Contenu
- Deux personnages principaux, Christiane et Michel, un couple qui remet en question ses choix de vie et ceux de ses enfants maintenant jeunes adultes.
« CHRISTIANE
Voyons Michel, on peut pas, tu sais ben…
MICHEL
Un petit bec. Rien qu’un petit… Pas un french, un petit bec sur les lèvres…
CHRISTIANE
On est en train de vivre une séparation, Micky. Pis, normalement, quand on vit une séparation, on est censé pus s’aimer… On n’est pas censé s’embrasser.
MICHEL
Mais moi, je…
CHRISTIANE
Arrête! C’est toi qui y tenais à cette idée de fou-là…
MICHEL
Toi aussi.
CHRISTIANE
On a tellement d’affaires à faire… » (p. 11)
- Personnages secondaires, Geneviève et Sébastien, les enfants du couple, qui tardent à arriver au dernier réveillon, où les parents souhaitent leur annoncer leur rupture, ainsi que les grands-parents, un ami, un vieillard et un jeune homme, tous interprétés par les personnages principaux.
« MICHEL
Allô!
GENEVIÈVE
Je suis dans un restaurant. Obligée d’arrêter… Maman! On voit pus rien sur le chemin. Pa!
MICHEL
Geneviève!
GENEVIÈVE
La neige… Rien que de la neige… Est belle. Une vraie carte de Noël! En même temps, la neige, je la trouve épeurante… Elle me fait halluciner. J’ai vraiment pas le goût de tripper neige dans le char… Pa! Je prends une couple de cafés pour me réveiller l’esprit. Pis j‘arrive… » (p. 44)
« MICHEL
Ça c’est bien la dernière! Sébastien en amour, moi qui ai toujours cru qu’il était gai!
CHRISTIANE
Pourquoi il pourrait pas tomber en amour même s’il est gai? Où est-ce que tu l’as rencontré?
SÉBASTIEN
C’est quelqu’un que je connais depuis longtemps. […]
CHRISTIANE
C’est quelqu’un qu’on connaît?
SÉBASTIEN
Je vous en dis pas plus mais dites-vous bien que si je ne suis pas avec vous ce soir, c’est que j’ai choisi d’être heureux ailleurs… » (p. 60)
« GENEVIÈVE
Ben oui, vous avez l’air d’un vieux sage.
VIEILLARD
Moi? Vieux?
Il enlève sa barbe. Il redevient jeune.
J’ai 18 ans. Et je t’aime…
Il l’embrasse.
GENEVIÈVE
Moi aussi, je t’aime…
JEUNE HOMME
On vient d’échapper à la mort ensemble… C’est quand même pas pire comme trip.
GENEVIÈVE
Allons-nous-en! » (p. 79)
- Pièce de théâtre mettant en scène un couple qui s’apprête à honorer un engagement pris 25 ans plus tôt, soit de se séparer après 25 ans de mariage; retours en arrière sous la forme de souvenirs que se remémorent les personnages; thèmes (p. ex., rapport entre les générations, fin d’une relation, nouveau millénaire, choix de vie, réflexion sur l’avenir) aptes à intéresser le lectorat visé et à susciter des réflexions et des discussions.
- Mise en page aérée; texte présenté en 15 tableaux numérotés; éléments graphiques (p. ex., italiques, parenthèses, guillemets, points de suspension, majuscules) facilitant l’interprétation de l’œuvre; notes informatives au début; biographie et entrevue avec les auteurs à la fin; courts renseignements sur les auteurs à la quatrième de couverture.
Langue
- Registres de langue courant et familier dans l’ensemble de l’œuvre; prédominance de mots connus facilitant la lecture et rejoignant le lectorat ciblé; emploi de mots anglais (p. ex., hot, rush, cool, bad trip) reflétant le langage typique des adolescents.
- Prédominance de phrases à construction particulière; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives traduisant les émotions des personnages; abondance de phrases courtes favorisant une lecture dynamique.
« MICHEL
Es-tu loin? Une centaine de kilomètres. Bon. Perdue sur une route de campagne. Bon. C’est beau. Il neige. Oui, on le sait. Fais attention. On sait jamais avec ce monde-là. As-tu ton cellulaire avec toi? C’est ça! On t’attend. Puis appelle-nous s’il se passe quelque chose. (Il raccroche. À Christiane.) Ah, inquiète-toi pas, Christiane! Tout va bien ! Il peut rien lui arriver, elle a son cellulaire. » (p. 23)
- Nombreuses figures de style (p. ex., anaphore, hyperbole, onomatopée, jeu de mots, répétition, interrogation, comparaison, énumération) qui permettent de ressentir les émotions et les conflits intérieurs que vivent les personnages.
« MICHEL
On va au moins finir nos valises. Pacter quelques boîtes… Jeter quelques affaires. Jeter plein d’affaires. Jeter le plus d’affaires possible. » ( p. 11)
« CHRISTIANE
On le fait pus, tu sais je veux dire… grrr… » (p. 12)
« MICHEL
Il imite sa fille.
Oh! que je suis sale. J’ai seulement pris trois douches aujourd’hui… Je suis full laide. Je suis full pas rapport. C’est full cool. Quand je suis full pressée, je me foule la cheville. Ça fait que c’est full débile… Je suis full folle. Folle full. Full foule. Full poule. » (p. 15)
« AMI
Aïe Michel, au lieu de badtripper à regarder une boule qui tourne, qu’est-ce que tu dirais si on allait voir Sandra? Comment? Tu savais pas? » (p. 32)
« GRAND-PÈRE
À ton âge, l’amour, c’est comme une maladie, ça peut te contrôler. Tu peux en mourir. » (p. 33)
« MICHEL
On leur a acheté des Nike quand ils voulaient des Nike, des boîtes à lunch Star Wars, des Nintendo, des PlayStation quand ça coûtait des prix de fou, des poupées Bouts de chou, des Barbies à la tonne. » (p. 73)
- Didascalies et indications scéniques qui précisent les décors, les émotions, ainsi que les liens entre les personnages; distribution qui prévoit des comédiens jouant plusieurs rôles, avec des changements réalisés par des astuces théâtrales comme des appels téléphoniques d’un personnage du passé, qui permettent de comparer l’adolescence des parents et celle de leurs enfants.
« Le comédien joue alternativement le grand-père et Michel. » (p. 24)
« Le comédien redevient Michel. » (p. 40)
Référent(s) culturel(s)
- Mention de La Belle au bois dormant de Charles Perrault.
- Référence aux chansons Je reviendrai à Montréal, de Robert Charlebois, chanteur, compositeur et musicien québécois et La mort, de Valérie Lagrange, chanteuse, auteure-compositrice et comédienne française.
Pistes d'exploitation
- Le cœur de la tempête aurait pu être une tragédie, mais Chiasson et Lavigne ont choisi d’en faire une comédie. Demander aux élèves, regroupés en dyades, de relever dans l’œuvre les éléments comiques (p. ex., jeux de mots dans les répliques, jeux de rôles des personnages, commentaires teintés d’absurde de ces derniers, situation finale de la pièce) qui en font une comédie. Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de faire part de leur travail au groupe-classe.
- Inviter les élèves à rédiger un court texte sur le rôle de la mise en abyme dans cette pièce en répondant aux questions : Quel effet cela crée-t-il? Pourquoi les enfants sont-ils joués par les parents? Quelle est la portée symbolique de cette inversion des rôles? Que révèle cette mise en abyme sur la relation entre Michel et Christiane? Pourquoi les auteurs choisissent-ils d’utiliser cette technique?
- Demander aux élèves, regroupés en équipes, de concevoir la mise en scène de la pièce à l’aide de maquettes, storyboards, ressources numériques ou jeux de rôles, en intégrant des éléments visuels et scénographiques pour illustrer les thèmes de la séparation, de la solitude et du passage du temps. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
- À partir de l’entrevue En guise de postface avec les auteurs de la pièce (p. 88 à 104), animer une discussion sur les messages de fond que les auteurs ont souhaité transmettre dans la pièce.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre (p. ex., la consommation et la sexualité).
- Expliquer le contexte de l’an 2000 et des angoisses que l’arrivée du nouveau millénaire a provoquées dans le monde.
- Inciter les élèves à lire d’autres pièces théâtrales écrites par Herménégilde Chiasson, telles que Le Christ est apparu au Gun Club et Aliénor, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : Homme 2.0 R-Évolution, divers épisodes.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Baam!, Ne me quitte pas!