Contenu
- Personnage personnel et narratrice, l’auteure, qui révèle sa vision du monde et ses états d’âme.
« À tue-tête à tue-cœur
à tout rompre
je crie mon angoisse
Sur l’écran hypnotique des loisirs sans fin
et des jeux à court de hasard
s’inscrit en écho à mon désarroi
la naïve présomption des maîtres du monde
We will fix it » (p. 51)
« Terre
par qui tout origine
Que serai-je
sans ton sol où poser ma fatigue
sans tes rivières où plonger
la poussière de mes doutes?
Que serai-je
sans l’air où je peux m’abandonner
au vibrato de vivre? (p. 109-110)
- Quelques personnages secondaires (p. ex., chevaliers, femmes, enfants) mentionnés dans les textes.
« Chevaliers sans montures
soumis à l’ancrage des racines
captifs
ils succombent à l’envie des espaces » (p. 33)
« Les femmes et les enfants d’abord
et tous les gars du monde
dans la ronde fraternelle » (p. 92)
- Recueil de poèmes introspectifs, souvent abstraits et teintés de surréalisme, où la thématique du temps (éternité, fragilité de la vie, mémoire, temps qui passe, temps de vivre, existence, vie, mort) sert de leitmotiv et de fil conducteur à la réflexion poétique.
- Mise en page très aérée; œuvre divisée en 22 poèmes titrés et organisés en cinq sections (Le temps des jeux, Le temps de la peur, Le temps mort, La galerie du temps, Exit); éléments graphiques (p. ex., guillemets, italiques, majuscules, points de suspension) facilitant l’interprétation des poèmes; liste des œuvres de la même auteure, dédicace et citation au début; table des matières à la fin; courtes notes biographiques de l’auteure sur le rabat de la quatrième de couverture et poème en quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue soutenu dans l’ensemble de l’œuvre; vocabulaire recherché, idées abstraites et nombreuses allusions à des référents peu connus (p. ex., plantes, animaux, personnages de la mythologie) pouvant représenter un défi de compréhension pour le lectorat visé.
- Textes poétiques en vers libres, sans rimes, peu ponctués et de longueurs variées; emploi de quelques phrases interrogatives, accentuant le questionnement et la portée philosophique du recueil.
« Fantasque voilure
d’un vaisseau sans amarres
épouvante océane
Indomptable
échappée aux entrailles des hauts-fonds
la mort liquide nous devance » (p. 38)
« Où donc court le sentier
quand l’herbe repousse?
Où se dessine la piste
quand la dune s’enflamme de sirocco?
Que devient le parcours
quand la neige efface les traces? » (p. 55)
- Nombreux procédés poétiques (p. ex., assonance, blanc typographique) et figures de style (p. ex., gradation, répétition, comparaison, antithèse) laissant deviner le plaisir qu’éprouve l’auteure à jouer avec la morphologie du vers, les mots et les sonorités.
« Le rouleau vomit son écume
écrase compresse
tranche écime les crêtes arrogantes
déchire la transparence du matin
Lame aquatique
Acérée
Impertinente
la mort liquide s’élance » (p. 37)
« Dans un glissement ambré
tressé d’amarantes
ils vont paupières baissées
tête penchée épaules voûtées
Condamnés à marcher
à courir à mourir
Pas à pas
pas contre pas » (p. 81)
« Tu t’accroches
plié de souffrance
sombre comme un gibet
fragile comme un enfant
friable comme un vieillard » (p. 83)
« Il regarda l’Homme
l’Homme qui est aussi une femme […]
Entre forêts et cavernes
grottes et maisons
huttes et châteaux » (p. 95)
Pistes d'exploitation
- Former des équipes, puis inviter les élèves à discuter de cette question : En quoi la poésie de Michèle Matteau nous pousse-t-elle à prendre conscience de notre rôle dans le monde actuel? Demander à chaque groupe de préparer une brève synthèse de ses réflexions, qu’il partagera ensuite avec le groupe-classe.
- Animer une discussion sur la manière dont le temps est perçu et évoqué dans l’œuvre (p. ex., un temps rapide, instable, parfois absurde, traversé par la peur, l’urgence). Ensuite, demander aux élèves de représenter leur propre vision du temps à travers une œuvre d’art personnelle (p. ex., dessin, collage, peinture, photographie, création numérique, musique ou autre médium artistique), accompagnée d’un court texte explicatif. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de créer une affiche poétique ou un collage visuel, soit en format papier ou numérique, qui fait écho à l’un des poèmes lus, en intégrant des extraits du recueil. Afficher les travaux en salle de classe.
Conseils d'utilisation
- Présenter ou revoir les principales caractéristiques de la poésie contemporaine afin de permettre aux élèves d’apprécier ce genre de poésie.
- Encourager les élèves à lire d’autres œuvres de la même auteure, telles que Du chaos pour une étoile, Passerelles et Quatuor pour cordes sensibles, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.