Contenu
- Un personnage principal, Marc Bérard, adolescent de 17 ans, contraint par les circonstances à changer radicalement de vie après la mort de sa mère et alors que son père demeure désorienté et maladif.
« Tout ici semblait étrange à Marc, depuis l’aspect du pays lui-même jusqu’à celui des habitants en passant par les animaux. De surprise en surprise, il en arrivait presque à éprouver plutôt un malaise que de l’étonnement devant cet univers si nouveau et qui ne faisait qu’accentuer son sentiment d’abandon et de solitude. » (p. 5)
« Le repos et la clarté du jour avaient tout à fait chassé ses frayeurs de la veille et il se sentait d’attaque pour affronter sa nouvelle vie. » (p. 21)
« Il se sourit à lui-même en songeant qu’il avait rêvé de devenir annonceur à la télévision. Et voilà qu’il se retrouvait, les manches relevées, dans le sang jusqu’aux coudes. Par contre, il avait gagné cette immense contrée dont il percevait la valeur et l’harmonie. Il avait perdu une famille et en avait retrouvé une autre plus stable. Il avait sacrifié la vie trépidante de la ville, et la vie austère de la forêt lui avait redonné la paix. Il avait troqué le confort et le luxe contre la liberté. » (p. 159-160)
- Quelques personnages secondaires, notamment Jim et Éric, les adolescents de la réserve, qui initient Marc à la pêche et à la chasse, ainsi que Rosa et Édouard, la tante et l’oncle, qui l’aident à s’épanouir dans son nouvel environnement.
« Marc prit le parti de les imiter et la pêche reprit. Dix minutes plus tard, Jim annonça qu’il avait une prise, une vraie celle-là, ajouta-t-il en clignant de l’œil.
– Tiens, fit-il surpris. C’est un doré.
– Oui? Tu l’as vu? demanda Marc.
– Non, mais je sais. […]
– Le doré tire par petits coups, expliqua Jim. Le brochet lui, se lance dans toutes les directions. La truite tire franc tant qu’elle n’a pas vu le canot. Quand elle arrive à la surface, elle donne un coup de tous les diables. » (p. 30-31)
« Ils tirèrent le canot sur la rive et le couvrirent de branches. Puis ils se dissimulèrent dans les broussailles.
– Elles peuvent revenir, dit Éric à l’intention du jeune Blanc. Celles-là ou peut-être d’autres.
Le fusil était paré. Une heure passa encore. Marc perdait patience. Le soleil se couchait et la fraîche du soir conjuguée à son immobilité le faisait frissonner. Ses deux compagnons ne bougeaient pas. » (p. 38)
« Sans qu’il s’en rende toujours compte, il apprenait en même temps une infinité de détails sur les habitudes des animaux, les ressources de la forêt pour s’abriter ou faire du feu, la façon de s’orienter, la lecture des cartes topographiques, et l’art de se vêtir selon la saison. Il acquérait d’autres connaissances encore que son oncle s’efforçait de lui inculquer, soit qu’il reconnût en lui un successeur, soit qu’il appréciât simplement son aide et sa compagnie. Avant la fin de la saison de chasse, ils étaient devenus une paire d’amis. Marc s’attachait aussi à sa tante, dont il appréciait le calme et la sollicitude. Avec eux, il avait la nette impression de former une nouvelle famille, plus stable que l’ancienne. […] Marc avait découvert que son oncle cachait un cœur d’or sous ses airs bourrus et que le sourire de sa tante dissimulait un caractère énergique et volontaire. En même temps qu’il s’adaptait à son nouvel entourage et à son mode de vie, le jeune orphelin se transformait aussi physiquement. Ses muscles durcissaient et gonflaient sous la peau. Il lui semblait devenir plus insensible à la fatigue, à la douleur et à la faim. » (p. 87-88)
- Roman initiatique qui explore la transformation du personnage principal, alors qu’il navigue à travers des défis émotionnels et physiques dans un environnement inconnu; quelques retours en arrière sous la forme de souvenirs de la part de Marc; thèmes (p. ex., résilience, découverte de soi, relation avec la nature) aptes à intéresser le lectorat visé.
- Mise en page très aérée; œuvre répartie en neuf chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., majuscules, points de suspension, guillemets, italiques pour marquer les mots anglais) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur au début et quelques renseignements à son sujet à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., affadi, hameau, taciturne, ressac, phalange) compréhensibles à l’aide du contexte; expressions du registre familier (p. ex., y sont loin, qu’elle fasse la baboune, y payent ben, le sang pisse) et mots anglais (p. ex., call, buck-fever, freighter, slush) prononcés par les personnages, contribuant à leur crédibilité.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; divers types et formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, impérative, exclamative).
« Tout à coup, Jim fit signe d’écouter et Marc perçut le concert lointain d’un vol d’outardes. Puis il les vit. Elles devaient être une centaine au moins à suivre, en deux files inégales, l’oiseau de tête. Elles volaient bas et décrivirent un demi-cercle au-dessus du lac, mais sans passer à portée de fusil et sans se poser. Puis elles s’éloignèrent dans la direction d’où elles étaient venues. Marc était déçu. Il chuchota :
– Elles nous ont vus?
Pour toute réponse, Jim lui fit signe de se taire et d’écouter. Effectivement, on entendait toujours les cris rauques. Jim sourit et regarda son frère.
– Allons-y. Se tournant vers le jeune Blanc, il ajouta : Elles ont atterri sur une mare près des leurres.
– Des leurres? Qu’est-ce que c’est?
– Des imitations d’outardes en bois. Nous les laissons sur une mare pour attirer les vraies. » (p. 39)
« Quand j’étais jeune, la chasse, c’était un mode de vie, une manière de se trouver à manger. Pour beaucoup d’Amérindiens, c’est encore ça. Moi aussi je gagne ma vie avec ça… Mais eux autres, les touristes? Y pourraient en acheter de la viande avec l’argent qu’y dépensent pour une expédition comme celle-là! » (p. 78-79)
- Figures de style (p. ex., énumération, métaphore, hyperbole, comparaison, personnification, expression idiomatique) qui contribuent à illustrer les événements.
« Marc n’en revenait pas de la quantité de bagages qu’il avait fallu apporter : un grand canot de six mètres que son oncle appelait freighter, un moteur hors-bord, une tente, des sacs de couchage, un réchaud, un fanal, des vêtements de rechange… » (p. 47)
« Curieux, Marc collait aux semelles de son oncle. » (p. 58)
« Ils attendirent encore quelques secondes, qui semblèrent à Marc une éternité. » (p. 66)
« Le ruisseau n’était pas large – cinq mètres au plus – et, à cause de sa vitesse, la motoneige l’avait littéralement sauté comme ces pierres plates que les enfants s’amusent à faire ricocher à la surface de l’eau. » (p. 97)
« Au firmament, la lune entourée d’étoiles vacillantes répandait sur la neige sa clarté bleutée. » (p. 125)
« – Bon, manquait rien que ça. De la slush. » (p. 160)
- Séquences descriptives et narratives qui enrichissent la compréhension des événements, de l’époque, des lieux et des relations entre les personnages, illustrant ainsi les divers aspects de la vie de Marc dans le Nord; séquences dialoguées révélant les traits de caractère des personnages ainsi que les interactions entre eux.
« Au début du mois de décembre, la saison de chasse terminée, son oncle annonça qu’il allait maintenant se mettre à trapper. Il offrait à son neveu de l’accompagner. Marc y voyait de nouvelles aventures à vivre et une nouvelle expérience à acquérir. […]
Comme il avait déjà neigé abondamment et que le chemin n’était pas battu, la progression s’avéra difficile. En terrain plat, l’avance était régulière, mais dès qu’elles devaient gravir une pente, les motoneiges s’enlisaient. De plus, comme personne n’avait utilisé ce sentier au cours de l’été, des aunages y avaient crû et, en maints endroits, des arbres déracinés, des ²corps morts², leur bloquaient le passage. » (p. 91-93)
« – Nous voilà rendus, annonça le trappeur avec satisfaction. Veux-tu nettoyer les machines pour pas que la slush gèle pendant que je vas faire du feu?
Marc n’était pas remis de ses émotions.
– Vous avez vu la glace
– Qu’est-ce qu’elle a la glace?
– Elle pliait, puis y’avait de l’eau dans votre trace!
– C’est normal. Ça plie toujours un peu de la glace. La pesanteur de la neige la fait caler alors l’eau monte dessus. Aucun danger. S’agit juste de pas s’arrêter parce qu’on peut pas repartir.
– Vous êtes certain que la glace était solide?
– Certain. Si j’avais pensé qu’y’avait du danger, j’aurais contourné le lac. » (p. 104-105)
Référent(s) culturel(s)
- Référents culturels de villes et de villages à forte population francophone du nord de l’Ontario ainsi que présentation de défis linguistiques de la francophonie ontarienne.
- Référence aux Amérindiens.
Pistes d'exploitation
- Demander aux élèves de tracer l’évolution du personnage principal en rédigeant un journal personnel dans lequel Marc Bérard écrira au jour le jour ses activités dans la forêt, à partir de son départ avec son oncle pour le camp de trappe jusqu’au sauvetage de ce dernier. Jumeler les équipes, puis leur demander de présenter une entrée à leur partenaire.
- Proposer aux élèves d’effectuer une recherche sur les mouvements internationaux qui s’élèvent contre la chasse et la traite des fourrures, afin de cerner les raisons qui motivent leur prise de position. Dans un deuxième temps, leur demander d’effectuer une autre recherche sur l’importance de la chasse et de la pêche dans le Nord de l’Ontario. Les inviter à rédiger un texte explicatif qui expose les deux points de vue et à terminer leur texte en exposant leur propre opinion.
- À la page 105, l’oncle dit : « Apprends à pas trop te fier aux apparences mon gars. » Animer une discussion sur les raisons pour lesquelles on ne peut pas toujours se fier aux apparences. Demander aux élèves d’appuyer leur point de vue d’exemples concrets de la vie courante.
- Animer une discussion sur certains aspects de la perspective autochtone présents dans l’œuvre à partir des énoncés suivants :
« Elle ne se serait certainement pas abaissée à visiter celle qu’elle appelait avec mépris « l’Indienne ». » (p. 18)
« – Non. Ton oncle n’est pas Amérindien. Moi, en mariant un Blanc, j’ai perdu mon statut. On s’est installés juste à côté de la réserve. Pour être proches de ma famille. » (p. 22)
« Marc remarqua à nouveau cette intonation chantante des Amérindiens, cet accent nasillard et ces phrases courtes où la grammaire est réduite à sa plus simple expression. » (p. 26)
Conseils d'utilisation
- Encourager les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur, soit Défenses légitimes et La vengeance de l’orignal, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : La faune connectée, Chasseur et chassé.