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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Le cartel des volcans

San Martín (Mexique), décembre 2010. L’explosion gigantesque d’un pipeline secoue toute la ville et une marée de pétrole en feu se déverse dans les rues, emportant tout sur son passage. Les responsables de ce désastre : des narcotrafiquants. […]

Sous les étoiles, apparemment calmes, les volcans Popocatepetl et Iztazihuatl se profilent à l’horizon, toujours silencieux. La nuit, Juan Esteban et ses compères siphonnent le pétrole et le revendent, impunément. Les hommes de Ramón sont heureux jusqu’à ce que Juan Esteban ne puisse plus contenir sa colère et sa soif de vengeance…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Juan Esteban, un jeune haineux, misérable et sans pitié, perturbé par la perte de son père et le départ de sa mère, qui se lance dans l’exploration des mystères entourant le cartel et ses activités.

« Paco était mort depuis trois ans et Maria Luisa ne savait plus comment le prendre. Son fils était combatif, hargneux envers les autres. » (p. 18)

« À dix-huit ans, il prenait déjà de la cocaina, parfois plus qu’il en vendait, mais c’était sa vie. » (p. 23)

« Il était devenu un autre homme, l’homme qu’il avait toujours été en fait, un homme terrible qui n’avait peur de rien. Il était capable de tuer pour le pétrole qu’il avait fini par croire sien et seulement sien. » (p. 114)

  • Plusieurs personnages secondaires interagissant avec Juan, dont Daniela et le père Fernando, qui veillent sur lui à l’orphelinat, Diego, son demi-frère qui l’admire, Maria Luisa, sa mère, qui souhaite le meilleur pour ses enfants, Ernesto et Rodrigo, ses suiveurs, qui ne déploient que le mal, Paco, son père, qui se fait assassiner, ainsi que Ramon, le souteneur du groupe de Paco et de Juan.

« Daniela […] s’était tant dévouée pour les enfants, ces enfants que Fernando avait recueillis à la casa de niños. » (p. 12)

« Diego lui rendait visite une fois par semaine pour s’assurer que tout allait bien. » (p. 24)

« Maria Luisa lui disait qu’elle les aimait, plus que tout au monde, et qu’elle était bien, malgré la séparation. Il conservait ses lettres dans une boîte à chaussures… » (p. 31)

« Il lui piquait la revue la plus chère, lui jetait une pièce qui ne couvrait pas les frais du vieillard et repartait avec Ernesto et Rodrigo qui riaient de plus belle en se tapant dans le dos. (p. 34-35)

« C’est avec Paco qu’il avait tout appris du métier, ce monde de la drogue dans lequel il était né. Il avait été un témoin privilégié de la déchéance de son père… » (p. 41)

« À ce moment précis, réalisant qu’il serait toujours soumis aux ordres de Ramon, ce souteneur sans scrupules, Juan Esteban comprit qu’il ne s’en sortirait jamais, que son avenir était tracé dans ce monde de la colère, de la haine et du sang. » (p. 111)

  • Roman dramatique, inspiré d’une expérience réelle, offrant un portrait réaliste du monde de la drogue et des conséquences dévastatrices qui en découlent; retours en arrière sous forme de souvenirs, permettant de saisir la rage et la haine du personnage principal; thèmes (p. ex., drogue, pouvoir, corruption, loyauté, quête de vérité) permettant au lectorat visé de tirer des leçons de vie importantes.
  • Mise en page aérée et dynamique; texte réparti en 20 chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., italiques, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps, points de suspension) qui facilitent la compréhension du texte; liste des œuvres du même auteur, dédicace et citation au début; lexique traduisant les expressions et les mots espagnols employés dans l’œuvre et écrits en italique, remerciements et table des matières à la fin du livre; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registres de langue courant et familier dans la narration, puis populaire dans les séquences rapportées ou dialoguées, évoquant la déchéance dans laquelle s’enlisent les membres du cartel; mots moins connus (p. ex., nantis, besace, rutilante, bréviaire, largesses), mots du registre familier (p. ex., les foutre, salaud, foutue, fric), mots espagnols (p. ex., hombre, horcheta, maleta, rico) et mots anglais (p. ex., coffee shop, gaz man, hot tap, dope) compréhensibles à l’aide du contexte et du lexique.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; phrases interrogatives et exclamatives traduisant les émotions des personnages; emploi du passé simple et de l’imparfait dans les séquences narratives et explicatives.

« Quand les hommes étaient arrivés devant la maison et qu’ils avaient sorti leur revolver, Maria Luisa avait eu tout juste le temps de faire signe à Paco de déguerpir et de cacher Juan Esteban derrière la commode de sa chambre en lui faisant signe de rester là sans faire de bruit. Pour Paco, il était trop tard. Un membre du clan l’attendait près de l’oranger chétif. Il mangeait un tamal bien chaud qu’il s’était procuré avant de se cacher dans la cour avec son fusil, prêt à lui tirer dessus. Il lui lança, la bouche pleine :
– Tu vas où, el tonto? » (p. 48)

« Furieux, Juan Esteban lui sauta dessus. D’une main, il le saisit par le cou, comme s’il avait voulu l’étouffer pour le faire taire et, de l’autre, il lui plaça la lame de son couteau sur la gorge. Il vociféra, sa colère à son comble :
– Ne me dis jamais ça, tu m’entends! Sinon, j’t’égorge pour de bon!
[…]
– Calme-toi! Y t‘veux pas de mal. C’est toi, le chef. Y’a compris! On n’en parle plus. Tu veux braquer des avions? On va braquer des avions. Y’en a plein à l’aéroport. C’est toi qui décides.
[…] Rodrigo se frotta la gorge sous le soleil et ne jugea pas à propos de lui répondre. Il se tut devant les deux autres et se renfrogna en se disant que Juan Esteban était bon pour l’asile de San Martín. » (p. 65-66)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., personnification, euphémisme, énumération, métaphore, comparaison, expression imagée, répétition, périphrase) qui permettent d’apprécier le style imagé de l’auteur.

« L’incendie courait dans les rues comme une lave qui détruit tout sur son passage. » (p. 11)

« Oui, son regard s’effaçait, subjugué par l’engourdissement qui vient avec les dernières images qui apparaissent avant de fermer définitivement les yeux. » (p. 13)

« Dans les ruelles, aux coins des rues, le long des clôtures, des murets ou sur les trottoirs, ils cherchaient la moindre pitance. » (p. 16)

« Il riait en pensant à l’aéroport, à tout ce carburant qu’il faut à ces oiseaux d’acier pour parcourir le ciel à travers tout un continent. » (p. 65)

« Il fumait toujours au volant, sans arrêt, mais ses dents étaient parfaitement blanches, comme l’ivoire le plus pur de l’Afrique des savanes. » (p. 69)

« Elle était détrempée par cette pluie qui tombait comme des clous dans le jardin extérieur et sur les carreaux de la maison, côté sud des bâtiments. » (p. 75)

« – Je ne parlerai pas. Je ne parlerai pas. » (p. 101)

« C’est sur ce lit d’hôpital qu’il a réalisé les ravages que la drogue avait faits sur lui et le simulacre de plaisir qu’il avait éprouvé en vidant son chargeur sur les autres […] comme si éliminer les autres autour de lui était une façon de garder la maîtrise sur sa propre vie. » (p. 133)

  • Prédominance de séquences descriptives et narratives qui permettent de comprendre les émotions des personnages, dévoilent les éléments de suspense, ainsi que les confrontations entre eux; séquences dialoguées qui révèlent les traits de caractère des personnages et éclairent les relations entre Juan et les membres du cartel.

« Après avoir essuyé la lame de son couteau sur son pantalon, il était parti sans frémir, sans se presser, mais avec la colère marquée dans les yeux, sans remords, sans réaliser ce qu’il venait de faire à ce garçon qui avait eu peur pour sa vie. Les autres étaient restés là, bouche bée, incapables de réagir, avant que quelqu’un finisse par crier qu’il fallait faire soigner le blessé et le ramener chez lui. À la cuisine, sa mère criait comme si le ciel venait de jeter sur elle la colère de Dieu. Il saignait. Comme un bon, il saignait. » (p. 39)

« – Hola, les cons! Venez ici!
Juan Estaban et les deux autres se présentèrent à l’endroit où Augusto avait continué à flatter le pipeline, comme en transe.
– Qu’est-ce que tu veux?
Augusto sortit un sac de cocaina qu’il fit tournoyer sous les yeux éberlués de ses trois compères. Il riait.
– On tire une ligne, cabrones!
Juan Esteban se mit à rire avec lui.
– T’es fou!
– C’est qui que tu traites de fou? » (p. 120)

Pistes d'exploitation

  • Inviter un policier ou une policière afin de discuter des conséquences juridique du trafic de la drogue. Demander aux élèves de rédiger des questions appropriées afin de préparer l’avant, le pendant et l’après-rencontre.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur l’explosion survenue à San Martín en 2010 et de comparer les faits avec ceux décrits dans le roman à l’aide d’un tableau. Les inviter à exposer leur tableau en salle de classe.
  • Dans l’œuvre, Juan est confronté à plusieurs dilemmes éthiques. Inviter les élèves à prendre part à une table ronde portant sur les questions suivantes : Que penses-tu de la décision de Juan de faire des alliances avec des personnes dont les actions sont moralement discutables? Qu’aurais-tu fait à sa place?

Conseils d'utilisation

  • Sur une carte géographique du Mexique, situer les villes dont on parle dans le roman (p. ex., San Martín, Tampico, Campeche).
  • Sensibiliser les élèves au terme erroné au sujet des Autochtones (p. ex., file indienne) utilisé dans l’œuvre.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman, notamment la délinquance, la violence, la mort, la drogue et le cartel.
  • Inciter les élèves à lire une autre œuvre du même auteur, soit L’homme qui mangeait des livres, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : Le feu sacré, New York, États-Unis – Les gangs de rue.