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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Épinal

Un bar d’hôtel sombre, désert, en plein cœur de l’après-midi. Un waiter désœuvré, assoiffé de contact. Et voilà qu’un rare client se présente, refoulé dans ce lieu clos par un contretemps.
La partie qu’engage alors le waiter bavard, avide de percer le mystère de cet interlocuteur discret, effacé, se transforme, l’espace d’un verre, en un duel sans merci.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, dont le serveur, un homme étrange qui parle sans cesse, et Jean-Bernard, surnommé « l’homme » dans le texte, qui cherche à dissimuler les véritables raisons de son arrivée à l’hôtel, décrits par des didascalies, des indications scéniques et un dialogue qui devient de plus en plus agressif.

« WAITER
Faut pas trop t’en faire pour ça… Tu sais, moi des fois, quand je commence à parler… Je passe trop de temps tout seul, j’ai rien d’autre à faire que de suivre mes idées : l’ange de Dieu, Sodome et Gomorrhe, Caïn et Abel. Ça veut pas dire que j’y crois. Je pense tout haut, c’est tout. Je dis n’importe quoi. Je parle pour parler. Je pense tout haut pis ça sort tout croche. » (p. 25-26)

« HOMME
Laisse-moi passer ou je m’arrange pour que ta vie soit l’enfer sur terre… Alors si tu sais ce qui est bon pour toi, tu vas t’enlever du chemin!
WAITER
Essayes-tu de dire que je sais pas ce qui est bon pour…
HOMME
Enlève-toi! 

L’homme essaie de passer en donnant un coup au waiter avec sa mallette mais dans la mêlée, le waiter réussit à prendre l’homme par le poignet et à lui tordre le bras.

Lâche-moi!… Ahh! » (p. 41-42)

  • Quelques personnages secondaires mentionnés dans le texte, mais absents de la scène, parmi lesquels l’épouse de Jean-Bernard, ainsi que son amante.

« WAITER
[…]
Vas-y, appelle la police, ma patronne. Tu le feras pas. Pis veux-tu savoir pourquoi tu le feras pas? Parce que si tu le fais, t’es sûr et certain de ce qui va arriver, tu me laisseras pas le choix : ta femme va l’apprendre, pis au bureau ils vont l’apprendre… pis après ça, who knows?… » (p. 45)

« HOMME
Tu n’as aucune idée de ce qui me pousse à venir ici. Tu ne connais pas mes motifs. […]
Je l’aime. » (p. 63)

  • Pièce de théâtre mettant en scène deux personnages qui se trouvent plongés dans un duel psychologique où les enjeux de pouvoir, de contrôle et de révélations personnelles s’entrelacent et où un simple verre devient le catalyseur d’une confrontation sans retour; thèmes (p. ex., confrontation, secret, intimidation, vérité, sarcasme) aptes à mener à des discussions intéressantes.
  • Mise en page aérée; œuvre rédigée en un acte; insertion de quatre photos en noir et blanc capturant des scènes de la pièce, offrant un aperçu visuel saisissant de l’interprétation sur scène; éléments graphiques (p. ex., majuscules, italiques, points de suspension, parenthèses, guillemets) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur, préface et renseignements relatifs à la création de la pièce de théâtre au début.

Langue

  • Registres de langue courant, populaire et familier s’entremêlant tout au long du texte, contribuant à la vraisemblance des personnages; quelques mots nouveaux (p. ex., anthropomorphises, ésotérique, endoctrinement, indignation, lancinante) compréhensibles à l’aide du contexte; mots anglais (p. ex., shift, full-house, whatever, tip) et mots inventés (p. ex., te « bugger », bo’boys, smartes) rendant les dialogues plus réalistes.
  • Prédominance de phrases transformées et de phrases à construction particulière; nombreuses courtes phrases interrogatives et impératives accentuant la tension dramatique générée par l’affrontement entre les deux personnages du bar.

« WAITER
Est-ce qu’ils le savent au bureau à propos de ta réunion icitte… Toutes tes réunions icitte? J’imagine que non. Ça doit être un dossier secret que tu travailles dessus, hein? Faudrait surtout pas que les autres le sachent.
HOMME
Penses-tu que je vais me laisser faire, que je vais me laisser intimider? Penses-tu que je n’ai pas de recours? Je veux parler à ton patron, au gérant de l’hôtel. » (p. 38)

« HOMME
Veux-tu bien me dire ce que tu veux! Dis-le moi, je te le donne, je le paye, n’importe quoi… Mais arrête de… Arrête ton… si tu ne veux pas d’argent, quoi? Veux-tu que j’arrête de la voir? Veux-tu que je mette fin à notre relation? Je l’appelle tout de suite. Je l’appelle devant toi. » (p. 66)

  • Figures de style simples (p. ex., comparaison, métaphore, interjection, énumération, anaphore, répétition) faisant ressortir les tonalités sarcastiques et intimidantes de l’œuvre.

« Il hoche la tête comme s’il venait de prendre une décision importante, sort son téléphone de la poche de son veston et compose. Avec une certaine anticipation, il attend qu’on réponde, mais au déclic son visage montre de la déception et nous laisse comprendre qu’il a eu le répondeur. » (p. 12)

« Ohhhhhh… euh… Une eau minérale. » (p. 13)

« … Comprends-tu que je n’ai aucunement envie de converser, de dialoguer, de philosopher, ni avec toi ni avec personne d’autre? » (p. 38)

« … Pis dans une tempête de neige, c’est juste ça que tu vois dans les fossés. Savais-tu ça? Pis ça brûle plus de gaz pis ça pollue plus qu’un char. Le réchauffement de la planète, ça te dit quelque chose? Pis là, toi, qui viens icitte pour une petite vite en après-midi… » (p. 58)

« HOMME
Pour qui te prends-tu? Hein? Pour qui te prends-tu de jouer avec les gens comme ça? Quel manque de respect… Quelle… quelle arrogance… Quelle insouciance de ton prochain. Quel… Quel… sadisme te… te… t’habite! … » (p. 77)

  • Didascalies, souvent détaillées, contribuant à la clarté de l’œuvre ainsi qu’à la compréhension des gestes et des sentiments des personnages.

« L’homme verse l’eau minérale dans le verre tandis que le waiter s’éloigne. L’homme tente de lire son dossier mais est trop conscient de la présence du waiter. Lorsqu’il lève les yeux de son travail, il voit que le waiter est debout à l’autre bout du bar et l’observe, sans bouger. L’homme tente de se concentrer sur son travail mais chaque fois qu’il lève les yeux, il constate que le waiter le regarde toujours. » (p. 18-19)

Au son de la voix du waiter, l’homme arrête tout et porte toute son attention vers son agresseur. Le waiter s’approche. L’homme, le téléphone dans une main, prend sa mallette de l’autre comme pour empêcher le waiter de la lui prendre, ou pour avoir tous ses biens avec lui s’il avait à se sauver. » (p. 45)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de la Nouvelle Scène, du Théâtre de la Vieille 17, ainsi que du Théâtre français du Centre national des Arts et de la Caisse populaire Notre-Dame, à Ottawa.

Pistes d'exploitation

  • Animer une discussion à partir de la question suivante : « Y a-t-il, dans Épinal, un gagnant et un perdant? ».
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’incarner les personnages de la pièce en leur donnant une voix. Attribuer un extrait à chaque groupe, puis lui permettre quelques séances de répétition pour qu’il puisse s’approprier son passage. Organiser ensuite une lecture à voix haute devant le groupe-classe, en assurant une transition fluide entre les extraits pour maintenir la dynamique de l’œuvre.
  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, d’analyser les raisons qui, selon eux, motivent les réactions des personnages dans la pièce, puis de comparer celles-ci avec les réactions qu’ils auraient eux-mêmes eues dans une situation semblable. Leur demander de réécrire un extrait comme si, en tant qu’amis d’un des personnages, ils l’aidaient à résoudre ses conflits. Jumeler les équipes, puis leur demander de lire leur texte aux membres de leur groupe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats (p. ex., infidélité, préjugés) dont on traite dans l’œuvre.
  • Avec les élèves, lire la préface et la postface pour mieux comprendre les idées et la création de l’œuvre.
  • Expliquer et illustrer ce qu’est l’écriture en temps réel.
  • Encourager les élèves à lire une autre pièce de théâtre du même auteur, soit L’Insomnie, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.