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Le cycle de l’Innommable, tome 1 – La Porte des Ténèbres

Souvent, les légendes s’appuient sur la réalité. Celle du Lac des fées à Hull n’y échappe pas. L’Algonquine Ikwé s’y est suicidée, pour sauver son monde et l’humanité. Quelques centaines d’années plus tard, voilà que les forces des Ténèbres entrouvrent la porte de l’Enfer et commencent à déferler sur la ville, y causant désolation et mort.

Carl Tremblay peut arrêter ces forces maléfiques. Le jeune homme a la rare capacité de passer psychiquement d’un monde à l’autre. Il doit absolument sauver la vie de Malka, la fille du Gardien de la porte des Ténèbres. S’il ne réussit pas, elle devra se sacrifier comme l’a fait Ikwé. Il affrontera les monstres de la nuit que sont les lycanthropes et les stryges. Surtout, il combattra ses propres peurs et tentera de rester lucide dans un univers où l’endroit se révèle parfois être l’envers. La lutte sera titanesque, car l’enjeu est la survie même de l’humanité.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, dont Carl Tremblay, jeune Hullois doté de rêves prémonitoires et de dons lui permettant de passer psychiquement du monde du Dessus au monde du Dessous, appelé à sauver la famille Malkowitch, qui est chargée de la mission historique de Gardienne de la porte des Ténèbres, et Malka Malkowitch, fille du Gardien de cette porte, avec qui il entretient une relation d’entraide évoluant vers une relation amoureuse.

« « Ils finiront par déboucher sur nous d’un seul coup », se dit Carl, en se rendant compte de l’étrange fascination avec laquelle il observe la progression de leurs poursuivants. Il a l’excitation de vivre en spectateur son propre cauchemar. » (p. 14)

« Carl vient de quitter le monde crépusculaire des soubassements pour celui de la surface. Il vient aussi de laisser seule sa chère Malka.
Il a le cœur gros.
Sa décision étant désormais prise, il doit en assumer toutes les conséquences. Il a une mission vitale à accomplir. » (p. 109)

  • Plusieurs personnages secondaires, parmi lesquels Lionel, l’ami de Carl, disparu et possiblement abattu en explorant avec lui les égouts de la ville, le Maître des lieux, dernier Gardien de la porte des Ténèbres, tué par les forces du Mal, ainsi que les lycanthropes et les stryges, êtres maléfiques qui, ayant entrouvert la porte de l’Enfer, sèment la terreur et la mort en tentant de dominer le monde et d’anéantir la race humaine.

« Après avoir éprouvé un vague malaise, le mulâtre regarde autour de lui. Il lui semble soudain qu’il est pris dans un piège. Il secoue la tête. Il a beau faire, bien que confuse, l’émotion désagréable persiste. Lionel prend panique et se met à courir dans l’ancien souterrain.
[…]
Des mugissements triomphateurs annoncent aux prédateurs que le gibier est coincé.
[…]
Non loin de là, dans un collecteur latéral, la stryge et les lycanthropes s’attroupent autour du corps inanimé de Lionel. » (p. 18-19)

« Les paroles sont inconpréhensibles [sic] à cause des trop nombreux échos. Mais il sent au ton changeant de la voix du Gardien de la porte des Ténèbres qu’il se passe quelque chose de grave.
[…]
À ce moment précis, Carl entend un craquement morbide et voit le père de Malka fléchir les genoux. Il ressemble à un pantin désarticulé. Un flot de sang commence à ruisseler de son crâne fracassé par une lourde croix. Puis l’homme tombe dans un bruit mat sur le sol. » (p. 60)

« Là, au cœur de ces souterrains ignorés de tous, dans ce labyrinthe où rodent les forces du Mal, un drame terrifiant se joue. Les bêtes de l’Apocalypse, lycanthropes et stryges confondus, attendent son dénouement avant de se lancer vers la curée. » (p. 98-99)

  • Roman fantastique empreint d’horreur et de violence, mettant en scène un adolescent qui, grâce à ses dons psychiques, se voit confier la mission de combattre les monstres du Mal afin de sauver les Gardiens de la porte des Ténèbres, ainsi que toute l’humanité; fin ouverte avec de nombreux signes avant-coureurs qui laissent présager une suite au roman; long retour en arrière servant à présenter les événements qui ont mené à la rencontre de Carl et de Malka et leur lutte contre les Ténèbres; ellipses afin d’accélérer le rythme de l’histoire; thèmes (p. ex., combat entre le Bien et le Mal, horreur, violence) permettant au lectorat de se plonger dans un monde à la frontière du réel et de l’imaginaire.
  • Mise en page aérée; œuvre composée de onze chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., points de suspension marquant les hésitations, guillemets et tirets marquant les dialogues,   italiques indiquant les discours intérieurs, les titres de jeux et les mots sur lesquels l’auteur veut attirer l’attention) qui facilitent l’interprétation du texte; lettrines marquant le début de chaque chapitre; symboles typographiques entre certains paragraphes marquant l’écoulement du temps; note sur l’auteur, dédicace et citation de Bernard Assiniwi au début du livre; tables des matières et œuvres de la même collection à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; vocabulaire recherché dans la description des monstres; mots moins connus (p. ex., desquamations, lycanthrope, pithécanthrope, plommées, stryge) généralement compréhensibles grâce au contexte; champs lexicaux évocateurs des thèmes de l’horreur et de la violence, des combats entre les forces du Bien et du Mal (p. ex., cadavres, lugubre, maléfique, sanguinaire, sinistre, ténèbres).
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de formes et de types de phrases (p. ex., exclamative, déclarative, emphatique, interrogative, elliptique, inversée, négative, impérative) favorisant une lecture expressive; phrases de longueur et de complexité variées permettant au lectorat de comprendre les émotions et les questionnements des personnages et de se plonger dans l’univers glauque et surnaturel dans lequel ils évoluent.

« – Enfin, dit-il, on est presque arrivés. On va s’en sortir!
Le jeune Blanc agrippe l’autre par sa vareuse délabrée.
– Ça se passe ici, chez nous, tu comprends, Lionel? Chez nous… sous nous!
– Toi, tu le savais, non?
– Oui … non! Je croyais que tout cela n’était qu’un rêve, un cauchemar.
– Alors, pourquoi es-tu descendu?» (p. 12)

« Carl sent les larmes lui monter aux yeux.
– J’ai été content de te connaître, Lionel.
– Ne dis pas ça, Carl, tu me fais peur.
– La fin approche… » (p. 13)

« Son front est bas et étroit. Ses sourcils forment une barre continue et ses yeux très rapprochés lui donnent un air à la fois niais et méchant. Entouré d’un halo verdâtre exhalé par son propre corps, il ne craint visiblement pas le froid: il ne porte aucun vêtement. Sa peau de cuir, épaisse et tannée, est maculée de taches crasseuses. Ses mains possèdent de longues griffes acérées. Ses pieds à ongles crochus forment un angle bizarre, comme si ses jambes arquées manquaient de stabilité. Sa caboche dérisoire ne cesse d’osciller. Cette bête, dont l’humanité s’est définitivement perdue dans les replis d’un cerveau atrophié, semble dériver d’un croisement produit à l’époque préhistorique entre un pithécanthrope et un lycaon, ce carnivore africain qui tient du loup et de la hyène. Son corps dégage une odeur âcre de pourriture insupportable. Il se repaît de cadavres putrides. » (p. 16-17)

  • Figures de style et expressions colorées variées (p. ex., gradation, métaphore, antithèse, onomatopée, comparaison, hyperbole, périphrase, oxymore, énumération) permettant d’apprécier le style de l’auteur.

« Peuplés de rats et jonchés d’excréments, ils échappent au cycle des heures, des jours et des saisons; leur royaume est la nuit. » (p. 11)

« Ses yeux charbon sont profondément enfoncés sous l’arc prononcé de ses sourcils. » (p. 12)

« Mais il a découvert que son pressentiment était véridique: le monde des Ténèbres a d’ores et déjà lancé son offensive pour se rendre maître du monde de la Lumière. » (p. 13)

« Ploc… Ploc… Ploc…
Le rythme lancinant du bruit monotone des gouttes d’eau qui tombent peut sembler bien ténu à une oreille normale. Pourtant, il se transforme en autant de coups de marteau dans le crâne de cet adolescent qui, tremblant de peur, tente de reprendre contenance. » (p. 23)

« L’adolescent est sur le point de se laisser aller au découragement. Pourtant, non! quelque chose en lui se révolte! Il sent naître comme une petite flamme intérieure, une sorte de chaleur qui se répand doucement dans son organisme, le poussant à réagir à ce sentiment déprimant. » (p. 24)

« C’est l’occasion que Carl attendait pour enchaîner toutes les questions qui lui brûlent les lèvres. » (p. 32)

« Le père de Malka gît là, sur un lit antique, de son dernier sommeil. » (p. 35)

« Un lourd silence est tombé à la suite de sa tirade. » (p. 35)

« Elle est truffée de devins, de druides, de mages, de sorciers, d’oracles et… de prophètes. » (p. 47)

« À ses pieds, il y a un cadavre. Il a donc d’autres chats à fouetter que d’énoncer des hypothèses sur l’enfer! » (p. 65)

  • Séquences descriptives et narratives entrecoupées de séquences dialoguées précisant les lieux et les événements, traduisant les réalités de la vie des personnages, permettant de s’immiscer dans leur esprit et de comprendre les relations qui existent entre eux.

« – Il faut se séparer, lance-t-il à Lionel. Comme ça, on va multiplier les chances de les semer…
Le mulâtre opine de la tête.
Puis, sans un regard, il tourne le dos à Carl et s’éloigne en courant dans le couloir de droite. Carl le regarde jusqu’à ce que sa silhouette devienne de plus en plus indécise dans les vapeurs de l’égout.
Carl s’engouffre dans le couloir de gauche. Il court sans ménager son souffle. Après quelques minutes, transi par la peur qui lui serre le ventre, il voit l’entrée d’un conduit plus petit. Il s’y enfonce. » (p. 14)

« Dans la pièce, il voit avec surprise le grand lit à baldaquin sur lequel repose le père de Malka. Dire qu’il était à côté de la chambre de l’adolescente, lui qui a fait de si nombreux détours pour y arriver de peine et de misère. C’est quoi ce soubassement de fou, où les pièces peuvent être à la fois éloignées les unes des autres, et en même temps communiquer? » (p. 68-69)

« C’est plus fort que lui : Carl finit par se laisser prendre par l’envoûtement sournois qui se dégage du sombre récit, ainsi que par la façon intense et poignante de Malka de le présenter.
– Carl! crois-moi! Ton monde risque d’être anéanti!
La voix de Malka est brisée. Elle semble si sincère, si désemparée. Lorsqu’elle relève vers Carl son beau visage, le jeune homme fond devant ses grands yeux pleins de larmes.
Elle hésite, puis se décide :
– Je suis prête à te donner une preuve, Carl. J’irai devant le miroir et je m’y regarderai, lui dit-elle d’un ton à glacer d’effroi. » (p. 80-81)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence au lac des Fées, situé dans le parc de la Gatineau.
  • Référence à la ville de Hull, au Québec.
  • Référence aux contes Le Petit Poucet et Le Petit Chaperon rouge, de l’auteur français Charles Perrault.
  • Référence à la Nouvelle-France.
  • Référence à la légende du lac des Fées et aux chamans, issus de la culture autochtone.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves, regroupés en équipes, à concevoir un jeu de société à partir du roman. Leur demander de créer des pièces et des tableaux de jeu, de planifier et de rédiger des règles, ainsi que des questions et des réponses en s’inspirant des personnages, des lieux et de l’intrigue. Jumeler les équipes, puis leur demander de présenter le jeu à leurs pairs.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de créer une bande-annonce afin de faire la promotion du livre. Les inviter à diffuser leur création sur le site web ou les réseaux sociaux de l’école et du centre de ressources.
  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de réaliser une illustration en noir et blanc pour accompagner un chapitre du roman. Rédiger, en groupe-classe, une lettre à l’auteur pour lui présenter le projet et inclure les illustrations en vue d’une rétroaction possible.
  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, de créer une légende originale portant sur leur communauté, puis de la présenter au groupe-classe en y ajoutant des éléments visuels.

Conseils d'utilisation

  • Prendre conscience du mot mulâtre, dont l’emploi aujourd’hui peut avoir une connotation négative. Discuter avec les élèves de l’emploi préférable du mot métis.
  • Discuter avec les élèves de l’emploi des mots indien et indienne.  Profiter de l’occasion pour passer en revue l’importance des mots en lien avec les peuples autochtones.
  • Avant la lecture, présenter les caractéristiques du roman fantastique (p. ex., but, personnages, lieux, concept du réel et de l’irréel, perturbation de la perception du temps). Pendant la lecture, demander aux élèves de prendre en note les éléments qui correspondent au genre littéraire.
  • Accorder une attention particulière à la scène de tentative de viol. Prévoir l’aide d’un ou d’une thérapeute au besoin.
  • Animer une discussion avec le groupe-classe sur la possible existence des esprits, des fantômes ou des ténèbres, sur les dons, sur le concept du Bien et du Mal et de l’engagement social.
  • Encourager les élèves ayant apprécié l’œuvre à lire Le cycle de l’Innommable, tome 2 – L’Invasion des Ténèbres, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.
  • Proposer aux élèves intéressés par le thème du fantastique de lire la collection La Grande Quête de Jacob Jobin, de Dominique Demers, et la collection Les Chevaliers d’Émeraude, d’Anne Robillard, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.