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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2La parole et la loi

Comédie sociale divertissante et éducative, La parole et la loi porte sur un moment marquant de l’histoire ontarienne, soit la bataille contre le Règlement 17 qui, en 1912, a interdit l’enseignement en français dans les écoles de la province. Premier vrai succès de La Corvée, par laquelle elle « signait […] un joyeux faire-part de naissance », La parole et la loi constitue « un hymne à la vie, non seulement d’une communauté, mais aussi d’une troupe qui refuse d’être assimilée, sous peine d’extinction de voix, au discours unique de la cause. »

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnages historiques francophones et anglophones, tels que Monseigneur Fallon, Whitney et Samuel Genest, se mêlant à des figures fictives, dont Marianne, Noëlla et Desneiges, qui s’affrontent concernant les droits des francophones en Ontario.

« MONSIEUR LOYAL
[…]
Ce soir, vous pourrez voir les auteurs de ce conflit : d’un côté, monseigneur Fallon, le fanatique, qui a semé chez les Irlandais une peur et une haine irraisonnées des Canadiens français. Son allié, Whitney, le premier ministre et son cabinet d’orangistes, qui utilisaient leur pouvoir pour anéantir les francophones. Et de l’autre côté, venant d’Ottawa, travaillant au Conseil scolaire séparé d’Ottawa, l’homme qui défia le Règlement 17, notre grand héros, vous ne le connaissez peut-être pas… Sam Genest. () Avec Sam à sa place habituelle, c’est-à-dire en tête du peuple franco-ontarien, les adversaires de Fallon, l’armée des ombres, le clergé! » (p. 25-26)

« MARIANNE
Ah oui? Vous étiez dans la bataille des écoles françaises dans le Nord? Il paraît que vous étiez une centaine à occuper l’école pour toute une semaine!
NOËLLA
Ben, moi, je suis pas restée pendant une semaine : je venais préparer les déjeuners tous les matins pour les étudiants. Puis j’ai même couché dans le gymnase avec ma plus vieille, un soir. Vous avez certainement entendu parler de l’affaire avec les polices. Ben, j’étais là, cet après-midi-là. C’était assez beau de voir ça. Il y avait deux cents élèves, ou à peu près, assis à terre dans l’entrée de l’école. Tu peux être sûre que les policiers ont rebroussé chemin!
DESNEIGES
Vous vous êtes battues contre les polices! Nous autres, on se battait pour qu’il n’y en ait plus de batailles comme ça. Même qu’on les a repoussés avec nos épingles à chapeau! » (p. 81)

  • Pièce de théâtre engagée qui, sur une trame de fiction, relate les luttes des Franco-Ontariens contre le Règlement 17 ainsi que leurs combats incessants contre l’assimilation; intrigue découpée en tableaux qui suit plus ou moins l’ordre chronologique des événements historiques; thèmes (p. ex., éducation, enjeux politiques, langue, religion) permettant au lectorat de faire des liens avec son vécu tout en l’incitant à réfléchir à son rapport avec l’assimilation.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en 27 tableaux titrés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, tirets, caractères gras, majuscules, parenthèses, notes en bas de page) facilitant l’interprétation de l’œuvre; préface de Dominique Lafon, notes du metteur en scène et chanson au début; historique et théâtrographie du Théâtre d’la Corvée et du Théâtre de la Vieille 17, ainsi qu’une table des matières à la fin; renseignements sur la création collective et résumés des pièces La parole et la loi et Les murs de nos villages à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant et souvent populaire, traduisant la réalité des personnages; quelques mots moins connus (p. ex., érudition, parangon, sténo, subventionné) nécessitant possiblement des explications; mots et dialogues en anglais (p. ex., come here, crackers, fun, girlfriend) reflétant l’assimilation des francophones et la domination de la langue anglaise.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de formes et de types phrases (p. ex., emphatique, interrogative, exclamative,  impersonnelle,  inversée, négative, déclarative, impérative); nombreuses phrases courtes traduisant les émotions des personnages et favorisant une lecture expressive.

« Ah… Ce sont eux qui nous poussent à la bataille! » (p. 40)

« Il a le droit de décider ça, lui? Est-ce qu’il va me dire en quelle langue pisser!?! » (p. 47)

« FRANÇAIS
Il faut prier,
Pour lui d’mander,
De nous aider
À les repousser!
POUVOIR
Pouvoir assimiler
Ces gens mal éduqués
Il faut les écraser;
Leur apprendre à parler! » (p. 50)

« FRANÇAIS
Le Règlement, nous refusons,
Jamais, n’obéirons!
POUVOIR
Nous retirerons vos subventions!
Vos écoles nous fermerons! » (p. 51)

« PÈRE
Fermez-vous, j’écoute les nouvelles.
TI-GARS
Aïe, papa, c’est l’heure de Star Trek!» (p. 69)

« TI-GARS
Ben, on va chez Brian.
PÈRE
C’est qui ça, ce monde-là?
GRANDE SŒUR
C’est le frère de sa girlfriend!
TI-GARS
Nâââ, t’es assez dum, toi. C’est ma nouvelle gang, puis on écoute du Credence Clearwater Revival, puis du Led Zeppelin, puis…
PÈRE
Tu te tiens plus avec les petits Ménard?
TI-GARS
Ah, non, ils sont assez square eux autres. » (p. 72)

  • Procédés stylistiques (p. ex., expression idiomatique, énumération, métonymie, métaphore, répétition, antithèse, onomatopée) qui enrichissent le texte.

« TROIS
Ah! ben là, il y a pas de doute, il l’a fait! Mais il me semble que c’est toujours les mêmes qui les ont ces jobs-là. Nous autres, on est nés pour un p’tit pain. » (p. 30)

« FRANÇAISE
Tu dois aller à l’école française, sinon tu renies ton héritage, ta famille, tes amies, ta culture. Tu seras la honte du village! » (p. 34)

« IRLANDAISE
L’argent est anglais. » (p. 35)

« MONSEIGNEUR FALLON
[…] Je riverai le dernier clou au couvercle du cercueil du nationalisme canadien-français. » (p. 37-38)

« FRANÇAIS
Vous n’avez pas le droit!
POUVOIR
Nous avons tous les droits!
FRANÇAIS
De supprimer nos droits! » (p. 50-51)

« SIX
Mon père est français, ma mère est anglaise : que c’est j’vais faire!? » (p. 55)

« TI-GARS
Ouain? (Pause.) Aïe môman, passe-moi les crackers. » (p. 69)

  • Emploi de la rime, de l’assonance et de l’allitération dans les chansons et les poèmes créant une musicalité.

« 1
C’est nous La Corvée on vient de vous jouer,
Un show qu’on a monté à Vanier.
À cette heure, c’est l’dernier des derniers;
On en fera plus des shows sur le passé!

2
L’histoire, c’est à chacun de la faire,
On est tannés d’être des minoritaires,
Des temps passés, des temps présents,
On a le goût de regarder devant!

3
À force de chercher notre identité,
On n’est plus capable, même de respirer.
Parlez-nous plus d’assimilation,
Ni de peuple en voie d’extinction.

4
On voulait vous dire les luttes du passé,
Pour ceux qui connaissent pas et ceux qui ont oublié.
Dans le prochain spectacle, on parlera plus d’histoire,
On espère que vous serez là pour le voir! » (p. 90)

  • Séquences descriptives et dialoguées qui contribuent à la compréhension du sujet traité ainsi que des passions véhiculées dans la pièce.

« Les bûcherons
De chacun des deux groupes sort un comédien pour aller à l’avant-scène. L’un joue un Canadien français, l’autre un Irlandais. Ils coupent du bois ensemble, se lancent des injures sans se comprendre, chacun dans sa langue. Une dispute éclate sur la manière de couper et, finalement, le Canadien français décide de couper l’arbre lui-même. L’Irlandais lui donne des conseils, puis des ordres et, peu à peu, se transforme en gros patron du bois. […] » (p. 29)

« MONSEIGNEUR FALLON
Ah… Ce sont eux qui nous poussent à la bataille!
WHITNEY
Le peuple protestant est fatigué de ces batailles scolaires, et mon parti tranchera la question. Le Conseil des écoles séparées nous cause des problèmes, eh bien, nous l’abolirons!
MONSEIGNEUR FALLON
Comment? Mais ce sont eux qui…
WHITNEY
À moins que je n’obtienne votre collaboration… Il y aura bientôt des élections… » (p. 40)

« DANIEL
Ben, c’est juste que… que… on fait toujours des scènes du passé, puis dans le passé, ça se passait assez ben. Tu savais toujours à qui t’avais affaire, tu savais la différence entre EUX et NOUS. » (p. 67)

  • Nombreuses didascalies précisant les déplacements, les gestes et les rôles des comédiens et comédiennes ainsi que les sentiments des personnages.

« Personnages : une petite fille, une sœur française, une sœur irlandaise
Les deux sœurs entrent, chacune par un côté de la scène et, tout en chantant, vont se placer symétriquement par rapport à la petite fille.
[…]
Dans la suite de la scène, la petite fille courra d’une sœur à l’autre, se laissant convaincre tour à tour par leurs arguments. » (p. 33)

« Pendant le discours, les comédiens sont réapparus, l’air harassé. Ils ont formé un cercle, dos à dos, en se tenant par les bras. À la dernière réplique, ils commencent à tirer chacun de leur côté. » (p. 53)

Référent(s) culturel(s)

  • Œuvre qui contribue à la construction identitaire de l’élève par la présentation de divers événements marquants de l’histoire des Franco-Ontariens et par des références à l’Ontario et au Canada français.
  • Référence à des personnalités marquantes dans la polémique du Règlement 17 (p. ex., Samuel Genest, Béatrice et Diane Desloges, Mgr Fallon, Dr Merchant).
  • Référence à des associations et à des organismes francophones influents dans les sphères politique et artistique de l’Ontario et du Canada (p. ex., ACFEO, AEFO, CCFHQ, Femmes canadiennes-françaises, FESFO, Institut Culturel Canadien-français, Radio-Canada, ROCFO).
  • Référence à des artistes francophones de l’Ontario et du Québec (p. ex., Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Robert Paquette)
  • Référence à Pierre Elliott Trudeau, 15e premier ministre du Canada, né à Montréal.
  • Référence à des régions francophones (p. ex., Prescott-Russell, Montréal, Québec) ainsi qu’à des quartiers historiquement franco-ontariens (p. ex., basse-ville d’Ottawa, Moulin à fleur de Sudbury, paroisse Sacré-Cœur à Toronto).
  • Référence à l’école Guigues, lieu de la bataille des épingles à chapeaux.

Pistes d'exploitation

  • Suggérer aux élèves, regroupés en équipes, de créer une scène supplémentaire pour la pièce, abordant les mêmes thèmes, mais dans un contexte contemporain. Les encourager à respecter le format de l’œuvre (p. ex., noter les didascalies, le nom des personnages en majuscules, les dialogues, les chansons). Les inviter à jouer leur scène devant le groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, d’effectuer une recherche sur une ville ou un village ontarien fondé par des francophones, ou sur un site historique clé dans la lutte pour les droits franco-ontariens. Les inviter à réaliser un reportage retraçant l’histoire et l’évolution de cet endroit afin de la présenter sous forme de capsules vidéo diffusées aux annonces télévisuelles de l’école.
  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de choisir une école franco-ontarienne et de mener une recherche sur la personne à qui l’établissement doit son nom. S’il y a lieu, leur demander de porter une attention particulière aux contributions de cette personne dans la lutte pour les droits des Franco-Ontariens. Les inviter à colliger les informations recueillies sous la forme d’une présentation multimédia qui sera présentée au groupe-classe.
  • Demander aux élèves de réaliser une entrevue auprès de leurs parents afin de discuter des raisons qui les ont incités à inscrire leur enfant dans une école de langue française. Les inviter à enregistrer cette discussion sous forme de balado, puis à présenter leur travail au groupe-classe, s’ils le désirent.
  • Inviter les élèves, regroupés en équipes, à explorer divers genres de musique francophone (p. ex., pop, danse, electro, folk, country, rock) et à choisir celui qui les intéresse. Leur proposer de réaliser un projet multimédia pour présenter au groupe-classe trois ou quatre artistes représentatifs du genre, en y incluant un vidéoclip et les paroles d’une chanson qu’ils affectionnent particulièrement.

Conseils d'utilisation

  • Discuter avec les élèves du choix des auteurs d’inclure certains passages en anglais dans la pièce.
  • Accorder une attention particulière au vocabulaire et aux propos dérangeants, voire racistes et misogynes (p. ex., têtes rouges […] And, as our company firmly believes in equality for all, we have decided to appoint as honorary board members one Indian, one woman, and one French Canadian (p. 29)) présentés dans l’oeuvre.
  • Encourager les élèves à lire les biographies de personnages ayant défendu les droits de Franco-Ontariens, comme Gisèle Lalonde – Grande dame de l’Ontario français et Gaëtan Gervais – Le “gardien du dépôt”, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
  • Inciter les élèves à lire des essais, des recueils poétiques et des romans franco-ontariens tels que Le Dernier des Franco-Ontariens, Un Franco-Ontarien parmi tant d’autres et Les Chroniques du Nouvel-Ontario, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Capsules humour avec Improtéine, Pour ou contre l’assimilation des francos?; Ottawa, ville bilingue?
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Nos histoires, notre histoire : L’école de la résistance Penetanguishene – 1979.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Mon accent, ton problème, Insécurité linguistique.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Les Meilleurs moments, Ici, on parle français.