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La Nouvelle Maîtresse

Quand Mademoiselle Charlotte entre dans la classe ce matin-là, les enfants comprennent que cette étrange vieille dame n'est pas une maîtresse comme les autres. Au-delà de son curieux accoutrement - une robe de soirée un peu fanée, un chapeau à large bord dissimulant une roche nommée Gertrude et des bottes de marche -, cette maîtresse un peu loufoque a de drôles de méthodes d'apprentissage... Rebutée par les dictées et les trop longues heures passées assis dans une classe, la nouvelle venue entraînera ses élèves dans une suite d'aventures où trôneront le sport, l'imagination, l'amour de la lecture et le respect. De découvertes en surprises, d'innovations en étonnements, les élèves de la classe s'accommoderont bien vite de cette extravagante maîtresse aussi fragile qu'une fleur, qui a le cœur gros comme la Terre.

(Tiré du site de l’éditeur.)

À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, Mademoiselle Charlotte, nouvelle enseignante qui captive ses élèves avec ses manières extravagantes mais attachantes, et la narratrice du roman, une jeune fille qui raconte les aventures vécues au sein de sa classe; plusieurs personnages secondaires, dont le directeur M. Laporte, surnommé M. Cracpote, qui remet en question les méthodes d’enseignement de Mlle Charlotte, Gertrude, le caillou confident de Mlle Charlotte, ainsi que plusieurs élèves de la classe, dont Charles-Antoine Gabriel-Bédard, Mario Tremblay, Mathieu Bérubé, et Josée Lachance.

    « Ses cheveux gris étaient ramassés en chignon. Elle était coiffée comme bien des vieilles dames mais, sur sa tête, il y avait un objet étrange. De la taille, disons, d’une clémentine, d’une balle de golf ou d’une grosse gomme casse-gueule. Plusieurs élèves se sont levés pour mieux voir et Philippe est carrément monté sur son pupitre.
    C’était un caillou. Une roche! » (p. 15-16)

    « M. Cracpote était furieux. Il cherchait des yeux notre nouvelle maîtresse. Lorsqu’il l’a aperçue, les cheveux en bataille et l’ourlet de sa robe pendouillant bizarrement, ses yeux se sont agrandis. » (p. 29)

    « L’avenir de Mlle Charlotte dépendait de moi. Je disposais de quelques minutes seulement pour séduire tous les parents. Et, surtout, pour les convaincre de ne pas renvoyer notre nouvelle maîtresse. » (p. 87) 
     

  • Intrigue riche en rebondissements, où les actions excentriques et cocasses de l’enseignante font valoir l’importance de placer l’élève au cœur de son apprentissage; thématique qui saura capter l’intérêt des filles et des garçons de par les thèmes exploités (p. ex., pédagogie hors de l’ordinaire, humour, amitié).

    « Sans dire un mot, Mlle Charlotte a retroussé sa jupe, ramenant des pans de tissu autour de sa taille puis renouant sa ceinture pour les maintenir en place. […] Mais après la mi-temps, elle a réussi une belle passe et Mario a marqué un but. Un coup de chance? Pas du tout! Tout de suite après, la nouvelle maîtresse a botté le ballon en plein dans le filet. Et trois buts plus tard, nous avions tous compris que Charlotte l’échalote avait un formidable coup de pied. » (p. 27-28)

    « Après, il a fallu compter et recompter plusieurs fois les spaghettis collés aux murs, parce que nous arrivions toujours à un chiffre différent.  Au troisième recomptage, Guillaume a proclamé : trois cent soixante-dix-sept. Et Éric a aboyé : YABADABADOU, comme Fred Caillou, car il avait deviné presque juste. » (p. 45)
     

  • Texte généralement pleine page, divisé en huit chapitres bien identifiés, suivis d’un épilogue; aperçu de l’intrigue et notes complémentaires sur la quatrième de couverture; couverture rigide, signet, plusieurs illustrations de style caricatural contribuant à la vraisemblance des personnages et des événements et permettant au lectorat d’établir des liens avec le texte; présence d’éléments graphiques facilitant l’interprétation de l’œuvre (p. ex., guillemets, tirets, points de suspension, caractères italiques, majuscules).

    « D’habitude, les nouvelles maîtresses se présentent. Elles disent : "Bonjour, les enfants, je suis Mme Lagalipotte." Ou encore : "Salut, je m’appelle Nathalie". Leur voix est douce ou criarde; le ton, sévère ou enjoué. On devine déjà un peu à qui on a affaire. » (p. 14)

    « Moi, j’avais surtout hâte de savoir si la nouvelle maîtresse aimait – un peu, beaucoup ou passionnément – coller des retenues. Parce qu’avec Germaine Chaput, disons que j’avais été gâtée. » (p. 15)

    « – Voulez-vous… euh… faire des mathématiques? nous a-t-elle demandé. […]
    – Non… Non, madame… Euh… Non, mademoiselle. Euh… Pas du tout. » (p. 19-20)

    « Chère Mademoiselle Charlotte,
    Toute la classe est triste.  On s’ennuie de vos histoires, on s’ennuie de Gertrude, on s’ennuie de vos spaghettis. » (p. 61)

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; emploi de mots familiers et de quelques mots nouveaux que le contexte permet de découvrir (p. ex., diplodocus, empiffrer, cramoisie).

    « Mlle Charlotte est drôlement convaincante. Lorsqu’elle parle, son regard s’illumine et pétille. Nous sommes tous un peu hypnotisés. Je ne sais pas si elle connaît ses pouvoirs mais le lendemain, dans le corridor, Jean-Charles parlait à sa brosse à dents et Mélanie, à une fourchette. » (p. 36)

    « Leurs chicanes débutent toujours avec un seul plat mais, au bout de quelques minutes, tout le menu défile : "Espèce de chop suey! Tête de won ton! Vieille côte levée…" » (p. 46)

    « – Salut… ma coquelicotte! Bien oui… J’ai peur. C’est nono, hein? Mais c’est comme ça… J’ai peur qu’ils se moquent de moi… qu’ils ne comprennent pas… J’ai peur qu’ils me mettent à la porte… » (p. 88)
     

  • Variété de types et de formes de phrases qui contribuent à la lisibilité de l’œuvre et qui ajoutent du dynamisme et de l’agrément à la lecture. 

    « Les minutes coulaient au ralenti, dans le silence. Mlle Charlotte semblait réfléchir intensément. Soudain, elle a demandé :
    – De telles batailles se produisent-elles souvent?
    "Souvent"… Ça veut dire quoi, "souvent"? Tous les jours? toutes les semaines? toutes les récrés? Au pif, j’aurais dit deux ou trois fois par semaine. Pas plus, je crois. […]
    – Disons que je me suis un peu emporté. D’habitude, on se fait pas si mal…
    Le pauvre ne savait plus quoi dire. Sans doute aurait-il dû se taire. » (p. 50)

    « Parfois, le soir, lorsque je parle à Gertrude, j’ai l’impression que Mlle Charlotte m’entend. Je me dis alors que mon intuition du début était peut-être bonne : et si Mlle Charlotte venait réellement d’une autre planète? Elle vogue peut-être dans l’espace en ce moment, à quelque mille milliards d’années-lumière de nous. Mails elle voit tout, elle entend tout, grâce à son caillou. » (p. 106)
     

  • Nombreuses figures de style (p. ex., onomatopées, comparaisons, métaphores) ainsi que nombreuses expressions figurées qui évoquent des images dans l’esprit du lectorat et enrichissent le texte.

    « D’habitude, les maîtresses marchent très vite. Elles sont toujours pressées. Leurs talons font klonk! klonk! klonk! klonk! klonk! dans le corridor. Ce matin-là, c’était différent. Notre nouvelle maîtresse semblait prendre tout son temps. On entendait deux ou trois petits clop, clop. Puis, plus
    rien. » (p. 11)

    « Elle se nommait Mlle Charlotte et venait d’un lointain village dans le nord du Québec. C’est du moins ce qu’elle disait. Mario jurait que c’était de la bouillie pour les chats. À son avis, la nouvelle maîtresse était une espionne. Les mots doux à son caillou servaient de codes secrets. » (p. 25)
     

  • Prédominance de séquences descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées apportant des précisions sur les lieux, les personnages et les événements et permettant de s’immiscer dans l’esprit des personnages.

    « À 5-4, la lutte était serrée; les cris fusaient de tous bords, tous côtés. J’étais en nage, les autres aussi. Le chignon de Mlle Charlotte était démoli et sa robe, drôlement salie. Nous étions tous trop occupés pour remarquer M. Cracpote. Mélanie Gravel a failli s’étouffer en fonçant droit dans son gros ventre mou. J’ai entendu un cri. Tout le monde s’est arrêté. » (p. 28)

    « Elle nous a d’abord raconté une histoire d’horreur. Pendant quelques minutes, la salle de classe a disparu. Nous étions transportés dans un cimetière obscur peuplé de morts vivants. C’était une nuit d’orage, glaciale. » (p. 33)

    « M. Cracpote a raconté ce qu’il avait déjà dit la veille, dans la classe de Mlle Lamerlotte.  Plusieurs parents ont exprimé hautement leur indignation.
    – Mais c’est inacceptable!
    – Cette femme est peut-être dangereuse!
    – Il faut agir vite…
    – Et pas seulement la mettre à la porte… la poursuivre en justice! » (p. 86)

Référent(s) culturel(s)

  • Présence de référents langagiers relevant de la vie quotidienne du Canada français (p. ex., capotée, belle crotte d’amour, tourtière, poutine).

Pistes d'exploitation

  • Former de petites équipes et proposer aux élèves de discuter du caractère de Mlle Charlotte et leur demander s’ils aimeraient avoir une enseignante comme elle.  Inviter chaque élève à résumer son opinion dans son carnet de lecture tout en justifiant son point de vue. Inviter quelques élèves à présenter leur réflexion au groupe-classe.
  • Les élèves de la classe de Mlle Charlotte ont raffolé de la méthode d’apprentissage par projet (p. ex., mesurer le périmètre de la classe en se servant de nouilles cuites). Proposer aux élèves d’identifier un projet qu’ils aimeraient réaliser à partir d’un sujet quelconque, en lien avec une matière à l’étude (p. ex., alimentation saine, roches et minéraux, électricité).  Planifier en groupe-classe l’élaboration du projet choisi.
  • Créer des équipes de deux et inviter un membre de chaque équipe à incarner un personnage du roman (p. ex., Mlle Charlotte, le directeur, Mathieu Bérubé), et l’autre à jouer le rôle d’un intervieweur. Leur demander de rédiger les questions qu’ils aimeraient poser au personnage. Inviter chaque équipe à répéter l’entrevue avant d’en faire la présentation au groupe-classe. 

Conseils d'utilisation

  • L’auteur décrit une bagarre qui a lieu entre Mathieu et Vu à la page 47 de l’œuvre. Relire le passage avec les élèves puis animer une discussion sur l’intimidation et le respect des autres. En profiter pour apporter des solutions encourageant la tolérance et l’accueil.
  • Consulter les fiches pédagogiques qui accompagnent le roman sur le site de la maison d’édition Québec Amérique ainsi que sur le site de la maison d’édition Gallimard Jeunesse.
  • Inviter les élèves à lire les autres œuvres de la série Charlotte.
  • Offrir aux élèves le choix de faire la lecture du roman en écoutant le disque compact, qui comprend la narration du texte par l’auteure, agrémentée d’un accompagnement musical et sonore.