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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Agaguk

Le Grand Nord canadien, plus précisément celui du Québec, ce vaste territoire au climat rude que seuls les Inuits, opiniâtres par nature, ont réussi à apprivoiser, est le théâtre de cette très belle et rare épopée que nous a léguée Yves Thériault.

L’action se situe vers les années 1940, alors qu’Agaguk, dont le père est le chef de la tribu, décide de prendre femme et d’aller vivre en solitaire sur la toundra; cette nouvelle vie, qu’il souhaitait calme et loin des rivalités tribales, sera toutefois rapidement perturbée par la perfidie d’un trafiquant sans scrupule.

La suite des événements verra, sur fond de neige et de sang, s’accomplir la vengeance des uns et la fourberie des autres sous l’œil inquisiteur de la Gendarmerie royale du Canada.

Le roman d’Yves Thériault, un des fleurons incontestés de la littérature québécoise, est ici magnifiquement servi par l’adaptation de Djian et les illustrations d’Yvon Roy.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux, Agaguk, le fils du chef de clan, qui quitte sa tribu pour fonder une famille, Iriook, son épouse forte et déterminée, qui l’accompagne dans le Grand-Nord et, plus tard, leur fils Tayaout.

« Agaguk mit deux jours en marchant vers le nord, pour revenir à son village.
Il avait dix-huit ans, était un grand chasseur et savait apprêter les peaux; tout le savoir utile.
Restait Iriook…
[…] Agaguk n’était pas passé voir Ramook, son père … Il était revenu au village pour chercher la fille.
Nous partons dans trois jours. Qu’est-ce que tu apporteras?
Peu de choses. Un ballot, sans plus. Mes chiens… » (p. 4)

« Tayaout croissait, son visage était éveillé. Il savait rouler à quatre pattes en criant quand un vison bondissait hors des buissons… un enfant blanc eût mis bien des mois à atteindre cette habileté.
C’est un homme. Regarde, Iriook, c’est un homme. » (p. 27)

  • Quelques personnages secondaires, dont Ramook, le père d’Agaguk et chef du clan, Ghorok, le chaman du village, Brown, un négociant en peaux, ainsi qu’Henderson, un policier qui vient enquêter sur les circonstances de la mort de Brown, jouant tous un rôle dans la vie d’Agaguk.

« Comme personne des huttes ne venait à sa rescousse, Agaguk s’enfuit chez Ramook, son père.
Agaguk ne marqua aucune joie de le revoir, même après ces mois d’éloignement. IL n’eut aucune parole de salutation…
Tu as de l’huile qui brûle pour les lampes?
Là.
Ce soir, j’en aurai besoin. » (p. 12)

« Ramook, conscient de l’erreur qu’il avait commise, se réfugia dans le silence. Mais maintenant, Henderson était sûr de ne pas se tromper. Brown avait opéré dans ce village.
Demain, j’irai creuser sous la nouvelle hutte de Ghorok, et nous verrons bien ce que je trouverai… » (p. 28)

  • Bande dessinée adaptée du célèbre roman Agaguk, qui respecte le sujet, les thèmes et les qualités narratives de l’œuvre originale; intrigue captivante s’organisant simultanément autour de deux aventures : celle qui se passe dans la tribu au village, ainsi que celle dans la vie du couple dans la toundra; récit plutôt sombre, marqué par la violence, les mensonges, les mœurs et la traîtrise, se terminant sur un ton de réconciliation et d’espoir et permettant au lectorat d’approfondir sa compréhension de la résilience humaine.
  • Illustrations évocatrices de vastes espaces nordiques et de sentiments intimes, de la tension romanesque et de la résolution de conflit; scènes regorgeant de détails incitant le lectorat à les examiner de près; éléments visuels (p. ex., lignes de mouvement, onomatopées) soutenant le lectorat dans la compréhension de l’œuvre; divers types de plans (p. ex., général, américain, rapproché, de détail), angles de vue (p. ex., normal, en plongée, en contre-plongée) et grosseur des vignettes permettant au lectorat de bien visualiser les actions et les sentiments des personnages.
  • Mise en page aérée, les illustrations occupant la plus grande partie de l’espace; cinq à dix vignettes par page, généralement délimitées par un cadre, permettant de suivre aisément les événements et favorisant une lecture fluide; œuvre du 9e art suivie de textes informatifs concernant Yves Thériault et son œuvre, le Québec et son histoire de 1534 à 2006, les Autochtones au Canada, et d’un lexique; liste d’œuvres de la même collection à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans les dialogues et dans les récitatifs; mots moins connus (p. ex., suif, congénères, pelleteries, fosses d’immondices, palabres) compréhensibles grâce au contexte; quelques expressions inuites prononcées par les personnages (p. ex., Akragolok aodlanialertugutug, sikrenek nuiok) et contribuant à leur crédibilité.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; divers types et formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative, impérative, négative, impersonnelle); phrases souvent courtes, propres à la bande dessinée, ne nuisant pas à l’intelligibilité du texte narratif; enchaînement séquentiel de dessins et de dialogues pour raconter l’essentiel de l’histoire; récitatifs parfois nombreux pour clarifier certaines idées ou certains événements difficilement traduits par l’image.

« Quand les chiens de l’homme blanc jappent, de chaque tunnel, une tête sortit.
Crois-tu qu’il vient pour la mort de Brown? Quoi d’autre?
À cet instant, Ayallik revenait de visiter des pièges. Hé, l’homme!
Où est votre chef?
Je ne sais pas. Probablement dans son igloo.
Où est son igloo?
Là.
Dis aux autres que je veux les voir tous. Il s’est commis un crime ici. Il se commet des crimes un peu partout dans les tribus. » (p. 19)

  • Figures de style (p. ex., répétition, énumération, personnification, onomatopée) fournissant beaucoup d’information en peu de mots.

« Pas de fusil, pas de balles, pas de thé, pas de couteau! Seulement le sel » (p. 11)

« Agaguk obtint un fusil, vingt boîtes de balles, un bidon de kérosène, du tabac et du sel. Il avait demandé aussi du coton, un chaudron de fer et une pioche, mais le facteur les lui refusa. » (p. 16)

« Le surlendemain, il s’éveilla la bouche pâteuse et la tête lourde, chaque geste lui causait grand mal. » (p. 17)

« N’emporte que le nécessaire, laisse le reste ici.
Pourquoi?
Parce que je le veux.
BAM! » (p. 32)

  • Séquences narratives et descriptives qui précisent les lieux et les événements, et aident à comprendre les relations entre les personnages ainsi que les épreuves vécues par les membres des différentes tribus; séquences dialoguées qui permettent de s’immiscer dans l’esprit d’Agaguk et aident à comprendre la façon dont il interagit avec les personnages.

« Un matin, l’homme et la fille partirent sans adieux, sans regarder derrière, vers la toundra déserte.
Ils descendaient vivre au sud, loin de Ramook, de Ghorok, d’Ayallik, de tous les autres nul souvenir, un recommencement.
La marche du premier jour fut lente et harassante. Les ballots étaient lourds, les chiens nerveux au bout de leurs lanières…
Au sud, après la toundra de mousse, c’était le pays des arbres, des collines, des bêtes étranges, des blancs et de leurs villes, des Indiens aussi, Montagnais, Abénakis, Ojibwés, Sang-Mêlé… » (p. 5)

« Le blanc trafique de l’eau-de-vie. Tu en veux? »
L’eau-de-vie était interdite dans les territoires. C’était donc ça, le mystère!
« J’ai des peaux.
Que veux-tu en échange?
Un fusil, trois boîtes de balles, du sel, du thé. Si possible, un couteau d’acier.
Tu ne veux pas d’eau-de-vie?
Non, un fusil, trois boîtes de balles, du sel…
Je sais, je sais…
Nao! Tu ne comprends pas. Où est le fusil? Où sont les balles?
Pas de fusil, pas de balles, pas de thé, pas de couteau! Seulement le sel.
Mes peaux! Je ne trafique pas avec toi! » (p. 10-11)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux noms, langues, us et coutumes des peuples des Premières-Nations (p. ex., Montagnais, Abénakis, Ojibwés, Sang-Mêlé, habillement, habitation, chasse, mode de transport, nourriture).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, de relever des exemples de plans et d’angles différents (p. ex., le plan d’ensemble (p. 22), le plan moyen (p. 24), le gros plan (p. 33), la vue en plongée (p. 49), l’angle de vue normal (p. 50). Jumeler les équipes, puis leur demander de discuter de l’usage et de la valeur de chaque plan dans le contexte précis de l’histoire racontée.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de comparer le roman, le film et la bande dessinée Agaguk, puis de noter les ressemblances et les différences à l’aide d’un diagramme de Venn. Jumeler les équipes, puis leur demander de préciser le mode d’expression artistique préféré et de justifier leur choix.
  • Demander aux élèves, regroupés en équipes, de démontrer l’évolution des deux personnages principaux individuellement, ainsi que celle de l’évolution du couple qu’ils forment, tout en s’appuyant sur la citation suivante pour guider leur travail : « Il semblait à Agaguk que ses relations avec Iriook n’étaient plus les mêmes. Quelque chose de nouveau s’était introduit dans leur vie de chaque jour. Était-ce un respect de la femme qu’il n’avait jamais cru posséder auparavant? » (p. 46) Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de relever des exemples et des images tirés du texte qui illustrent les habitudes, les valeurs et les mœurs des Inuits tels que présentés dans Agaguk (p. ex., traditions relatives à la chasse et à la pêche, rôles traditionnels des membres de la famille, cérémonie et festin, animisme). Les inviter à effectuer des recherches supplémentaires pour enrichir leur contenu, puis à présenter leur travail au groupe-classe sous forme d’infographie.

Conseils d'utilisation

  • Revoir les caractéristiques de la bande dessinée, ainsi que le vocabulaire qui s’y rattache (p. ex., case, vignette, bande, planche, phylactère, plans, angles, mouvements).
  • Avant la lecture, situer l’œuvre dans son contexte géographique et socioculturel en utilisant les textes informatifs qui se trouvent à la fin du livre.
  • Suggérer aux élèves de consulter le lexique à la page 64 pour connaître le sens de certains mots (p. ex., Montagnais, mukluks, sang-mêlé, tapinois).
  • Inciter les élèves à lire d’autres œuvres mettant en lumière les Inuits, telles que Nanuktalva et S’agripper aux fleurs, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Canada C3 | Trois côtes, un voyage, Piari Kauki Gentes : la place des Inuits au Canada.