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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Cavoure tapi

Une bactérie dévoreuse de pétrole pour contrer les marées noires, voilà l’objet de l’ambitieux programme de recherche d’un institut montréalais. Mais ce dernier n’est plus seul dans la course aux brevets. Des fuites surviennent, on engage discrètement Alain Cavoure pour y voir plus clair. Le détective a tôt fait de se persuader que la mort d’un des chercheurs n’est pas fortuite. Ses déductions dérangent : il est convié à une balade en forêt par deux types plus portés sur le maniement des armes que sur les plaisirs de la conversation entre adultes bien élevés. Qu’on lui tire dessus n’enlève rien à sa verve. Mais le temps presse pour qui perd son sang.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, dont le narrateur, Alain Cavoure, un scientifique devenu enquêteur, et Marianne, une infirmière en congé de maladie, qui le soigne à la suite de son enlèvement.

« Habituellement je filais des personnes, je prenais des photos, mon corps était mon principal instrument de travail. Et maintenant, accomplissant mon boulot de détective, je naviguais depuis deux jours sur Internet […] Hubert avait eu raison : cette enquête me changerait de mon ordinaire. » (p. 133)

« Marianne me servit un deuxième bol et rapporta du pain.
– Jusqu’à nouvel ordre, donc, dit-elle, pas d’hôpital à moins que votre état ne s’aggrave. Vous êtes fatigué? Je vous accuse je vous pose des questions…
– Un peu. Pas à cause des questions. J’aimerais régler une dernière chose. Je peux rester ici quelques jours? Je paierais pension, bien sûr. Ça vous gênerait d’avoir un pensionnaire invalide? Je ne veux pas m’imposer…
– Restez tant que vous voulez. J’ai fait des recherches sur Internet et j’ai mes ouvrages de référence. J’ai nettoyé vos plaies. J’ai pansé vos blessures des deux côtés et il faudra continuer à désinfecter votre poignet et votre main une ou deux fois par jour. J’ai un peu de codéine, des 222, vous allez prendre au moins ce qu’il me reste. Votre épaule va vous faire encore plus mal demain, croyez-moi. J’ai aussi des antibiotiques dans la pharmacie. J’ai eu un petit kyste dans le bras cet été, j’ai fini le traitement avec des compresses. Ça ne fait pas tellement infirmière, je sais. Le tétanos m’inquiète, par contre. Mangez! » (p. 119)

  • Quelques personnages secondaires, dont Alfred Lamprecht, un ancien collègue d’Alain, retrouvé mort dans des circonstances suspectes, Hubert Marchildon, un collaborateur et docteur en biochimie, qui l’alerte sur des fuites scientifiques majeures à l’Institut de recherches Arsène-Fleury, ainsi que les principaux suspects, Pierre Saint-Amand et Daniel Cummings.

« – Tu as mentionné un problème à l’Institut?
Hubert soupira, passa la langue sur ses lèvres et plissa le front. Il cherchait une entrée en matière, elle se dérobait.
– Tu es venu me demander d’enquêter sur quelque chose?
– Oui…
[…] … Alain, on a un mort, quelqu’un a été assassiné!
– À l’Institut?
– Oui, Alfred Lamprecht.
– Comment! Le vieux Alfred a été assassiné?
– Il y a deux jours, dans la cour chez lui. Une balle dans la tête. D’après le médecin légiste, l’assassin aurait été à moins de cinquante centimètres de distance, tir à bout portant. Ce n’était pas un accident. » (p. 45)

« … Le lendemain soir, on s’est réunis à quatre chez Claude, sans Alfred, et on a examiné tout ce qu’on savait sur l’accès à l’information à l’Institut, la sécurité, l’historique des recherches et les origines possibles des fuites. […] On a passé la question au crible du début à la fin, avec les détails découverts entre-temps, on a fouillé le site de l’Institut au peigne fin, et là nos soupçons contre Alfred nous ont paru assez sérieux. Il y avait eu des fuites, cela ne faisait aucun doute. » (p. 49)

« Soudain, que vis-je? Une BM 740iL flambant neuve, du beau bleu nuit de BM (Orientblau, disent les fabricants bavarois). Tiens, tiens… Souvenirs d’études, mon œil! Une bagnole de 100 000$ (c’est scandaleux, quand on y pense)! Et où? À la place réservée au directeur, rien de moins. Comme si le directeur d’un institut de recherche universitaire pouvait s’offrir une voiture de ce prix, et pourquoi pas une maison d’un million, tant qu’à y être! Pierre Saint-Amand se baladait en BM 740… » (p. 205)

« Nous tenions Daniel Cummings par les poils du nez. Il nierait tout, mais il suffirait d’insister, peu de temps, pour qu’il flanche. J’avais hâte d’aller déposer mon butin aux pieds d’Hubert. Et de la police. » (p. 296)

  • Roman palpitant qui maintient l’intérêt du lectorat du début à la fin; structure en chapitres alternés qui mettent en parallèle deux récits, dont celui du mystère entourant la mort suspecte d’Alfred Lamprecht, les fuites reliées à ses recherches et la tentative de meurtre faite sur Alain, et l’autre, celui d’une histoire d’amour; narrateur surtout omniscient qui nous raconte l’intrigue et nous livre les pensées des personnages bien qu’étant lui-même participant à l’action en tant que personnage principal; nombreux retours en arrière qui permettent de mieux comprendre les événements antérieurs à l’intrigue principale ainsi que le passé des personnages; place importante à l’humour, parfois subtil, parfois évident, tout au long du roman; thèmes (p. ex., meurtre, enquête, sciences, amour) aptes à susciter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page aérée; œuvre divisée en deux parties, comprenant respectivement seize et neuf chapitres titrés; éléments graphiques (p. ex., parenthèses, italiques, guillemets, notes de bas de page, points de suspension, acronymes) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur, dédicace, avertissement de l’auteur et prologue au début; épilogues et titres d’œuvres chez le même éditeur à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., tarabuster, liquette, peaucier, circadien, obsèques) compréhensibles grâce au contexte; expressions du registre familier (p. ex., amanché comme ça, grouille, dodo, gars) utilisées dans les dialogues, reflétant l’état d’esprit et l’authenticité des personnages.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases dans les dialogues; nombreuses phrases courtes lourdement ponctuées traduisant les inquiétudes et les émotions des personnages; emploi du présent, du passé simple et de l’imparfait de l’indicatif dans la narration.

« Entendant la voix d’Hubert, j’eus étrangement, malgré mon humour gauche, un mouvement physique de recul, je me retrouvai plongé dans les bactéries, comme s’il m’en avait poussé un bol malodorant sous le nez. Je sus instantanément, sans pouvoir en douter, que je pouvais compter sur lui, comme je pouvais compter entièrement sur Marianne. Et qu’il avait droit à des explications. À certaines explications.
[…]
– Je m’excuse pour l’autre matin. Il est arrivé beaucoup d’imprévu, je ne veux pas t’expliquer au téléphone. On peut se rencontrer?
– Tu peux au moins me dire où tu étais tout ce temps-là?
– Surtout pas. Tu vois, je suis vivant. On peut se voir?
– Tout de suite, si tu veux. » (p. 225)

  • Procédés stylistiques (p. ex., hyperbole, répétition, comparaison, expression imagée, personnification, métaphore) qui enrichissent le texte.

« Il fait nuit noire. » (p. 55)

« – La neige? C’est blanc, blanc, blanc… Ça tombe en flocons du ciel. C’est beau… C’est un peu… comment dirais-je? Comme de l’eau en cristaux… » (p. 61)

« Il est bientôt midi et les hommes s’arrêtent une heure pour souffler et casser la croûte… » (p. 71)

« Au moment où la lune blafarde naît à l’horizon, le capitaine, suivi des garçons et de ses hommes, franchit résolument, revolver au poing, la noire ouverture qui mène dans les entrailles du désert. » (p. 132)

« Je sais où cet or est acheminé, l’interrompt Alexandre, qui est de plus en plus agacé par le déluge verbal de son ami. » (p. 141)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui révèlent les indices que repère le détective, permettent de suivre le fil des événements et aident à comprendre les relations qui existent entre les personnages; emploi de procédés littéraires (p. ex., notes, blagues, lettre) contribuant à la vraisemblance de l’histoire.

« J’attrapai le journal et, sans que Marianne soit là pour me le dire, je gagnai le divan au salon, déployai une couverture qu’elle avait laissée et me glissai dessous.
Aussitôt, le téléphone sonna. C’était Michel Bourgeois.
– Tu as de la chance, il a trouvé. Ta GDF 673 est une plaque volée. La voiture a disparu il y a huit jours, une Ford Taurus. Ta LeSabre ne s’appelle plus GDF 673 au moment où on se parle, impossible de la retrouver. Désolé.
– Moi aussi. Il a demandé combien?
– Il voulait soixante, j’ai négocié pour cinquante et comme les résultats ont été négatifs, il va prendre quarante.
– Quarante et je ne suis pas plus avancé. Je t’envoie l’argent cette semaine. Paie ton flic et merci encore.
J’aurais pu y penser. J’aurais tellement voulu que la LeSabre appartienne à la flotte de GenCorp – qui n’avait même pas de filiale au Canada! J’avais rêvé en Fujicolor. Où était la LeSabre en ce moment : toujours dans le bois, abandonnée, brûlée, disparue à Toronto ou aux États? » (p. 229-230)

« M. CAVOURE,
JE TRAVAILLE DANS LA COUR. JE PASSERAI JETER UN COUP D’ŒIL. PAS DE PANIQUE, J’ARRIVE BIENTÔT. Marianne » (p. 101)

« Il me refilait comme à son habitude des histoires drôles, venues l’une de Luxembourg […] l’autre de Mont-Joli.
Un bonhomme entre chez un antiquaire et demande à voir les lits. J’ai ici un magnifique Louis XIII, dit l’antiquaire. Le client trouve en effet le lit très beau, l’achète et le fait livrer. Le lendemain, il revient chez l’antiquaire et lui dit : Écoutez, vous n’auriez pas un Louis XIV? Votre Louis XIII est un peu court, mes pieds dépassent. » (p. 268)

« Terrebonne, le 27 août 199*
Depuis 1986, je suis professeur à l’Institut Arsène-Fleury à Laval, Québec.
L’Institut Arsène-Fleury travaille depuis 1993 à mettre au point une bactérie, nommée Petronia (antérieurement Pétronie), capable de dégrader les hydrocarbures déversés dans les milieux marins. []
J’ai confié une clef du compartiment à un avocat, Me Marcel Gauthier, ainsi qu’une procuration signée en présence de sa secrétaire, qui a agi comme témoin, et l’autorisant à ouvrir le compartiment et à prendre possession de son contenu le 21 juin ou le 21 décembre de chaque année, à moins d’avoir reçu dans les 48 heures précédant ces dates un avis contraire de ma part. Le cabinet de Me Gauthier se trouve au 127, boulevard des Laurentides, à Pont-Viau (tél. : 450-669-4301).
Je signe, en ce 23 août 199*, à Terrebonne.
Alfred Lamprecht » (p. 287-294)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des artistes (p. ex., Michel Rivard, Robert Charlebois) et des lieux au Québec (p. ex., Montréal, Joliette, Témiscamingue).
  • Mention de la ville d’Ottawa.
  • Mention de Victor Hugo, un écrivain français de grande renommée.
  • Mention de Radio-Canada, diffuseur public national francophone.
  • Mention de Jean Chrétien, ancien premier ministre du Canada (1993–2003).

Pistes d'exploitation

  • Avant la lecture du roman, inviter les élèves à visionner sur internet des vidéos traitant des déversements de pétrole (p. ex., le déversement de pétrole qui a eu lieu en Chine en 2021), puis à discuter des effets de ces catastrophes sur les animaux, les mers et la végétation.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de mener une recherche sur la bactérie dévoreuse de pétrole, un élément central de l’intrigue du roman, en vue de répondre aux questions suivantes : Cette bactérie existe-t-elle réellement dans la nature ou dans les laboratoires? Dans quels contextes peut-elle être bénéfique? Comporte-t-elle des risques ou des conséquences négatives pour l’environnement? Une découverte de ce type pourrait-elle susciter des conflits dans le monde scientifique?). Inviter les élèves à présenter leurs trouvailles au groupe-classe sous forme d’un dépliant informatif.
  • Animer une discussion sur le cas de Barrie Hamilton (p. 108), qui poursuit ses parents parce que sa mère a fumé pendant sa grossesse, en posant des questions comme : Une telle cause est-elle possible dans la réalité? Le cas échéant, la plaignante ou le plaignant éventuel a-t-il des chances de la remporter? Pourquoi?
  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, d’effectuer une recherche sur le travail d’un détective privé et sur les compétences requises pour cette profession en tenant compte de critères précis (p. ex., tâches, qualités et études requises, connaissance des milieux, respect de la vie privée des gens, aspect légal). Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de faire part de leurs trouvailles au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Faire quelques mises en garde au sujet de préjugés (p. ex., personnages politiques, femmes, choix de partis politiques) et de sujets plus délicats (p. ex., adultère, meurtre, tentative de meurtre) présents dans le roman. En profiter pour discuter de ces thèmes avec les élèves.
  • Analyser la question des droits de propriété intellectuelle abordée dans le roman, en prenant pour exemple l’Institut Arsène-Fleury, qui a financé les chercheurs pour la création de Pétronie, ainsi que les différentes formes de tricherie présentes à plusieurs niveaux et dans divers milieux.
  • Encourager les élèves à lire une autre œuvre de l’auteur, soit Platebandes, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.