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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Comme un roman

Dans ce roman-essai, Daniel Pennac livre un vibrant plaidoyer à la défense de la lecture chez les enfants, les adolescents et même les adultes.  Avec humour et sensibilité, il nous présente le cheminement merveilleux ou douloureux du lecteur et ses dix droits imprescriptibles : ne pas lire, sauter des pages, ne pas finir un livre, relire, lire n’importe quoi, lire n’importe où, grappiller, lire à haute voix, nous taire et le bovarysme.

(Adapté de la quatrième de couverture du livre et du site de l’éditeur.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur, qui s’interroge et qui partage ses réflexions sur un sujet qui touche de près les parents et les enseignants : comment susciter l’amour de la lecture et encourager l’appréciation d’un livre.

« Il faut lire, il faut lire…
Et si, au lieu d’exiger la lecture le professeur décidait soudain de partager son propre bonheur de lire?
Questions qui supposent un fameux retour sur soi, en effet! » (p. 90)

« Si nous faisions la part des grandes lectures que nous devons à l’École, à la Critique, à toutes formes de publicité ou, au contraire, à l’ami, à l’amant, au camarade de classe, voire même à la famille – quand elle ne range pas les livres dans le placard de l’éducation – le résultat serait clair : ce que nous avons lu de plus beau, c’est le plus souvent à un être cher que nous en parlerons d’abord. » (p. 96)

  • Plusieurs personnages secondaires mentionnés dans l’œuvre, dont les adolescents, les jeunes, les adultes et les pédagogues, chacun ayant un lien avec la lecture.

« Et le voilà, un adolescent reclus dans sa chambre, devant un livre qu’il ne lit pas. » (p. 22)

« Comment voulez-vous, dans ces conditions, que mon fils, que ma fille, que nos enfants, que la jeunesse, lisent? » (p. 33)

« Pendant ce temps, au lycée (comme disaient en italiques les bandes dessinées belges de leur génération), les parents :
– Vous savez, mon fils… ma fille… les livres…
Le professeur de français a compris : l’élève en question « n’aime pas lire ». » (p. 74)

  • Roman s’apparentant de près à l’essai; œuvre dont la forme particulière se démarque par des anecdotes, des réflexions, des témoignages, des narrations, des dialogues, des théories et des droits fondamentaux reliés à la lecture; thèmes (p. ex., lecture, enfance, droits, plaisir, institutions scolaires) qui permettent au lectorat de faire des liens avec son vécu.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en quatre parties titrées et numérotées; éléments graphiques (p. ex., guillemets, points de suspension, italiques, parenthèses, majuscules, apartés, notes de bas de page) facilitant l’interprétation de l’œuvre; dédicace et note de l’auteur au début; table des matières et liste des œuvres du même auteur à la fin du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., atomisé, ubiquité, corollaire, ânonnement, bréviaire) et mots et expressions moins utilisés au Canada (p. ex., putain de bordel de merde, c’est marrant) compréhensibles à l’aide du contexte.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; grande variété de formes, de types et de longueur de phrases; emploi de satire et de sarcasme, accompagnés de sensibilité et d’humour, allégeant ainsi le ton du texte.

« Non, il allait à son rythme, voilà tout, et qui n’est pas nécessairement celui d’un autre, et qui n’est pas nécessairement le rythme uniforme d’une vie, son rythme d’apprenti lecteur […]
Seulement, nous autres « pédagogues » sommes usuriers pressés. Détenteurs du Savoir, nous le prêtons contre intérêts. Il faut que ça rende. Et vite! Faute de quoi, c’est de nous-mêmes que nous doutons. » (p. 55)

« Oui… La télévision élevée à la dignité de récompense… et, par corollaire, la lecture ravalée au rang de corvée… c’est de nous, cette trouvaille… » (p. 58)

« – Bon, dit le prof, puisque vous n’aimez pas lire… c’est moi qui vous lirai des livres. […]
Ils n’en croient ni leurs yeux ni leurs oreilles. Ce type va leur lire tout ça? Mais on va y passer l’année! Perplexité… Une certaine tension, même… Ça n’existe pas, un prof qui se propose de passer l’année à lire. Ou c’est un sacré fainéant, ou il y a anguille sous roche. […]
– Installez-vous confortablement, détendez-vous…
(Il en a de bonnes, lui… détendez-vous…) » (p. 120-121)

  • Figures de style (p. ex., répétition, énumération, périphrase) ajoutant du rythme, de l’insistance et de la couleur au texte.

« Et cela, au plus mauvais moment de la journée. Soit à son retour de l’école, soit à notre retour du travail. Soit au sommet de sa fatigue, soit au creux de nos forces. » (p. 54)

« Pour assouvir cette fringale, on s’en était remis depuis longtemps au petit écran, qui faisait son boulot à la chaîne, enfilant dessins animés, séries, feuilletons et thrillers en un collier sans fin de stéréotypes interchangeables : notre ration de fiction. » (p. 129)

  • Séquences narratives, entrecoupées de quelques séquences dialoguées, qui révèlent les réflexions de l’auteur sur la littérature, tout en intégrant des éléments de satire et de critique sociale, établissant ainsi un lien avec le lectorat.

« … C’est extraordinairement compact, un livre. Ça ne se laisse pas entamer. Il paraît, d’ailleurs, que ça brûle difficilement. Même le feu ne peut s’insinuer entre les pages. Manque d’oxygène. Toutes réflexions qu’il se fait en marge. Et ses mages à lui sont immenses. C’est épais, c’est compact, c’est dense, c’est un objet contondant, un livre. Page quarante-huit ou cent quarante-huit, quelle différence? Le paysage est le même. Il revoit les lèvres du prof prononcer le titre. Il entend la question unanime des copains :
– Combien de pages?
– Trois ou quatre cents…
(Menteur…)
– C’est pour quand?
L’annonce de la date fatidique déclenche un concert de protestations :
– Quinze jours? Quatre cents pages (cinq cents) à lire en quinze jours! Mais on n’y arrivera jamais, Monsieur! » (p. 23)

« Un soir, parce que nous aurons sauté une ligne, nous l’entendrons crier :
– Tu as sauté un passage!
– Pardon?
– Tu en as passé, tu as sauté un passage!
– Mais non, je t’assure…
– Donne!
Il nous prendra le livre des mains, et, d’un doigt victorieux, désignera la ligne sautée. Qu’il lira à voix haute. » (p. 65)

Référent(s) culturel(s)

  • Multiples allusions à la littérature européenne par la mention d’auteurs francophones ou autres (p. ex., Flaubert, Proust, Camus, Fante, Márquez) et par la présentation d’extraits de certaines œuvres littéraires connues (p. ex., Madame Bovary, Le parfum, Cent ans de solitude).
  • Références fréquentes au système scolaire français.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de choisir un des auteurs mentionnés dans l’œuvre (p. ex., Kafka, Rousseau, Kierkegaard, Perros, Dostoïevski), de trouver des renseignements et un résumé d’une de ses œuvres, puis de préparer une présentation créative ayant comme but de donner envie aux élèves de lire l’œuvre en question; leur demander de s’inspirer de certaines stratégies implicites proposées par Daniel Pennac.
  • Proposer aux élèves de rédiger un commentaire critique ou un essai présentant leur idéologie ou leur théorie personnelle sur la lecture; leur demander de faire des liens aux idées présentées par Pennac et d’incorporer des éléments concrets de leur expérience personnelle pour appuyer leurs idées.
  • Inviter les élèves à choisir une histoire qu’on leur a lue pendant leur enfance, puis de lire cette histoire à la classe de manière théâtrale ou créative et d’expliquer pourquoi elle leur a plu ou non.

Conseils d'utilisation

  • Revoir les particularités de l’essai et du roman et demander aux élèves de faire ressortir ce qui relève de l’un et de l’autre dans l’œuvre.
  • Utiliser la liste des raisons pour lesquelles la lecture est bénéfique à l’être humain (pages 80-81) afin de stimuler une réflexion et une discussion avec les élèves.
  • Partager avec les élèves sa propre expérience de lecteur, depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui, en présentant ses œuvres préférées tout en expliquant les raisons pour lesquelles elles occupent une place spéciale pour eux.
  • Inciter les élèves à lire une autre œuvre du même auteur, soit Chagrin d’école, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Échec & moi, Pourquoi fait-on des erreurs d’inattention?