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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Le héron cendré

Installés depuis deux ans sur les hauteurs de Cumberland, dans l’Est ontarien, Sébastien Lalonde et sa famille s’enracinent de plus en plus dans leur nouveau coin de pays. Fasciné par l’histoire d’Aladdin et la lampe merveilleuse, livre que lui a donné un montreur d’ours de passage au village, Sébastien ne se sent guère attiré par le métier de cultivateur. D’ailleurs, en cette deuxième moitié du XIXe siècle, le monde change rapidement et les échos de ces transformations se fraient un chemin jusque dans les campagnes. Comment ne pas souhaiter participer à la modernité qui s’infiltre partout? Sébastien veut prendre en main son destin malgré l’opposition paternelle. Parviendra-t-il à réaliser son rêve d’aller étudier en ville?

Un récit bien enlevé qui illustre la quête de liberté des jeunes et le respect des valeurs individuelles sur fond de tensions entre tradition et modernité.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, Sébastien Lalonde, adolescent qui doit choisir entre la poursuite de ses rêves et la tradition de devenir agriculteur comme son père.

« Quand je dis qu’Aladdin est comme moi, c’est parce que je ne suis pas sûr que j’aimerais ça faire le métier de mon père. Tous les jours, sans exception, il faut se lever à l’aube, s’occuper des bêtes, traire les vaches […]
Ouf! Quand j’aurai fait tout cela, je ne vois pas où je trouverai le temps d’apprendre autre chose que ce qui est utile pour vivre au jour le jour. Quand est-ce que je vais lire de belles histoires comme celle d’Aladdin? » (p. 10)

« Si je voulais, je serais sûr de faire plaisir à mon père et de ne pas avoir d’histoire. Mais est-ce qu’il faut toujours faire plaisir à son père ? » (p. 36)

  • Nombreux personnages secondaires interagissant avec Sébastien, dont son père, M. Lalonde, homme simple et vaillant, qui s’indigne à l’idée que son fils ne veut pas hériter de la terre familiale, sa mère, qui fait preuve de compassion et qui l’aide à prendre une décision, sa fratrie, Pauline, Élodie, Louise et le nouveau-né, Guillaume, Camille, le nouveau voisin adolescent qui subit une blessure à la suite d’un accident, Bernard, le curé, qui lui fait découvrir le monde, ainsi que les gens du village.

« – Ah ben, oui, certainement! Tout le mal que je me suis donné, c’est évidemment pour vous faire vivre, ta mère, tes sœurs et toi, et maintenant Guillaume, mais c’est surtout en pensant à toi. Un jour, tu seras le maître ici… » (p. 33)

« – J’ai pas dit que je ne voulais absolument pas lui succéder, mais je ne suis pas sûr d’aimer le travail de la ferme. Je veux pouvoir partir, aller voir ailleurs, et puis revenir si c’est mieux ici.
– Si tu veux, j’en parlerai à ton père, mais d’abord, il faut savoir si tu as des chances de réussir à l’école. […] Il faudrait que je voie monsieur le curé, dimanche, avant ou après la messe.
– Vous feriez ça pour moi?
– Ben oui, bien sûr. Lui, il sait si t’es capable ou non. » (p. 52)

« Le soir, papa a raconté que Camille était en train d’abattre un gros arbre à la hache, malgré l’interdiction de son père, et quand l’arbre est tombé, le jeune ne s’est pas éloigné assez rapidement : le tronc d’arbre a frappé la hache, la projetant violemment dans la jambe de Camille. » (p. 56)

« Après la lecture, la dictée pour les plus grands et les exercices de calcul, l’abbé Bernard nous parle des différents climats qui existent sur terre, puis il veut commencer à nous faire répéter les cantiques de Noël. » (p. 60)

  • Roman d’aventure relatant avec simplicité l’histoire de Sébastien, aux prises avec une décision complexe; histoire alimentée par les activités quotidiennes de la vie des agriculteurs, en Ontario, au XIXe siècle; thèmes exploités (p. ex., croissance, rêves, agriculture, opposition, changement) aptes à maintenir l’intérêt du lectorat.
  • Quelques illustrations en noir et blanc qui occupent demi-page ou pleine page, situent le lectorat dans le lieu de l’action et accentuent les émotions des personnages; divers types de plans (p. ex., général, moyen, rapproché) et types d’angles de vue (p. ex., latérale, frontale, arrière) animent les scènes.
  • Mise en page aérée; texte réparti en sept chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., lettrines pour marquer le début de chaque chapitre, points d’exclamation, tirets, espaces indiquant un laps de temps et un changement de situation, italiques, deux-points, points de suspension, points d’interrogation, notes de bas de page, guillemets) facilitant l’interprétation du roman; liste des œuvres de la même auteure, dédicace et note de l’auteure au début de l’œuvre; notes historiques, table de chapitres, liste des œuvres de la même collection à la fin; courte biographie de l’auteure à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., farfouiller, léguer, abasourdir, gracile, sermon, ondoyant) et mots du registre familier (p. ex., blé d’Inde, fouines, niaiseries, ti-cul, chat-mort) compréhensibles grâce aux illustrations et au contexte; utilisation de mots reliés à divers thèmes de la vie de campagne et à l’époque du XIXe siècle (p. ex., hameçon, agriculture, astronomie, corvée, atteler, curé, malédiction) permettant au lectorat d’enrichir son vocabulaire.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; abondance de phrases exclamatives et interrogatives dans les dialogues contribuant à la vraisemblance des personnages.

« Je rentre en vitesse à la maison, remets le chiffon à madame Charbonneau, monte à l’étage et là, avec mille précautions, j’installe mon livre à sécher sur l’étagère au-dessus de mon lit. Je l’appuie conte le mur, ouvrant les feuilles soigneusement en éventail pour accélérer le séchage. Je tourne les pages une à une, soufflant dessus pour enlever les grains de sable et la terre qui pourraient encore s’y trouver.
[…]
Tout cela me prend tellement de temps que mon père et Louise sont revenus de l’étable avant même que j’y aie mis les pieds.
– Sébastien, tu fais exprès ou quoi? gronde mon père. On ne peut vraiment pas te faire confiance. Tu fais ton travail une fois sur deux ou trois. Pourquoi t’es pas venu à l’étable comme d’habitude?
– Je sais pas. J’ai oublié… j’ai oublié d’aller à l’étable.
– Oublié? Mais ça va pas? T’as donc rien dans la cervelle? » (p. 23)

  • Nombreuses figures de style (p. ex., hyperbole, personnification, comparaison, expression imagée, répétition, métaphore, onomatopée, énumération) qui enrichissent le texte.

« Et comme la pluie ne cesse pas de la soirée, je monte l’escalier, la mort dans l’âme, en pensant à mon beau livre abandonné dans ce déluge. » (p. 14)

« La pluie fait encore entendre son étrange musique sur le sol de la cour : tantôt des sons mats, tantôt des notes plus claires. Elle tambourine sur la cuve de bois, au coin de la maison, et sur le toit. » (p. 15)

« Nous nous précipitons tous comme une volée de moineaux. » (p. 17)

« Je lui lance un regard si noir qu’elle s’arrête net. » (p. 23)

« Il paraît que les plumes de ces oiseaux-là se vendent très, très cher. » (p. 30)

« Quand il neige en février, sur le miroir glacé de la rivière des Outaouais, on entend, dans le vent, le bruit sourd d’un cheval au galop. » (p. 39)

« Je crois que chacun voyait passer, dans sa tête, le cheval fou harcelé par le vieillard hurlant, quand, brusquement, trois coups vigoureux dans la porte de la cuisine nous firent sursauter. Pan! Pan! Pan! » (p. 40)

« Heureusement, nos parents sont de mon avis et, une fois le déjeuner avalé, nous grimpons dans la charrette de Jovial, emmitouflés de manteaux, d’écharpes et de tuques. » (p. 59)

  • Séquences narratives, descriptives et dialoguées qui permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages et aident à suivre le fil des événements.

« – Quand on est agriculteur, on est libre. On a beaucoup de travail, quelques contraintes, mais en général, on fait ce qu’on veut, quand on veut. Il faut juste pas craindre le travail… C’est peut-être ça qui te fait peur?
– Non, j’ai pas peur du travail, mais pas n’importe lequel. Quand on est fermier, on est toujours au même endroit, on voit toujours le même paysage et on fait tous les jours la même chose.
– Mais pas du tout! Tu dis n’importe quoi! Certaines tâches se répètent tous les jours, c’est sûr, mais, pour l’essentiel, le travail varie de saison en saison, au rythme de la nature. Tu n’as qu’à te laisser vivre. Tu es chez toi, tu n’as de compte à rendre à personne. Si tu es vaillant à l’ouvrage, tu ne manques de rien. Qu’est-ce que tu veux de plus?
– Il y a plein de choses curieuses dans le monde, que monsieur le curé nous explique le dimanche, et j’aimerais ça apprendre davantage. » (p. 33-34)

« Le héron prend son vol.
[…]
Il peut voir le monde quand il veut, aller où il veut, et il a l’air heureux. Lui, il n’est pas un esclave. Il est libre. Je me mets à l’envier, tout en me demandant si j’arriverai un jour à obtenir ce que je désire tant. » (p. 35)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à la colline aux Français, à Cumberland, sur la rive sud de la rivière des Outaouais, près de Bytown.
  • Référence à la construction d’une voie ferrée à Bytown.
  • Mention de villes situées au Québec, soit Saint-Hyacinthe et Rigaud, dont la popultation parle français, et Montréal, où le français est la langue de la majorité.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de comparer leur vie quotidienne à celle de Sébastien, à l’aide d’un diagramme de Venn, en tenant compte de critères particuliers (p. ex., éducation, approches parentales, aspects économiques, responsabilités, liens avec la communauté). Jumeler les équipes, puis leur demander de comparer leurs diagrammes.
  • En groupe-classe, discuter de la signification des personnages d’Aladdin et du héron à l’aide des questions suivantes : Pourquoi Sébastien s’identifie-t-il à Aladdin? Quels sont les défis d’Aladdin? Sébastien a-t-il des défis similaires? Que signifie le héron pour Sébastien? Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de dessiner un des personnages, soit Aladdin ou le héron, puis d’y ajouter des mots et des phrases qui représentent ses caractéristiques (p. ex., le héron représente la liberté, Aladdin représente la persévérance). Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de faire part de leur dessin au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de produire un huitième chapitre relatant l’aventure de Sébastien à l’école des sœurs Grises de Bytown. Les inviter à lire leur texte devant le groupe-classe.
  • Inviter les élèves à prendre part à une table ronde traitant des questions suivantes : « Est-ce que le père de Sébastien devrait l’obliger à prendre la relève à la ferme? Est-ce que Sébastien devrait devenir agriculteur pour faire plaisir à son père? »

Conseils d'utilisation

  • Revoir les caractéristiques du diagramme de Venn.
  • Revoir les règles de la table ronde.
  • Accorder une attention particulière au sujet délicat traité dans l’œuvre, notamment l’abus verbal que subit Sébastien (p. ex., le père qui l’insulte, p. 23-24).
  • Faire lire ou raconter l’histoire d’Aladin aux élèves avant de commencer la lecture du roman.
  • Préparer la lecture à l’aide des notes historiques (p. 73) afin de permettre aux élèves de comprendre l’époque et les lieux historiques exploités dans l’œuvre.
  • Encourager les élèves à lire les deux tomes précédents de la série Sébastien de French Hill, soit Le champ des loups ou Le montreur d’ours, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 3e à 8e année, Série : Les meilleurs moments, Forêt Larose.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 3e à 8e année, Série : Doc Junior, Julian veut devenir fermier.