Anatomie de la fiche
Ajouter au bac de lecture

Florence & Léon

Florence a un problème aux poumons, mais enseigne la natation; pour elle, c’est toujours comme si elle respirait dans une paille. Léon a un problème aux yeux et est agent d’assurances; pour lui, c’est toujours comme s’il regardait par le trou d’une paille. Leur rencontre chamboulera leurs vies. Et si les différences pouvaient devenir une force? Et si l’amour pouvait naître au bout d’une paille?

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux, Florence et Léon, deux adultes ayant un handicap, qui se croisent par hasard et se lient d’une grande amitié.

« Comme toujours, Florence est pressée. Elle est à bout de souffle, car elle craint d’arriver en retard. Elle ne regarde pas où elle met les pieds et trébuche contre la canne d’un homme pourtant jeune. C’est Léon.
Florence tombe à la renverse et Léon s’affale de tout son long. La prof de natation se confond en excuses.
– Je suis désolée, monsieur, je ne vous avais pas vu!
– Pas de souci! Je ne vous avais pas vue, moi non plus; j’ai de petits problèmes aux yeux!
Florence regarde la canne de Léon. Une canne blanche avec un bout rouge. Elle ne sait pas quoi dire. Devant cet aveu, elle choisit de livrer une confidence, elle aussi, pour être à égalité.
– Eh bien, moi, j’ai de petits problèmes aux poumons!
Les voilà tous deux au sol, riant, s’aidant mutuellement pour se relever. Leur rencontre est la plus honnête qui soit : ils ont révélé leur handicap avant leur nom. » (p. 10-13)

  • Personnages secondaires, amis d’enfance, mère de Florence, camarades de classe et professeurs, tous mentionnés dans les retours en arrière et reflétant les souvenirs d’enfance des personnages principaux.

« Quand Florence pataugeait dans son enfance, il lui arrivait de réussir une longueur de plus que son amie Constance.
Comme récompense, sa mère lui achetait une barbotine au bar laitier du coin. » (p. 4-5)

« Quand j’étais petite, mon prof de natation avait voulu illustrer ma condition à mes camarades de classe. Pour leur faire comprendre ce qui se passait dans mes poumons, il leur avait demandé de courir pendant trois minutes autour de l’école, puis de respirer ensuite par le trou d’une paille. Inutile de vous dire que mes camarades ont compris le défi que ça représentait pour moi de nager des longueurs avec des poumons aussi exigeants. » (p. 22)

  • Récit émouvant qui aborde avec tendresse et une touche d’humour les obstacles auxquels font face deux adultes handicapés; histoire incitant le lectorat à faire preuve d’empathie et de respect envers les personnes ayant un handicap; thèmes exploités (p. ex., handicap physique, ouverture à l’autre, amitié) aptes à susciter la réflexion chez le lectorat.

Présentation

  • Illustrations dessinées au crayon, disposées à des endroits variés sur la page et s’étalant parfois sur pleine page ou double page; divers types de plans (p. ex., moyen, rapproché) qui révèlent les émotions des personnages; utilisation originale des couleurs rouge et jaune pour mettre en évidence les personnages principaux; présence d’une paille rayée blanche et rouge, symbole du handicap physique, servant de fil conducteur au récit; nombreux éléments visuels (p. ex., ombrages, affiches, lignes de mouvement, phylactères, idéogrammes) soutenant le lectorat dans la compréhension de l’œuvre.
  • Mise en page aérée; texte de 1 à 13 lignes, disposé à des endroits variés sur la page; caractères d’écriture noirs sur fond blanc ou gris; taille de police adaptée au lectorat visé; emploi de deux polices pour différencier la narration du dialogue; éléments graphiques (p. ex., caractères stylisés, points d’exclamation, points d’interrogation, points de suspension, guillemets, deux-points, tirets) facilitant l’interprétation du texte; dédicace de l’auteur au début du livre.
  • Dimensions : 23,5 x 23,5 cm; couverture rigide.

Langue

  • Registre de langue courant; emploi de mots fréquents et familiers (p. ex., paille, natation, yeux, café, poumons); utilisation de plusieurs mots nouveaux (p. ex., s’affaler, s’aiguise, attablés, unicité, perplexité) compréhensibles grâce aux illustrations et au contexte.
  • Prédominance de phrases transformées; variété de types de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative); phrases généralement longues.

« En finissant son café glacé, Florence soulève la paille et aspire la crème qui y dormait. Le geste fait sourire Léon qui lui explique son problème de vision :
– C’est toujours comme si je regardais à travers un petit cylindre. En fait, je vous vois exactement comme vous me verriez en me regardant par le trou de votre paille.
Florence plaque immédiatement sa paille – bien droite et sans fantaisie – devant son œil. Elle voit seulement le sourire de Léon. Elle déplace la paille et voit un nez, puis un œil, puis un autre œil.
– Donc, vous ne me voyez pas en entier?
– Oui et non. Mon cerveau parvient heureusement à mettre les pièces ensemble, comme un casse-tête.
– Alors vous ne savez pas si je suis jolie ou non?
– Ça, jolie, je sais que vous l’êtes. Il faudrait être drôlement aveugle pour ne pas vous trouver jolie! »
Florence rougit comme un coquelicot. » (p. 19-21)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., expression figurée, métaphore, antithèse, énumération, hyperbole, personnification) qui enrichissent le texte; emploi de la rime créant une musicalité et agrémentant la lecture.

« Quand Léon était un jeune garçon, il lui arrivait de tomber à la renverse et de s’affaler de tout son long en pleine compétition contre son ami Simon. » (p. 6)

« À présent, Florence en a fini avec l’enfance… » (p. 8)

« Léon, lui, est agent d’assurances. Il vend des assurances à des gens qui veulent s’assurer que tout ira bien quand tout ira mal. » (p. 9)

« Tous deux attablés, voilà qu’ils se racontent leur vie, leur métier, leur enfance, leur unicité.  Florence lui demande s’il la voit en entier.
– Non, lui répond-il. Je ne vois qu’un tout petit angle de rien du tout. » (p. 16)

« Une main lumineuse interdit de traverser. » (p. 30)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui évoquent des souvenirs d’enfance et aident à comprendre les handicaps de Florence et Léon.

« Léon écoute Florence avec tendresse, mais aussi avec une petite once d’envie, sinon de regret. Il explique :
– Moi, mon professeur d’éducation physique trouvait ça drôle, mon problème aux yeux. Il ne disait rien quand je recevais un ballon en pleine figure, même quand les autres élèves me visaient directement.
Florence met la main devant sa bouche, dégoûtée par la méchanceté de ses camarades de classe.
Léon chasse ce souvenir du revers de la main et se lève.
– À mon tour d’essayer votre truc de la paille! clame-t-il.
– Mais vous allez vous blesser. C’est certainement dangereux, courir avec une canne!
– Alors je vais courir sur place!
[…]
Au bout de trois minutes, Léon, essoufflé, retire la paille de son jus pour y respirer du mieux qu’il peut. Il trouve difficilement son air. Il devient rouge comme une pivoine. » (p. 24-27)

Pistes d'exploitation

  • Inviter une personne ayant un handicap à venir parler aux élèves de ses défis et succès. Avant la visite, préparer, en groupe-classe, une série de questions ouvertes à lui poser. Après la visite, proposer aux élèves, réunis en équipes, de rédiger une lettre de remerciement à l’invité.
  • Suggérer aux élèves de se mettre dans la peau de Léon et Florence en utilisant une paille pour voir et pour respirer. Écrire une phrase au tableau. Remettre une paille aux élèves, puis leur demander d’essayer de lire la phrase en regardant par le trou de la paille. Ensuite, leur demander de courir sur place pendant quelques minutes, puis de respirer par le trou de la paille. Par la suite, inviter les élèves à décrire leur expérience et à expliquer les sentiments éprouvés pendant les deux activités.
  • Expliquer aux élèves la signification de l’expression « avoir un bon sens de l’humour ». Leur demander de relever du récit des exemples de Florence et Léon qui font preuve d’un bon sens de l’humour (p. ex., Léon dit qu’il a un petit problème aux yeux. Florence se déplace hors du champ de vision de Léon au café du coin.) Proposer aux élèves, réunis en équipes, de créer une saynète dans laquelle un des personnages fait preuve d’un bon sens de l’humour. Les inviter à présenter leur saynète devant le groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Revoir les caractéristiques de la lettre de remerciement afin d’en faciliter la rédaction.
  • Expliquer aux élèves que les handicaps peuvent être visibles (p. ex., paraplégie, amputation) ou invisibles (p. ex., surdité, trouble d’apprentissage), puis discuter de l’importance d’apprécier l’unicité de chaque personne.
  • Mettre à la disposition des élèves d’autres récits qui traitent du respect des différences, tels que Laurent, c’est moi!, Billy la bulle et Samuel la tornade, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 1re à 4e année, Série : Célestin, L’ami différent.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, Maternelle à 8e année, Série : Will, divers épisodes.