Contenu
- Personnages historiques francophones et anglophones, tels que Monseigneur Fallon, Whitney et Samuel Genest, se mêlant à des figures fictives, dont Marianne, Noëlla et Desneiges, qui s’affrontent concernant les droits des francophones en Ontario.
« MONSIEUR LOYAL
[…]
Ce soir, vous pourrez voir les auteurs de ce conflit : d’un côté, monseigneur Fallon, le fanatique, qui a semé chez les Irlandais une peur et une haine irraisonnées des Canadiens français. Son allié, Whitney, le premier ministre et son cabinet d’orangistes, qui utilisaient leur pouvoir pour anéantir les francophones. Et de l’autre côté, venant d’Ottawa, travaillant au Conseil scolaire séparé d’Ottawa, l’homme qui défia le Règlement 17, notre grand héros, vous ne le connaissez peut-être pas… Sam Genest. () Avec Sam à sa place habituelle, c’est-à-dire en tête du peuple franco-ontarien, les adversaires de Fallon, l’armée des ombres, le clergé! » (p. 25-26)
« MARIANNE
Ah oui? Vous étiez dans la bataille des écoles françaises dans le Nord? Il paraît que vous étiez une centaine à occuper l’école pour toute une semaine!
NOËLLA
Ben, moi, je suis pas restée pendant une semaine : je venais préparer les déjeuners tous les matins pour les étudiants. Puis j’ai même couché dans le gymnase avec ma plus vieille, un soir. Vous avez certainement entendu parler de l’affaire avec les polices. Ben, j’étais là, cet après-midi-là. C’était assez beau de voir ça. Il y avait deux cents élèves, ou à peu près, assis à terre dans l’entrée de l’école. Tu peux être sûre que les policiers ont rebroussé chemin!
DESNEIGES
Vous vous êtes battues contre les polices! Nous autres, on se battait pour qu’il n’y en ait plus de batailles comme ça. Même qu’on les a repoussés avec nos épingles à chapeau! » (p. 81)
- Pièce de théâtre engagée qui, sur une trame de fiction, relate les luttes des Franco-Ontariens contre le Règlement 17 ainsi que leurs combats incessants contre l’assimilation; intrigue découpée en tableaux qui suit plus ou moins l’ordre chronologique des événements historiques; thèmes (p. ex., éducation, enjeux politiques, langue, religion) permettant au lectorat de faire des liens avec son vécu tout en l’incitant à réfléchir à son rapport avec l’assimilation.
- Mise en page aérée; œuvre répartie en 27 tableaux titrés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, tirets, caractères gras, majuscules, parenthèses, notes en bas de page) facilitant l’interprétation de l’œuvre; préface de Dominique Lafon, notes du metteur en scène et chanson au début; historique et théâtrographie du Théâtre d’la Corvée et du Théâtre de la Vieille 17, ainsi qu’une table des matières à la fin; renseignements sur la création collective et résumés des pièces La parole et la loi et Les murs de nos villages à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant et souvent populaire, traduisant la réalité des personnages; quelques mots moins connus (p. ex., érudition, parangon, sténo, subventionné) nécessitant possiblement des explications; mots et dialogues en anglais (p. ex., come here, crackers, fun, girlfriend) reflétant l’assimilation des francophones et la domination de la langue anglaise.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de formes et de types phrases (p. ex., emphatique, interrogative, exclamative, impersonnelle, inversée, négative, déclarative, impérative); nombreuses phrases courtes traduisant les émotions des personnages et favorisant une lecture expressive.
« Ah… Ce sont eux qui nous poussent à la bataille! » (p. 40)
« Il a le droit de décider ça, lui? Est-ce qu’il va me dire en quelle langue pisser!?! » (p. 47)
« FRANÇAIS
Il faut prier,
Pour lui d’mander,
De nous aider
À les repousser!
POUVOIR
Pouvoir assimiler
Ces gens mal éduqués
Il faut les écraser;
Leur apprendre à parler! » (p. 50)
« FRANÇAIS
Le Règlement, nous refusons,
Jamais, n’obéirons!
POUVOIR
Nous retirerons vos subventions!
Vos écoles nous fermerons! » (p. 51)
« PÈRE
Fermez-vous, j’écoute les nouvelles.
TI-GARS
Aïe, papa, c’est l’heure de Star Trek!» (p. 69)
« TI-GARS
Ben, on va chez Brian.
PÈRE
C’est qui ça, ce monde-là?
GRANDE SŒUR
C’est le frère de sa girlfriend!
TI-GARS
Nâââ, t’es assez dum, toi. C’est ma nouvelle gang, puis on écoute du Credence Clearwater Revival, puis du Led Zeppelin, puis…
PÈRE
Tu te tiens plus avec les petits Ménard?
TI-GARS
Ah, non, ils sont assez square eux autres. » (p. 72)
- Procédés stylistiques (p. ex., expression idiomatique, énumération, métonymie, métaphore, répétition, antithèse, onomatopée) qui enrichissent le texte.
« TROIS
Ah! ben là, il y a pas de doute, il l’a fait! Mais il me semble que c’est toujours les mêmes qui les ont ces jobs-là. Nous autres, on est nés pour un p’tit pain. » (p. 30)
« FRANÇAISE
Tu dois aller à l’école française, sinon tu renies ton héritage, ta famille, tes amies, ta culture. Tu seras la honte du village! » (p. 34)
« IRLANDAISE
L’argent est anglais. » (p. 35)
« MONSEIGNEUR FALLON
[…] Je riverai le dernier clou au couvercle du cercueil du nationalisme canadien-français. » (p. 37-38)
« FRANÇAIS
Vous n’avez pas le droit!
POUVOIR
Nous avons tous les droits!
FRANÇAIS
De supprimer nos droits! » (p. 50-51)
« SIX
Mon père est français, ma mère est anglaise : que c’est j’vais faire!? » (p. 55)
« TI-GARS
Ouain? (Pause.) Aïe môman, passe-moi les crackers. » (p. 69)
- Emploi de la rime, de l’assonance et de l’allitération dans les chansons et les poèmes créant une musicalité.
« 1
C’est nous La Corvée on vient de vous jouer,
Un show qu’on a monté à Vanier.
À cette heure, c’est l’dernier des derniers;
On en fera plus des shows sur le passé!
2
L’histoire, c’est à chacun de la faire,
On est tannés d’être des minoritaires,
Des temps passés, des temps présents,
On a le goût de regarder devant!
3
À force de chercher notre identité,
On n’est plus capable, même de respirer.
Parlez-nous plus d’assimilation,
Ni de peuple en voie d’extinction.
4
On voulait vous dire les luttes du passé,
Pour ceux qui connaissent pas et ceux qui ont oublié.
Dans le prochain spectacle, on parlera plus d’histoire,
On espère que vous serez là pour le voir! » (p. 90)
- Séquences descriptives et dialoguées qui contribuent à la compréhension du sujet traité ainsi que des passions véhiculées dans la pièce.
« Les bûcherons
De chacun des deux groupes sort un comédien pour aller à l’avant-scène. L’un joue un Canadien français, l’autre un Irlandais. Ils coupent du bois ensemble, se lancent des injures sans se comprendre, chacun dans sa langue. Une dispute éclate sur la manière de couper et, finalement, le Canadien français décide de couper l’arbre lui-même. L’Irlandais lui donne des conseils, puis des ordres et, peu à peu, se transforme en gros patron du bois. […] » (p. 29)
« MONSEIGNEUR FALLON
Ah… Ce sont eux qui nous poussent à la bataille!
WHITNEY
Le peuple protestant est fatigué de ces batailles scolaires, et mon parti tranchera la question. Le Conseil des écoles séparées nous cause des problèmes, eh bien, nous l’abolirons!
MONSEIGNEUR FALLON
Comment? Mais ce sont eux qui…
WHITNEY
À moins que je n’obtienne votre collaboration… Il y aura bientôt des élections… » (p. 40)
« DANIEL
Ben, c’est juste que… que… on fait toujours des scènes du passé, puis dans le passé, ça se passait assez ben. Tu savais toujours à qui t’avais affaire, tu savais la différence entre EUX et NOUS. » (p. 67)
- Nombreuses didascalies précisant les déplacements, les gestes et les rôles des comédiens et comédiennes ainsi que les sentiments des personnages.
« Personnages : une petite fille, une sœur française, une sœur irlandaise
Les deux sœurs entrent, chacune par un côté de la scène et, tout en chantant, vont se placer symétriquement par rapport à la petite fille. […]
Dans la suite de la scène, la petite fille courra d’une sœur à l’autre, se laissant convaincre tour à tour par leurs arguments. » (p. 33)
« Pendant le discours, les comédiens sont réapparus, l’air harassé. Ils ont formé un cercle, dos à dos, en se tenant par les bras. À la dernière réplique, ils commencent à tirer chacun de leur côté. » (p. 53)