Contenu
- Plusieurs personnages historiques, dont le pape Innocent VIII, un homme extravagant et gestionnaire risqué, les membres des Premières Nations, telles que les Iroquois et les Ouendats, Jean-François de La Rocque de Roberval, un vice-roi, Samuel de Champlain, le navigateur, Étienne Brûlé, l’interprète, le cardinal de Richelieu, un puissant homme de foi, et Jean Nicollet, l’explorateur, tous mentionnés dans l’œuvre et décrits par leurs réalisations et leurs contributions à l’exploration et au développement du Canada.
« Le pape Innocent VIII, chef de l’Église catholique de 1484 à 1492, se comporte en guerroyeur aux goûts outrageusement coûteux. Il gaspille beaucoup, selon ses détracteurs, l’amour du luxe le hantant. Il se livre aussi à des combats dits futiles qui engloutissent des sommes si importantes qu’il évite la faillite de justesse. C’est notamment en vendant des charges convoitées et des indulgences qu’il échappe à l’humiliation d’un fiasco financier. » (p. 27)
« Au Canada, les Iroquois et les Ouendats, dits Hurons, cultivent le maïs, tout comme les Premiers Peuples d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, dont les Aztèques, les Mayas et les Incas. Ils sont les maîtres de l’agriculture, ces Iroquois et Ouendats. » (p. 34)
« La tentative de colonisation de 1542-1543, à Charlesbourg-Royal, menée par Jean-François de La Rocque de Roberval, échoue lamentablement. Son titre de vice-roi ne l’aide en rien à établir une colonie qu’il décide d’appeler France-Roy. » (p. 56)
« Champlain a de plus en plus la liberté d’agir en fonction de ce qu’il sait. Il se sert de ses pouvoirs avec discernement et énergie. Il sait penser, il sait exprimer sa pensée et il sait mener son monde. Son esprit structuré lui permet de conduire la petite colonie vers des progrès certains. L’on sait que ce gentilhomme possède des talents multiples : diplomate, géographe, cartographe, écrivain, observateur scientifique et ainsi de suite. » (p. 74)
« Étienne Brûlé a déjà amorcé le travail de Champlain chez les Ouendats. Il a même appris leur langue et il sert d’interprète à nombre de Français. » (p. 79)
« De son côté, Richelieu se fait remarquer de diverses façons. Quoi de neuf? Centralisateur et sectaire aux yeux de plusieurs, il persiste à combattre l’Édit de Nantes. Il participe donc aux guerres contre les protestants, tout comme Henri II de Montmorency, vice-roi de la Nouvelle-France de 1620 à 1625. » (p. 91)
« Champlain fait appel en cette année 1634 à Jean Nicollet, explorateur-interprète de trente-six ans environ qui a débarqué en Nouvelle-France avec lui en 1618. Il veut lui confier une nouvelle mission chez les Indiens des Grands Lacs. Nicollet parle l’algonquin et la langue des Ouendats grâce à ses deux années passées à l’île aux Allumettes, île importante de la rivière des Outaouais. » (p. 94)
- Essai historique qui, à travers des récits à la fois captivants et instructifs, met en lumière des périodes-clés de l’histoire du Canada, de la Préhistoire aux premiers peuples, puis aux premières explorations et colonisations en Amérique du Nord; événements placés en ordre chronologique et accompagnés de plusieurs indices spatio-temporels servant de repérage au cours de la lecture; thèmes variés (p. ex., religion, exploration, colonisation, esclavage), susceptibles de piquer la curiosité et de mener à des conversations intéressantes.
- Insertion d’une photo de l’île de Sable et d’un poste de traite, d’un schéma de l’habitation de Québec, d’un dessin de Pontiac, le chef des Outaouais, d’un pétroglyphe et de deux cartes géographiques, disséminés dans le livre, offrant au lectorat des repères visuels des lieux et des figures marquantes de l’époque.
- Mise en page simple; œuvre répartie en quatre chapitres numérotés sous-divisés à leur tour à l’aide d’intertitres; éléments graphiques (p. ex., italiques, caractères gras, points de suspension, majuscules, notes de bas de page, guillemets, parenthèses) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur, dédicace et avant-propos au début; épilogue et onze annexes incluant une bibliographie et une table des matières à la fin; courtes notes biographiques de l’auteur à la quatrième de couverture.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; nombreux mots moins connus (p. ex., coïte, tergiverser, transhumance, pérégrinations, conciliabules) parfois compréhensibles à l’aide du contexte et des notes de bas de page.
- Phrases de base, phrases transformées et quelques phrases à construction particulière; prédominance de phrases déclaratives et négatives; phrases de longueurs variées, organisées en paragraphes.
« Champlain avait décidé en 1634 d’établir enfin son bourg aux Trois-Rivières. Il avait confié l’exécution du projet au militaire Laviolette qui s’y mit le 4 juillet. Il construisit une habitation permanente et des bâtiments utilitaires. Ce n’est évidemment pas l’espace qui va manquer dans le coin pour la construction de maisons. La ville deviendra un centre de commerce mettant en présence des marchands et des Indiens qui, notamment, stimuleront davantage la traite des fourrures à ce point de contact stratégique. Les travaux ont avancé vite. Ses tâches accomplies dès 1636, le commandant Laviolette rentra en France sans tambour ni trompette. Avec le temps, la ville aura son gouverneur, son évêché, ses écoles et ses industries. » (p. 97)
- Figures de styles simples (p. ex., répétition, comparaison, énumération, personnification, hyperbole, euphémisme) qui permettent de visualiser les personnages et les événements.
« De l’eau succède aux glaces. Que d’eau! Que d’eau! C’était bien prévisible. » (p. 16)
« La fortune accumulée par Jules II, son prédécesseur, fond comme beurre dans le poêlon. » (p. 28)
« La lutte, la course et le tir à l’arc ont l’heur de plaire également dans les villages. » (p. 39)
« L’hiver, féroce et homicide, décime la colonie qui se voit obligée de quitter cet enfer avec ses survivants. » (p. 66)
« Il y a même une pénurie de pénuries à un moment donné tellement il manque de tout dans la colonie. » (p. 90)
« De son côté, malade, Champlain avait rendu l’âme à Québec le 25 décembre 1635. » (p. 97)
- Jeux de mots et touches d’humour, parfois subtil, allégeant le texte.
« Là où il y a des hommes, il y a de l’hommerie. » (p.71)
« Une exécution finit toujours mal pour sa victime… Cela tombe sous le sens. » (p. 106)
- Séquences narratives racontées par l’auteur, qui relate les événements marquants de l’histoire canadienne en utilisant le « nous » collectif, tout en laissant transparaître une certaine subjectivité propre à l’essai; séquences descriptives qui permettent de connaître et de visualiser les événements historiques.
« Cela dit, les Aborigènes que nous connaissons au Canada sont les Premiers Peuples de la période de réchauffement commencée il y a plus de 14 000 ans. » (p. 21-22)
« Un nouveau et dernier périple s’impose à Nicollet. Cet explorateur-diplomate émérite reconnaît que la mission que Champlain lui confie dont être couronnée de succès. Il part en juillet 1634 vers le Pays des Hurons, avec cent cinquante canots et des missionnaires, dont le père Jean de Brébeuf. » (p. 96)
« Il est plus facile et même plus sûr de recourir à la précaution des berceaux. Un berceau, ce sont des branches d’arbres, hautes de deux pieds : on les fiche en terre de distance en distance à proportion qu’on veut faire l’espace long ou large : comme ces branches sont plantées en demi-cercle, elles se joignent par la partie supérieure et font un arc. On étend un lit dessous, et pour le dessus, on le couvre d’un grand drap qui traînant à terre de tous côtés ferme l’entée aux Maringouins. » (p. 114-115)
Référent(s) culturel(s)
- Référence à des personnages historiques (p. ex., Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Marie de l’Incarnation, Henri IV, Louis XIII).
- Référence à des lieux canadiens marqués par une forte présence francophone (p. ex., Québec, Acadie, Tadoussac).
- Référence à des lieux en France (p. ex., Rouen, Brest, La Rochelle, Honfleur).
- Référence à la pièce Le Cid, une tragédie classique écrite par Pierre Corneille, publiée en 1637.
- Référence aux noms, langues, us et coutumes des peuples des Premières Nations (p. ex., Ojibwas, Iroquois, Ouendats, Algonquins, habillement, habitation, chasse, médicaments, nourriture).
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves, réunis en équipes, de choisir un événement marquant de l’histoire canadienne-française des 150 dernières années et de rédiger un court récit historique à son sujet. Leur demander d’appliquer certaines techniques stylistiques utilisées par Yves Breton dans son texte (p. ex., subjectivité, phrases interrogatives, figures de style). Placer les travaux des élèves au centre de ressources.
- Inviter les élèves à prendre part à une table ronde dans le but de se questionner sur les préjugés, la discrimination et les conflits interculturels rattachés aux Premières Nations au Canada. Leur demander d’analyser des exemples présentés dans l’œuvre et d’établir des liens avec les défis auxquels cette communauté fait actuellement face au Canada.
- Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur des inventions et des preuves du sens de l’innovation des Premières Nations. Les inviter à présenter le résultat de leur recherche sous forme de vidéoreportage, mettant en lumière l’ingéniosité des membres des Premières Nations.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de discuter des intertitres suivants : « Qui terre a, guerre a » (p. 70), « Je pense, donc je ne suis pas. Je mène! » (p. 74), « Voir, c’est savoir » (p. 79). Leur demander d’en analyser la signification, d’exprimer leur accord ou leur désaccord, et de réfléchir à leur pertinence aujourd’hui. Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de tirer des conclusions et d’établir des liens avec les enjeux contemporains.
Conseils d'utilisation
- Revoir les règles de la table ronde.
- Accorder une attention particulière aux termes employés pour désigner les Premières Nations (p. ex., aborigènes, Indigènes, sauvages, Indiens, Peaux-Rouges) ainsi qu’aux préjugés qu’avaient les colonisateurs à leur égard.
- Accorder une attention particulière aux sujets sensibles dont on traite dans l’œuvre (p. ex., esclavage, colonialisme, pendaison, torture, décapitation).
- Encourager les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur, telles que Drôle de vie que voilà!, Jean Nicolet – La vie captivante d’un honnête homme pionnier et Duluth, ce pionnier au destin sans pareil, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDelire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Champlain en vingt fragments — divers épisodes.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Vraiment top! — Top des explorateurs de la Nouvelle-France.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Décoloniser l’histoire — Nationalisme autochtone : Briser le mythe des deux peuples fondateurs.