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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Le Chuchotement des étoiles

Pierre, un homme dans la jeune cinquantaine, travaille à la pige comme traducteur; il partage sa vie avec Odette. Le couple vit en retrait du monde, dans un espace aux limites du ciel et de la terre. Dans cet espace sidéral, Pierre pourrait jouir d’une existence paisible, à l’écart de la vie grouillante et tumultueuse de ses semblables. Et pourtant… Son quotidien est perturbé par des apparitions, des mouvements insolites. Faut-il voir dans ces dérangements des hallucinations, les signes avant-coureurs d’une dépression? Ou bien l’univers est-il véritablement en train de se détraquer?

Au cœur de ce roman qui oscille entre le philosophique et l’aventure fantastique, Maurice Henrie repose la question éternelle, mais toujours si actuelle, du sens à donner à l’aventure humaine sur la Terre.

(Adapté du site de l’éditeur.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Pierre, traducteur et travailleur à la pige qui, en proie à des hallucinations et à une détresse existentielle, sombre dans une dépression profonde en cherchant un sens à la vie.

« Pierre s’éveilla en sursaut. Quelqu’un, lui semblait-il, l’épiait. Était-ce un simple cauchemar ou, plutôt, une menace précise, imminente? Il scruta avec soin la chambre encore plongée dans l’obscurité. Aucun mouvement. Pas un bruit. » (p. 7)

« Bien sûr, il y avait de sérieux inconvénients à demeurer si loin de la ville. Et ce n’est pas sans difficulté que Pierre avait réussi à convaincre Odette de le suivre jusque dans cette maison, dans laquelle ils menaient une vie quasi monacale. Ils ne la quittaient que rarement et ne recevaient personne. S’ils y étaient à l’abri des nombreux désagréments urbains, en revanche ils trouvaient l’isolement parfois difficile à vivre. Mais ils s’étaient peu à peu habitués à cette existence en retrait et n’éprouvaient plus guère de regret. » (p. 113)

« “ Suis reparti vers les étoiles. Reviendrai peut-être un jour. Ne m’attendez pas. Papa. ” » (p. 160)

  • Personnages secondaires, Odette, son épouse dévouée, qui accepte sa solitude avec lui et subit un vieillissement prématuré et accéléré, Paule, sa fille, complice avec qui il partage une grande affinité, ainsi que Robert, son fils, avocat rationnel, qui n’a que peu de temps à lui consacrer.

« Il n’arrivait pas à détacher les yeux de cette vieille femme qui était dans son lit et avec qui il avait dormi. Orbites creuses et noirâtres, joues ridées, visage décrépit, peau surabondante au cou, épaules retombantes et, dans le décolleté de la chemise de nuit, seins flasques et allongés… En quelques heures, Odette était passée de l’âge mûr à la vieillesse. » (p. 98)

« Paule écoutait et regardait son père avec la plus grande compassion, ne sachant que penser de ses explications, qui, à d’autres, auraient semblé nettement farfelues. Sa confiance en lui demeurait entière. S’il lui parlait de forces obscures qui perturbaient sa vie, c’est qu’elles étaient là, réelles et agissantes. D’ailleurs, lors de sa dernière visite, elle avait elle-même fait l’expérience d’une présence insolite à ses côtés. » (p.128)

« Bien sûr, il garderait contact avec ses enfants. Mais à l’occasion seulement. Robert surtout, qu’il rencontrait assez rarement et toujours en coup de vent, même s’il habitait encore chez lui. Pourquoi ne pas l’appeler immédiatement pour le lunch? Il composa son numéro. Malheureusement, il n’était pas là. La secrétaire l’informa qu’il avait déjà un rendez-vous, ce midi-là, avec le vice-président régional de la Banque internationale. Sa soirée? Occupée, elle aussi […]. » (p.141)

  • Roman philosophique riche en métaphores et allusions astronomiques, suivant un couple âgé, perdu dans un espace solitaire, où Pierre, perturbé par des apparitions étranges, conteste l’absurdité de la vie et de la condition humaine; plusieurs retours en arrière sous forme de souvenirs permettant à Pierre de se remémorer les doux moments du passé; thèmes (p. ex., existence, mort, sens de la vie, solitude, vieillissement) permettant au lectorat de comprendre le désarroi et l’aliénation de Pierre.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en 36 brefs chapitres titrés; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques marquant les mots anglais et les titres d’œuvres, polices d’écriture variées indiquant les textes traduits et les rédactions entreprises par le personnage principal) qui facilitent l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres du même auteur et dédicace au début; table des matières à la fin; extrait du roman à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; vocabulaire riche relevant parfois d’un champ lexical lié à l’astronomie, utilisé surtout au sens figuré; mots moins connus (p. ex., albumine, galvaudés, guindée, jérémiades, perfide) compréhensibles grâce au contexte.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclaratives, emphatiques, négatives, interrogatives, exclamatives, nominales, impératives, inversées) traduisant les émotions et le questionnement des personnages.

« “Je te l’ai dit souvent : tu as l’imagination un peu vive. Et tu sautes trop vite aux conclusions. Toi qui ne crois ni à Dieu ni à Diable, comment peux-tu penser un seul instant qu’il y a un fantôme dans la maison? Même si c’est un beau fantôme, comme tu dis!
– Je n’ai pas dit que c’était un fantôme. Ni non plus que c’était un beau fantôme. Est-ce que j’ai dit “fantôme”?… Quoi qu’il en soit, je voulais dire une apparition sympathique. Un visage intéressant. Un masque souriant… » (p. 10)

« “… Tu n’arriveras pas à trouver la solution. Parce que la solution, c’est peut-être qu’il n’y en a pas! Et puis, dis-toi bien que tout ça n’a aucune importance… Je t’aime bien, tu sais. Je t’appelais pour te le dire. Et pour te dire aussi que le voyage de retour a été moins long que prévu. Robert et moi venons d’arriver en ville. Mais pour l’instant, nous sommes coincés dans la circulation du matin. N’oublie pas de dire bonjour à maman.” » (p. 91)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., exagération, comparaison, répétition, énumération, antithèse, gradation, allégorie, métaphore, personnification) qui permettent d’apprécier le style poétique et métaphorique de l’auteur ainsi que l’aliénation du personnage principal.

« “Je sais bien que les enfants ne sont plus là. C’est même depuis qu’ils sont partis que je m’ennuie à mourir dans cette maison solitaire et remplie d’échos […] On dirait que la vie s’est retirée d’ici et que, toi et moi, nous sommes deux survivants abandonnés sur une île déserte. Dans un laboratoire sous-marin. Dans un vaisseau spatial. » (p. 11)

« “J’aurais l’impression de fuir.
– Fuir? Fuir quoi, au juste?
– Je ne sais pas. Me fuir moi-même. Fuir mon destin. Fuir ce qui me semble le plus important. Je veux dire l’exercice de la pensée, le recueillement, la réflexion, les valeurs de l’esprit.” » (p. 16)

« Le masque familier était encore là, droit devant lui, dans le coin du plafond. Riant tristement ou, peut-être, pleurant de joie. À la fois divin et diabolique. Luisant par endroits, ombré à d’autres. » (p. 18)

« Une bourrasque peut-être, une rafale quelconque, ou même une tornade. » (p. 45)

« Jonas dans la baleine. L’image monta irrésistiblement à l’esprit de Pierre. Il était dans cette maison comme Jonas dans la baleine. Seul, sans ressources, impuissant contre la bête monstrueuse qui l’avait avalé et qu’il ne pourrait quitter que si elle le voulait, au moment qu’elle choisirait, là où elle en déciderait. […] L’homme et la bête continuaient d’exister ensemble, le premier dans la seconde. » (p. 48)

« Il fallait que quelque chose arrive. Que l’orage éclate. Tout au moins, que la pluie se mette à tomber. Elle le souhaitait. » (p. 49)« Cette force était espiègle, puisqu’elle paraissait s’amuser de leur déconvenue. » (p. 50-51)

  • Séquences descriptives, narratives et dialoguées, permettant de situer l’action souvent dans un espace sidéral et métaphorique, de s’immiscer dans l’esprit des personnages, de comprendre les relations qui existent entre eux et de suivre le parcours émotionnel et psychologique du personnage principal.

« Ce n’était donc pas un rêve. Le lit bougeait vraiment. Toute la chambre bougeait. Toute la maison voguait sur la mer. Non pas une mer agitée ou démontée, mais plutôt remplie de houles longues et onduleuses, qui ne passaient que très lentement du creux à la crête… Il n’y a ici ni mer ni houle, se dit Pierre en refermant les yeux. Il n’y a que l’espace. » (p. 96-97)

« Il chercha le nom de l’expéditeur : c’était Paule.
“Hier, j’ai eu toute la journée un mauvais pressentiment. Et la nuit dernière, j’ai même fait un cauchemar. Que se passe-t-il? Tu vas bien? Et maman va bien aussi? Fais-moi signe. Je suis inquiète. Paule.”
“Nous allons assez bien tous les deux, mais nous trouvons la vie un peu monotone. Surtout qu’il n’y a ici ni nuage, ni horloge, ni saison. Nous n’avons pas beaucoup à faire, non plus. Ta mère me paraît fatiguée, épuisée même, ces derniers jours. Depuis ta visite, elle a pris un coup de vieux. Ou de vieille! Mais elle se maintient. As-tu des nouvelles de Robert? Il n’écrit jamais, celui-là! Il ne téléphone jamais, non plus! Papa.” » (p. 115-116)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à la grammaire française Le Bon Usage, de Marcel Grevisse.
  • Référence au Goncourt, illustre prix littéraire récompensant les auteurs d’expression française.
  • Référence à l’œuvre L’Être et le Néant, de Jean-Paul Sartre, écrivain et philosophe français.
  • Référence au Louvre, célèbre musée de Paris, en France.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves, regroupés en dyades, à utiliser les arts visuels (p. ex., un tableau, une sculpture, une maquette) pour représenter, à partir d’indices tirés du texte, les lieux et l’atmosphère de l’intrigue, en respectant l’univers métaphorique du roman. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe.
  • Former des équipes, puis leur demander d’organiser une activité ludique pour divertir les résidents d’un foyer pour personnes âgées (p. ex., jouer à des jeux de société, écrire des lettres, animer une chorale, organiser une séance d’artisanat ou de bricolage). Faire un retour, en groupe-classe, aux émotions ressenties pendant cette activité.
  • Inviter un membre du personnel soignant en maison de retraite (p. ex., gériatre, travailleur social/travailleuse sociale, intervenant/intervenante) à présenter aux élèves la vie des personnes âgées en résidence. Encourager les élèves à faire du bénévolat dans un foyer, une activité qui pourrait leur permettre d’accumuler des heures de service communautaire, exigence du DÉSO.

Conseils d'utilisation

  • Préparer les élèves au concept de symboles, de métaphores et d’abstractions avant d’aborder le roman.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman, soit la dépression, l’angoisse et le suicide, qui peuvent faire partie du vécu des élèves.
  • Encourager les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur, telles que Mémoire vive, Le jour qui tombe, Petites pierres blanches et Les roses et le verglas, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Sciencible, Les yeux dans les cieux.