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Instantanés

Instantanés renvoie d’abord à l’image, le cliché photographique pris de façon rapide et spontanée, extirpant quelques souvenirs figés en dehors de la mouvance du temps. Contrairement au cliché capté de façon contrôlée, les instantanés sont toujours synonymes de moments volés à la réalité de l’être montré dans sa nature propre. C’est ce que nous retrouvons dans cet ouvrage qui comporte des souvenirs imagés de moments particuliers, tels de petits tableaux, donnés à voir à travers le regard sensible du créateur. En plus du regard, tous les autres sens sont sollicités pour écrire la lumière et « la mélodie d’un instant / filant les lueurs des siècles ».

(Tiré du site du regroupement des éditeurs franco-canadiens.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur, qui livre des fragments poétiques empreints de sensibilité, où les souvenirs personnels deviennent universels à travers une écriture accessible, lumineuse et profondément humaine.

« quand l’automne
le soir a un moment de douceur

fenêtre ouverte
je me rappelle

et j’écris
des saisons et des lieux
disparus de mes trajets

j’exhale un feu
de couleurs
de sons
de parfums

et les balcons restent déserts » (p. 13)

« il y a des jours
où je n’ai envie de parler
que par la bouche de mes poèmes » (p. 18)

  • Personnages secondaires identifiés ou non (p. ex., ma fille, toi, un homme et une femme) mentionnés dans les textes.

« dans la vapeur de la nuit d’été
il traversait les âges de la vie
le train de minuit
comme ma fille et moi
marchant sur la plage » (p. 40)

« je garde de toi
deux photos en noir et blanc

une de notre enfance
dans une ville que j’ai quittée
à l’âge de onze ans
sans jamais te revoir

l’autre
une coupure de journal
trouvée par hasard
ton avis de décès
à quarante ans

entre ces deux photos
pour moi
tu n’as jamais vieilli » (p. 48)

« deux silhouettes surgissent de l’ombre
zigzaguent dans la rue bras dessus bras dessous
on dirait deux ivrognes en tournée

quand leurs pas rencontrent la lumière
on voit un homme et une femme
simplement ivres d’être ensemble » (p. 54)

  • Recueil de poèmes en vers libres dans lequel l’auteur saisit avec finesse et émotion des fragments de vie empreints d’introspection et d’observations sensibles; thèmes variés (p. ex., amour, saisons, beauté, mort, solitude, errance, rêve, nostalgie) pouvant mener à des conversations intéressantes.
  • Mise en page simple; œuvre composée de 30 poèmes, chacun précédé d’un titre, répartis en six sections titrées, dont cinq offrent une variété de courtes pièces; éléments graphiques (p. ex., titres en italiques et en gras); liste des œuvres et des publications du même auteur et citation d’Alfred de Musset au début; table des matières à la fin; courte biographie de l’auteur sur le rabat de la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., blafarde, toisons, fumigène, plénitude, arabesques) généralement compréhensibles à l’aide du contexte.
  • Vers et strophes de longueurs irrégulières et inégales dans les poèmes, témoignant d’un style libre; textes non ponctués et sans lettres majuscules.

« c’est vrai
nous sommes poussière
mais cette poussière est pollen
nous transportons la magie du souffle » (p. 26)

« migration de la lumière
la brise d’automne un chant de signes
une musique de coloris
sur des portées disparues » (p. 32)

« il parle et elle regarde
ailleurs
de l’autre côté de la vitrine
de ce restaurant
vers la rue
vers celui qui marche » (p. 51)

« mon corps
en mouvement
a la force des rapides

parmi les couples aux petits pas hésitants
les tourbillons d’adolescents dans le soir écho
et les solitaires en méditation
sur les lames de fond de la beauté de vivre » (p. 69)

  • Figures de style variées (p. ex., personnification, métaphore, comparaison, hyperbole, antithèse) qui contribuent à mettre en évidence la plume du poète.

« quand dans les collines
où la ville rend l’âme
le soleil du printemps dessine des rosiers
à la lisière du jour et de la nuit » (p. 11)

« les rides du paysage se creusent
la lumière vole en éclats de ciel » (p. 25)

« pendant qu’on reste enfermé
dans sa vie
comme dans la boîte noire
d’un avion écrasé
et qu’on n’a rien vu
rien senti
rien entendu » (p. 27)

« sur son visage convulsé
la ville souffle son haleine chaude
aux mille senteurs étoilées » (p. 53)

« on les a aimées
comme on aime le printemps
en plein cœur de l’hiver » (p. 67)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence au fil d’Ariane tiré de la légende du Minotaure.
  • Référence au canal Rideau.

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à analyser la représentation des saisons dans le recueil, puis à comparer ces images poétiques avec leurs propres expériences et observations. Ensuite, les encourager à écrire un poème exprimant les particularités et les émotions liées à leur saison favorite. Les inviter à lire leur poème au groupe-classe lors d’une séance de poésie.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de réfléchir au sens du vers « on ne dit pas à la beauté de se taire » (p. 19). Ensuite, inviter chaque groupe à illustrer cette idée en réalisant un dessin ou un montage photo mettant en valeur la beauté incontournable de la nature. Planifier un vernissage afin que les élèves puissent admirer les créations de leurs pairs.
  • Inviter les élèves à lire la strophe ci-dessous, puis à créer une carte personnelle illustrant les lieux qui les rendent heureux. Pour chacun des endroits, leur demander de composer une strophe exprimant ce qui rend ce lieu significatif à leurs yeux. Jumeler les équipes, puis leur demander de présenter leur création aux membres de leur groupe.
    « il n’y a pas que sur les lieux du crime
    qu’on revient
    sur les lieux du bonheur aussi » (p. 38)
  • Rappeler aux élèves qu’ « une image vaut mille mots », puis leur proposer de capturer une photo représentant un instant figé dans le temps, à la manière des poèmes de l’auteur. Leur demander de choisir un titre évocateur pour la photo et l’ajouter, avec ce titre, à un diaporama collaboratif. Faire jouer de la musique instrumentale douce pour accompagner le diaporama afin de renforcer l’ambiance.
  • Animer une discussion sur la manière dont l’auteur aborde la mort, en la comparant aux représentations plus courantes dans les cultures populaires. Pour nourrir l’échange, poser les questions suivantes : Quelle place occupe la mort dans le parcours de l’auteur? Comment cette vision diffère-t-elle de celle que l’on retrouve dans les films, séries, jeux vidéo ou réseaux sociaux? À ton avis, pourquoi est-il important de réfléchir à la manière dont la mort est représentée dans la littérature ou l’art?

Conseils d'utilisation

  • Encourager les élèves à lire d’autres recueils de poésie publiés chez l’éditeur, tels que Passerelles, de Michèle Matteau, ou Les Porteuses d’Afrique!, d’Angèle Bassolé-Ouédraogo, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : En sortant de l’école — La fenêtre fermée; Ce qui va et vient.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Cher futur moi — Daphnée.