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Cœurs nomades

Dans ce recueil, les poèmes sont autant de rapprochements, de tentatives de retour vers l’autre en son absence : celui qu’on aime de tout son être, qui laisse un vide lorsqu’il part. Ne reste derrière lui que ces mots qui n’appartiennent qu’à ses lèvres, que ces chansons-soupirs des battements de son cœur.

(Tiré du site de l’éditeur.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteure, s’adressant à un être aimé, mais absent, qui évoque les premières amours, la découverte de soi, ainsi que l’image de son corps et du corps de l’autre.

« Je revois tes vêtements
déchus sur le plancher
la voie lactée sur ton dos
la pluie qui tombe et coule » (p. 15)

« Il y a des choses qui ne peuvent exister
dans ce monde sans toi
Il y a des mots n’appartenant qu’à tes lèvres
des haleines
des inspirations » (p. 20)

  • Quelques personnages secondaires dont un musicien, Ti-Cajun, les passants, ainsi que l’être aimé désigné par les pronoms tu ou toi, mentionnés dans le texte.

« Un jazz musicien
debout dans le métro
écrit ses mélodies sur papier » (p. 24)

« Ti-Cajun,
tourne-moi dans tes bras
encore
fais disparaître les passants
qui troublent notre intimité » (p. 63)

« Une partie de toi
refait surface
après la tempête
brise
les amas de glace
laissés par mes hivers » (p. 68)

  • Recueil de poésie généralement intimiste offrant un portrait de l’auteure à un certain moment de sa vie; thèmes (p. ex., temps, désespoir, musique, peine d’amour, mer, douleur, abandon) traduisant les émotions et la sensibilité de l’auteure, permettant au lectorat de créer des liens avec son vécu.
  • Mise en page aérée; 43 poèmes tantôt numérotés, tantôt titrés; utilisation de l’italique signalant les mots anglais; liste des œuvres de l’auteur, remerciements et préambule au début; dédicaces et citations en français et en anglais en exergue aux poèmes; table des matières à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue soutenu dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., frétillant, éparse, langoureux, tressaillements, taciturnes) et vers en espagnol dans quelques poèmes (p. ex., como idiomas donde nos dirigimos) compréhensibles grâce au contexte; plusieurs mots, vers et strophes en anglais (p. ex., Bring back the time you lost, Pull the cover over your head) reflétant la dualité linguistique de l’auteure, originaire de l’Acadie.
  • Poèmes de style haïku ou de style libre; vers et strophes de longueurs irrégulières; absence quasi totale de ponctuation; début de vers parfois décalés témoignant de la liberté de pensée de l’auteure, qui ne craint pas d’exploiter la licence poétique.

« Silence exquis
et
le déclic » (p. 41)

« Je comprends
les belles chansons prennent du temps
elles viennent d’un lieu profond
et remplissent
de leur beauté désarmante
quiconque s’abandonne à leur mélodie » (p. 45)

« Ne plus ressentir l’absolu
les tentations
les contes de fées
rétrécissent quand on grandit » (p. 56)

  • Nombreuses figures de style (p. ex., énumération, personnification, anaphore, métaphore, allitération, comparaison) traduisant l’intensité des émotions exprimées et permettant notamment de tracer un parallèle entre ces émotions et la nature qui les inspire.

« Je grandis dans le silence
d’un pays tenu tranquille
où la mer caresse doucement
les cheveux blonds de l’herbe marine
au travers des brindilles
la peau salée de désir
la douce chevelure du blé » (p. 47)

« Des blessures ouvertes
le tranchant de la réalité
contenant
l’essence de la déchirure
l’interdit
une douleur qui fait revivre » (p. 79)

« En chœur brisé
ma chambre
mon encre
ma vie
sont laissés vides
un ruisseau d’août
avalé par les récoltes
bu par les champs » (p. 16)

« Silence de toutes mes confidences
silence de mes sanglots d’enfant
silence du bonheur qui refuse de se taire
le gémissement douloureux
d’une bouteille qui s’ouvre » (p. 49)

« Vogue vague
espoirs déchus
rêves perdus » (p. 55)

« Je m’épuise comme l’encre d’une plume
sur le dos d’un oiseau
Une sérénade que j’inspire profondément » (p. 107)

Référent(s) culturel(s)

  • Quelques référents de la francophonie canadienne et internationale, à savoir des lieux (p. ex., Louisiane, Acadie, Caraquet, Montréal et le Lot, département du Sud-Ouest de la France) et des personnalités (p. ex., Gérald Leblanc et Marie-Jo Thério, un poète et une chanteuse d’origine acadienne, Milan Kundera, un auteur français).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves de rédiger un poème sur l’absence d’un être cher en s’inspirant des poèmes du recueil. Afficher les travaux en salle de classe.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, de trouver sur Internet des photos pour représenter les poèmes tirés du recueil, puis de les utiliser pour créer un collage. Exposer les collages dans les corridors de l’école.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de concevoir et de réaliser une courte vidéo ou une présentation multimédia pour présenter l’œuvre et ses thèmes au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Avant et pendant la lecture, aborder avec doigté les références de nature sexuelle contenues dans les poèmes.
  • Expliquer certains référents afin de faciliter la compréhension de l’œuvre (p. ex., l’écrivain germano-américain Bukowski).
  • Après la lecture, animer une discussion sur le mélange du français et de l’anglais dans le discours quotidien.
  • Encourager les élèves à lire d’autres œuvres poétiques, telles que Poils lisses, Transitions et Vérités, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.