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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2La piste sanglante

En cet hiver 1883, la terreur s’est installée à Grand-Bouleau, aux portes de l’Arctique. Les habitants sont menacés par des Bêtes diaboliques, que la faim et les privations poussent hors de leurs tanières. C’est le moment pour Akuna, le jeune meneur de chiens, de manifester son courage, lui qui souhaite tant prouver qu’il est l’un des meilleurs parmi les hommes du village. Et pourquoi pas devenir une légende, comme Amarok, le « vieux », si respecté, qui est à la fois son meilleur ami et son plus grand rival? Il est déterminé à aller jusqu’au bout pour gagner le respect des siens.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, dont Amarok, un homme d’âge mûr qui entretient avec Akuna un lien quasi filial, et Akuna, un adolescent autochtone qui respecte la sagesse et les expériences de son vieil ami, liés par une amitié, mais aussi par une rivalité, chacun cherchant à se dépasser et à prouver sa valeur.

« Amarok, de son vrai nom Charles Philip MacIntosh, est un colosse d’un mètre quatre-vingt-dix à la carrure impressionnante. Né de mère iroquoise, il se veut autochtone avant tout. […] À cinquante-neuf ans, Amarok est une figure nordique légendaire. Cette année, pourtant, sa santé s’est détériorée. » (p. 22-23)

« Un jeune homme […] vient d’entrer. C’est l’adolescent au fouet! Le froid a bleui son visage et givré sa barbe naissante. Il se nomme Antoine, mais préfère le nom que lui donne le vieux :  Akuna-Aki […] Ses traits sont harmonieux, mais étrangement tourmentés. […] Akuna est le seul véritable ami du vieux. » (p. 24)

« Amarok lance un avertissement désespéré. Pour l’adolescent, le cri prend le ton d’un appel de détresse. Sans hésiter, il se précipite. Et il est au côté de son vieil ami, sa hache de bûcheron en main. […] Akuna et le vieux luttent côte à côte. Une ardeur folle les anime, un hurlement identique jaillit de leurs gorges. L’adolescent et le vieux se battent pour vaincre, bien sûr, mais aussi, afin que s’inscrive dans une histoire nordique l’action fantastique de deux hommes unis par une semblable affection. » (p. 60)

« Et, plus bas, Akuna murmure : “Réussis, vieil ami”. Dans toute cette histoire, Amarok a manqué d’intuition. Il n’a pas su deviner que l’adolescent ne souhaitait faire ce voyage que pour veiller sur lui. » (p. 87)

« – Tu m’accompagnes jusqu’où, petit? fait le vieux.
– Jusqu’au bout, Amarok, si tu veux bien. Où tu vas?
Le cœur du vieillard chavire sous l’effet d’une émotion intense. L’amour d’un enfant, c’est réconfortant pour un vieux. Ça lui permet de rester jeune plus longtemps, de se sentir encore bon à quelque chose. Akuna part avec son vieil ami, par-delà des centaines d’horizons. Il le suit, cet homme qu’il aime plus que tout. » (p. 181)

  • Plusieurs personnages secondaires, parmi lesquels Eleanor, la mère d’Akuna, qui supporte difficilement la vie du Nord, Barton, le propriétaire du bar et du magasin général, les Bêtes, créatures diaboliques, qui sèment la terreur dans la communauté, les villageois, victimes de leur terreur, Naomi, la fiancée d’Akuna, tragiquement tuée par les Bêtes, ainsi que Chinook, le loup fidèle Akuna.

« … Eleanor a pris du retard à cause d’un déplaisant travail matinal. Pour rendre service à Antoine, elle a fait la tournée d’une ligne de pièges. Détestable corvée, surtout quand le gibier pris est encore vivant et qu’elle doit le tuer au gourdin. Elle en a été incapable. Eleanor a libéré tous les animaux captifs qu’elle a trouvés. Antoine sera furieux. Que lui importe! Cette existence nordique est parfois révoltante. Elle lui démolit autant l’esprit que le corps. » (p. 34-35)

« Six heures. Le bar ouvre. Barton est déjà ivre. Il allume lampes et bougies. “À présent, le soleil peut se lever, se coucher ou aller au diable. Le bar est prêt! » (p. 42)

« – Je pensais que jamais le loup n’attaquerait l’être humain? s’étonne Eleanor.
– Et vous avez raison, la renseigne le vieux. Affamés ou non, les loups fuient l’homme. Affirmer le contraire est ridicule. Mais nous, on se trouve face à des hybrides. Ils ont la puissance des loups et l’audace des chiens qui, eux, ne craignent pas les gens. » (p. 76-77)

« Le temps s’écoule au ralenti. Craintifs, les gens se barricadent chez eux. Ils ne sortent que par nécessité absolue, pressent le pas dans la rue, jetant des regards furtifs par-dessus leurs épaules. Le bar ferme plus tôt, on ne chasse plus. […]
Eleanor est de garde sur le toit du magasin. […] Soudain, elle tressaille. Une vingtaine de Bêtes sortent du bois d’épinettes et prennent la direction du village.
Jésus-Marie-Joseph! » (p. 101)

« Naomi est couchée aux pieds d’Akuna, les yeux ouverts sur l’infini. L’esprit de l’adolescent est vidé de toute substance. Il souffre d’un mal étrange qui surpasse tout ce qu’il a connu. Les beautés du monde se sont dissipées avec l’âme de son amie. » (p. 136)

« – On va s’occuper de tes amis, souffle l’homme en passant sur le front de l’adolescent une poignée de neige serrée.
Soudain, une pensée assombrit Akuna.
– Chinook! Un loup… roux…
– Fameuse bête, admet le Basque. On l’a vu à l’œuvre. Il menait une petite meute. Mais il n’est pas joli à voir. Va falloir l’abat…
D’un froncement de sourcils, le guide lui impose le silence; mais Akuna comprend. Chinook, son vieux copain… L’adolescent entend Francisco armer sa carabine. Il voudrait hurler. Chinook! Un sommeil comateux l’emporte. Il se sent mourir… » (p. 166-167)

  • Roman à saveur fantastique qui tient le lectorat en haleine du début à la fin; intrigue haletante, où la peur collective côtoie la tendresse silencieuse d’un lien filial fort entre Akuna et Amarok; retours en arrière sous forme de souvenirs, relatant des événements du passé d’Akuna; thèmes (p. ex., amitié, surnaturel, peur, Autochtones, quête d’identité, relation humain-animal) aptes à capter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page dynamique; texte réparti en 30 chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, notes de bas de page, italiques, points de suspension, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps) facilitant la compréhension du texte; liste des œuvres du même auteur, dédicace, citation, version abrégée de la légende inuite Naissance du loup et prologue au début; table des matières et liste d’œuvres de la collection à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., ignobles, freluquet, bicoque, bivouaqué) et mots de la langue autochtone (p. ex., komatik, hutsnuwu, kamiks) compréhensibles à l’aide du contexte et des notes de bas de page; mots du registre familier dans les séquences dialoguées (p. ex., t’oublie, j’dis, y a l’goût, t’as, t’es) reflétant le contexte socioculturel du roman.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; emploi d’une variété de types et de formes de phrases (p. ex., exclamative, déclarative, interrogative, impérative, négative); phrases généralement courtes.

« Ça y est! Toutes les tablettes du magasin sont vides. Il faut absolument tenter une autre course au centre d’approvisionnement régional. Mais la route est longue et risquée. Le candidat doit être solide. Et l’impensable se produit. Le conseil du village choisit Amarok. Akuna est fou de rage. La mauvaise santé du vieux n’est pourtant pas un secret. Seule l’expérience de meneur de chiens d’Amarok importe, ont affirmé les villageois. Et lui, Akuna, n’est-il pas le plus rapide conducteur de traîneaux de la vallée? Mais voilà, la maudite langue de conteur d’histoires d’Amarok a su tromper tout le monde. En quelques phrases bien tournées, il a recueilli l’unanimité des votes. » (p. 73)

« – Préparez les chiens, commande le forgeron. » (p. 80)

  • Figures de style (p. ex., métaphore, comparaison, hyperbole, personnification) qui permettent d’apprécier le style imagé de l’auteur; présence d’un proverbe, incitant le lectorat à la réflexion.

« Mais la toundra ne lui offre que son immensité nue jusqu’à l’horizon. » (p. 14)

« Le liquide arrache l’intérieur de sa gorge comme un poisson plein d’arêtes. » (p. 50)

« Mais l’air ce matin coupe la figure! » (p. 51)

« Le soleil termine sa brève course au-dessus des terres. Une frange pourprée coiffe les montagnes. » (p. 86)

« – D’abord, tu oublies ce proverbe cree : Le bon jugement vient de l’expérience.
– Et toi, la fin de l’énoncé : mais l’expérience vient du mauvais jugement. » (p. 116)

  • Prédominance de séquences descriptives et narratives entrecoupées de séquences dialoguées précisant les lieux et les événements, peignant l’univers ténébreux dans lequel les personnages évoluent, traduisant leur réalité et permettant de s’immiscer dans leur esprit et de comprendre les relations qui existent entre eux.

« Le magasin général, avec son toit plat et ses deux balcons, est l’unique tentative de modernisme du village. Il est en planches, peinturluré comme un masque de guerre indigène. Avec le temps, les murs se sont déformés et le vent pénètre à l’intérieur. » (p. 41)

« Akuna propose alors de chercher leurs tanières et de les faire sauter. Sans abri, le froid se chargera bien d’éliminer ces Bêtes. L’idée est retenue à l’unanimité. Amarok est bouleversé par la sauvagerie du procédé. Il ne peut se résoudre à voir anéantir une nouvelle espèce faunique. Aidé en cela par un abus d’alcool qui fausse son jugement, Amarok fait face aux villageois, poings serrés. Là, guidé par sa passion de la créature nordique, il se vide le cœur de quarante ans de frustrations, de regrets aussi. Son manteau d’ours reste d’ailleurs le souvenir amer d’un animal qui, en mourant, avait des larmes aux yeux, lance-t-il à ses auditeurs.
– Laissons ces hybrides en paix, implore-t-il. La belle saison ramènera les caribous et les choses retourneront à la normale.
Le forgeron dissipe le malaise d’une voix forte. Il soutient le vieux.
– Aurais-tu peur, Albert? insinue Akuna. » (p. 77)

Référent(s) culturel(s)

  • Référents de la culture, des traditions et des valeurs des Premières Nations, des Métis et des Inuits (p. ex., wigwams, tipis, piégeage, légende inuite, mâcher les peaux, pipes de tabac à rêves, mushing, nomination spirituelle).
  • Mention de Montréal, d’Ottawa et de Québec.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à prendre part à une table ronde portant sur la question suivante : Que penses-tu de la position d’Amarok concernant le respect des animaux?
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de discuter du rôle de la nature comme personnage dans le roman (p. ex., son influence sur les personnages et l’intrigue) et de déterminer les moments forts où elle agit tantôt comme alliée, tantôt comme adversaire.
  • Animer une discussion à partir de l’énoncé suivant : Ceux qui osent nommer chasse et piégeage des sports sont des malades mentaux. (p. 50)
  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de choisir une légende autochtone issue d’une nation différente (p. ex. Hurons-Wendats, Cris, Algonquins), puis de la présenter au groupe-classe sous la forme de leur choix (p. ex., récit oral, maquette, bande dessinée, saynète). Animer une discussion à partir de la question suivante : Quelles sont les thèmes communs entre les légendes?

Conseils d'utilisation

  • Revoir les règles de la table ronde.
  • Accorder une attention particulière aux thèmes sensibles dont on traite dans le roman (p. ex., violence, mort, piégeage, empoisonnement).
  • Inciter les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur, telles que Nanuktalva, Akuna-Aki, meneur de chiens, L’homme aux yeux de loups et Aurélie Waterspoon, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 4e à 12e année, Série : Vous L’savez astheure, La télé autochtone; Les préjugés et stéréotypes.