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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Le Nez

Un matin de printemps, pendant que la grande Simone chantonne dans la cuisine après avoir servi à déjeuner à son mari, Yvan le barbier, ce dernier découvre avec effarement un nez enfoui au fond de sa brioche.

À l’autre bout du village, le professeur Nicolas se réveille et, comme d’habitude, se rend au miroir… et découvre avec horreur que son nez a disparu.

Pièce humoristique inspirée d’une nouvelle de l’écrivain russe Nicolas Gogol, publiée en 1836. En l’adaptant pour la scène, Robert Bellefeuille et Isabelle Cauchy ont créé une comédie masquée qui met en scène des nez dans une brioche, des nez chantant en chœur, des nez en fugue et des nez qui flairent une histoire louche.

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, le professeur Nicolas, un homme qui perd son nez, déclenchant une crise identitaire révélatrice de la vanité humaine dans une société obsédée par les apparences.

« PROFESSEUR NICOLAS
Mon nez, mon nez!
Il se frotte les yeux.
Mais voyons!
Il se donne des tapes dans le visage, se frotte les yeux.
Ce n’est pas possible! Je n’ai plus de nez? Voyons! » (p. 28)

« RENÉE
Mais où il est, votre…
PROFESSEUR NICOLAS
Mon nez, je ne le sais pas, il a disparu.
RENÉE
Disparu!
PROFESSEUR NICOLA
Oui, c’est pour ça que je veux mettre une annonce.
RENÉE
Que vous devez être malheureux!
PROFESSEUR NICOLAS
L’homme le plus malheureux du monde. C’est épouvantable de vivre sans nez! » (p. 43-44)

  • Nombreux personnages secondaires hauts en couleur, dont Yvan le barbier, qui découvre un nez dissimulé dans une brioche préparée par son épouse Simone, les policiers, figures d’autorité maladroites, chargées de retrouver le nez disparu, les sœurs Narine, chanteuses de cabaret exubérantes, dont l’une semble porter le nez du professeur, ainsi que mademoiselle Renée, préposée aux petites annonces, dont la compassion et l’amour sincère redonnent confiance au professeur.

« SIMONE
Lui donnant des tapes dans le dos :
Mais ça ne va pas, mon Yvan, tu n’es pas bien?
Yvan fait signe que non et il lui montre la brioche du bout du doigt.
Quoi! Mes brioches ne sont pas bonnes! Tu fais la fine bouche maintenant!
YVAN LE BARBIER
… non, non, un nez! Un nez! » (p. 19)

« POLICIER
Il faut que vous nous le disiez.
YVAN LE BARBIER
Je vous le dis, je n’ai rien fait!
POLICIER
À qui avez-vous coupé le nez?
YVAN LE BARBIER
Je n’ai coupé le nez de personne!
POLICIER
Arrêtez de mentir, nous avons ramassé un nez que vous avez jeté dans la rivière. À qui appartient ce nez? » (p. 36)

« MAÎTRE DE CÉRÉMONIE
Et maintenant, mesdames et messieurs, les sœurs Narine!
Le professeur applaudit alors qu’un trio de nez entre.
Chanson des sœurs Narine
NANETTE
Depuis le jour où je suis née
J’ai passé ma vie à me moucher
J’avais toujours la goutte au nez
Atchoum, atchoum, atchoum!
[…]
PROFESSEUR NICOLAS
Pardon, mademoiselle…
NANETTE
Croyant que c’est un admirateur :
Oui!
PROFESSEUR NICOLAS
Ah! mais c’est toi, mon nez, enfin je t’ai trouvé! Je suis tellement content de te voir! Je t’ai cherché partout en ville, je pensais qu’on t’avait kidnappé. Viens, ta place t’attend, saute entre mes joues! » (p. 48-49)

« PROFESSEUR NICOLAS
Allez-vous-en, je ne veux voir personne.
RENÉE
Hors scène.
C’est moi, Renée.
PROFESSEUR NICOLAS
Renée?
Le professeur ouvre la porte.
RENÉE
J’ai su qu’on vous avait rapporté votre nez.
PROFESSEUR NICOLAS
Oui, mais il ne tient pas.
RENÉE
Les médecins…
PROFESSEUR NICOLAS
Les médecins ont tout essayé. Il n’y a plus rien à faire.
Silence.
RENÉE
Ce n’est pas si grave que ça.
PROFESSEUR NICOLAS
D’un ton agressif :
Vous pouvez bien parler, vous, vous l’avez votre nez… Ah! pardon!
RENÉE
Moi, je vous aime bien même si vous n’avez plus de nez.
PROFESSEUR NICOLAS
Ah oui?
RENÉE
Oui, même que moi, je ne me rends même plus compte que vous n’avez plus de nez.
PROFESSEUR NICOLAS
Ah oui?
RENÉE
Vous êtes gentil comme vous êtes!
PROFESSEUR NICOLAS
Ah oui?
RENÉE
Même que ce n’est pas laid du tout. » (p. 61-62)

  • Pièce de théâtre ludique, mêlant satire sociale, humour burlesque et quête identitaire, qui met en scène l’aventure absurde d’un professeur dont le nez prend la fuite; action se déroulant selon l’ordre chronologique; emploi du télescopage entre les scènes d’Yvan le barbier et du professeur Nicolas; thèmes (p. ex., identité, apparence, conformisme, satire sociale, humour) incitant le lectorat à réfléchir aux normes imposées par la société et à la perception de soi et des autres.
  • Mise en page très aérée; pièce en un acte, divisé en 15 scènes; éléments graphiques (p. ex., italiques, parenthèses, points de suspension, guillemets) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres des auteurs, préface, liste des personnages et renseignements généraux sur la pièce au début du livre; citations critiques tirées d’articles de presse, chronologie de la pièce et notes biographiques à la fin; renseignements sur les auteurs à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans les didascalies; registre familier dans certains dialogues (p. ex., t’es fou, ayoye, des petits kleenex), représentatif de la classe sociale à laquelle appartiennent les personnages.
  • Prédominance de phrases de base et de phrases à construction particulière; abondance de phrases courtes exclamatives, interrogatives et impératives, traduisant l’intensité des émotions des personnages, tout en accentuant le rythme comique, l’absurdité des situations et favorisant une lecture expressive.

« FEMME
Je vous le dis, monsieur le policier, j’ai vu un nez par terre!
POLICIER
On va aller voir ça!
FEMME
C’est juste au coin ici!
[…]
FEMME
Tenez, regardez, il est juste là.
[…]
POLICIER
Il n’y a pas de nez là, madame.
FEMME
Je vous le dis, il y a un nez, là!
POLICIER
Il était quelle heure quand vous l’avez vu?
FEMME
Tantôt.
POLICIER
Comment était-il vêtu?
FEMME
Voyons!
POLICIER
Vous a-t-il adressé la parole?
FEMME
Voyons!
POLICIER
Était-il seul?
FEMME
Écoutez, monsieur le policier, j’ai vu un nez, là. » (p. 24-25)

  • Procédés stylistiques (p. ex., personnification du nez, répétition) et jeux de mots permettant d’apprécier le style humoristique des auteurs; emploi de l’assonance, de l’allitération et de la rime créant une musicalité et agrémentant la lecture.

« POLICIER
Quelle sorte de nez? rond? pointu? aplati? crochu? Avait-il une verrue sur le bout? Se mouchait-il? Était-il enrhumé? » (p. 25)

« POLICIER
Par terre, par terre, nez par terre, je n’ai pas ça dans mes papiers. » (p. 26)

« POLICIER
Ça sent le nez, c’est louche… » (p. 26)

« NANETTE
Je ne suis plus ton nez! Je suis un nez. Depuis que je ne suis plus accroché à toi, je respire mieux.
[…]
Tu n’as jamais fait attention à moi, c’est seulement depuis que je suis parti que je te manque. Avant, tu me cognais partout! J’éternuais tout le temps à cause de tes gros cigares. L’été, tu me laissais brûler, l’hiver tu me laissais geler. Tu n’as jamais rien fait pour me protéger. Maintenant, c’est trop tard! » (p. 50)

  • Nombreuses didascalies qui aident à suivre le fil des événements et qui précisent les gestes ainsi que les sentiments des personnages.

« Pendant ce temps, Yvan grignote le bout de sa brioche et, enfin, l’ouvre complètement. Surprise, dégoût : il y trouve un nez. Il s’étouffe et remet le tout dans son assiette pendant que Simone se précipite sur lui. » (p. 19)

« Renée regarde le professeur, tout attendrie, elle lui sourit. Le professeur s’avance près d’elle.
[…]
Le professeur enlève son mouchoir. Renée sourit. » (p. 44)

Pistes d'exploitation

  • Dans l’œuvre, mademoiselle Renée trouve le professeur Nicolas attirant malgré l’absence de son nez. Demander aux élèves de rédiger un texte d’opinion sur la question suivante : La beauté d’une personne dépend-elle de son apparence physique? Les inviter à lire leur texte au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de comparer l’adaptation théâtrale de l’œuvre par Bellefeuille et Cauchy (1983) à la nouvelle originale de Gogol (1836), puis de noter les ressemblances (p. ex., les deux œuvres racontent l’histoire d’un homme qui perd son nez, qui prend vie et se comporte indépendamment) et les différences (l’adaptation théâtrale simplifie et colore cette histoire pour la rendre accessible) à l’aide d’un diagramme de Venn. Jumeler les équipes, puis leur demander de présenter leurs diagrammes aux membres de leur groupe.
  • Animer une discussion autour des normes sociales, du conformisme et des attentes collectives, en s’appuyant sur les questions suivantes : Doit-on toujours se conformer dans la société? Est-ce possible de rester soi-même dans un monde qui attend autre chose de nous? Est-ce qu’on juge trop rapidement ceux qui sortent de la norme? Qui décide de ce qui est « normal »? Avez-vous déjà ressenti une pression pour agir comme les autres?
  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de concevoir une nouvelle page couverture pour l’œuvre en s’inspirant de visages trouvés dans des magazines ou en ligne, auxquels ils retirent le nez. Cette création visuelle pourra se faire par collage, dessin, peinture ou retouche numérique. Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de présenter leur création au groupe-classe, en expliquant comment leur travail reflète l’esprit de l’œuvre, notamment son humour, sa satire sociale ou sa dimension absurde.

Conseils d'utilisation

  • Revoir les caractéristiques du texte d’opinion.
  • Noter que le mot « dit » (8e ligne et 21e ligne, p. 24) devrait s’écrire « dis ».
  • Inviter les élèves à découvrir une autre œuvre de l’auteur Robert Bellefeuille, soit Les murs de nos villages, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 10e année, Série : ASKIP, Le jour des apparences; Le jour du changement de look.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 9e année, Série : Avoir su, L’image corporelle.