Contenu
- Un personnage principal, Joe LaFlamme, plus grand que nature, une figure marquante du nord de l’Ontario, qui vivait en harmonie avec les animaux, établissant une véritable communication avec eux.
« Dompteur de loups, dresseur d’orignaux, guide, trappeur et prospecteur, mais aussi petit contrebandier d’alcool, tenancier d’une pension soupçonnée de mauvaises mœurs, plaideur narquois en cours de justice, show man qui risquait le désastre pour impressionner les badauds, racoleur pittoresque à l’occasion […], bref, un villageois nord-ontarien en porte-à-faux avec la société urbaine et la nature boréale… » (p. 11)
« Par contre, la plupart demeurent d’avis que, malgré le fait qu’il en imposait par sa grande taille et ses loups féroces, Joe LaFlamme parlait à tout le monde, était connu pour ses soirées dansantes et avait bon cœur. Toujours prêt à aider quelqu’un dans le besoin, il offrirait son toit, à travers les années, à de nombreux vagabonds. » (p. 114)
« En rétrospective, Joe savait qu’il n’aurait pas dû presser ses loups. […] “Le plus tu pousses un loup, le moins vite que ça va aller. Les loups sont les créatures les plus têtues au monde, pis y ont senti que j’essayais d’aller trop vite, ce qui fait qu’y sont devenus plus énervés que si j’avais pris l’temps que ça prenait.” » (p. 163)
- Quelques personnages secondaires, humains et animaux, qui contribuent à mettre en valeur la singularité de Joe, tels que Bill Fortin et Isaac Lewis, ses maîtres-chiens lors d’un voyage à Toronto, Tommy, l’un de ses loups, Émilie, sa conjointe, originaire de la France, ainsi que Quebec et Moosenose, deux orignaux femelles que Joe avait domestiqués.
« Cependant, nous savons que LaFlamme, son attelage de chiens et de loups, et ses maîtres-chiens, le Canadien français Bill Fortin et l’Ojibwé Isaac Lewis (William), ont été invités du Toronto Daily Star pour la durée du carnaval. » (p. 61)
« À son tour, Tommy, un loup de quarante et un kilos à la fois maigre et imposant, aura poussé des gémissements encore plus profonds et mélancoliques, tout en secouant ses chaînes. » (p. 77)
« Il est difficile d’imaginer Émilie vivant une vie rustique à Gogama, lieu éloigné et dépourvu de commodités telles que l’électricité, l’eau courante ou les toilettes intérieures. Mesurant tout au plus 1,3 mètre et pesant à peine quarante-cinq kilos, la petite dame aux cheveux auburn sera connue à Gogagma sous le surnom de “Lillie”, et plus communément de “la p’tite femme”, sobriquet que Joe lui avait donné. » (p. 85-86)
« Quebec, un orignal femelle âgé de deux ans et demi, avait été capturée près de Senneterre au Québec. Elle était plus petite et plus intelligente que Moosenose, une femelle de huit mois que Joe avait attrapée lui-même près de Gogama. Pleines d’astuces, les bêtes étaient attachées à leur maître. Elles aimaient jouer avec lui, quoique un peu trop brutalement parfois. » (p. 188)
- Essai biographique retraçant des épisodes de la vie de ce personnage légendaire, composé de scènes truffées de témoignages, de notes, de photos appuyant les faits relatés; biographie respectant l’ordre chronologique, mais comptant des retours en arrière qui éclairent certains événements importants; thèmes variés (p. ex., divertissement, faune, entrepreneuriat, amour, pouvoir) susceptibles de piquer la curiosité et de mener à des conversations intéressantes.
- Nombreuses photos en noir et blanc de Joe LaFlamme et de sa ménagerie, en lien direct avec le texte, permettant au lectorat de se situer dans le lieu de l’action.
- Mise en page simple; œuvre répartie en vingt-neuf chapitres numérotés et titrés; éléments graphiques (p. ex., italiques, guillemets, parenthèses, majuscules, caractères gras, points de suspension) facilitant l’interprétation de l’œuvre; carte de Gogama, citation, remerciements, préface et avant-propos au début; chronologie, notes et références, bibliographie, note de l’auteure, index des noms propres et table des matières à la fin; renseignements sur Joe LaFlamme à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., harnacher, galvanisé, ourlet, en liesse, synode, épicentre, aurifère) et vocabulaire relié au traîneau à chien (p. ex., musher, heigh, animoosh, quitch), compréhensibles à l’aide du contexte; expressions et contractions parfois populaires (p. ex., r’garde icitte, bonyeu, tout’ c’que j’y dis) dans les citations.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; divers types et formes de phrases; phrases de longueurs variées, généralement organisées en paragraphes courts.
« On raconte qu’au moins une fois, Joe et Elzéar ont traversé la frontière avec un cercueil rempli de bouteilles d’alcool de contrebande. Sachant jouer la comédie, Joe aurait suivi le cercueil en sanglotant : “Mon frère est mort. Mon frère est mort.” On ne saura jamais s’il a été arrêté ou non, mais la famille croit qu’après cet incident Joe se cachait de la police. Il est possible que ce soit pour cette raison que Joe LaFlamme est déménagé à Gogama en 1920. Une ville forestière en pleine croissance dans une province encore sous la loi de la prohibition, c’était là une perspective alléchante pour un contrebandier fugitif. » (p. 42)
« Quand elle lui avait répondu qu’elle ne saurait quoi en faire, il avait répliqué : “Oh, tu peux faire c’que tu veux avec elle. Si tu la veux, est à toi.” Il s’était fait convaincant : “C’est Muckoos. Est gentille. Est une femme, une vraie dame. Est pas comme les autres loups. A te mordra pas la main… » (p. 172)
« Joe avait fait la sourde oreille, lui enlevant la muselière tout en demandant : “Comment qu’y peut parler avec sa muselière?² […] “Inquiète-toé pas. Y est choqué après moé, pas toé.” Wolf avait alors secoué la tête et, en tirant brusquement, s’était libéré de sa chaîne! … » (p. 176-177)
- Figures de styles simples (p. ex., comparaison, hyperbole, métaphore, énumération, euphémisme) qui permettent de visualiser les personnages et les événements.
« Puis, dérobant des brassées de bouteilles de spiritueux, ils avaient décampé comme des écureuils excités d’avoir trouvé un tas de noix. » (p. 23)
« La peur d’être pris en flagrant délit leur lacérait le ventre. » (p. 24)
« Ne voulant pas être en marge de leurs compagnons, tous les huskies, sauf un, avaient contribué à ces sérénades à la lune […]
L’ode à la lune, d’une minute et demie, s’arrêtait soudainement… » (p. 77)
« À cette dernière exposition, l’expert de la faune, déjà connu à travers l’Amérique du Nord, y aurait présenté un orignal (Muskeg), un ours noir, un blaireau, un raton laveur, deux loutres et trois loups. » (p. 233)
« Cinq minutes après être sorti de la salle de réveil, il quittait cette belle planète en tenant la main de Bill Power. » (p. 246)
- Séquences descriptives et narratives révélant le quotidien animé de Joe LaFlamme et de ses fidèles compagnons, ainsi que les périls des expéditions de l’époque; nombreux passages cités, mettant en lumière les traits de caractère de Joe et permettant de suivre ses voyages avec précision.
« Le premier traîneau de LaFlamme était assez rudimentaire. Court et bas, il ressemblait plutôt à une luge d’enfant en bois, sans l’arc transversal sur le devant. Quand Joe retirait à ses loups leur muselière, leur première réaction était de mâcher le harnais dans l’espoir de se libérer. » (p. 55)
« Sans aucun doute, Joe avait été soulagé de voir cette aventure se terminer sans heurt ni pour son compagnon ni pour son loup, ni pour le public. L’événement allait sûrement faire jaser les Torontois pendant de nombreuses pauses-café. » (p. 73)
« “Après tout, dira un membre du personnel enseignant, ce n’est pas tous les jours qu’on a des loups gris qui courent dans les rues de la ville.” » (p. 168)
Référent(s) culturel(s)
- Allusions à des référents culturels du Nord ontarien et du Québec parmi lesquels des personnages (p. ex., l’homme fort Victor Delamarre, le champion de tir au poignet Wilfrid Paiement père, les quintuplées Dionne), des institutions (p. ex., le quotidienLe Droit, l’église catholique de L’Ange-Gardien, la petite école élémentaire Notre-Dame-du Rosaire, le carnaval d’hiver de Montréal) et des lieux (p. ex., le Mont-Royal, l’île d’Orléans, la rue Sainte-Catherine, le Nouvel-Ontario).
- Référence aux Premières Nations (p. ex., l’Ojibwé Isaac Lewis).
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves de s’initier à la photographie, à l’image de Joe LaFlamme, en capturant des images de la faune ou de la flore. Leur demander de choisir leur photo préférée comme source d’inspiration pour rédiger des odes à la nature. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur rédaction au groupe-classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, d’observer les toiles de Charles Pachter mettant en vedette l’orignal. Leur demander de rédiger, sur un papier charte, un paragraphe décrivant ce qu’ils voient. Afficher les textes, puis inviter les élèves à lire ceux des autres équipes et à laisser des commentaires sur des post-its qu’ils colleront au bas des feuilles.
- Inciter les élèves, réunis en équipes, à discuter des raisons pour lesquelles Joe LaFlamme devrait, ou ne devrait pas, être intronisé dans un temple de la renommée des Canadiens marquants. Leur demander de choisir leurs meilleurs arguments et de les partager avec le groupe-classe.
- Inviter les élèves, regroupés en dyades, à retracer les multiples voyages de Joe sur une carte canado-américaine réelle ou virtuelle afin de visualiser l’ampleur de ses exploits avec ses animaux.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux termes employés pour parler des Premières Nations (p. ex., Loi sur les Indiens, Indiens, limousine esquimaude).
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre (p. ex., violence conjugale, traitement des animaux, mort).
- Encourager les élèves à lire d’autres œuvres mettant en vedette le nord de l’Ontario, tel que la trilogique des Chroniques du Nouvel-Ontario, d’Hélène Brodeur, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans Fousdelire.
- Encourager les élèves à consulter des ressources médiatiques mettant en vedette le personnage Ti-Jean, reconnu pour sa force et sa témérité comme Joe LaFlamme.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Les meilleurs moments — Le dompteur de loups.