Contenu
- Personnage principal, Radi, enfant qui cohabite avec son alter ego Radegonde, son double d’âge adulte, qui fait des voyages intérieurs dans un monde où l’existence, le fantastique et le temps sont au rendez-vous.
« Moi, Radegonde, sa personne prolongée, je suis sa sécurité? Si je reviens de si loin, c’est pour lui promettre la vie, une longue vie, une vie qui durera au moins… » (p. 34)
« Tu voyages beaucoup, Radi, encore plus que moi. Dans ta tête, tu as fait tant de fois le tour du monde que j’en ai le vertige. Tu découvres des îles inconnues, même inexistantes, des pôles Nord à la tonne, des terres vierges, des mers ténébreuses, des… » (p. 40)
« Depuis qu’elle est au monde, Radi a voulu tout avoir, et tout de suite, dans son présent éternel. Le rêve qui habituellement projette l’esprit dans l’avenir sert à cette goulue à remplir son temps présent. » (p. 116)
« Et maintenant Radi sait qu’elle ne goûtera plus jamais de repos […] elle est embarquée pour la vie dans le jour à faire […] Ou bien elle saute à pied ferme dans son destin, ou bien elle reste confinée à jamais dans les six jours d’une création inachevée. » (p. 259-260)
- Nombreux personnages secondaires, dont Ozite, la grand-mère de Robert, Horace, le frère de Radi, responsable de la surveiller, Robert, un élève de sa classe, surnommé le Bout-de-diable, Céline, sa sœur aînée indiscrète, Marie-Zoé, son amie voisine, ainsi que les divers personnages de contes, de fables, de mythes et de légendes incarnés par Radi.
« Tu peux faire accroire que la vieille Ozite c’est ta grand-mère. Et puis c’est ce que tu fais. Tu cognes à sa porte en cachette et te réfugies dans son grenier chaque fois que la vie te contrarie. » (p. 37)
« La mère avait pourtant bien renchargé Pierre et Horace de veiller sur les petites, Radi surtout.
– La laissez pas se séparer du groupe un seul instant, elle serait capable de…
– Capable de nous ruiner la veillée comme d’accoutume.
Horace, bien sûr.» (p. 58-59)
« Robert a dit que fallit pas se fier aux docteurs, qu’ils savent jamais rien.Le Bout-de-diable? Il en sait plus que tout le monde, celui-là! Faut surtout pas se fier à lui. » (p. 141)
« Céline a de la tête pour toute la famille, Radi peut s’en passer. » (p. 159)
« Elle court chez Marie-Zoé l’avertir que la cour d’en avant est aux trois-quarts fondue et dévoile assez grand de terre pour leur permettre d’y dessiner les neuf carreaux de la marelle. » (p. 231)
« Ben plusse que ça! rouvre-toi les yeux : des poneys, un cheval blanc, la licorne, des singes!
Oui, Radi, même un lion qui cause avec un agneau.
Elle s’attrape la tête : Saperlipopette!!
Non, crains rien, ici ils peuvent se promener côte à côte. » (p. 235)
- Roman fantaisiste dans lequel un échange captivant entre l’imagination de la jeune Radi et l’imaginaire de la vieille Radegonde permet au lectorat de vivre une gamme d’émotions rattachées aux rêves de Radi; intrigue marquée par de nombreux retours en arrière dans un monde imaginaire où les secrets de l’enfance et de l’existence humaine sont dévoilés; thèmes (p. ex., famille, héritage, ancêtres) aptes à capter l’intérêt du lectorat visé.
- Mise en page aérée et dynamique; texte réparti en 20 chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., italiques, points de suspension, tirets, espaces indiquant un laps de temps ou un changement de scène, majuscules) qui facilitent l’interprétation du texte; liste des œuvres de l’auteure et dédicace au début; courtes notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans la narration et familier dans les séquences dialoguées (p. ex., c’est yelle, pis, faire accroire, itou); mots moins connus (p. ex., ébaubie, pigouiller, assaillent, regimbe, aïeul) et mots anglais (p. ex., toys, coconut, scarf, watch) compréhensibles à l’aide du contexte; nombreux mots transformés (p. ex., m’ostiner, aouère une grand-mère, plus gros que c’ti-là, débrouillardesse) reflétant l’âge et le caractère enfantin de Radi.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; emploi d’une variété de types et de formes de phrases (p. ex., exclamative, interrogative, négative) expliquant les rêves et les aventures de Radi; phrases généralement longues dans la narration et courtes dans les dialogues.
« Quand elle veut rejoindre les autres, ils ont pris de l’avance. Il fait si noir, personne ne voit plus personne, mais on se crie comme à l’école à l’appel des noms. Elle a juste le temps de s’entendre nommer, mais déjà le veuf lui a happé le bras, lui a susurré des cochonneries à l’oreille, veut la retenir, mais elle se dégage en se jetant dans mes bras, et nous voilà toutes deux envolées dans la mauvaise direction. Au loin, le chant de l’escaouette s’estompe. » (p. 60)
« – Radi, la maîtresse t’appelle!
– Quoi c’est que j’ai fait?
– T’as vidé une bouteille d’encre sus le pupitre à Robert.
– C’est pas de ma faute.
– La faute à qui? Qui c’est qui t’a poussée?
Céline, Fleur-Ange et même la maîtresse en restent bouche bée devant la réponse que Radi cette fois est allée chercher au-delà de toutes prévisions.
– La faute à Newcomb. » (p. 85)
- Quelques procédés stylistiques (p. ex., énumération, personnification, répétition, expression imagée, comparaison) qui permettent d’apprécier le style de l’auteure.
« Grandir, c’est entrer tête la première dans l’âge des bas longs, des corsets, des talons hauts, des chapeaux à grand bord. » (p. 14)
« Une grande maison blanche assise paisiblement sur une colline, avec une véranda qui lui embrasse le ventre et les hanches nord et sud, et tout en haut, deux lucarnes qui nous regardent en battant des cils. » (p. 47-48)
« Et elle fait gicler sur le verglas une boule de salive qui roule, roule, roule comme une bille jusqu’aux pieds de la petite fille de quatre cents ans. » (p. 63)
« Il hume la petite guenillouse surgie de nulle part et qui atterrit chez lui comme un cheveu sur la soupe… » (p. 136)
« Elle ne risque rien, Céline dort comme une marmotte en hiver. » (p. 140)
- Nombreuses séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui fournissent des informations sur les rêves de Radi et permettent de s’immiscer dans l’esprit imaginaire des personnages.
« D’un coup de hanche, Radi se détache de moi et s’envole vers celui qu’elle est venue chercher au creux de la forêt, la forêt qu’elle a elle-même plantée dans le sol fertile de son imagination. Elle s’enroule les mains autour de la bouche et :
– Nounours!
Mes oreilles refusent de croire ce qu’elles entendent et pourtant :
– Radi!
L’ourson l’a bel et bien reconnue.
Je cherche à me fondre à mon ombre, à m’approcher sans faire craquer les brindilles.
Vous vous connaissiez déjà depuis longtemps, Radi?
Elle semble se souvenir de moi tout à coup. » (p. 118)
« J’assiste, les pieds enracinés dans le sol de la forêt, le front collé à la vitre qui me sépare de Radi, au drame qui se déroule entre elle et les trois ours. Le papa ours qui dit d’une voix tonitruante :
– Qui a goûté à ma soupe?
Et la maman ourse qui enchaîne d’une voix grondeuse :
– On a aussi mis sa cuillère dans ma soupe.
Et le petit ours, dans un sifflet :
– Regarde, maman, quelqu’un a toute mangé ma soupe! » (p. 124)
Référent(s) culturel(s)
- Référence au contexte historique acadien.
- Mention de la tribu autochtone des Micmacs.
- Référence à certaines régions géographiques et à certains sites du Canada et de l’Europe (p. ex., Port-Royal, Grand-Pré à Memramcook, Montréal, la France).
- Référence aux contes traditionnels français tels que Boucle d’or, Le Petit Poucet, Le Chat Botté, Cendrillon, Blanche neige, La Belle au bois dormant, Barbe Bleue.
Pistes d'exploitation
- Animer une discussion sur les différentes périodes historiques visitées par Radi et Radegonde dans le roman (p. ex., dix-septième siècle, Moyen Âge, l’époque des Gaulois). Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de trouver sur internet une photo prise pendant une de ces périodes, de s’imaginer voyager dans le temps et de tenir une courte discussion avec la ou les personnes sur la photo, puis de rédiger le dialogue. Les inviter à lire leur texte devant le groupe-classe, puis afficher les photos et les dialogues dans la salle de classe.
- Proposer aux élèves de rédiger un texte d’opinion en répondant à la question suivante : Crois-tu que le titre “Le temps me dure” est approprié pour l’œuvre? Les inviter à lire leur texte à un partenaire.
- À la fin de l’œuvre, Radi ne dévoile pas le souhait de son 10e anniversaire. Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’imaginer son vœu, puis de rédiger un texte qui le décrit. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
Conseils d'utilisation
- Sensibiliser les élèves à l’utilisation du terme « Indiens », inapproprié et parfois offensant, employé dans l’œuvre pour désigner les Autochtones.
- Inciter les élèves à lire d’autres œuvres de la même auteure, telles que Pierre Bleu et Fais confiance à la mer, elle te portera, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Amalgame, Mireille Moquin à Caraquet.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : 180, Des comptes au conte.