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La guerre du cochon

L’histoire nous montre que les guerres ont des origines les plus diverses. Et l’assassinat en 1859, par un colon américain, d’un cochon britannique un peu trop gourmand, suffit à déclencher un conflit entre les deux pays.

Il devint alors nécessaire de résoudre l’épineuse question de l’appartenance de la petite île de San Juan, près de l’île de Vancouver en Colombie-Britannique, laissée floue par le traité de l’Oregon de 1846, délimitant la frontière américano-canadienne à l’ouest du continent.

Découvrez l’histoire cocasse mais vraie de la guerre du cochon et de sa résolution, qui ne prit pas moins de 13 longues années, mobilisa des navires de guerre et des centaines de soldats, revêtit une dimension internationale, mais ne fit qu’une seule victime!

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux, Charles Griffin, agent de la Compagnie de la Baie d’Hudson, gérant de la ferme Belle Vue, sur l’île de San Juan, et Lyman Cutlar, fermier américain aussi établi sur l’île, non loin de la ferme Belle Vue, et propriétaire du célèbre cochon.

« Elle rétorqua néanmoins en aménageant sur la côte sud de l’île un site d’élevage de moutons qu’elle appela ferme Belle Vue et qui s’étendait sur de larges terrains bordés de palissades avec bergeries, granges et écuries. Douglas en donna la gérance à un dénommé Charles Griffin, qui entreprit aussitôt de construire une route allant du Nord au Sud de l’île et engagea plusieurs bergers britanniques. […] La ferme possédait également 40 vaches, 35 chevaux et 40 porcs importés d’Angleterre. » (p. 14-15)

« Un Américain du nom de Lyman Cutlar (parfois écrit Cutler), originaire de l’Ohio, vivait à proximité de la ferme Belle Vue où il s’était construit une masure sur des terres dont il réclamait les titres de propriété auprès du gouvernement des États-Unis. Il y avait même planté un potager et surveillait la pousse de ses légumes avec grand intérêt. » (p. 23)

  • Nombreux personnages secondaires, parmi lesquels James Douglas, directeur de la Compagnie de la Baie d’Hudson à l’époque, William Harney, général américain de la côte ouest, qui décide de manière indépendante d’envoyer un régiment dans l’île, George Pickett, capitaine du Massachusetts, qui doit suivre les commandements du général Harney, Geoffrey Hornby, capitaine du navire britannique H.M.S. Tribune, Otto von Bismarck, le bras droit du roi Guillaume 1er de Prusse, ce dernier, désigné pour trancher le litige opposant les États-Unis à la Grande-Bretagne, et George Bancroft, ambassadeur des États-Unis en Allemagne, ami de Brismarck, qui influence le choix de l’empereur à titre d’arbitre dans le conflit.

« Cinq ans après la signature de ce dernier accord, la Compagnie de la Baie d’Hudson fit installer, sous la direction de James Douglas, un entrepôt de fumage du saumon dans l’île de San Juan. Douglas, l’un des directeurs de la CBH, également gouverneur de la colonie de l’île de Vancouver et, plus tard, gouverneur de la colonie de la Colombie-Britannique, avait précédemment fondé Fort Victoria, dans l’île de Vancouver, du nom de la reine d’Angleterre de l’époque. » (p. 13)

« Quelques jours plus tard, le 9 juillet, la présence surprenante du drapeau attira l’attention du général de brigade américain, William Harney, officier en charge des Forces côtières de l’océan Pacifique, qui passait à proximité de l’île de San Juan à bord du navire Massachusetts. […] Harney donna l’ordre d’accoster et alla s’informer. Cet officier de 58 ans était bien connu dans les forces armées américaines pour sa bravoure, mais également pour son mauvais caractère, son vocabulaire ordurier et sa détermination à n’en faire qu’à sa tête. Il avait participé aux campagnes anti-indiennes et à la guerre du Mexique, où son aptitude à ne pas exécuter les ordres reçus ou à les ignorer superbement s’ils ne lui plaisaient pas avait beaucoup irrité ses supérieurs. […] Harney était violemment antibritannique. » (p. 29-30)

« George Pickett se trouvait alors à Fort Bellingham (Territoire de Washington) qu’il avait fait construire en 1856 pour prévenir les attaques des Indiens du Nord. À la réception de la lettre, Pickett et 66 militaires s’embarquèrent donc sur le Massachusetts avec huit canons à bord et débarquèrent dans le port de l’île de San Juan le 26 juillet au soir. » (p. 37-38)

« Lettres et événements s’entrecroisèrent, car Douglas avait déjà dépêché jusqu’à l’île de San Juan la frégate H.M.S. Tribune qui accosta le 29 juillet au soir, équipée de 31 canons, commandée par le capitaine Sir Geoffrey Hornby, avec pour mission d’empêcher d’autres Américains du continent de venir squatter l’île, d’y bâtir des fortifications ou de laisser d’autres troupes militaires américaines y aborder en renfort. » (p. 45)

« Quelques mois avant la signature du traité de Washington et après avoir occupé Paris avec ses troupes lors de la guerre franco-prussienne, le roi de Prusse, Guillaume Ier de Hohenzollern, avait été proclamé empereur d’Allemagne dans la galerie des Glaces du palais de Versailles.
À côté de lui se tenait l’homme à qui il devait son nouveau trône, Otto von Bismarck, considéré à l’époque comme l’homme d’État le plus astucieux d’Europe. » (p. 93)

« Ce fut à l’insistance de George Bancroft, ambassadeur des États-Unis en Allemagne à cette même époque, anciennement ambassadeur en Grande-Bretagne et en Prusse, que le choix d’arbitre se portât sur l’empereur. Ce diplomate, […] connaissait parfaitement le problème que posait l’île de San Juan et avait d’excellentes raisons pour qu’on s’adressât au nouvel empereur. En effet, il s’était lié d’amitié avec Bismarck qui, ayant été ouvertement du côté de l’Union durant la guerre de Sécession, soutenait la politique des États-Unis dont il s’était inspiré pour unifier les petits États allemands. » (p. 96-97)

  • Roman historique et didactique qui relate les événements entourant le conflit engendré par la mort d’un pauvre cochon, querelle impliquant les États-Unis et la Grande-Bretagne qui s’étala sur 13 ans et qui permit de déterminer l’appartenance de l’île de San Juan; récit suivant la chronologie d’événements datés de 1859 à 1872, contribuant à la vraisemblance des faits; thèmes (p. ex., guerre, conflits, frontières, relations internationales) permettant au lectorat de saisir l’envergure de la querelle territoriale entre deux grandes puissances.
  • Mise en page dynamique; œuvre répartie en 10 chapitres titrés et numérotés, agrémentés de cartes géographiques, de multiples photographies historiques des protagonistes et de quelques lieux sur l’île de San Juan; éléments graphiques (p. ex., guillemets, tirets, parenthèses, notes de bas de page) facilitant l’interprétation de l’œuvre; extraits de lettres et de documents écrits en italiques, attestant de la véracité des faits; titres des œuvres de l’auteur, dédicace et préface au début du livre; notes bibliographiques, bibliographie sélective, crédits photographiques et table des matières à la fin; renseignements sur l’auteure à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; emploi d’un vocabulaire recherché (p. ex., masure, acrimonie, lupanars, péricliter), d’un lexique lié à la navigation et au monde militaire (p. ex., contre-amirale, isthme, artillerie, redoute) et de mots anglais (p. ex., shillings, squatters, raids, toast) compréhensibles grâce au contexte.
  • Nombreuses phrases transformées et à construction particulière; utilisation d’une variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative, impérative); emploi de l’imparfait et du passé simple de l’indicatif dans la narration.

« Rapidement, les Américains nouvellement installés dans l’île considérèrent la présence des Anglais comme une insulte. Que faisaient-ils là? Les Américains n’avaient nullement l’intention de reconnaître l’autorité civile des Britanniques dans un endroit qui, d’après eux, était entièrement américain. Ces Anglais faisaient vraiment preuve d’un toupet incroyable! » (p. 21)

« La guerre de Sécession leur était apparue comme la répercussion d’une trop grande autonomie chez certains états américains, autonomie qui aurait été l’élément déclencheur de cette guerre civile. Ce concept fut pris en considération lorsqu’on organisa et mit en place le nouveau gouvernement canadien en 1867, avec sénat et gouverneur général. On peut donc dire que la guerre civile américaine, pour autant qu’elle fût sanglante, aida beaucoup à la formation d’une identité canadienne distincte. » (p. 75-76)

« Les trois hommes se réunirent régulièrement pendant une année entière, étudiant en profondeur chaque élément du litige. Mais, ils ne purent se mettre d’accord. Décidément, cette île ne cessait d’entraîner des polémiques! […] On s’était complètement fourvoyé! Allons bon! » (p. 122)

  • Procédés stylistiques (p. ex., énumération, comparaison, interjection, antiphrase, expression imagée, hyperbole, métaphore) qui enrichissent le texte et agrémentent la lecture.

« San Juan, avec ses prairies, ses collines, ses plages de sable, ses champs, ses petites forêts, son climat tempéré, ses sources d’eau fraîche et sa faune comprenant un grand nombre de lièvres et des centaines de races d’oiseaux est un lieu enchanteur. » (p. 21)

« Mais Cutlar tenait à ses légumes comme à la prunelle de ses yeux. » (p. 25)

« Il voulait au moins 100 dollars en compensation! Hein! Quoi! Cutlar pensa s’évanouir. » (p. 27)

« Dès son arrivée dans l’île, Pickett s’empressa de fixer sur un poteau planté au milieu du port, une déclaration dont le troisième paragraphe en particulier dut faire un plaisir fou aux Anglais : […] Cette annonce, encore plus que la présence militaire américaine, provoqua la colère démesurée de James Douglas. » (p. 41-42)

« À ces disputes continuelles s’ajoutaient les visites impromptues et non désirées des Autochtones des environs qui remettaient de l’huile sur le feu. » (p. 69)

« Bismarck les méprisait au centuple. » (p. 108)

« Ce fut dans cette atmosphère de conflits familiaux inconnus du grand public et qui se révélait être un vrai guêpier que les gouvernements des États-Unis et de Grande-Bretagne approchèrent les représentants de l’empereur avec la proposition d’arbitrage quant à l’appartenance de l’île de San Juan. » (p. 108)

  • Séquences narratives et descriptives entrecoupées de séquences dialoguées et de citations des protagonistes, qui permettent de suivre le fil des événements et de comprendre les relations qui existent entre les personnages.

« Le climat y était doux et le sol fertile. De plus, la chasse et la pêche s’y révélaient excellentes. Avec un peu de travail et d’argent, on pouvait bien vivre dans l’île. Des habitations toutes simples furent construites et on exploita potagers, vergers et jardins. » (p. 19)

« Quelque temps plus tard, il se lamenta à nouveau auprès de Charles Griffin :
– Empêchez votre cochon de manger mes pommes de terre!
– Empêchez vos patates de tenter mon cochon! répliqua en ricanant le gérant de la ferme Belle Vue.
En un éclair, l’histoire fit le tour de l’île. Les habitants en suivirent le développement avec intérêt et grande curiosité. » (p. 25-26)

« Il fut surnommé ″le chancelier de fer″, après avoir déclaré que : ″Les grandes questions de notre temps ne sont pas tranchées par des discours et des votes majoritaires… mais par le fer et le sang.″  Les nombreuses citations de Bismarck ont traversé les siècles et sont restées célèbres. » (p. 93)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux Premières Nations, aux Clallams (aussi orthographié Klallams), un peuple amérindien de l’ouest du Canada dans la région de Vancouver.
  • Mention de Louis Riel, chef métis et fondateur du Manitoba.
  • Référence à la francophonie internationale (p. ex., Victor Hugo, Georges Clemenceau, Jean-Louis Bazalgette, le marquis de Lafayette).
  • Mention du château de Versailles, en France.

Pistes d'exploitation

  • Suggérer aux élèves, réunis en équipes, d’analyser l’évolution des relations entre les États-Unis et la Grande-Bretagne en indiquant chronologiquement les événements historiques marquants du récit puis du contexte historique (p. ex., la Guerre de Sécession, la création de la Confédération canadienne). Afficher les travaux et inviter chacun des groupes à présenter leurs découvertes dans le cadre d’une galerie des réussites.
  • Inviter les élèves à prendre part à une table ronde sur la question suivante : Quels sont les enjeux politiques et socioéconomiques qui sous-tendent la guerre?
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de rédiger un scénario illustrant le conflit entre les deux protagonistes, Griffin et Cutlar, qui font part de leur point de vue après la mort du cochon. Les inviter à présenter leur scénario sous forme de dramatisation avec narration, dialogues et décors, devant le groupe-classe.
  • Demander aux élèves de préparer, dans un premier temps, des questions portant sur le contexte historique du roman. Ensuite, organiser une rencontre avec une enseignante ou un enseignant d’histoire pour discuter de la période durant laquelle s’est déroulé ce conflit, puis inviter les élèves à poser des questions.

Conseils d'utilisation

  • Présenter ou revoir les règles de la table ronde.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman (p. ex., le respect des Premières Nations et des Métis ainsi que de leur territoire ancestral, la colonisation) et au vocabulaire de l’époque, notamment le terme « Indiens », qui se retrouve dans les documents historiques du roman.
  • Discuter des événements entourant cette époque, dont la Guerre de Sécession des États-Unis, en toile de fond dans ce roman.
  • Noter que les mots « dût » (p. 83) et « eût » (p. 91) devraient être écrits « dut » et « eut ».
  • Noter aussi que les mots « demi-paralysée » et « misorcière » (p. 101) devraient être écrits « demi paralysée » et « mi-sorcière »
  • Inciter les élèves à lire d’autres romans historiques, tels que Le sortilège de Louisbourg et Frères ennemis, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Les Canadiens face aux guerres mondiales, Les relations canado-américaines.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Canada à la carte, Incidents frontaliers.