu nombreuses (p. ex., hyperbole, métaphore filée, comparaison, énumération); phrases interrogatives abondantes, traduisant la curiosité, voire la naïveté de Sonia, qui cherche à comprendre les enjeux de la vie.« …Sonia a choisi de lui cacher la peine de son frère. C’est un sujet délicat. En effet, ce n’est pas son secret, mais celui de Marco. Si elle le dévoile à Caroline et qu’il s’en aperçoive, il lui dévissera la tête, c’est certain! » (p. 17)

    « – …Le sida, c’est une maladie d’adultes et de gais. Ça n’a rien à voir avec Antoine.
    Cette conclusion, […] elle l’a classée dans un coin de son cerveau, dans un petit tiroir fermé à double tour. Et voilà que son amie, bien innocemment, en a forcé la serrure. Il est maintenant impossible à Sonia de le refermer. Cette réponse ressemble à un gros chandail de laine, noir, qui déborde de son tiroir et qui l’agace. Elle voudrait s’en débarrasser, le repousser dans sa cachette… » (p. 52)

    « C’est pour tout cela que Marco a accepté l’idée folle de sa sœur, malgré la pluie, malgré le mensonge à sa mère, malgré son chagrin. » (p. 65)

    « Pourquoi lui? Pourquoi pas n’importe quel vieil imbécile qui encombre le monde et que personne ne regretterait? […]
    Comprend-elle vraiment à quel point Antoine est atteint? » (p. 65)

    « Où est passé monsieur Marcel? Est-il sorti de l’hôpital? Est-il guéri? » (p. 89)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de la ville de Montréal.
  • Mention du cégep et de la polyvalente, deux types d’établissements d’enseignement caractéristiques du système scolaire québécois.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de brosser le portrait psychologique d’un des personnages en tenant compte de critères précis (p. ex., qualités, défauts, traits de caractère, motivations, émotions, comportements, relations avec les autres personnages) et en les appuyant d’exemples tirés du roman. Regrouper les équipes selon le personnage choisi, puis les inviter à faire part de leurs trouvailles aux membres de leur groupe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de rédiger un court texte narratif dont l’intrigue se déroule dans une ville imaginaire (à l’image du faubourg St-Rock) où des jeunes se heurtent à un problème qui leur est propre. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Inciter les élèves, réunis en dyades, à mener une recherche sur l’évolution des traitements contre le SIDA et à se pencher sur l’approche de la population et du gouvernement pour enrayer le virus. Les inviter à présenter leur travail au groupe-classe sous forme de présentation multimédia.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats (p. ex., SIDA, mort, maladie) dont on traite dans l’œuvre.
  • Pendant la lecture, inviter les élèves à se servir des titres de chapitres pour prédire la suite des événements.
  • Inviter les élèves à répondre au questionnaire proposé en annexe et à envoyer leurs réponses à l’adresse donnée.
  • Après la lecture, suggérer aux élèves qui aimeraient en apprendre davantage sur le sujet de consulter les sites web proposés à la fin du livre.
  • Encourager les élèves à lire d’autres œuvres de la collection Faubourg St-Rock+, telles que C’est permis de rêver et Les rendez-vous manqués, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : 180, Le Tisserand.