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Déserts bleus

Né d'une vision de l'eau, englobant les deux pôles de l'infini, la mer et le ciel, Déserts bleus est devenu un voyage spirituel. Pour le poète, tout être humain participe à la même œuvre vivante et c'est par la pensée, la parole, le geste et surtout, l'intention du cœur qu'il y parvient.
[…]
Déserts bleus marque une étape importante dans l'œuvre poétique, à la fois étrange et mystique, du poète franco-ontarien, François Baril Pelletier. Dans ce recueil, il s'approprie le réel et célèbre la beauté qui nous ravage et nous unit.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Recueil de poésie elliptique qui explore la quête du silence par l'entremise d'un profond voyage spirituel au centre de l'être.

    « Mer naufrage
    Cerf montagneux
    oiseau de combat
    nuitée de songes
    je vogue sur l'arche de mon squelette
    aux vagues du sang
    sur les marches du vécu
    labouré

    Je plie comme l'arbre sous les vents certains
    et mon crachat scelle la mort de mes promesses » (p. 13)
     

  • Poèmes complexes dont les idées et les thèmes existentiels sont abstraits (p. ex.,  introspection, reconnaissance de sa fragilité, amour).

    « Je plonge dans le trou bleu

    Derrière froidures de l'ombre
    le corbeau
    veillant sur ma peau
    recèle des rayonnements secrets

    La sombreur est un sacrifice aveugle

    Le charognard souffre bien plus que la proie » (p. 54)

    « le vide étant l'amour
    que l'on ne demande plus

    que l'on a oublié de donner » (p. 76)

    « Ce que je recherche
    est caché dans l'océan de ta chair
    dans le murmure de ton orchestre

    Aux clés de ma pensée
    l'énigme de ma présence
    roucoule
    harfang
    cygne de mort » (p. 99)
     

  • Mise en page aérée; poèmes fragmentés regroupés en trois parties distinctes : Aux ruines de l'écume, Le vase sombre, Les chemins vivants; texte de 4 à 15 vers par page; décalages entre les vers, entre les strophes et même entre les mots, attestant la liberté de pensée du poète; dédicace au début de l'œuvre; table des matières et liste des titres de la même collection à la fin de l'œuvre;  renseignements sur l'auteur et ses autres recueils de poésie sur le rabat de la quatrième de couverture. 

    « Les planètes nous recherchent
    dans leur symbole
    dans l'obscure vérité de l'être

    Sous les ficelles
    les lumières sont enfouies

    mais demain
    la chandelle de sang

    sera tienne
    à donner » (p. 30)

Langue

  • Registre de langue soutenu dans l'ensemble de l'œuvre.

    « C'est en écrivant
    Dans le méandre de ficelles
    Que je fore le sentier » (p. 15)

    « Dans l'embrasure de la robe terrestre
    l'échancrure du monde
    m'embrassent les continents » (p. 55)
     

  • Utilisation du « je » qui amplifie l'effet personnel de l'expérience vécue, du « tu » qui questionne le lectorat et du « nous » qui renvoie à une vision collective, plutôt qu'à une vision individualiste du monde.

    « Tu es
    vent braisé
    feu de bois des âmes

    Je suis criques sauvages
    qui se fondent aux collines

    Nous sommes
    fruits des mers offerts
    crachés par les volcans
    fils et filles de terres d'ocre

    de cieux morts-vivants » (p. 31)
     

  • Quelques phrases interrogatives invitant le lectorat à réfléchir davantage.

    « Quelle est la différence entre la vague
    et le reflet? » (p. 66)

    « Sais-tu quand tu arriveras
    au désert uni de mille mers
    que tu es

    à l'urne de ton être
    corolle des infinis ? » (p. 108)
     

  • Figures de style abondantes et variées (p. ex., métaphore, comparaison, inversion, répétition, personnification, antithèse) accentuant la complexité des réflexions de l'auteur.

    « Le flot
    sous mes paupières
    berce
    l'étang immobile » (p. 14)

    « Aux lueurs des forteresses
    je ressuscite comme une plante » (p. 15)

    « Quand s'ouvrent les deltas

    amour serein fleuve
    je deviens » (p. 25)

    « Derrière la vase des nuits
    un autre vase

    Derrière l'autre vase
    un autre vase » (p. 47)

    « Le soir se réveille
    dévale en moi
    remonte du fond des mers
    algue dans l'océan
    des gorges de l'oubli » (p. 51)

    « Je tends mes filets parmi l'éclipse
    Comme le mythe d'une île
    j'apparais et disparais » (p. 90)
     

  • Utilisation de majuscules au début de certains vers; ponctuation et marqueurs de relation absents dans l'ensemble de l'œuvre, contribuant à la complexité du texte.

    « Les sables parfaits
    l'océan
    sont des amants promis

    La terre est la bien-aimée du ciel

    Le cœur et la pensée
    sont tressés dans le sang » (p. 103)

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves d'ajouter la ponctuation à un des poèmes du recueil afin d'en découvrir plus facilement le sens.
  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger un commentaire critique d'un des poèmes du recueil et les inviter à présenter leur travail au groupe-classe. Encourager les membres de l'auditoire à poser des questions à la suite de chaque présentation.
  • Inviter les élèves à effectuer une recherche dans Internet en vue de se renseigner sur l'auteur (p. ex., renseignements biographiques, œuvres artistiques, prix littéraires). Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs trouvailles au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Expliquer aux élèves la différence entre le poème en vers libres et le poème en prose.
  • Accompagner les élèves dans la lecture de l'œuvre.
  • Inviter les élèves à lire quelques poèmes tirés du recueil Apocryphes du cœur, du même auteur, dont la fiche descriptive se trouve dans FousDeLire.